Du 28 Octobre au 3 Novembre 2015

Ecrit et réalisé par Yared ZELEKE - Ethiopie / France 2015 1h34mn VOSTF - avec Rediat Amare, Kidist Siyum, Welela Assefa, Surafel Teka, Rahel Teshome, Indris Mohamed... A partir de 10 ans. Mercredi 18h30 Jeudi 21h00 Vendredi 18h30 Samedi 18h30 Dimanche 18h30 Lundi 14h00 Mardi 21h

Ecrit et réalisé par Yared ZELEKE
Ethiopie / France 2015 1h34mn VOSTFr
avec Rediat Amare, Kidist Siyum, Welela Assefa, Surafel Teka, Rahel Teshome, Indris Mohamed
A partir de 10 ans.
Mercredi 18h30
Jeudi 21h00
Vendredi 18h30
Samedi 18h30
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h

L’enfant enfouit sa main dans la fourrure, l’animal est tout contre lui, chaud, rassurant, il sent son cœur qui bat la chamade à chacun de leurs pas qui vont en cadence, inséparables. Ephraïm et Chuni, le garçon et sa brebis. C’est une amitié comme seule l’enfance sait les faire naître, une amitié à la vie à la mort à laquelle les adultes ne peuvent rien comprendre… Ici sans doute encore moins qu’ailleurs, sur ces terres magnifiques et sauvages d’Ethiopie où l’homme doit arracher au sol sa pitance, dans la peine et la souffrance. Un animal est avant tout une richesse, une viande qui nourrit, pas un compagnon de route, ni un confident, ni un complice. Mais Ephraïm a su imposer à son entourage la douce et tendre relation qui l’unit à sa brebis. Il faut dire que Chuni appartenait à sa mère et sa mère vient de mourir… Avancer dans la vie avec Chuni, c’est un peu comme tenir encore un peu la main de celle qui le rassurait, le consolait, le berçait.

Mais les temps sont durs. La pluie n’est pas venue, le sol est sec, la famine guette. Il faut partir, quitter le village pour chercher du travail ailleurs, là où les cieux seront peut-être plus cléments. Ephraïm et son père partent, n’emportant rien car ils n’ont rien, rien excepté Chuni.
Confié à des parents éloignés, Ephraïm va devoir s’adapter à sa nouvelle vie, une vie qui ne lui plaît pas : pas assez de place pour rêver, plus de longues promenades, plus assez de temps collé contre sa brebis. C’est un garçon, on veut faire de lui un homme… Alors il va devoir travailler et le travail d’un homme, c’est la terre… Ephraïm, lui, préfère la compagnie des femmes et il est bien plus doué pour confectionner de délicieux beignets que pour manier la charrue.
Drôle de gamin, qui n’est nulle part à sa place mais qui garde, en dépit des vents contraires, suffisamment de force et de volonté pour surmonter sa solitude, sa peine et ses déboires. Car il n’est pas au bout de ses peines : bientôt, c’est jour de fête et la tradition veut que l’on sacrifie une bête…

Portrait initiatique tendre et doux d’un gamin aux grands yeux tristes confronté à la rudesse du monde des adultes, Lamb est une superbe histoire d’amitié. Mais c’est également la rencontre avec un pays dont on n’imaginait même pas qu’il pouvait être aussi beau… Et il est aussi question de la place des femmes dans une société largement patriarcale qui veut que les filles soient très vite mariées pour devenir à leur tour mères, puis épouses et cuisinières…
Pourtant, il y a un véritable espoir, incarné par le personnage de la cousine d’Ephraïm, gamine aux cheveux rebelles qui refuse d’être belle pour son prétendant désigné et qui préfère aux tâches ménagères la lecture des journaux. Les yeux pleins de rêves et d’envie d’ailleurs, elle et Ephraïm symbolisent peut-être le changement d’une société où il est possible, aussi, de rêver en cinémascope.                                                         UTOPIA

Le dossier de presse du film « LAMB »

