Du 20 au 26 décembre

Mis en avant

De Léonor SERRAILLE – France 2017 1h37
Avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard…
Festival de Cannes 2017 : Caméra d’Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues).
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 24/12 séance à 17H
Lundi 25/12 séance à  16H15
Mardi 21h00

Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d’être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours… Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et une grande fragilité … Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine …
Paula est sans doute emblématique de toutes ces trentenaires contemporaines un peu larguées, tenaillées entre leurs dépendances affectives et un désir d’indépendance … Ce qu’elle vit là, c’est plus qu’une rupture, c’est presque la perte d’elle-même tant elle était habituée à n’exister que par le regard de son homme… Pour garder quelque chose de lui, elle ira jusqu’à kidnapper son chat…  moche, un véritable boulet qu’elle ne semble même pas apprécier. Mais que ne ferait-elle pas pour garder un petit lien ténu avec celui qu’elle a aimé, qui l’a aimée ? Paumée, à la rue avec ce crétin de félin sur les bras, abandonnée dans un Paris où elle ne connaît personne… on la sent vraiment mal barrée.
On ne sait d’où elle a tiré cette hargne d’animal blessé. N’empêche que c’est dans cette rage qu’elle va puiser la force nécessaire pour rebondir. Ce largage dans Paris devient presque une chance et va lui permettre de s’émanciper. Son manque d’amour propre lui octroie toutes les audaces. Prête à tout elle fait feu de tout bois. Malheur à celle qui pense l’avoir reconnue dans la rue  … Une annonce de garde d’enfant passe à sa portée ? Notre héroïne se la joue nounou, une nounou peu conventionnelle, trouble-fête qui va vite faire tache dans un foyer trop bien rangé ! On cherche une vendeuse de culottes ? Qu’à cela ne tienne : elle s’improvise marchande et décroche le poste lors d’un entretien d’embauche des plus burlesques. Bien sûr elle se fait larguer de partout, vu que tout cela n’est que de l’esbroufe et que sur la durée, il faut bien qu’elle finisse par se l’avouer : elle ne sait rien faire, à part être elle-même et c’est déjà énorme. Cette tête de mule incarne à elle seule toute une génération débrouille secouée par la crise et qui n’a d’autre perspective que de vivre d’expédients et de petits boulots.
Le rôle principal est endossé avec un brio fracassant par Laetitia Dosch qui explose à l’écran. Elle porte le film avec une énergie folle… Grace à elle Paula est plus qu’une simple gonzesse compliquée, elle lui donne toute la complexité d’une jeune femme qui se cherche.… Une jeune femme parmi tant d’autres, inoubliable.                           Utopia

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Jeudi 14 décembre à 20h30

Mis en avant

SATIRE DANS LA CAMPAGNE 
Du dessinateur Marc LARGE 
et de son complice journaliste Maxime CARSE
Partenariat Cinoch’/ Amis du Monde Diplomatique/Colisée
Nous souhaitons que ce film fasse rire et réfléchir.
Placé sous le signe de l’humour, ce document veut démontrer l’importance de la satire dans notre société. Poult de la démocratie, cette liberté de ton et d’expression est une véritable soupape, une bouffée d’oxygène salvatrice pour les lecteurs, les auditeurs et les spectateurs. La satire fait également réfléchir.
La satire est une œuvre dont l’objectif est une critique moqueuse de son sujet (des individus, des organisations, des États, etc.), souvent dans l’intention de provoquer, prévenir un changement ou de porter à réfléchir. Le terme « satire » vient du latin satura qui signifie « mélange » ou « pot-pourri », en raison de la multitude de ses modes d’expression : dessin, théâtre, littérature… puis cinéma, chanson, etc. (D’où la volonté de rassembler des artistes d’horizon et de modes d’expression différents).
L’attentat terroriste qui a visé Charlie Hebdo en 2015 a réveillé un élan de solidarité sans précédent dans le monde entier et une prise de conscience générale de l’importance de la liberté d’expression. La France revendique depuis longtemps ce ton tout particulier de la « gauloiserie » : ce qui est de l’ordre d’une gaité vive et libre.
De Coluche à Groland, en passant par Desproges ou Hara-Kiri, la critique des politiques par l’humour est une spécificité que les français affectionnent autant qu’elle peut les choquer.
Mais quelle est véritablement le pouvoir de la satire aujourd’hui ? kisskissbankbank.com
« A la façon d’un « Merci Patron », de François Ruffin, documentaire politique qui a pu lui aussi voir le jour grâce à un financement participatif, « Satire dans la campagne » rêve d’un même beau destin. Pour faire entendre ce besoin de rire, « de dédramatiser les chosescar cette élection, peut-être plus que les autres, a généré tant de violence, de division, de haine. On a senti très vite qu’on pouvait et devait rire », poursuit Marc Large. Comme une soupape, une bouffée d’oxygène salvatrice, décrit même le synopsis. » sudouest.fr
 « Pourquoi vous engagez dans la promotion de ce documentaire ?
Daniel PREVOST : « Marc Large (dessinateur de presse et réalisateur du documentaire N.D.L.R.) est un copain, comme d’autres copains du Groland etc. J’ai évidemment dit oui pour cette participation totalement amicale et pour soutenir ce documentaire qui est une belle vision de la société telle qu’elle est avec ses points de vue différents, drôles… ou pas drôles. »

