Du 29 juin au 5 juillet 2016

shadow-days-affiche

De Zhao Dayong
Chine -2014 -1h35
avec Laing Ming, li Zigian, Liu Yu
Festival Berlin 2014, Festival Hong kong 2014, Festival Tokyo (Mention Spéciale)
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Avertissement

Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Reinwei revient vivre dans le village reculé de son enfance en compagnie de sa fiancée, enceinte de plusieurs mois. Il est engagé par son oncle pour l’aider à faire respecter rigoureusement la loi sur l’enfant unique…

LE VILLAGE DES DAMNÉS
Shadows Days est à la fois le film auquel on s’attend et finalement tout autre chose. Ce qui est déjà en soi une qualité bien intrigante. Le long métrage s’ouvre par un plan d’ensemble sur les montagnes, suivant en plongée la voiture des protagonistes qui se dirigent vers leur destination. Peut-être plus que la fameuse introduction funeste de Shining, c’est l’hypothèse que le plan soit filmé en caméra subjective qui ouvre la piste de la menace, du film de genre. Qui (ou qu’est-ce qui) attend Reinwei et son amie dans le village où ils se rendent ? Mais Shadows Days ne se contente pas des codes du film de genre, la piste est même abandonnée, ressurgit parfois. Cette dimension mystérieuse est à la fois récurrente et suffisamment discrète pour se faire oublier aux yeux de ceux qui ne voudraient voir ici qu’un film politique de plus. Il y a évidemment de cela. Le décor est familier, celui d’une chine rurale comme coupée du temps, isolée dans sa géographie comme dans sa manière de perpétuer des traditions étouffantes et parfois violentes. La loi de l’enfant unique est ici respectée jusqu’à l’absurde, jusqu’à des avortements forcés effectués au nom du Bien général.

Pourtant Shadows Days n’est pas qu’un film à sujet, car il y a une vraie personnalité de cinéma dans la manière qu’a Zhao Dayong de brouiller les pistes et faire fluctuer les registres. Dans ce village sans chef où l’on ne sait plus à quel saint se vouer, on prie et s’en remet à un peu tout le monde et surtout à n’importe qui. Les rituels chamaniques d’un autre âge côtoient les prières adressées à une statue miniature de Mao. Des scènes absurdes, non dénuées d’humour noir, qui viennent enrichir un film qui n’hésite pas, le temps de plans furtifs et fulgurants, à virer au fantastique grotesque et inquiétant. Une piste qu’il aurait certes été jubilatoire de voir explorée à fond, mais en la faisant disparaitre presque immédiatement, Zhao Dayong rend son récit encore plus angoissant. Il n’y a pas d’explication facile, tout comme il n’y a pas d’échappatoire évidente pour les personnages. Ne clignez pas des yeux à ces moments-là, vous risqueriez de rater les plans les plus osés et dingos d’un film qui, ne manque ni d’audace ni de savoir-faire. Voilà un metteur en scène qui n’a pas froid aux yeux.                                  Gregory COUTAUT – Film de Culte

Pour en savoir plus sur le film « Shadow days »

