Du 30 septembre au 4 Octobre 2015

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Tout savoir sur le festival? Cliquez sur l’affiche!

Cinéma d’Automne à Castelnaudary

Pour sa deuxième édition, le festival « Cinéma d’automne » recevra des invités prestigieux, de Michel Ocelot, célèbre créateur de Kirikou, à Rachid El Ouali, comédien et réalisateur marocain, en passant par les frères Larrieu… et ce n’est pas tout!

Ce sera l’occasion de voir ou de revoir pas moins de 25 longs et courts métrages, dont 4 avant-premières, de découvrir une exposition toute consacrée aux trésors cachés de Michel Ocelot réalisés dans le studio languedocien de la Fabrique, d’écouter la lecture de correspondance de tirailleurs sénégalais, de découvrir l’art de la calligraphie… et ce n’est pas tout!

Il sera surtout l’occasion de se retrouver autour d’œuvres et d’artistes de génie qui ont, pour point commun, d’avoir à un moment de leur vie, choisi notre belle région afin d’y exercer leur art, le 7ème du genre. De nous retrouver dans le même esprit que celui de l’an passé, avec plaisir et émotion… et ce n’est pas tout!

Tout savoir? Visitez notre site www.cinemadautomne.fr et/ou rejoignez nous sur la page Facebook de Cinéma d’Automne.

On vous attend pour faire la fête du cinéma à Castelnaudary!

Du 30 Septembre au 6 Octobre

Andreï KONTCHALOVSKI - Russie 2014 1h41mn VOSTF - avec Aleksey Tryapitsyn, Irina Ermolova, Timur Bondarenko, Viktor Kolobkov... Scénario d'Elena Kiselava et Andreï Kontchalovski. Lion d'Argent, Festival de Venise 2014. Jeudi 21h30 Vendredi 18h15 Dimanche 18h30 Lundi 14h

Un film d’Andreï KONTCHALOVSKI
Russie 2014 1h41mn VOSTF
Avec Aleksey Tryapitsyn, Irina Ermolova, Timur Bondarenko, Viktor Kolobkov… Scénario d’Elena Kiselava et Andreï Kontchalovski.
Lion d’Argent, Festival de Venise 2014.
Jeudi 21h30
Vendredi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h

C’est le grand retour d’Andrei Konchalovski, grand cinéaste russe assez méconnu (Le Premier maître, Le Bonheur d’Assia, Riaba ma poule…), qui travailla avec Tarkovski, qui réalisa plusieurs films à Hollywood, dont le grandiose Runaway Train qu’on vous a montré il n’y a pas si longtemps… Andrei Kontchalovski est revenu au pays et c’est d’ailleurs dans la veine naturaliste de son premier chef d’œuvre, Le Bonheur d’Assia (un film que le régime soviétique rejeta en 1967 car il donnait une vision trop sombre des kolkhozes), qu’il nous propose cette très belle chronique d’un petit bout de Russie à travers les yeux de son facteur.

Nous sommes au bord du lac Kenozero, dans le grand nord russe, à quelques encablures de la Mer Blanche : une région où les paysages ne sont pas loin d’être inchangés depuis les incursions vikings. Splendeur de ce pays, fait de lacs et de forêts immenses que ne semble pas avoir atteint l’industrialisation (on sait tout de même les Russes peu obsédés par les questions écologiques) si ce n’est, de temps en temps, une fusée qui zèbre l’horizon : le cosmodrome n’est pas très loin. Mais la contrepartie est le quasi-abandon par le pouvoir central des populations éparpillées autour du lac. Le seul lien entre les habitants, c’est Aleksey, le facteur, qui parcourt des dizaines de kilomètres dans une barcasse pour apporter les lettres qui se font rares, et faire au passage le boulanger ou l’épicier ambulant pour des gens de plus en plus âgés et de plus en plus isolés (la plupart des acteurs n’en sont pas et jouent leur propre rôle).
Le film suit le petit rituel quotidien d’Aleksey, ses réveils difficiles après une soirée trop arrosée (même s’il est loin d’être le plus gros consommateur de vodka parmi les postiers), puis sa laborieuse tournée, ses rencontres avec les habitants qu’il faut parfois aider à retrouver leur chemin et le plaisir de retrouver une jolie maman pour qui il a le béguin malgré la différence d’âge. Kontchalovski filme magnifiquement la splendeur de cette vie en pleine nature, mais il montre aussi la tristesse et le désarroi de la plupart des gens qui vivent dans ce paradis de plus en plus perdu. Ce qui n’empêche pas le film d’être souvent drôle, ou onirique : Aleksey, dans ses nuits de solitude, croit voir un petit chat gris fantôme qui le scrute obstinément…

