Du 7 au 13 décembre 2016

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De José Luis LOPEZ-LINARES
Documentaire-Espagne- 2016- 1h25mn
avec les interventions de Orhan Pamuk, écrivain, William Christie, chef d’orchestre, Cai Guo-Qiang, artiste plasticien, Nélida Piñón, écrivain, Salman Rushdie, écrivain, Hano Wijsman, historien, Sophie Schwartz, neuroscientifique, Renée Fleming, …
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Savez-vous quel est le point commun entre Deep Purple, le groupe précurseur du heavy métal, et Michael Jackson, le King de la Pop ? La réponse, pour le moins étonnante, est : Jérôme Bosch et plus précisément son célébrissime Le Jardin des Délices. Fascinés par le peintre flamand, les uns et l’autre ont utilisé un détail de ce tableau mythique pour illustrer une de leurs pochettes, celle de l’album éponyme Deep Purple de 1969 et, pour le roi du moon walk, celle de son album Dangerous, en 1991…

C’était une amusante petite anecdote pour montrer à quel point ce peintre et tout spécialement son Jardin des Délices, exposé depuis 1936 au Musée madrilène du Prado, ont marqué des générations d’artistes de tout poil, autres peintres comme Dali et plus largement les surréalistes, mais aussi artistes de BD, philosophes et évidemment historiens d’art. Le documentariste José Luis López-Linares, qui connait chacun des recoins du Prado, a eu tout le loisir de voir et revoir Le Jardin des Délices et de se laisser subjuguer par sa beauté vénéneuse et son vertigineux mystère. Il a ressenti l’impérieux besoin de confronter cette œuvre non seulement au regard des visiteurs – frappés parfois du célèbre syndrome de Stendhal –, mais à celui de prestigieux intervenants de tous horizons qui nous font partager leur passion pour Bosch et leur ressenti face à une œuvre dont l’interprétation prête encore, cinq siècles après sa création, à controverses.
Car ce qui se dévoile au fil du film et des entretiens, c’est que Jérôme Bosch, né au milieu du xve siècle dans un honnête bourg du Brabant septentrional (l’actuel nord des Pays Bas, alors sous domination du duc de Bourgogne avant son annexion quelques années plus tard à l’Empire des Habsbourg) est lui-même un mystère. Ce qui surprend, c’est le contraste entre ce qu’on connaît du parcours de l’homme, très conservateur, fils d’une famille de peintres installés, membre honorable de la très pieuse confrérie Notre Dame (une assemblée de notables très catholiques, qui vouaient un culte à la Vierge) et sa folie picturale absolument singulière et même inacceptable pour son époque, au point qu’il fut boudé pendant quatre siècles avant d’être redécouvert entre autres par les surréalistes. Cette folie créatrice est peut être à son apogée dans ce Jardin des Délices triptyque probablement commandé par le prince de Nassau dont la cour était alors à Bruxelles. Un triptyque à vocation morale, avec sur le panneau gauche une évocation supposée de la Genèse et du Jardin d’Eden. Au centre une description hallucinante, à base d’innombrables micro saynètes, d’un eden voué aux excès et à la luxure. Et enfin à droite une description méticuleuse des affres de l’enfer. Face à ce tableau fourmillant de détails géniaux et grotesques – fruits géants que des personnages minuscules dévorent, animaux fantastiques symboles du péché pour la plupart, scènes orgiaques à peine déguisées, tortures que même le plus sadique des bourreaux chinois impériaux n’auraient pas imaginées – on a toujours cherché comprendre si Bosch était un moraliste rigoriste voulant montrer le pire pour inciter à la vertu, ou un génie provocateur se vouant à la description du vice avec gourmandise.

Le film voyage au cœur d’une œuvre qui mériterait des heures de contemplation et permet de confronter les réflexions de grands noms de la littérature, de la philosophie, de l’histoire de l’art, des arts plastiques contemporains pour tenter de décrypter – peut-être en vain – un mystère qui se voulait dès le départ insoluble. Mais même si aucune réponse définitive n’est donnée, l’enquête est passionnante et excitante.                                           UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Mercredi 7 décembre 2016 à 20h30

PROJECTION-DÉBAT

En présence de Bernard FRIOT Économiste et intervenant dans le film.. 
Partenariat Cinoch’, Amis du Monde diplomatique, Colisée.

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De Gilles Perret Documentaire
France- 2016- 1h24

