du 30 déc au 5 janvier 2016

AFFICHE PACO DE LUCIA

De Curro SÁNCHEZ VARELA
Documentaire- Espagne -2015 1h35- VOSTF
avec Paco de Lucía, Pepe de Lucía, Alejandro Sanz, Rubén Blades, Chick Corea, Carlos Santana, John McLaughlin, Jorge Pardo, Carlos Benavaent, Estrella Morante
Goya 2015 du Meilleur film documentaire
Attention : certains horaires sont modifiés
Mer. 30 déc. 18h30
Jeu. 31 déc. 20h00
Vend. 1er janv. 18h30
Sam.i 2 jan. 18h30
Dim. 3 janv. 18h30
Lun. 4 janv. 14h00
Mar. 5 janv. 21h00

Dernier hommage rendu au génie andalou disparu en Février 2014, ce documentaire réalisé par son fils retrace l’incroyable destin d’un guitariste et compositeur hors-norme, qui a fait du flamenco une musique universelle. S’appuyant d’abord sur la musique traditionnelle puis en s’inspirant du jazz, de la bossa nova… Paco de Lucia est devenu un des plus grands musiciens du xxe siècle. Le film laisse – pour notre grand bonheur – une large place à ce virtuose de la six cordes, au travers de longues parties musicales, plus impressionnantes les unes que les autres.
Francisco (Paco) Sánchez Gómez est né le 21 décembre 1947 à Algésiras. Son père Antonio est guitariste et lui enseigne la pratique de l’instrument dès son plus jeune âge, avec une discipline de travail si sévère que la légende dit qu’il attachait l’une des jambes du petit Paco à un lit pour l’obliger à pratiquer. Avec ses deux grands frères, Ramon et José (Pepe), il se produit pour aider ses parents quand les temps deviennent difficiles. Ramon et Paco sont à la guitare, Pepe au chant. Plus tard, c’est en l’honneur de leur mère Luzia, danseuse de flamenco d’origine portugaise, que Paco et Pepe choisissent « de Lucia » comme nom de scène…
Composé d’entretiens et d’images d’archives, le documentaire évoque la vie de Paco depuis le moment où il tient une guitare pour la première fois… jusqu’à la création de son dernier album, Cancion Andaluza. Les interviews de l’artiste se sont déroulées sur quatre ans, entre 2010 et 2014. On y découvre un homme plein d’humour, lucide, tendre, à la fois fort et fragile. Il parle de son enfance à Algésiras, dans une Andalousie baignée par l’atmosphère flamenca. De son admiration pour les artistes qui défilaient le soir à la maison : parmi eux figuraient les meilleurs chanteurs et danseurs de l’époque. Un environnement qui le prédisposait à devenir musicien en l’initiant naturellement au flamenco. Sa voix nous guide également en off lors de concerts avec des musiciens légendaires. Parmi eux, l’incontournable Camarón de la Isla, l’une des voix les plus emblématiques de l’âme gitane avec qui Paco a su prendre le flamenco à contre courant. En le suivant en tournée, nous sommes témoins de son perfectionnisme et de sa constante obsession pour la recherche du rythme. Un magnifique portait, sincère et vibrant !                                                                                                                      UTOPIA

Du 16 au 22 décembre 2015

 

umrika

de  Prashant Nair 
Islande- 2015 -1h33-VOSTF
avec Sigurour Sigurjonsson, Theodor Juliusson, Charlotte Boving, Gunnar Jonsson
Festival de Cannes 2015 : Grand Prix « Un certain regard ».
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h30 
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