Quand on vole le moteur du bateau d’Aleksey, quand il comprend que l’administration ne pourra pas le remplacer avant plusieurs mois, quand il apprend que son amour transi a décidé de partir à la ville, Aleksey hésite : fera-t-il lui aussi le grand saut vers la ville, comme beaucoup, pour chercher un nouvel avenir, une nouvelle vie ?
Irrigué par une poésie à la fois lyrique et prompte à la dérision, porté par la mise en scène splendide de Kontchalovski – qui lui a valu un « Lion d’Argent » bien mérité à Venise – Les Nuits blanches du facteur nous offre une belle fable élégiaque qui transcende la simple description d’un paradis rural qui se meurt.                                                               UTOPIA

Le dossier de presse du film « Les nuits blanches du facteur »

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lenchante-affiche

Volume 3, L’enchanté
Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF( 2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky
Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro.
Mercredi à 18h15
Samedi à 18h15
Mardi à 21h

Il fallait être un peu fou et, disons-le, génial pour concevoir et réussir un projet aussi fascinant que ces Mille et une nuits: en un film fleuve, sans équivalent dans l’histoire du cinéma, décrire l’état du Portugal actuel au travers d’un assortiment d’histoires hétérogènes – fiction flamboyante, documentaire méticuleux, farce, tragédie, fait divers, etc. – toutes liées par une foisonnante narration. La colonne vertébrale de tous ces récits est inspirée de la structure des fameux contes arabes. Ils sont ici librement transposés pour relater divers événements ayant eu lieu au Portugal entre l’été 2013 et l’automne 2014, alors que le pays souffrait de problèmes économiques dévastateurs. La beauté de cette œuvre monumentale est de rendre compte des désastres sociaux et humains provoqués par la crise et, en même temps, d’en unir chaque fragment dans un élan de fiction réparatrice, une poésie jubilatoire jetée par dessus les politiques d’austérité. Hautement militant à sa manière, Les Mille et une nuits se fait l’antidote du marasme économique en s’ancrant dans des histoires populaires qui célèbrent la vivacité de toute une culture. Comme si le pays se trouvait vengé de la troïka européenne en rendant aux gens leur fantaisie, leur élégance, leur dignité et même leur tristesse…
Le premier volume intitulé L’Inquiet pose les bases de toute l’entreprise. Le réalisateur Miguel Gomes – dont vous avez été si nombreux à aimer le splendide Tabou – s’y dit incapable de continuer à filmer en ignorant la situation de son pays. Il s’était alors mis en tête de faire un film en combinant deux sujets d’actualité : la fermeture des chantiers navals de Viana do Castelo d’une part ; et l’attaque des cultures apicoles par les guêpes asiatiques d’autre part. Dans une séquence hilarante, Gomes se met en scène sur son propre tournage, au moment où il se rend compte qu’il lui est impossible de réaliser un film sur deux sujets si différents. Face à son échec, il prend lâchement la fuite de son propre plateau, poursuivi par son équipe de tournage ! C’est pour sauver sa peau qu’il décide de reprendre la fameuse ruse des contes des Mille et une nuits : chaque nuit, Shéhérazade évitait la mise à mort par son mari, le roi sanguinaire, en le distrayant avec une histoire. Et c’est ainsi que Miguel Gomes confia son film aux soins de Shéhérazade pour nous conter de fabuleuses histoires populaires portugaises. Et elle de commencer : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays, où l’on rêve de baleines et de sirènes, le chômage se répand… ».
En réalité, pour écrire Les Mille et une nuits, Miguel Gomes a fait appel à une équipe de journalistes chargés de dégoter pour lui des histoires authentiques aux quatre coins du pays. Gomes les a toutes filmées en adoptant des styles différents. Au long de trois volumes possédant chacun leur humeur, il nous donne à entendre le témoignage poignant d’anciens dockers sans emploi, à rire d’une bouffonnerie autour de banquiers aux érections incessantes, à méditer sur la fable d’un coq qu’on ne veut pas entendre chanter, à découvrir les portraits d’éleveurs de pinsons dans une banlieue pauvre de Lisbonne, à suivre les itinéraires de vie de trois propriétaires successifs d’un même chien, et beaucoup d’autres histoires encore… Autant de chroniques racontées, documentées, fantasmées avec une liberté enchanteresse. Pourtant, rien ne fait plus penser que cette trilogie à l’idée d’un art destiné à prendre et à donner des nouvelles du monde. Sur un air de pop lusitanienne, de fado ou de saudade – superbe bande son –, le cinéma de Miguel Gomes embrasse tous les possibles et ne s’inquiète d’aucune obligation de vraisemblance. Cet amour de la diversité, mis en rapport avec le dessein politique initial du film, résonne au final comme un véritable programme. Les Mille et une nuits est une grande utopie cinématographique qui peut accueillir tout un peuple en son sein.    UTOPIA