Du 21 au 27 Octobre 2015

Film de Tsui Hark Aventure, historique et guerre 2 h 21 min Avec Tony Leung Ka-Fai, Zhang Hanyu, Kenny Lin Mercredi 18h00 Vendredi 18h Samedi 18h00 Dimanche 18h Lundi 13h45 Mardi 21h00

Film de Tsui Hark
Aventure, historique et guerre 2015 2h 21 
Avec Tony Leung Ka-Fai, Zhang Hanyu, Kenny Lin
Mercredi 18h00
Vendredi 18h
Samedi 18h00
Dimanche 18h
Lundi 13h45
Mardi 21h00

Avec ce nouveau film, Tsui Hark s’inscrit dans une adaptation à tiroirs. La bataille de la montagne du tigre s’inspire d’un opéra révolutionnaire des années 1960, lui-même issu d’un roman du même nom publié par l’écrivain Qu Bo en 1975

Le tout repose sur des faits réels : en 1946, une guerre civile divise la Chine, à la suite de la capitulation japonaise. Des clans de bandits profitent de la confusion pour semer la terreur dans le nord-est du pays.

De tous ces guerriers, Hawk est le plus redouté. Il vit, entouré d’une véritable armée, dans une forteresse inaccessible au sommet de la montagne du tigre. L’unité 203 de l’armée de Libération, menée par un capitaine habile, envoie alors l’officier de reconnaissance Yang, chargé d’infiltrer le clan des malfaiteurs pour comprendre ses failles.

Voilà pour l’histoire. Hong Kong l’a accueillie avec méfiance, suspectant quelque propagande de l’armée communiste. Certes, l’unité 203 n’est formée que d’hommes d’exception, tant pour l’intelligence que l’audace et l’esprit de sacrifice, au profit des enfants et des opprimés.

Mais Tsui Hark donne ici dans le film de genre avec une délectation perceptible (ses héros sont d’ailleurs désignés par des numéros plus que par des noms), et le contexte historique est à peine esquissé pour se concentrer sur l’essentiel : l’affrontement des méchants bandits et des bons justiciers, menés par deux chefs d’égale intelligence. Un motif plutôt courant, somme toute.

Entre les mains du réalisateur d’Il était une fois en Chine (1991) et de  Dee : le mystère de la flamme fantôme  (2010), il promet des étincelles. Promesse tenue. C’est un peu comme si un enfant génial avait reçu d’énormes moyens pour jouer aux petits soldats : attaque de tigre, batailles dantesques, saut à skis, épreuves multiples… Le clan des bandits, surtout, est le plus réjouissant, avec sa hiérarchie de capitaines numérotés, ses règles et ses pièges innombrables, qui font sans cesse craindre le pire pour l’agent infiltré. LA CROIX

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un film d'Ernst LUBITSCH - USA 1942 1h47mn VOSTF - avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack, et toute une bande de seconds couteaux magnifiques... Scénario de Edwin Justus Mayer.

un film d’Ernst LUBITSCH  
USA 1942 1h47mn VOSTF  
avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack, et toute une bande de seconds couteaux magnifiques…  
Scénario de Edwin Justus Mayer. 
Jeudi à 20h30