       On vous le signalait déjà sur la précédente la gazette : c’est l’été indien ! Après Titli etMasaan, Umrika vient joliment confirmer la tendance… Ça se passe à Jivatpur, un petit village reculé de l’Inde, dans un temps incertain mais que l’on situe, à partir de quelques indices, durant les années quatre-vingt (on assiste à la télé à l’explosion de la navette Challenger).
Dans ce cadre géographique précis et dans un passé qui l’est un peu moins, Umrikaraconte avec drôlerie et tendresse une histoire universelle et intemporelle. Celle des hommes et des femmes qui, depuis le début des temps, rêvent d’un ailleurs où l’herbe serait plus verte, les palais plus beaux et plus grands, où la vie serait plus douce et plus libre. Autant de raisons pour lesquelles les hommes ont toujours migré, hier dans les cales des cargos qui se déversaient à Ellis Island, aujourd’hui sur les pirogues ou rafiots en perdition, souvent synonymes de mort dans les eaux éternelles de l’ancienne Mare Nostrum. Udai est de ceux-là, même si son choix de quitter sa terre n’es pas dicté par une nécessité absolue. Il n’est pas particulièrement persécuté et si son petit village semble pauvre, personne n’y vit dans la misère noire. Mais simplement Udai veut ce que tous les fils recherchent : l’amour et l’admiration de sa mère. Et cette mère qui voit un grand avenir à son fils chéri n’imagine que l’« Umrika » (autrement dit l’Amérique) pour que s’y déploie son destin. Une Amérique forcément fantasmée qui se résume à l’image véhiculée par les séries télé (à l’époque triomphe Dallas, qui ne donne pas forcément une vision très réaliste du pays et de sa vie sociale…) et les magazines de mode. Ce qui est amusant ici, c’est que si l’on voit souvent l’Inde par un prisme exotique, il en va de même pour l’Amérique imaginée par la famille d’Udai, qui la perçoit à travers les concours de dégustation de hot dogs ou le faste dégoulinant des casinos à Las Vegas…

Vient donc le jour où Udai prend le départ, devant tout le village rassemblé, ses parents heureux mais éplorés et son jeune frère Ramakant émerveillé mais triste. Il se passe longtemps avant que l’immigré donne des nouvelles. À tel point que sa mère commence à sérieusement s’inquiéter, et même à avoir honte devant certains voisins qui eux reçoivent régulièrement du courrier de leur fils, bien arrivé et installé aux USA. Heureusement finissent par arriver des lettres remplies de photos de New York, ses buildings, ses grosses voitures… et la mère retrouve sourire et fierté. Et puis peu à peu les lettres s’espacent, avant de s’arrêter. La mère est inconsolable et rongée par l’angoisse…
Ramakant, qui a bien grandi, décide finalement de faire le chemin du frère aîné, en commençant par la grande ville voisine, ses foyers spécialisés pour accueillir les migrants venus des campagnes environnantes, son travail dur à gagner, ses petits arrangements et ses magouilles indispensables pour survivre mais surtout pour financer l’éventuel voyage, forcément en partie clandestin, pour l’« Umrika »…

Si Prashant Nair décrit avec une certaine douceur la société villageoise, il est sans concession pour la société de la ville, gangrénée par la corruption et le crime, le mensonge. Avec au bout du chemin peut-être des désillusions… et une grosse surprise ! Le jeune réalisateur, s’il est né en Inde, a vécu dans de très nombreux pays, de la Suisse au Soudan en passant par l’Autriche ou les États-Unis, et il est bien placé pour montrer la complexité des sentiments de ceux qui sont partis loin de chez eux, à travers ce chouette film qui jongle habilement avec les codes de la comédie familiale tout en évoquant sans détours des situations plutôt tragiques                                                                     .UTOPIA

 