Le dossier de presse du film « Les mille et une nuits »

Du 23 au 29 Septembre 2015

SORCERER (Le Convoi de la peur) William FRIEDKIN - USA 1977 2h VOSTF - avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal, Amidou... Scénario de Wallon Green, d'après le roman de Georges Arnaud, Le Salaire de la peur. Musique de Tangerine Dream. Jeudi 21h Vendredi 18h15 Dimanche 18h30 Lundi 14h

SORCERER (Le Convoi de la peur)
De William FRIEDKIN
USA 1977 2h VOSTF
avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal, Amidou
Scénario de Wallon Green, d’après le roman de Georges Arnaud, Le Salaire de la peur. Musique de Tangerine Dream.
Jeudi 21h
Vendredi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h

C’est le grand film malade de William Friedkin – c’est aussi son préféré –, une aventure hors du commun, de son tournage dantesque pendant presque un an dans plusieurs pays d’Amérique centrale et du Sud – acteurs et techniciens malades, conditions météo extravagantes, intervention policière pour cause de consommation de drogues sur le plateau – jusqu’à son retentissant échec commercial et le charcutage de son montage initial pour sa carrière à l’étranger (sauf en France). Bref une sorte d’œuvre maudite qu’on redécouvre aujourd’hui avec stupeur et tremblements : un vrai faux remake du Salaire de la peur de Clouzot qui se transforme au fil d’un récit haletant en un véritable trip sous acide, un voyage au bout de la nuit, ou au cœur des ténèbres, à chacun ses citations…

Trois hommes doivent quitter précipitamment leur pays. Manzon, un agent de change français, doit s’enfuir de Paris après une fraude bancaire. Scanlon, le chauffeur d’un gang de malfrats, est poursuivi par ses commanditaires après le casse foireux d’une église dans le New Jersey. Kassem, un Palestinien, a la police israélienne à ses trousses à la suite d’un attentat à Jérusalem. Les trois hommes se trouvent exilés au fin fond de l’Amérique du Sud, dans un bidonville infâme, où ils travaillent pour une raffinerie de pétrole, sans aucun espoir d’échapper à cet enfer.
Suite à l’incendie d’un puits de pétrole, qui ne pourrait être éteint que par une énorme charge d’explosifs, on leur propose un marché qu’ils ne peuvent pas refuser : moyennant un salaire mirobolant, ils devront transporter des caisses de nitroglycérine – hautement explosive – au volant de deux camions, à travers la jungle, jusqu’au puits en flammes. Les trois hommes sont rejoints par un quatrième, Nilo, un tueur à gages mexicain…

Commence un périple au-delà de leurs forces, au-delà de leur peur, au-delà de leur humanité… UTOPIA