Et si, plutôt que financier, le plus grand trou de la Sécu était mémoriel ? Gilles Perret suit le parcours de ces lois littéralement révolutionnaires, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Il nous conte ainsi cette utopie folle qui, dans cette période sombre, devint réalité à la Libération…
La sécurité sociale prend en charge l’assurance maladie, la retraite, les allocations familiales et les accidents du travail. En plus du régime général des salariés, elle gère aussi celui des agriculteurs, des indépendants et les régimes spéciaux. Son budget équivaut à deux fois et demi celui de l’État, autant dire qu’il suscite des convoitises, ce qui explique pourquoi la Sécurité Sociale est régulièrement attaquée.
La sécurité sociale a fêté ses soixante-dix ans en octobre dernier : soixante-dix ans et toutes ses branches ! Le problème est que cette célébration est médiatisée par ceux qui s’inscrivent dans le sillage d’autant d’années de démantèlement de la Sécurité sociale, utilisant la figure de Pierre Laroque. Or Pierre Laroque n’était qu’un fonctionnaire d’Ambroise Croizat, qui fut le véritable bâtisseur de la Sécurité Sociale. Cette utilisation relève de la manipulation, elle permet d’une part de ne pas évoquer les actions des communistes dont celles d’Ambroise Croizat, ministre du travail, et de François Billoux, ministre de la Santé de l’époque. Et d’autre part d’effacer la notion même de construction collective de la Sécurité Sociale. Car celle-ci est une fabrication du peuple de France. De tous ses ouvriers, essentiellement cégétistes qui ont bâti les caisses dans un enthousiasme absolument indescriptible.
Ambroise Croizat fait partie de ces hommes issus de la Libération qui ont su mettre l’Homme au centre de leurs choix politiques. Sa force est d’avoir su faire le lien entre le social et le politique : « Si on veut une économie de qualité à la hauteur des besoins d’une nation il faut un véritable statut social à la hauteur des besoins des hommes ». L’idée était de protéger l’individu de sa naissance à la mort. Rien n’aurait été possible sans rapports de force, qui dans l’Histoire, ont permis de faire plier le patronat. Il n’existe aucun conquis social qui n’ait été précédé d’une intervention populaire. Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est de garder en tête ses paroles : « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

DOSSIER DE PRESSE

Du 30 au 06 décembre 2016

coupe

PRIX Jean VIGO 2016

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De Albert SERRA
France-2015-1h56mn
avec Jean-Pierre Léaud, Patrick D’Assumçao, Marc Susini, Irène Salvagni, Bernard Belin, Jacques Henric...
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

La Mort de Louis XIV est d’une beauté sidérante, tant par sa mise en scène, digne des compositions et de la lumière d’un Rembrandt, d’un Caravage, d’un de la Tour, que par l’émotion que procure la présence si particulière dans ce rôle de Jean-Pierre Léaud

Comme l’indique sans équivoque son titre, le film nous donne à voir les derniers jours de ce Roi que l’on appela Soleil et que l’on va pourtant découvrir s’enfoncer dans la nuit, au sens figuré de son agonie et au sens propre également
Août 1715, le roi a 75 ans (âge tout à fait vénérable pour l’époque, et que peu d’hommes atteignent), il règne depuis 54 ans. En cette fin d’été, l’absolu souverain est frappé d’une douleur violente à la jambe. Les médecins qui se pressent en permanence autour de lui croient d’abord à une simple sciatique mais quand la jambe commence à noircir, tout le monde comprend que l’affaire est beaucoup plus sérieuse, et qu’il convient d’amputer pour éviter une issue fatale. Mais à cette amputation le roi dit non. L’agonie durera près de deux semaines, une durée qu’Albert Serra semble raccourcir. Mais à ce détail près, le cinéaste a respecté assez scrupuleusement le récit de cet épisode tel que l’a retranscrit Saint Simon.
On va voir défiler dans cette chambre bientôt funèbre tout ce que la cour compte de courtisans, de courtisanes (Louis XIV on le sait collectionna les maîtresses), de conseillers, de médecins pour le moins charlatanesques… tous empressés de recueillir les dernières consignes ou faveurs du roi. Albert Serra dresse ainsi un portrait lucidement cruel de la vanité du pouvoir, bien dérisoire face à la mort qui s’avance. Car celle ci commence à enlever tout pouvoir et toute prestance au monarque. Alors qu’il est encore en capacité de parler au début du film, peu à peu il n’est qu’un corps souffrant, Quelques moments de grâce – avec ses chiens ou lors des derniers conseils donnés à son si cher arrière petit-fils, le dauphin et futur Louis XV, alors âgé de cinq ans – permettent au spectateur de respirer, ainsi que quelques perspectives que laisse entrevoir la fenêtre sur les jardins de Versailles. La caméra peint magnifiquement ces scènes, jouant à la perfection de la lumière sur le visage blême des courtisans ou sur celui du roi souffrant.

Quant à Jean-Pierre Léaud, il est grandiose, apportant à son rôle tout le poids et toute la résonance de ses 60 ans de carrière aussi flamboyante que chaotique. « Albert Serra offre un magnifique cadeau à Jean-Pierre Léaud… En le consacrant monarque absolu du cinéma français, il offre à son mythe un écrin beau comme un Rembrandt, que l’Histoire semblait attendre sans oser le demander. »                 Utopia – (I. Régnier, Le Monde)

DOSSIER DE PRESSE

Jeudi 24 novembre 2016 20h30

Partenariat Cinoch’, Amis du Diplo, les Amis de la « Fabrique du Sud »
En présence du réalisateur et des membres de la Scop- ti

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De Claude HIRSCH
France – 2015
Avec Les Fralibs

 

