Du 28 au 03 Janvier 2017

affiche-sing-street

De John CARNEY
Irlande 2016 1h46mn
avec F. Walsh-Peelo, L. Boynton, M. D. Kennedy, A. Gillen, J. Reynor, K. Thornton…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Dublin, années 80 : la pop, le rock, le métal, la New-wave… illuminent le quotidien d’une jeunesse à la recherche d’une identité. Bowie, Duran Duran, The Cure font le miel de Top of the Pops, et pimentent la bande son d’un film largement tonique et bienveillant qui a fait se lever le public de la salle du festival de Deauville pour une standing ovation interminable… Il faut dire que dans ces temps de rentrée colorée de pessimisme inquiet, il n’est pas désagréable de plonger dans un film qui fait du bien et où il apparaît que l’art en général et la musique en particulier peuvent être un bouclier contre la bêtise, la méchanceté, l’ignorance…
Qu’on ne lui dise pas que l’adolescence est le plus bel âge de la vie : l’année s’annonce morose pour Conor, Ses parents au bord de la rupture décident, vu l’évolution de leurs finances, de le changer d’école. Le voilà qui se retrouve dans un lycée public avec profs rigides et élèves violents. Rien désormais dans sa vie ne lui procure un apaisement …Jusqu’à ce qu’il tombe sur une vision de rêve, la belle et gothique Raphina pose avec dédain le regard de ses yeux violets sur le jeune homme qui va n’avoir de cesse de trouver le truc qui pourra la séduire, l’emballer… Elle est plus âgée que lui, en a vu d’autres sans doute, celui qu’elle attend a une bagnole de sport à la mode et lui promet de l’emmener à Londres… Mais rien ne décourage Conor. Jamais à court d’imagination, il s’improvise leader d’un groupe de rock qui n’existe pas encore, lui propose de tourner dans un clip et entraîne dans son rêve une poignée de jeunots en mal de copains. Son grand frère, , va sortir de sa léthargie schizophrène pour le coacher et apporter ses connaissances musicales au groupe qui s’improvise… C’est pas tout de raconter des salades, il va falloir que Conor les cultive pour rendre crédible son histoire : le clip se tournera, le groupe se montera… et la suite, je ne vous la raconte pas !
Il émane une énergie formidable de cette bande de jeunes ados irlandais recrutés à l’issue d’un casting qui a rameuté des centaines de volontaires branchés musique et qui se révèlent excellents dans ce qui est pour tous leur premier rôle. Mais pour emballante qu’est leur histoire, elle nous immerge dans un contexte très inspiré par la vie du réalisateur : l’Irlande des années 80 était en pleine récession après le choc pétrolier de 1979, le divorce était encore interdit et les très puissantes Églises catholiques et anglicanes irlandaises tenaient particulièrement au statu quo. … Tout le film traduit remarquablement le climat de ces années-là où nombreux étaient ceux qui rêvaient d’émigrer vers l’Angleterre. Par chance, l’architecture de Dublin n’a guère évoluée depuis et il n’a pas été trop difficile de faire en sorte que rien ne semble artificiel ou recomposé.                                                                                                                                         UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Du 21 au 27 décembre 2016