Le dossier de presse du film « Sorcerer »

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Volume 1, L’INQUIET Un film de Miguel GOMES Portugal 2015 VOSTF( 2h05) avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. Mercredi à 18h15 Samedi à 18h15 Mardi à 21h

Volume 2, Le désolé
Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF( 2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro.
Mercredi à 18h15
Samedi à 18h15
Mardi à 21h

Il fallait être un peu fou et, disons-le, génial pour concevoir et réussir un projet aussi fascinant que ces Mille et une nuits : en un film fleuve, sans équivalent dans l’histoire du cinéma, décrire l’état du Portugal actuel au travers d’un assortiment d’histoires hétérogènes – fiction flamboyante, documentaire méticuleux, farce, tragédie, fait divers, etc. – toutes liées par une foisonnante narration. La colonne vertébrale de tous ces récits est inspirée de la structure des fameux contes arabes. Ils sont ici librement transposés pour relater divers événements ayant eu lieu au Portugal entre l’été 2013 et l’automne 2014, alors que le pays souffrait de problèmes économiques dévastateurs. La beauté de cette œuvre monumentale est de rendre compte des désastres sociaux et humains provoqués par la crise et, en même temps, d’en unir chaque fragment dans un élan de fiction réparatrice, une poésie jubilatoire jetée par dessus les politiques d’austérité. Hautement militant à sa manière, Les Mille et une nuits se fait l’antidote du marasme économique en s’ancrant dans des histoires populaires qui célèbrent la vivacité de toute une culture. Comme si le pays se trouvait vengé de la troïka européenne en rendant aux gens leur fantaisie, leur élégance, leur dignité et même leur tristesse…
Le premier volume intitulé L’Inquiet pose les bases de toute l’entreprise. Le réalisateur Miguel Gomes – dont vous avez été si nombreux à aimer le splendide Tabou – s’y dit incapable de continuer à filmer en ignorant la situation de son pays. Il s’était alors mis en tête de faire un film en combinant deux sujets d’actualité : la fermeture des chantiers navals de Viana do Castelo d’une part ; et l’attaque des cultures apicoles par les guêpes asiatiques d’autre part. Dans une séquence hilarante, Gomes se met en scène sur son propre tournage, au moment où il se rend compte qu’il lui est impossible de réaliser un film sur deux sujets si différents. Face à son échec, il prend lâchement la fuite de son propre plateau, poursuivi par son équipe de tournage ! C’est pour sauver sa peau qu’il décide de reprendre la fameuse ruse des contes des Mille et une nuits : chaque nuit, Shéhérazade évitait la mise à mort par son mari, le roi sanguinaire, en le distrayant avec une histoire. Et c’est ainsi que Miguel Gomes confia son film aux soins de Shéhérazade pour nous conter de fabuleuses histoires populaires portugaises. Et elle de commencer : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays, où l’on rêve de baleines et de sirènes, le chômage se répand… ».
En réalité, pour écrire Les Mille et une nuits, Miguel Gomes a fait appel à une équipe de journalistes chargés de dégoter pour lui des histoires authentiques aux quatre coins du pays. Gomes les a toutes filmées en adoptant des styles différents. Au long de trois volumes possédant chacun leur humeur, il nous donne à entendre le témoignage poignant d’anciens dockers sans emploi, à rire d’une bouffonnerie autour de banquiers aux érections incessantes, à méditer sur la fable d’un coq qu’on ne veut pas entendre chanter, à découvrir les portraits d’éleveurs de pinsons dans une banlieue pauvre de Lisbonne, à suivre les itinéraires de vie de trois propriétaires successifs d’un même chien, et beaucoup d’autres histoires encore… Autant de chroniques racontées, documentées, fantasmées avec une liberté enchanteresse. Pourtant, rien ne fait plus penser que cette trilogie à l’idée d’un art destiné à prendre et à donner des nouvelles du monde. Sur un air de pop lusitanienne, de fado ou de saudade – superbe bande son –, le cinéma de Miguel Gomes embrasse tous les possibles et ne s’inquiète d’aucune obligation de vraisemblance. Cet amour de la diversité, mis en rapport avec le dessein politique initial du film, résonne au final comme un véritable programme. Les Mille et une nuits est une grande utopie cinématographique qui peut accueillir tout un peuple en son sein. UTOPIA

Le dossier de presse du film « Les mille et une nuits »

Du 16 au 22 Septembre 2015

Jeudi 17 septembre à 20h30 au cinéma le Colisée de Carcassonne, en partenariat avec les Amis du Monde Diplomatique, projection unique suivie d’une rencontre avec le réalisateur Gilles Balbastre.