To be or not to be fait partie de ces films dont la vision régulière est indispensable à l’équilibre de la femme ou de l’homme modernes, un de ces films de chevet qu’on connaît presque par coeur, dont certaines scènes restent gravées dans la mémoire, prêtes à défiler en 24 images/seconde à la moindre occasion. Et, merveille des merveilles, on ne s’en lasse pas. On s’en voudrait même à mort de ne pas courir le revoir, encore et encore. Pourquoi cet acharnement que d’aucuns qualifieraient de pathologique ?
Parce que c’est un régal, tout simplement. Parce que cette histoire d’acteurs qui se trouvent mêlés, dans la Varsovie occupée du début des années 40, à la résistance antinazie, est une mine de gags, de rebondissements, de quiproquos tout bonnement irrésistibles.
Parce que le scénario est un véritable mécanisme d’horlogerie, où chaque pièce s’imbrique parfaitement dans la précédente, où chaque personnage apporte sa part de drôlerie, de dérision, mais aussi d’émotion à l’occasion.
Parce que Lubitsch nous fait prendre des vessies pour des lanternes avec une jubilation hautement communicative, affichant ouvertement le caractère artificiel de son entreprise pour nous la mieux faire accepter.
Parce que ce film, tourné en 1942, est un véritable direct au menton de Hitler, plein d’une impertinence, d’une insolence proprement inouïes.
Parce que les acteurs, Carole Lombard et Jack Benny en tête (plus l’incorruptible Robert Stack enfant…), font preuve de ce mélange d’élégance désinvolte et d’efficacité comique qui est la marque des grandes comédies américaines.
Parce qu’enfin To be or not to be est un film sur le vrai ou le faux, le réel et l’illusion, le masque et le déguisement, et qu’on peut difficilement rêver meilleur prétexte à cinéma.

Épilogue qui s’impose : être ou ne pas être un admirateur inconditionnel du chef d’oeuvre d’Ernst Lubitsch ? La question ne se pose même pas…

Du 14 au 20 Octobre 2015

Documentaire-fiction de Francis FOURCOU - France 2015 1h37mn - avec Philippe Caubère (le narrateur), Danielle Catala, Anna Liabeuf, Francis Azema, Jacques Saussine, Maurice Sarrazin, Corinne Mariotto, Barbara Tobola, Francis Fourcou... D'après le livre de Laurette Alexis-Monet, Les Miradors de Vichy.

Documentaire-fiction de Francis FOURCOU
France 2015 1h37mn
avec Philippe Caubère (le narrateur), Danielle Catala, Anna Liabeuf, Francis Azema, Jacques Saussine, Maurice Sarrazin, Corinne Mariotto, Barbara Tobola, Francis Fourcou
D’après le livre de Laurette Alexis-Monet, Les Miradors de Vichy.
LUNDI 18 à 20h30

Laurette 1942, une volontaire au camps de Récébédou

Projection-Débat

En partenariat avec Les Amis du Monde diplomatique et les Amis du Cinoch’

En présence du réalisateur FRANCIS FOURCOU

Universelle, contemporaine, actuelle… L’histoire de Laurette pourrait bien être le symbole vivace des oublié-e-s de l’Histoire écrite par les vainqueurs, celle-là même qui cache dans les replis de ses jupes des compromissions inavouables, des médiocrités qu’elle tente de dissimuler. À la trousser on y retrouve la honte, le déni, la lâcheté, des pans entiers de « détails » qui démolirent des vies humaines… Mais on y trouve aussi des actes essentiels accomplis par de belles personnes. Tant de petites gens qui se mirent humblement au service des autres, d’une cause qu’ils savaient juste. Parmi ces résistants de la première heure, 30% étaient des femmes, seulement 0,6% d’entre elles furent comptées parmi les 1038 membres de l’Ordre National des Compagnons de la Libération !
Et ce n’est pas rien que l’aventure de Laurette Monet soit aujourd’hui mise en images. À travers elle, c’est comme une réhabilitation, un hommage général à toutes celles qui n’ont pas eu de médaille, à toutes les soldates inconnues… Non ! Ce n’est pas rien d’entendre ce récit toujours vivant et vibrant tant d’années après. Il résonne en nous comme une évidence. Comme le cri d’un humanisme jamais renié.