Du 22 au 28 juin 2016

Le mercredi 22 juin  à 17 h45

les Amis du Cinoch’ vous proposent pour l’ouverture de la semaine de projection,

en partenariat avec la Fabrique des Arts/ Carcassonne  Agglo et Arts Vivant 11

un accueil musical dans et dedans le Colisée

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De Heddy HONIGMANN
documentaire Pays-Bas-2015-1h34mn
avec le chef et les musiciens du Royal Concertgebouw Orchestra (RCO) d’Amsterdam…
Festival du Film La Rochelle, Itinérances Alès
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le tour du monde en cinquante concerts ! Ainsi s’appelait dans un premier temps cet incroyable documentaire, d’une simplicité vraie, qui nous a tous emballés au Festival de La Rochelle, avant d’être débaptisé. On aimait ce premier titre : Le tour du monde en cinquante concerts… Comme un petit clin d’œil à Jules Vernes qui disait bien la patte espiègle et subtile de la réalisatrice Heddy Honigmann. D’un travail de commande (passée par le prestigieux Royal Concertgebouw Orchestra d’Amsterdam pour célébrer ses 125 ans) elle a réussi à faire une véritable aventure de vie qui se déguste comme un roman ! Ce n’était pourtant pas gagné d’avance : comment filmer la tournée internationale de cet organisme presque tentaculaire (une tête qui dirige et de multiples bras : plus de cinquante musiciens) et en faire une œuvre vivante, cohérente, originale, qui tienne le spectateur en haleine ? Comment trouver des plans d’attaque originaux, ne pas sombrer dans le « déjà vu » ?
Heddy Honigmann réussit tout cela avec brio et dirige sa caméra avec les gestes précis et limpides d’un véritable chef d’orchestre. Toujours à capter la petite chose, le menu détail qui en disent plus long que bien des discours et ménagent des moments de respirations joviaux ou tendres. Son plaisir indéniable derrière la caméra est immédiatement perceptible, communicatif et jamais elle ne se met en avant. Cinéaste discrète, marionnettiste de l’ombre, qui nous entraîne avec bonheur dans les coulisses, l’intimité des virtuoses et même celle de leurs plus modestes admirateurs. La musique devient plus qu’un simple loisir, elle est un art de vivre démocratique, presque une philosophie. Elle est aussi un langage à part qui relie entre eux les mélomanes venus de tous horizons. De Saint Pétersbourg à Buenos Aires en passant par Soweto… Heddy ne se contente pas de survoler les sujets et en peu de plans elle brosse un contexte politique, humain… passionnant.
Première séquence : mais quel est ce petit point insignifiant sur cette grande scène, perdu au milieu de cet immense opéra vide qui semble l’engloutir ? Voilà le percussionniste de cette formation symphonique ! Et c’est fort malin de commencer par lui. Le bougre parle de son boulot avec tant d’humilité et de drôlerie que, d’un coup de baguette, il brise la glace et un mythe. La grande musique n’est pas une affaire d’élite, elle aussi accessible aux petites oreilles, celle des obscurs, des sans-grades. Elle est avant tout une merveilleuse aventure à la portée de tous. On finirait même par croire qu’un jour elle parviendra à briser les ridicules frontières érigées par la petitesse des hommes !                                 UTOPIA

Pour en savoir plus sur le documentaire « Royal Orchestra »

Du 15 au 21 juin 2016

affiche monstre à mille tetes

(Un monstruo de mil cabezas)
De Rodrigo PLA
Mexique 2015-1h15mn
Avec Jana Raluy, Sebastian Aguirre Boëda, Hugo Albores, Daniel Gimenez Cacho
PRIX DU PUBLIC, FESTIVAL DE BIARRITZ 2015
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le « monstre à mille têtes », c’est le libéralisme sans frein et ses conséquences, c’est le système kafkaïen qu’il met en place, c’est la nouvelle bureaucratie de l’argent qu’il instaure. Rodrigo Pla, comme dans l’excellent « La zona » qui nous l’a révélé  s’attaque bille en tête au monstre, et c’est aussi rageur que captivant.
Le film commence par un plan éloigné sur une chambre d’où nous parviennent des sons qui pourraient nous faire croire à des ébats amoureux, mais la séquence s’éclaire et l’on comprend rapidement que les gémissements émanent d’un homme qui souffre atrocement. Le mari de Sonia n’en peut plus du cancer qui le ronge. Sonia, quadragénaire tout ce qu’il y a d’ordinaire et de paisible, que rien ne prédispose aux actes irréfléchis, encore moins insensés, va faire ce que toute épouse ferait en de telles circonstances : joindre d’urgence le médecin afin de trouver avec lui le meilleur traitement possible pour soulager son mari, peut-être celui de la dernière chance. Mais voilà, nous sommes au Mexique, laboratoire – comme bien d’autres pays d’Amérique latine – des mesures ultralibérales les plus délirantes. Résultat : la santé est entre les mains de mutuelles privées, promptes à encaisser des cotisations mensuelles extravagantes, beaucoup moins à prendre en charge les frais médicaux ou hospitaliers quand elles considèrent que vous avez déjà un orteil dans la tombe. La décision d’un nouveau traitement pour le mari de Sonia appartient donc au médecin conseil de la mutuelle. Évidemment injoignable en cette veille de week-end…
Qu’à cela ne tienne, Sonia réunit tous les documents nécessaires et se rend en compagnie de son adolescent de fils au siège de la mutuelle. Et tout va s’emballer quand elle croise le dit médecin qui prétend ne pas être là, raquette de squash à la main, s’apprêtant à partir. Prouvant (et approuvant !) que l’amour d’un proche et l’instinct de survie peuvent transformer une femme sans histoires en louve prête à protéger sa meute, le film et ses personnages basculent alors dans l’engrenage inéluctable d’un thriller social palpitant… Sonia n’a d’autre choix que de franchir les limites de la légalité pour faire face à un système bureaucratique, injuste et corrompu qui nourrit un peu plus les riches et laisse crever ceux qui ne le sont pas.
Rodrigo Pla et sa scénariste ont été inspirés par le documentaire canadien The Corporation (programmé chez nous en 2005), qui décrivait l’action criminelle des multinationales (en particulier les sociétés pharmaceutiques ou liées à la santé) contre l’intérêt des citoyens. La mise en scène remarquablement rythmée et tendue renforce le propos. Elle oppose la course effrénée de Sonia à la froideur aseptisée et inhumaine des locaux de la mutuelle, au luxe glacé des villas des différents dirigeants. Et cette froideur des lieux est bien sûr le reflet de celle des humains qui y travaillent, qui y vivent.
Aux accès de violence s’opposent des moments comme suspendus, figés, qui cassent volontairement le caractère dramatique des situations, qui pointent l’absurdité, le ridicule des puissants et de leur mode de vie, comme quand Sonia surgit au milieu des vestiaires d’un club de sport où les responsables de la mutuelle sont nus et pathétiques face à sa détermination inflexible. Et le récit direct de l’action s’enrichit d’éléments extérieurs qui apportent une autre résonance, permettent un certain recul : le témoignage de la réceptionniste de la mutuelle, ou les débats du procès qui aura lieu hors champ, bien après le terme du périple désespéré de la mère et du fils.                                        UTOPIA