affiche

De Valérie MÜLLER et Angelin PREJLOCAJ
France/Russie 2016 1h52mn
avec Anastasia Shevtsova, Aleksei Guskov, Juliette Binoche, Jérémie Bélingard, Niels Schneider…
D’après la bande dessinée « Polina » de Bastien Vivès.
Prix BD FNAC 2016
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Élève toute gamine, dans son Moscou natal, du célèbre autant qu’intransigeant professeur Bojinski, elle sait que, malgré les difficultés, malgré les obstacles, malgré le regard dur et les remarques sans pitié de son maître, signe qu’il a bien repéré chez elle le feu sacré – elle sera danseuse, grande si possible mais danseuse quoi qu’il en soit, quoi qu’il en coûte. Précisons ici que le rôle de Polina devenue adolescente puis jeune femme est remarquablement interprété par une danseuse de haut vol : Anastasia Shevtsova, pensionnaire du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, l’une des compagnies de ballet les plus prestigieuses au monde.
Soutenue par ses parents, elle prépare avec acharnement son entrée à l’école de danse du Bolchoï : des heures et des heures d’entraînement et peu de loisirs. Les séquences en salle de répétition, où la grâce et la beauté dominent, se mêlent au quotidien plus prosaïque de Polina, où l’harmonie familiale est perturbée par la menace des créanciers de son père, qui fait des affaires plus ou moins louches avec des gens plus ou moins recommandables.
Pour échapper à cet univers, pour se libérer de la discipline tyrannique de la danse classique à la russe, et aussi par amour pour Adrien (Niels Schneider, qui se révèle danseur parfaitement crédible), elle quitte le Bolchoï qu’elle vient à peine d’intégrer pour la France, Aix-en-Provence plus précisément, où elle découvre la danse contemporaine grâce à une professeure d’exception, Liria (Juliette Binoche, dont on sait qu’elle a travaillé sur scène il y a quelques années avec l’un des danseurs les plus novateurs de la scène mondiale, Akram Kahn).
C’est à Liria qu’il incombera d’ouvrir les yeux de la monomaniaque Polina, trop obsédée par la technique : « un artiste doit savoir regarder le monde qui l’entoure », lui dit-elle. C’est de là que commence la troisième vie de la danseuse en construction. Après sa rupture ave Adrien, elle part pour la Belgique où elle découvre l’art de l’improvisation avec Karl (superbe Jérémie Bélingard, étoile de l’Opéra de Paris) qu’elle rencontre lors d’ateliers hip-hop qu’il anime pour des jeunes. Et suivant les conseils de Liria, Polina observe les mouvements des gens dans la rue, leur comportement dans le bar où elle travaille comme serveuse. Elle comprend qu’elle ne veut plus danser les pas codifiés par d’autres, mais bien imaginer les siens, et devenir chorégraphe.
Polina, danser sa vie, n’est pas une gentille success story édifiante, le parcours de notre héroïne sera difficile, chaotique, douloureux parfois. Et la gloire n’est pas forcément au bout du chemin. Mais le film est exaltant car habité dans chacun de ses plans ou presque par la passion de la danse, porté par de nombreuses séquences de répétition, de travail, de pratique acharnée. Et il se conclut en majesté – ce n’est pas gâcher le plaisir de la découverte que de vous le dire – par un pas de deux interprété sur scène – chorégraphié bien sûr par Angelin Prejlocaj – d’une beauté et d’une émotion qui vous transportent.  (avec l’aide de cineuropa.org)                                                                                  UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Du 14 au 20 décembre 2016