du 9 au 12 décembre 2015

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Écrit et réalisé par Jayro BUSTAMANTE
Guatemala 2015 1h31mn VOSTF
avec Maria Mercedes Coroy, Maria Telon, Manuel Antun, Justo Lorenzo…
Ours d’Argent, Festival de Berlin 2015
Grand Prix, Festival du Cinéma d’Amérique latine de Biarritz 2015.
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Dès la première séquence, on est saisi par la beauté et la puissance de ce visage de jeune fille pris en plan serré alors que les mains de sa mère tressent ses cheveux et les ornent de fleurs. Un regard sombre et empreint de tristesse, peut être de résignation… On découvre ainsi Maria, jeune paysanne qui vit sur les contreforts d’un volcan des hauts plateaux guatémaltèques et que sa famille a promise au propriétaire terrien du coin… Maria vit dans une famille pauvre de paysans saisonniers, lointaine descendante des prestigieux Mayas, réduits à être des Indiens indigènes dans un pays désormais exclusivement dominé par les héritiers des conquistadores espagnols… Des paysans si pauvres, vivant chichement de leur travail sur les plantations de café, qu’ils ne peuvent refuser le mariage arrangé pour leur fille.
Mais derrière le visage marmoréen de Maria, qui ne montre ni satisfaction ni révolte, il y a en secret la ferme détermination de ne pas se laisser piéger par le destin qu’on lui a promis. Maria veut partir au-delà du volcan, loin, très loin, pour échapper à ce déterminisme qui veut l’enfermer. Et elle entretient une relation amoureuse furtive avec Pépé, un jeune homme qui comme des milliers de ses compatriotes rêvent de l’autre Amérique, celle de l’autre côté comme il dit… mais il oublie qu’entre les États-Unis prospères et lui, il y a le Mexique et tous les dangers de la longue route de l’immigration. Maria quant à elle, habitée par la soif de liberté et l’envie d’ailleurs, ignore tous les obstacles et veut coûte que coûte partir… se donner pleinement à Pepe (ce qu’elle fait d’ailleurs lors d’une très belle scène) et vivre sa vie… Mais la réalité sera cruelle, les hommes seront toujours les hommes avec leur lâcheté et leur égoïsme… 
Le jeune réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante, qui a longtemps vécu en France, signe là un magnifique retour au sein de son peuple, très rarement représenté à l’écran. C’est une splendide peinture naturaliste de la vie paysanne (on pense par exemple à une des premières scènes qui montre un verrat que l’on saoule au rhum pour le pousser à saillir la truie), une étude sans complaisance des croyances ancestrales qui peuvent paraître absurdes, telle celle qui voudrait qu’une femme enceinte fasse fuir les serpents… Jayro Bustamante nous donne une vision terriblement lucide de la situation de ses frères et sœurs indigènes, considérés comme des citoyens de seconde zone, comme dans cette séquence terrible où la famille doit se rendre aux urgences à la ville et où elle est traitée avec indifférence, voire mépris, du fait de sa méconnaissance de la langue espagnole.
Ce premier long métrage témoigne d’une une maîtrise remarquable du cadre, aussi bien dans les scènes d’extérieur qui magnifient le volcan que dans les scènes d’intérieur, filmées en plan serré dans une lumière parfois irréelle, comme dans ce passage extrêmement tendre et sensuel où la mère s’occupe de sa fille au bain dans les volutes de fumée. Si le film dégage une telle force, une telle authenticité, il le doit notamment au jeu des acteurs – pour la plupart non professionnels et presque tous mayas : le film est d’ailleurs essentiellement parlé en maya cakchiquel – et tout particulièrement de Maria Mercedes Coroy, dont le réalisateur a su pendant de longues semaines dompter la pudeur et la timidité pour arriver à ce merveilleux résultat…                                                                                                                   UTOPIA

Le dossier de presse du film IXCANUL

du 2 au 8 décembre 2015

Le Bouton De Nacre Affiche 120x160_0

Écrit et réalisé par Patricio GUZMAN
documentaire
Chili 2015 1h22mn VOSTF
Festival de Berlin 2015, Ours d’argent du meilleur scénario.

Le bouton de Nacre raconte une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Il part de deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, au large des côtes chiliennes… Comment un objet aussi minuscule et aussi insignifiant qu’un bouton de nacre peut-il tenir sur ses épaules un documentaire aussi incroyablement ambitieux que celui-ci ? Facile, quand on est Patricio Guzmán. Après une carrière consacrée à documenter sans relâche les troubles de l’histoire de son pays, le réalisateur chilien a pris comme un virage avec son précédent film, le superbe Nostalgie de la lumière. Avec ce dernier, Le Bouton de nacre partage en effet une identité propre, très loin de ce que l’on croit devoir attendre d’un documentaire classique. Ce nouveau film est un tour de force narratif, mis en scène par un auteur qui a un point de vue unique. Une voix off, des images qui défilent, et à peine quelques intervenants, mais le tout porté par une imagination folle.
De quoi parle Le Bouton de nacre ? De l’eau ? De l’espace ? Du Chili ? De la part de responsabilité des États-Unis dans le coup d’état de Pinochet ? Du sort des nations indigènes de Patagonie ? Réponse : de tout cela à la fois. Tout le talent de Guzmán est d’arriver à intégrer toutes ces idées dans un ensemble incroyablement cohérent et fluide. Une cohésion où le fil directeur est l’eau. L’eau qui constitue la plus grande frontière de ce pays, l’eau qui est le lieu de naissance de la vie mais qui est aussi un cimetière où reposent les corps torturés des sympathisants d’Allende. L’eau qui est l’origine et l’horizon du Chili.
Le film passe des souvenirs personnels de son auteur à la composition scientifique des galaxies, et à des témoignages simples et poignants des derniers descendants des tribus indiennes, qui eux-mêmes vivaient presque sur l’eau. Le Bouton de nacre passe ainsi du personnel à l’universel, du document à la poésie, et vice versa. A l’image de cette légende indigène selon laquelle les morts se transforment en étoile, le film adopte une forme unique et inédite, parfois touchée par la grâce…                                                                 UTOPIA

Le dossier de presse du film  » Le Bouton de Nacre »