Août 1942. Laurette Monet a dix-neuf ans. Une fille bien campée sur ses deux jambes. À la fois discrète et lumineuse, qui ne se la joue pas. Docile, sage, bien élevée. Quand elle devient co-équipière à la Cimade, elle n’envisage certainement pas l’étendue de ce à quoi elle s’engage, qui la dépassera, elle, la protestante. Elle va juste là où on lui dit qu’il y a besoin de soutien. C’est ainsi qu’un beau matin elle atterrit au camp du Récébédou, sur la commune de Portet-sur-Garonne, à quelques kilomètres de Toulouse – où champignonne désormais une vaste zone commerciale.
Le Récébédou, c’est un des deux cents camps mis en place, non par les Allemands mais par la France, où 600 000 personnes transiteront, plus victimes que criminelles. Ce sont des réfugiés, qui fuient des dictatures ou que ces dernières ont expulsés : Espagnols, Allemands, Autrichiens, Juifs, apatrides, Gitans, Français réfractaires au STO… Des hommes, des femmes de tous âges, des enfants… Tous arrêtés par la police française…
Ce « camp-hôpital », le régime de Vichy veut en faire un lieu exemplaire, humanisé, s’en servir comme outil de propagande. C’est ainsi que des journalistes pourront venir filmer, que des organisations telles que la Cimade vont être autorisées à y pénétrer. Mais vite les conditions se dégradent : manque de médicaments, de nourriture. Pour beaucoup il deviendra un mouroir… Et Laurette de se sentir si petite, si inutile parfois. Elle est juste une oreille qui écoute, une main qui se tend. Et cela lui semble si peu… Jusqu’au jour où elle saura qu’elle n’a plus le choix : « Je me suis dit que c’en était assez, il était temps de désobéir à la loi des hommes ». Une phrase au-delà du temps. Une phrase au-delà des frontières. Une phrase de laquelle naissent toutes les résistances…

Avec de tous petits moyens, grâce à un financement participatif et à la grande solidarité de toute son équipe, Francis Fourcou a réalisé un film beau et humble, à l’image de Laurette. Efficace et touchant, mêlant judicieusement scènes jouées, témoignages, images d’archives déterrées au fin fond des studios américains, qu’il décortique inlassablement pour nous rendre notre mémoire. Film actuel et essentiel : les camps de rétention sont de plus en plus nombreux dans le monde, même si ce ne sont plus ceux du temps de l’occupation nazie… Et on se souviendra que ceux à qui on rend hommage aujourd’hui étaient les désobéissants civils d’alors… UTOPIA

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Radu JUDE - Roumanie 2015 1h48mn VOSTF - avec Teodor Corban, Mihai Comanoiu, Toma Cuzin, Luminita Gheorghiu... Scénario de Radu Jude et Florin Lazarescu. Ours d'Argent du Meilleur réalisateur Festival de Berlin 2015.

Un film de Radu JUDE
Roumanie 2015 1h48mn VOSTF
avec Teodor Corban, Mihai Comanoiu, Toma Cuzin, Luminita Gheorghiu… Scénario de Radu Jude et Florin Lazarescu.
Ours d’Argent du Meilleur réalisateur Festival de Berlin 2015.
Mercredi à 18h15
Jeudi à 21h00
Vendredi à 18h15
Samedi à 18h30
Dimanche à 18h30
Lundi à 14h00
Mardi à 21h00

On pourrait dire que c’est un grand et beau western, qui déploie en un récit picaresque l’ample beauté de son classieux noir et blanc. Un western avec ses somptueux paysages de plaines parcourus par des cavaliers, avec ses shérifs à la recherche de fugitifs. A ceci près que nous ne sommes pas au pied des Rocheuses ou sur les berges du Rio Grande, mais en Valachie en l’an de grâce 1835. La Valachie, kezako ? Non ce n’est pas un pays imaginaire inventé par Hergé pour y faire batifoler Tintin, c’était, avant que la Roumanie s’appelle Roumanie, une des provinces roumanophones et orthodoxes vassales de l’Empire ottoman mais relativement autonomes, où les Boyards, une classe d’aristocrates, faisaient régner leur pouvoir tout puissant.