CAS D’ÉCOLE Gilles Balbastre - documentaire France 2015 52mn -

De Gilles Balbastre – documentaire France 2015 52mn –

En 2012, le suicide d’une élève scolarisée dans un collège de Lens classé en éducation prioritaire est instantanément érigé par la presse en exemple typique du « phénomène » de harcèlement scolaire. Dès lors, les journalistes, s’appuyant sur l’indispensable figure de l’« expert », enfilent la tenue de preux chevaliers désintéressés et exigent des explications. Ou plutôt des aveux. Et débobinent un scénario usé jusqu’à la corde, fait de titres sanguinolents, de déclarations à l’emporte-pièce, de propos mensongers.

C’est aux principaux intéressés, les personnels de cet établissement, que le réalisateur des Nouveaux chiens de garde a proposé de déconstruire le rôle joué par la presse à cette occasion. Ils réagissent à leur mise en accusation dans ce drame et évoquent les effets destructeurs du traitement médiatique sur leur mission de service public, et sur l’image des enseignants. Ainsi, à la figure classique de l’enseignant-fonctionnaire corporatiste et arc-bouté sur ses acquis, les médias greffent celle d’un pédagogue irresponsable et coupable de négligence. En élargissant le champ au contexte économique et social – sans cesse occulté -, en rendant au collège une épaisseur historique, ce « cas d’école » reconstruit une autre histoire que celle racontée par les journalistes. UTOPIA

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Écrit et réalisé par Peter GREENAWAY Pays-Bas/Mexique 2014 1h45mn avec Elmer Bäck, Luis Alberti, Maya Zapata, Rasmus Slätis, Jakob Örhman, Lisa Owon, Stelio Savante...

Un film de Peter GREENAWAY
Pays-Bas/Mexique 2014 1h45mn
avec Elmer Bäck, Luis Alberti, Maya Zapata, Rasmus Slätis, Jakob Örhman, Lisa Owon, Stelio Savante…
Jeudi 17/9 à 21h00
Vendredi 18/9 à 18h15
Dimanche 20/9 à 18h30
Lundi 21/9 à 14h00