« Après avoir lutté pour sauvegarder leur passion et leur travail,les salariés de la Scop-ti reprennent la production et lancent une nouvelle marque de thé et infusion. Son nom ? 1336 ! » Culturebox

 

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Bande annonce du Documentaire

 

L’aventure a duré 1336 jours ! 1336 jours pendant lesquels un noyau d’irréductibles se sont battus sans relâche contre Unilever. La grosse multinationale avait en effet décidé en 2010 de fermer son usine de conditionnement de thé et infusion à côté́ d’Aubagne, estimant qu’elle n’était pas rentable. Mais voilà ! Ces 82 personnes vont non seulement se battre pour que le rideau de fer ne s’abaisse pas définitivement sur les portes de l’usine mais cette bande d’entêtés va utiliser toutes les voies possibles et imaginables pour maintenir leur activité́, leur emploi et prouver à ce trust international que l’entreprise reste viable !
Le réalisateur Claude Hirsch avait dans un film précédent Pot de thé / pot de fer suivi ceux que l’on appelait les Fralibs pour nous faire entrer au cœur de leur lutte opiniâtre contre un patron prêt à tout pour les virer de l’usine, et nous faire vivre les différents moments qui ont émaillé́ cette aventure : le moral en montagnes russes suite aux décisions de justice, les espoirs de reprise de l’usine en coopérative et les nombreux soutiens qui les ont portés et dynamisés au cours de cette longue lutte… Aujourd’hui la victoire est là et un accord de fin de conflit ouvre la porte à l’étape suivante : la reprise de l’usine en SCOP… Claude Hirsch, qui n’a jamais lâché́ les Fralibs, nous revient avec son nouveau film (qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, est presque terminé) 1336 jours, debout, debout, debout (Titre provisoire). Nous découvrirons donc l’aboutissement de ce combat et le départ d’une nouvelle aventure : la création de la coopérative ouvrière et certainement l’apparition de nouveaux combats.
Pour exemple, la SCOP sera un moyen de produire différemment ! Les coopérateurs ont ainsi décidé́ d’utiliser des produits bio et locaux : exit les produits chimiques, les transports des matières premières venant de l’autre bout de la planète ! C’est d’ailleurs pour cette raison que Les Amis de l’Huma ont invité le maire de Beauvoisin où dorénavant la coopérative va se ravitailler en tilleul.
Pour les aider, n’hésitez pas à acheter leurs produits 1336 et Scopti !

Du 23 au 29 novembre 2016

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De Juho KUOSMANEN
Finlande 2016 1h32mn
avec Jarkko Lahti, Oona Airola, Eero Milonoff, Joanna Haartti…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Pas facile de susciter l’intérêt, l’empathie, l’émotion avec l’histoire d’un boxeur finlandais des années 1960 dépassé par la pression qu’on lui met sur les épaules alors qu’il est amoureux et qu’il a plus l’âme d’un doux rêveur que d’un dur à cuire ! C’est le tour de force que réussit Juho Kuosmanen – un nouveau et valeureux collègue pour notre cher Aki Kaurismaki qui nous laisse sans nouvelles depuis cinq longues années… – avec ce premier long métrage (inspiré d’un épisode de la vie du bien réel Olli Mäki) plein de charme et de finesse.
« Chroniquant l’opposition entre douceur de l’amour et univers sans pitié de la boxe professionnelle, temps des rêves de la jeunesse et peur de décevoir de grandes ambitions, liberté et soumission, tranquillité et feu médiatique, le film se déroule à l’été 1962 alors que la Finlande se prépare à organiser pour la première fois sur son sol un championnat du monde de boxe. Et tous les espoirs reposent dans les poings de Olli Mäki, “le boulanger de Kokolla”, ancien champion d’Europe amateur, très peu expérimenté chez les professionnels (huit victoires en dix combats), et qui va affronter un très coriace adversaire américain lesté de soixante-quatre victoires à son palmarès. Entraîné et managé par l’ancien boxeur Elis Ask qui profite de l’occasion pour se placer dans la lumière, Olli Mäki est confronté d’emblée à un très gros problème physique : il est descendu en catégorie poids plume et doit réussir à beaucoup maigrir en peu de temps pour passer sous les 57 kilos qui permettront le combat. Mais il se trouve surtout que Olli est tombé amoureux de Raija qui vit à la campagne et qui le suit à Helsinki où est installée la base d’entraînement. Mais comme Elis estime qu’elle est une périlleuse distraction pour la concentration et le futur de son champion, elle doit repartir et Olli se retrouve seul…
« Magnifiquement filmé, au-delà même de la toujours plaisante patine du noir et blanc, Olli Mäki opère un très efficace balancement entre les séquences convaincantes strictement liées au sport et à ses complications (ring en plein air et séances avec des sparring-partners, processus éprouvant de la perte de poids, match final, présence envahissante de la presse, relations ambigües entre Olli et Elis) et des scènes pleine de charme au cœur de la forêt de la province finlandaise où s’épanouit l’amour d’Olli et Raija. Un parfum d’innocence qui cherche à se préserver dans un monde de brutes où l’humiliation guette. » (Cineuropa)

Dossier de presse