Constandin est un policier qui, avec son fils, parcourt le pays à la recherche d’un esclave gitan qui a commis le crime absolu de forniquer avec une femme de Boyard délaissée. Oui, vous avez bien lu le mot esclave, car Aferim fait œuvre salutaire en rappelant que, jusqu’au milieu du xixe siècle, les Gitans, appelés « corbeaux » du fait de leur couleur de peau, étaient des esclaves, sur lesquels les maîtres avaient droit de vie ou de mort, et ce dans tous les territoires roumanophones.
Tout au long du parcours des deux cavaliers à la recherche du Gitan séducteur, on a droit aux leçons de choses et maximes diverses – elles sont d’une drôlerie terrifiante – que déverse le policier pour l’éducation de son fils. Le fils en question, qui pourrait être l’espoir d’une future génération qui construira la Roumanie moderne, les accueille avec esprit critique et circonspection…
Il faut bien dire que Constandin exhale le pire de la bigoterie et des préjugés racistes. En même temps, il maudit aussi pêle-mêle les enfants, les vieux, les Juifs, les Russes, les Turcs, les paysans… Il n’y a que quand il croise plus puissant ou violent que lui qu’il rabaisse son caquet.

Aferim ! (expression ottomane qui est l’équivalent ironique de « salut ! »), en jouant à fond la carte de la truculence et de l’exagération satirique, porte un regard noir et sans concession sur un passé cruel que la Roumanie n’est pas du tout prête à assumer. Radu Jude dénonçait avec ironie, dans son premier film, La Fille la plus heureuse du monde, les dérives du consumérisme dans son pays à travers le portrait acide d’une jeune fille contrainte de tourner une publicité pour gagner une automobile. Puis, dansPapa vient dimanche, il pointait avec un humour corrosif la destruction de la structure familiale. Dans un pays où le racisme anti-rom est encore omniprésent, où seulement 20% des 3,7 milliards octroyé par le Fonds Social Européen pour aider à l’intégration des Roms ont été dépensés – le pouvoir roumain se foutant de la dite intégration comme de la dernière toque de Ceaucescu – Aferim ! s’impose comme une œuvre indispensable. Et il en est de même par chez nous, dans notre beau pays qui expulse tous les ans pas moins de 10 000 Roms vers leur mère patrie qui n’a jamais voulu d’eux. UTOPIA

Semaine du 7 au 13 Octobre 2015

de Neeraj GHAYWAN - Inde 2015 1h43mn VOSTF - avec Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra, Nikhil Sahni... Scénario de Varun Grover et Gilles Taurand. Festival de Cannes 2015, Un certain regard : Prix spécial du Jury et Prix de la critique internationale. Mercredi 7 /10 à 18h15 Jeudi 8/10 à 21h00 Lundi 12/10 à 14h00 Mardi 13/10 à 21h00

de Neeraj GHAYWAN
Inde 2015 1h43mn VOSTF
avec Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra, Nikhil Sahni...
Scénario de Varun Grover et Gilles Taurand. Festival de Cannes 2015, Un certain regard : Prix spécial du Jury et Prix de la critique internationale.