Du 13 au 19 décembre

Mis en avant

De Fabien GORGEART – France 2017 1h27
Avec Clotilde Hesme, Fabrizio Rongione, Thomas Suire, Grégory Montel, Olivier Rabourdin…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15

Lundi 14h00
Mardi 21h00

C’est une histoire presque banale d’une jeune femme enceinte pour la première fois. Belle, radieuse, en pleine forme, Diane attend un enfant et ces premiers mois sont tout ce qu’il y a de plus ordinaires : la fatigue, les matins nauséeux… puis l’énergie un peu euphorisante que procure immanquablement cette grande révolution intérieure. D’ailleurs, Diane, au lieu de se reposer tranquillement, a décidé de retaper la maison de famille laissée en désamour.. Diane a les épaules : assez larges pour porter un bébé, casser des murs, filer sa vie toute seule comme une grande…
Une histoire presque banale, à un petit détail près : Diane porte un enfant qui n’est pas vraiment le sien puisqu’il est le fruit improbable mais pourtant bien concret de l’amour entre Thomas et Jacques. Ecrite comme ça, comme une évidence, la situation est assez simple et c’est bien ainsi que la vivent les trois protagonistes de cette grossesse. Les deux papas suivent avec bienveillance le ventre de Diane qui s’arrondit, s’inquiètent et paniquent comme tous les futurs pères …

Mais Diane, parce qu’elle n’aime pas trop se poser de questions, parce qu’elle n’a ni port d’attache, ni mari, ni amant, vit tout à fait sereinement cet état des choses qui pose finalement bien plus de problème aux autres et à la société qu’aux principaux concernés. Diane s’arrondit à vue d’œil, mais jamais ne doute, jamais ne regrette, jamais ne se trouble quant à cette grossesse hors cadre … Mais va arriver la chose que personne n’avait prévue. Il est électricien et doit faire des travaux dans la maison. …Thomas et Jacques ne peuvent alors que suivre le mouvement car après tout, Diane fait ce qu’elle veut de son corps et de son cœur et n’a de compte à ne rendre à personne sur sa vie amoureuse. Mais même avec la meilleure volonté du monde, il va lui devenir difficile de jongler avec trois mecs…
C’est un film solaire qui rayonne sous le charme de Clotilde Hesme. Elle incarne une Diane qui sait être tour à tour femme enfant un brin immature, puis jeune femme déterminée, mais portant en elle avec panache et noblesse une droiture, une générosité. Sur un sujet éminemment casse-gueule mais ô combien d’actualité, il est rassurant de voir que ce regard de cinéaste sur la gestation pour autrui est naturellement bienveillant. Loin de tout manichéisme, de tout discours moralisateur, Diane a les épaules écarte d’un geste tendre tous les clichés et replace au cœur du débat les sentiments. Utopia

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Du 6 décembre au 12 décembre

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D’après le roman de J.P. Manchette et J.P. Bastid
Prix Méliès – 3 nominations Festival Européen Film Fantastique Strasbourg 2017