Dossier de presse  » Un monstre à mille Têtes »

Du 8 au 14 juin 2016

affiche gardien de la terre

De Rolf Winters, Renata Heinen
Britannique -Documentaire – 2015 – 1h30mn
Prix du Jury : Illuminate Film 2015
Prix du Public : Spirit Film 2015
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

 

Un couple avec trois enfants s’embarque jusqu’au bout du monde à la recherche d’une nouvelle perspective sur le monde.
Pendant cinq ans, ils vont parcourir six continents à la rencontre de sages indigènes qui n’avaient encore jamais été filmés ni interviewés.
Du Lac Supérieur du Michigan à l’Amazonie, du fin fond de l’Australie au désert du Kalahari en Afrique, des Andes aux jungles de l’Inde, la famille rencontre des communautés jamais approchées.

Ils vont croiser des personnes hors du commun, au service de leur communauté. Ils sont appelés « hommes ou femmes médecins », chamanes, guérisseurs ou gardiens de la Terre.
Les Gardiens de la Terre ont vécu cachés pendant des siècles et sentent que le temps est venu de partager leur savoir avec ceux qui sont prêts à l’écouter.

Plus qu’un voyage, ce récit est un cadeau de la terre.
Renata Heinen et Rolf Winters ont eu l’idée de faire un film en rencontrant Nowaten (« Celui qui écoute ») après trois ans de voyage. Ce chamane, issu de la tribu des Potawatomis située dans la région du Haut Mississippi, a inspiré le couple à rencontrer d’autres Gardiens de la sagesse.

Dossier de presse « Les gardiens de la Terre »

 

 

Du 1er au 7 juin 2016

affiche

De Dalibor Matanic
Croate/Serbe/Slovène – 2015- 2h03mn
Avec Tihana Lazovic, Goran Markovic, Nives Ivankovic …
Un Certain Regard – Prix du jury Festival international du Film Cannes
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

 

En Dalmatie, en 1991, au bord d’un lac paradisiaque, sous le soleil de l’été. Les jeunes Jelena et Ivan s’aiment et vont partir tenter leur chance à Zagreb le lendemain. Mais des files de jeeps remplis d’hommes en uniforme envahissent la campagne. Habitant deux villages voisins, les deux tourtereaux étant respectivement serbe et croate, leur liaison est très mal vue par les deux communautés sous tension. La guerre est sur le point d’éclater et les deux jeunes gens vont avoir de très sérieux problèmes.

 En 2001 et en 2011, au même endroit, deux autres histoires d’amour se nouent, également soumises au tourbillon de l’Histoire…

Trois étés, trois époques (1991, 2001, 2011), trois histoires d’amour contrariées par la guerre et la haine interethnique dans un coin de paradis, au bord d’un lac yougoslave.

Dans chaque segment, elle est serbe, il est croate et leurs personnages sont interprétés par les mêmes jeunes acteurs, débutants et incandescents, Tihana Lazovic et Goran Markovic. Une très belle idée, qui apporte unité et continuité à ces couples déchirés. Le procédé a, aussi, l’avantage de rendre homogène ce film à sketchs. Tous sont passionnants, même si l’on a une préférence pour la deuxième idylle, dont la moiteur et la tension sexuelle évoquent un Tennessee Williams des Balkans. Télérama

« Soleil de Plomb est une célébration de l’altruisme et de l’amour – ce que la nature humaine a de plus beau, mais qui peine à reprendre ses droits dans notre région. Car je ne suis sûr que d’une chose : à la fin, les politiques et le nationalisme extrême ne gagnent jamais. Seul l’amour vaincra. » — Dalibor Matanic

Pour tout savoir sur le film « Soleil de Plomb »