Mercredi 7 /10 à 18h15

Jeudi 8/10 à 21h00
Lundi 12/10 à 14h00
Mardi 13/10 à 21h00

Bien loin des charmantes « Bollywooderies », une nouvelle vague de films indiens parvient sur nos écrans pour nous parler de ce magnifique pays de manière plus authentique. Tout récemment Titli, aujourd’hui Masaan. Le film nous entraîne au fil du Gange. Pas celui des touristes, non, celui sur les bords duquel vivent les intouchables. Jamais misérabiliste, le récit, fluide, rend l’intrigue captivante.
Nous sommes à Vârânasî (Bénarès), ville sainte, où la jeunesse, pour conquérir une part de liberté, tente d’ouvrir des brèches dans des conventions sociales oppressantes, tout en restant respectueuse de ses aïeux, de leurs rites. Le dosage est délicat et dans cette recherche, les parents les aident parfois à bousculer cette société patriarcale.
Sous le soleil pesant, une jeune fille en fleur, Devi, sort de chez elle. Quelques pas plus tard elle a remplacé son sari sobre contre un autre, très mauve, très rose, très flashy, qui fait se retourner sur elle les passantes. Évidement, elle va à un rendez-vous galant. Le tout premier de son existence. Par amour ? Non ! C’est là qu’on sort des sentiers battus. Le garçon avec lequel elle pénètre dans la chambre d’hôtel, elle le connait à peine. Ils ne savent même pas comment s’effleurer. Aussi maladroits et vierges l’un que l’autre. Gauche, il lui tend un petit cadeau, histoire de briser la glace… Paquet qu’elle n’aura pas le temps d’ouvrir car violemment la Police défonce la porte ! Et ? Vous découvrirez la suite insensée de l’affaire…
Retour au bord du fleuve. De grands brasiers ardents y crépitent perpétuellement. Présents le jour, ils deviennent hypnotiques et inquiétants la nuit. Autour d’eux s’active une kyrielle d’hommes mal vêtus, ce sont les dalits (la plus basse des castes) qui brûlent les défunts, libérant leurs âmes afin qu’elles s’envolent vers leurs nouveaux karmas. Deepak fait partie de ces intouchables. Contrairement à Deli, dont il ignore l’existence, il est rudement amoureux… À chaque fois qu’il aperçoit Shaalu au détour d’une rue, son cœur tintinnabule dans sa poitrine comme un carillon. Ses copains le charrient affectueusement, tout en le mettant en garde : la demoiselle vit dans les quartiers huppés. L’appartenance à deux castes distinctes est plus qu’une barrière sociale, c’est un abîme infranchissable. Chaque espoir nourri par le jeune homme semble condamné à se transformer en illusion déçue. Un jour, malgré tout et n’y tenant plus, il l’aborde. Elle est jolie, intelligente, passionnée de poésie… Il est beau garçon, présente bien de sa personne, étudiant sérieux, ambitieux. Étonnamment elle ne l’envoie pas balader comme elle le devrait, se montrant progressiste. Mais nul ne sait où les mènera cette aventure clandestine…
Didyadhar Pathak quant à lui est un honorable professeur qui s’est tourné vers la religion. Il vit de peu, de la charité des familles pour lesquelles il accomplit les rites funéraires. Un jeune orphelin malicieux lui colle aux sandales et lui sert d’apprenti. Sa vie bascule dans le cauchemar lorsqu’un policier véreux vient le faire chanter en exigeant des sommes astronomiques pour oublier un crime que sa fille aurait commis. Notre homme pieux mais désespéré est prêt à tout pour préserver les apparences…
Voilà les grandes lignes d’une histoire complexe et passionnante où chacun se retrouve englué dans les boues du passé par manque de recul, de connaissance du monde moderne, de ses droits. Un cri d’espoir lancé par une Inde tiraillée qui cherche à s’ouvrir au monde moderne toute en ne faisant pas table rase de son passé. « Masaan » signifie bûcher en Hindi. À se demander si le titre se réfère aux crémations ou au châtiment que des lois archaïques voudraient infliger à celles et ceux qui les transgressent. UTOPIA

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SÉANCES DE RATTRAPAGE

Miguel GOMES - Portugal 2015 VOSTF - avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky... Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. Volume 1, L'INQUIET (2h05) Mercredi 16/9 à 18h15 / Samedi 19/9 à 18h15 / Mardi 22/9 à 21h

Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF (2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. 
Vendredi 9/10 à 18h15

Volume 1, L’INQUIET Un film de Miguel GOMES Portugal 2015 VOSTF( 2h05) avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. Mercredi à 18h15 Samedi à 18h15 Mardi à 21h

Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF (2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro.
Samedi 10/10 à 18h15

Volume 3, L’enchanté Un film de Miguel GOMES Portugal 2015 VOSTF( 2h05) avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro. Mercredi à 18h15 Samedi à 18h15 Mardi à 21h

Un film de Miguel GOMES
Portugal 2015 VOSTF (2h05)
avec Crista Alfaiate, Luísa Cruz, Américo Silva, Adriano Luz, Chico Chapas, Lucky… Scénario de Miguel Gomes, Mariana Ricardo et Telmo Churro.
Diumanche 11/10 à 18h30