Interdit au moins de 12 ans avec avertissement

D’Hélène CATTET et Buno FORZANI
France-Belgique 2017 1h32mn
avec E. Löwensohn, S. Ferrara, M. Barbé, B. Bonvoisin, M. Sainsily…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le film  est une « tuerie ». Au propre parce que, malgré le nombre restreint de protagonistes, ça défouraille … Au figuré surtout parce qu’on est en présence d’un incroyable film sensoriel, maquillé en polar, qui nous poursuit longtemps après la projection d’une impression de sidération dont on peine à se défaire. Hélène Cattet et Bruno Forzani réussissent avec Laissez bronzer les cadavres à nous faire partager, entre hommage ultra-référencé et rêverie (ou cauchemar) éveillée, leur déclaration d’amour filmée au cinéma. Avec une prédilection pour le cinéma dit « de genre », européen qui a connu une sorte d’âge d’or dans les décennies 70 et 80. Après avoir revisité l’univers d’ Argento ,c’est sur les traces de Sergio Leone qu’ils lancent leur caméra … À l’instar du roman, le film tient tout autant du polar que du western, … Réputé inadaptable, le roman est ici adapté avec une fidélité quasi-littérale à la sèche linéarité de son récit. Lequel, en forme de tragédie classique, …respecte scrupuleusement les trois unités : de temps, de lieu et d’action.
Pendant 24 heures, un hameau en ruines, écrasé par le soleil, va être le théâtre d’un affrontement à mort entre des malfrats qui viennent de réaliser dans un bain de sang leur  casse du siècle et une paire de gendarmes … Bataille rangée au milieu de laquelle s’efforcent de survivre, avec plus ou moins d’énergie et d’efficacité, la maîtresse des lieux… C’est à peu près tout. Comme le roman, le film ne dévie pas de l’aridité de son argument. Pas l’ombre d’un coup de théâtre à l’horizon, chaque rôle est connu et chaque destin inéluctablement mené à son terme. Comme dans le roman, la sécheresse du canevas permet aux auteurs de déployer un invraisemblable savoir-faire (comment tenir en haleine un lecteur/spectateur sur un schéma aussi simple et convenu ? C’est possible, la preuve !) … Le résultat donne un de ces films beaux, fous, étincelants, d’une formidable liberté de ton et d’une implacable rigueur formelle, aussi séduisants que malfaisants, …. Un de ces films qui ont l’air de bolides méticuleusement déglingués, lancés sans visibilité à 200 km/h sur les chemins de traverse de la cinéphilie non-conventionnelle.
Il se dit que Tarantino est le 1er fan du travail de Cattet & Forzani. S’appuyant sur un aussi prestigieux parrainage, on fait le pari que la beauté formelle, l’inventivité sans limite, la rigueur narquoise de ces exquis cadavres vont, comme nous, vous laisser comme deux ronds de flan : épuisés, rincés, à bout de souffle …                        UTOPIA

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Du 29 novembre au 5 décembre

Mis en avant

De Laurence FERREIRA BARBOSA
France / Portugal 2017 1h48mn
avec P.Constantino-Ramos, R. Da Costa, A. Torres Lima, M. Pereira, A. Prince…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Des étoiles brillent dans les yeux bleus et étincelants de Pamela quand elle pose son regard sur le monde. Un regard d’une infinie tendresse, mélange étonnant de candeur et de gravité. Pamela est un drôle d’oiseau : docile mais pas facile, discrète mais dotée d’un physique qui ne passe pas inaperçu. Elle a gardé les rondeurs de l’enfance, ses joues, ses bras potelés, mais son corps tout entier est un appel à la sensualité même si elle semble totalement s’en moquer.
Les étoiles, elles brillent aussi dans la nuit calme d’un petit village du Portugal. C’est le village de la famille de Pamela, la terre de ses aïeux, là où vit encore sa grand mère. Tous les étés, Pamela et ses parents reviennent aux sources, indispensable retour au premier chapitre de leur histoire, un voyage qui se fait forcément en voiture pour mieux apprécier les heures et les kilomètres qui défilent et les rapprochent de leur précieux point d’ancrage. Pour rien au monde Pamela ne manquerait ce rituel : la route, les paysages changeants, les odeurs d’eucalyptus et, enfin, l’arrivée triomphante dans le village. Pour la famille de Pamela comme pour tant d’autres qui ont quitté leur terre natale pour s’installer en France au gré des flux migratoires, ce voyage réaffirme le lien avec leur identité, leur culture et panse aussi les blessures sourdes de ceux qui ont quitté leur pays, leurs parents pour vivre ailleurs.
Pour Pamela qui vient de rater une seconde fois son bac, ce voyage est un repère rassurant dans un avenir incertain et met à distance la question qui se posera bientôt : que faire de sa vie ? En attendant, elle retrouve les cousins, les amis, et vit au rythme du village : les fêtes, les repas de famille, les processions, le ramassage des pommes de terre. Pourtant, quelque chose n’y est plus… C’est peut-être le goût de l’enfance qui s’efface doucement, ou bien ce monde un peu figé, pétri de traditions et de conservatisme lui semble cette fois moins attrayant. Et puis il y a les retrouvailles avec Claudia, une ancienne amie, fougueuse et insoumise, qui lui fait partager ses révoltes et ses histoires de cœur. Il n’en faut pas plus à Pamela la douce, la tendre pour se poser bien des questions sur ce qui fait battre son cœur à elle, entre ses parents, le Portugal, les études et le charmant garçon qui l’a draguée avec humour et pâtisseries (il est apprenti) avant le début de l’été