affiche

De Naji ABU NOWAR
Jordanie -2015-1h40mn
avec Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh, Jack Fox…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Pas étonnant que Theeb séduise d’abord par la beauté renversante et envoûtante de ses décors : le film a été tourné dans la vallée de Wadi Rum, où a été filmé Laurence d’Arabie. Un cadre fantastique pour le premier film du Jordanien Naji Abu Nowar, qui a choisi des acteurs non-professionnels pour raconter l’histoire d’un enfant pris malgré lui dans des événements tragiques qui vont l’obliger à grandir – trop vite – dans l’adversité.
Theeb (« loup » en arabe dialectal) est un enfant bédouin, orphelin de père, qui grandit dans le sillage de son frère aîné, Hussein, dans le désert, entre Jordanie et péninsule Arabo-Persique.  1916 La première guerre mondiale a éclaté, et les échos en parviennent jusqu’au campement de la tribu de Theeb, ce bout de désert est encore une parcelle de l’Empire britannique. Un soir, un officier anglais et son guide demandent à Hussein de les conduire jusqu’à un puits, sur la piste qui mène à La Mecque. La tradition bédouine veut qu’on ne refuse pas à un étranger de l’accompagner, Hussein n’a donc d’autre choix que d’accepter. Le but de leur voyage reste mystérieux, le soldat transporte une valise qu’il ne faut pas toucher, sous peine de catastrophe.
Son aîné accepte la mission, Theeb refuse de rester seul au sein de sa tribu. Il suit donc en cachette, assez loin pour qu’il ne soit plus question de le forcer à regagner le campement. Le goût d’aventure de cet enfant insoumis sera plus que rassasié : l’expédition tombe dans une embuscade tendue par des brigands, et Theeb reste bientôt seul, jusqu’à ce qu’il rencontre l’unique survivant de la bande de ses agresseurs, grièvement blessé…
Le metteur en scène filme la lenteur de la progression des chameaux, l’omniprésence des mouches qui persécutent vivants et morts, la valeur d’une gorgée d’eau, mais aussi la variété des paysages minéraux, la grâce des rituels quotidiens. Le scénario, simple et habile, montre aussi la vulnérabilité de ce monde que l’on pourrait croire immuable. Le chemin de fer construit par les Turcs a poussé les guides du hadj vers le banditisme, le progrès des armes à feu a bouleversé les règles du combat. Et le petit Theeb est forcé d’accompagner ces mutations. S’il succède à son défunt père, il ne deviendra pas à son tour une légende du désert, mais sera le chef d’une bande armée qui doit assurer la survie des siens et la mort de ses ennemis. Ce film hiératique raconte, avec la perte de l’innocence, le passage d’un enfant à un âge d’homme qui est aussi celui de la mort, donnée et risquée.                                                                                                  Le Monde

DOSSIER DE PRESSE

Du 7 au 13 décembre 2016

affiche

De José Luis LOPEZ-LINARES
Documentaire-Espagne- 2016- 1h25mn
avec les interventions de Orhan Pamuk, écrivain, William Christie, chef d’orchestre, Cai Guo-Qiang, artiste plasticien, Nélida Piñón, écrivain, Salman Rushdie, écrivain, Hano Wijsman, historien, Sophie Schwartz, neuroscientifique, Renée Fleming, …
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Savez-vous quel est le point commun entre Deep Purple, le groupe précurseur du heavy métal, et Michael Jackson, le King de la Pop ? La réponse, pour le moins étonnante, est : Jérôme Bosch et plus précisément son célébrissime Le Jardin des Délices. Fascinés par le peintre flamand, les uns et l’autre ont utilisé un détail de ce tableau mythique pour illustrer une de leurs pochettes, celle de l’album éponyme Deep Purple de 1969 et, pour le roi du moon walk, celle de son album Dangerous, en 1991…

C’était une amusante petite anecdote pour montrer à quel point ce peintre et tout spécialement son Jardin des Délices, exposé depuis 1936 au Musée madrilène du Prado, ont marqué des générations d’artistes de tout poil, autres peintres comme Dali et plus largement les surréalistes, mais aussi artistes de BD, philosophes et évidemment historiens d’art. Le documentariste José Luis López-Linares, qui connait chacun des recoins du Prado, a eu tout le loisir de voir et revoir Le Jardin des Délices et de se laisser subjuguer par sa beauté vénéneuse et son vertigineux mystère. Il a ressenti l’impérieux besoin de confronter cette œuvre non seulement au regard des visiteurs – frappés parfois du célèbre syndrome de Stendhal –, mais à celui de prestigieux intervenants de tous horizons qui nous font partager leur passion pour Bosch et leur ressenti face à une œuvre dont l’interprétation prête encore, cinq siècles après sa création, à controverses.
Car ce qui se dévoile au fil du film et des entretiens, c’est que Jérôme Bosch, né au milieu du xve siècle dans un honnête bourg du Brabant septentrional (l’actuel nord des Pays Bas, alors sous domination du duc de Bourgogne avant son annexion quelques années plus tard à l’Empire des Habsbourg) est lui-même un mystère. Ce qui surprend, c’est le contraste entre ce qu’on connaît du parcours de l’homme, très conservateur, fils d’une famille de peintres installés, membre honorable de la très pieuse confrérie Notre Dame (une assemblée de notables très catholiques, qui vouaient un culte à la Vierge) et sa folie picturale absolument singulière et même inacceptable pour son époque, au point qu’il fut boudé pendant quatre siècles avant d’être redécouvert entre autres par les surréalistes. Cette folie créatrice est peut être à son apogée dans ce Jardin des Délices triptyque probablement commandé par le prince de Nassau dont la cour était alors à Bruxelles. Un triptyque à vocation morale, avec sur le panneau gauche une évocation supposée de la Genèse et du Jardin d’Eden. Au centre une description hallucinante, à base d’innombrables micro saynètes, d’un eden voué aux excès et à la luxure. Et enfin à droite une description méticuleuse des affres de l’enfer. Face à ce tableau fourmillant de détails géniaux et grotesques – fruits géants que des personnages minuscules dévorent, animaux fantastiques symboles du péché pour la plupart, scènes orgiaques à peine déguisées, tortures que même le plus sadique des bourreaux chinois impériaux n’auraient pas imaginées – on a toujours cherché comprendre si Bosch était un moraliste rigoriste voulant montrer le pire pour inciter à la vertu, ou un génie provocateur se vouant à la description du vice avec gourmandise.