Ce film aussi historique que foldingo (l’association des deux est pour le moins surprenante et tient au talent érudit et malicieux de Greenaway) met en scène un des plus grands cinéastes de tous les temps, visionnaire, novateur, qui révolutionna le langage des images – dans le sillage d’une autre révolution – , un génie que d’autres géants comme Gance ou Griffith considéraient comme le maître absolu du montage. Sergueï Eisenstein, né à Riga, capitale de l’actuelle Lettonie, fut LE cinéaste de la Révolution Russe. En trois films réalisés entre 1924 et 1928 (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre), Eisenstein a non seulement traduit en images l’histoire officielle d’une révolution mais surtout fait preuve d’une extraordinaire modernité cinématographique en posant comme matrice du récit le montage des images plutôt qu’un schéma narratif classique inspiré de la littérature, faisant se succéder des plans emblématiques, comme l’inoubliable scène de l’escalier d’Odessa dans son Potemkine, une scène qui a marqué la mémoire collective mondiale.
Le film de Peter Greenaway évoque un épisode très particulier de la vie d’Eisenstein : en 1931, le cinéaste internationalement adulé, après avoir parcouru durant deux ans l’Europe et les États-Unis et rencontré les plus grands intellectuels et artistes de gauche (Joyce, Brecht, Cocteau, Shaw, Dos Passos, Stein, Von Stroheim, Flaherty, Chaplin, Stravinski, Disney, Le Corbusier, Bunuel, Dietrich, Garbo…), débarque dans le Mexique révolutionnaire hérité de l’insurrection de Zapata, avec l’intention un peu floue d’y réaliser un film qui devrait s’intitulier Que viva Mexico !. Eisenstein est devenu une star fantasque et capricieuse, transportant avec lui une quantité extravagante de malles remplies de livres. Et à peine arrivé il se laisse emporter sans résistance par l’atmosphère captivante du Mexique, sa fascination pour la religiosité morbide, et surtout par l’attrait sensuel de son guide Palomino Canedo, qui va faire découvrir au cinéaste russe de nouveaux émois, l’homosexualité plus ou moins assumée d’Eisenstein étant un secret de polichinelle, ce qui déplut fort d’ailleurs au très peu gay friendly Joseph Staline.
Au-delà de l’intérêt historique du film, c’est évidemment la mise en scène foisonnante de Peter Greenaway qui vaut le détour. Greenaway, expérimentateur insatiable et imprévisible, traduit ici en images fortes l’ambiance aussi chaude que morbide du Mexique, en même temps que les jeux érotiques – décrits sans trop de précautions – du cinéaste russe et de son guide. Par un jeu virtuose de superpositions, de divisions de l’écran, Greenaway mélange à plusieurs reprises le récit du voyage au Mexique aux images mêmes des films d’Eisenstein. C’est assez étourdissant…
Eisenstein est incarné par Elmer Bäck, acteur finlandais inconnu dans nos contrées, qui impose sa puissante stature, son visage étrange de poupon surplombé d’une coiffure hirsute, ses crises d’enthousiasme et d’hystérie, transmettant toute son énergie à un film hors normes consacré à un personnage qui l’était tout autant. UTOPIA

Le dossier de presse du film « Que viva Eisenstein »

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Miguel GOMES - Portugal 2015 VOSTF - avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky... Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. Volume 1, L'INQUIET (2h05) Mercredi 16/9 à 18h15 / Samedi 19/9 à 18h15 / Mardi 22/9 à 21h

Volume 1, L’INQUIET
Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF( 2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro.  
Mercredi 16/9 à 18h15
Samedi 19/9 à 18h15
Mardi 22/9 à 21h