Le film voyage au cœur d’une œuvre qui mériterait des heures de contemplation et permet de confronter les réflexions de grands noms de la littérature, de la philosophie, de l’histoire de l’art, des arts plastiques contemporains pour tenter de décrypter – peut-être en vain – un mystère qui se voulait dès le départ insoluble. Mais même si aucune réponse définitive n’est donnée, l’enquête est passionnante et excitante.                                           UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Mercredi 7 décembre 2016 à 20h30

PROJECTION-DÉBAT

En présence de Bernard FRIOT Économiste et intervenant dans le film.. 
Partenariat Cinoch’, Amis du Monde diplomatique, Colisée.

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De Gilles Perret Documentaire
France- 2016- 1h24

Et si, plutôt que financier, le plus grand trou de la Sécu était mémoriel ? Gilles Perret suit le parcours de ces lois littéralement révolutionnaires, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Il nous conte ainsi cette utopie folle qui, dans cette période sombre, devint réalité à la Libération…
La sécurité sociale prend en charge l’assurance maladie, la retraite, les allocations familiales et les accidents du travail. En plus du régime général des salariés, elle gère aussi celui des agriculteurs, des indépendants et les régimes spéciaux. Son budget équivaut à deux fois et demi celui de l’État, autant dire qu’il suscite des convoitises, ce qui explique pourquoi la Sécurité Sociale est régulièrement attaquée.
La sécurité sociale a fêté ses soixante-dix ans en octobre dernier : soixante-dix ans et toutes ses branches ! Le problème est que cette célébration est médiatisée par ceux qui s’inscrivent dans le sillage d’autant d’années de démantèlement de la Sécurité sociale, utilisant la figure de Pierre Laroque. Or Pierre Laroque n’était qu’un fonctionnaire d’Ambroise Croizat, qui fut le véritable bâtisseur de la Sécurité Sociale. Cette utilisation relève de la manipulation, elle permet d’une part de ne pas évoquer les actions des communistes dont celles d’Ambroise Croizat, ministre du travail, et de François Billoux, ministre de la Santé de l’époque. Et d’autre part d’effacer la notion même de construction collective de la Sécurité Sociale. Car celle-ci est une fabrication du peuple de France. De tous ses ouvriers, essentiellement cégétistes qui ont bâti les caisses dans un enthousiasme absolument indescriptible.
Ambroise Croizat fait partie de ces hommes issus de la Libération qui ont su mettre l’Homme au centre de leurs choix politiques. Sa force est d’avoir su faire le lien entre le social et le politique : « Si on veut une économie de qualité à la hauteur des besoins d’une nation il faut un véritable statut social à la hauteur des besoins des hommes ». L’idée était de protéger l’individu de sa naissance à la mort. Rien n’aurait été possible sans rapports de force, qui dans l’Histoire, ont permis de faire plier le patronat. Il n’existe aucun conquis social qui n’ait été précédé d’une intervention populaire. Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est de garder en tête ses paroles : « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. »

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