Il fallait être un peu fou et, disons-le, génial pour concevoir et réussir un projet aussi fascinant que ces Mille et une nuits : en un film fleuve, sans équivalent dans l’histoire du cinéma, décrire l’état du Portugal actuel au travers d’un assortiment d’histoires hétérogènes – fiction flamboyante, documentaire méticuleux, farce, tragédie, fait divers, etc. – toutes liées par une foisonnante narration. La colonne vertébrale de tous ces récits est inspirée de la structure des fameux contes arabes. Ils sont ici librement transposés pour relater divers événements ayant eu lieu au Portugal entre l’été 2013 et l’automne 2014, alors que le pays souffrait de problèmes économiques dévastateurs. La beauté de cette œuvre monumentale est de rendre compte des désastres sociaux et humains provoqués par la crise et, en même temps, d’en unir chaque fragment dans un élan de fiction réparatrice, une poésie jubilatoire jetée par dessus les politiques d’austérité. Hautement militant à sa manière, Les Mille et une nuits se fait l’antidote du marasme économique en s’ancrant dans des histoires populaires qui célèbrent la vivacité de toute une culture. Comme si le pays se trouvait vengé de la troïka européenne en rendant aux gens leur fantaisie, leur élégance, leur dignité et même leur tristesse…
Le premier volume intitulé L’Inquiet pose les bases de toute l’entreprise. Le réalisateur Miguel Gomes – dont vous avez été si nombreux à aimer le splendide Tabou – s’y dit incapable de continuer à filmer en ignorant la situation de son pays. Il s’était alors mis en tête de faire un film en combinant deux sujets d’actualité : la fermeture des chantiers navals de Viana do Castelo d’une part ; et l’attaque des cultures apicoles par les guêpes asiatiques d’autre part. Dans une séquence hilarante, Gomes se met en scène sur son propre tournage, au moment où il se rend compte qu’il lui est impossible de réaliser un film sur deux sujets si différents. Face à son échec, il prend lâchement la fuite de son propre plateau, poursuivi par son équipe de tournage ! C’est pour sauver sa peau qu’il décide de reprendre la fameuse ruse des contes des Mille et une nuits : chaque nuit, Shéhérazade évitait la mise à mort par son mari, le roi sanguinaire, en le distrayant avec une histoire. Et c’est ainsi que Miguel Gomes confia son film aux soins de Shéhérazade pour nous conter de fabuleuses histoires populaires portugaises. Et elle de commencer : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays, où l’on rêve de baleines et de sirènes, le chômage se répand… ».
En réalité, pour écrire Les Mille et une nuits, Miguel Gomes a fait appel à une équipe de journalistes chargés de dégoter pour lui des histoires authentiques aux quatre coins du pays. Gomes les a toutes filmées en adoptant des styles différents. Au long de trois volumes possédant chacun leur humeur, il nous donne à entendre le témoignage poignant d’anciens dockers sans emploi, à rire d’une bouffonnerie autour de banquiers aux érections incessantes, à méditer sur la fable d’un coq qu’on ne veut pas entendre chanter, à découvrir les portraits d’éleveurs de pinsons dans une banlieue pauvre de Lisbonne, à suivre les itinéraires de vie de trois propriétaires successifs d’un même chien, et beaucoup d’autres histoires encore… Autant de chroniques racontées, documentées, fantasmées avec une liberté enchanteresse. Pourtant, rien ne fait plus penser que cette trilogie à l’idée d’un art destiné à prendre et à donner des nouvelles du monde. Sur un air de pop lusitanienne, de fado ou de saudade – superbe bande son –, le cinéma de Miguel Gomes embrasse tous les possibles et ne s’inquiète d’aucune obligation de vraisemblance. Cet amour de la diversité, mis en rapport avec le dessein politique initial du film, résonne au final comme un véritable programme. Les Mille et une nuits est une grande utopie cinématographique qui peut accueillir tout un peuple en son sein. UTOPIA

Le dossier de presse du film « Les mille et une nuits »

Du 9 au 15 Septembre 2015

C’est la rentrée des Amis du Cinoch’

2 films à l’affiche!

mail.google.com

Documentaire d’Yves Jeuland  2015
En présence du réalisateur
Jeudi 10 Septembre à 18h15 et 21h00

Eté 2014. Un Président de la République prépare sa rentrée politique, affine son discours. Mais une guerre en Irak, une tempête sur l’île de Sein, un gouvernement qui démissionne, un livre vengeur et destructeur viennent contrarier le rythme présidentiel. A l’Élysée, la vie continue, malgré tout : remises de décorations, discours à peaufiner, interviews, visites de chefs d’état, garde républicaine. Dehors, le pays grogne, le monde gronde. Temps politique et médiatique. La presse a faim, elle s’impatiente. 31 décembre ; le Président souhaite une bonne année à la France. Mais le 7 janvier, c’est l’alarme : Paris devient la capitale du monde !

Voir l’article de Télérama sur ce documentaire

 

 

 

While we were young

Un film de Noah BAUMBACH USA 2015 1h37mn VOSTFr
avec Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried, Charles Grodin…
Mercredi 18h15
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h

Josh et Cornelia Srebnick, la quarantaine, sont mariés et heureux en ménage. Ils n’ont pas réussi à avoir d’enfants mais s’en accommodent. Alors que Josh s’acharne sur le montage de son nouveau documentaire, il devient évident que l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il lui manque quelque chose… La rencontre de Jamie et Darby, un jeune couple aussi libre que spontané, apporte à Josh une bouffée d’oxygène et ouvre une porte vers le passé et la jeunesse qu’il aurait aimé avoir. Rapidement, Josh et Cornelia délaissent les amis de leur âge pour fréquenter ces jeunes cools, branchés et désinhibés… Josh avoue à Jamie qu’avant de le connaître, il n’éprouvait plus que nostalgie et désintérêt. Cette relation entre deux couples ayant vingt ans d’écart peut-elle apporter un autre souffle ?

Le dossier de presse de While we’re young_