Du 1er février au 07 février 2017

Mis en avant

D’après le récit autobiographique
« Fais de beaux rêves mon enfant », de Massimo Gramellini.

De Marco BELLOCCHIO
Italie – 2016 -2h08
Avec V. Mastandra, B. Bejo, B. Ronchi, G. Caprino, N. Cabras, E. Devos…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Turin, 1960. Massimo a 9 ans et sa mère remplit sa vie d’une joie immense. Une mère aimante, dansante, enjouée, fascinée par Belphégor, (oui, l’héroïne du feuilleton populaire du temps de l’ORTF incarnée par Juliette Greco). Mais c’est aussi une mère qui semble parfois absente, lointaine, recluse entre les murs qu’elle dresse elle-même. Une mère qui passe du rire le plus naturel à la gravité la plus insondable. Massimo l’aime inconditionnellement, cette mère, comme elle est  Mais au matin d’une nuit pas comme les autres, agitée, décousue, Massimo se réveille et sa mère a disparu, partie comme une étoile filante. Son départ laisse évidemment un vide abyssal, que rien ni personne ne peut combler.
A cette époque (mais est-ce si différent aujourd’hui ?), on croit encore qu’il est préférable de ne pas tout dire aux enfants, qu’ils ne peuvent pas comprendre, que le secret voire le mensonge sont préférables à la douloureuse vérité. Et Massimo ne saura rien ou presque de ce qui est arrivé à sa mère. On lui dit qu’elle est à l’hôpital, mais qu’il ne peut la voir. Puis elle meurt, et il doit croire qu’elle est là, dans le cercueil juste devant lui. Mais non, ce n’est pas possible, sa mère n’est pas dans cette boîte, elle ne peut pas le laisser. Elle ne peut pas avoir demandé à rejoindre Dieu pour mieux veiller sur lui. Il n’y croit pas. Alors pour accepter l’inacceptable il va chercher de l’aide auprès de leur amie Belphégor…
Avec une extrême délicatesse, Marco Bellochio filme Massimo à plusieurs âges de sa vie, jusqu’à la quarantaine. Nous sommes avec lui, parfois aussi perdus que lui, dans ce monde où les enfants ne sont informés que par des bribes de conversations volées aux adultes. Nous sommes encore avec lui quand, adolescent, il se fabrique une carapace en mentant aux autres et un peu à lui-même. Mais, tant bien que mal, il trace sa vie. Ainsi, grandi avec le stade de l’équipe du Torino juste sous ses fenêtres, il sera d’abord journaliste sportif, puis il deviendra reporter de guerre. Une profession où il parle des autres pour mieux se cacher encore. Mais sa fêlure intérieure ne lui permet jamais d’être véritablement relié au monde.
La caméra virtuose de Bellochio donne à ce drame intimiste une réelle ampleur, notamment par la beauté des plans et par l’ambiance si juste qui parcourt tout le film. Le réalisateur ne choisit pas une narration linéaire, et ce choix n’est pas gratuit. Les allers-retours entre les différentes périodes évoquées de la vie de Massimo nous permettent de découvrir en même temps que notre héros les vérités de cette histoire personnelle, à la fois assez banale et pourtant tellement particulière. Il y a une vraie construction, un montage réfléchi et intelligent dans ce film où rien ne semble laissé au hasard.     UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

 

Du 25 janvier au 31 janvier 2017

Mis en avant

De Pablo LARRAIN – Chili 2016 1h48
Avec L. Gnecco, G. Garcia Bernal, M. Moran, D. Munoz, A. Castro…
Quinzaine des réalisateurs 2016
Festival film d’histoire Pessac
Musique prégnante et magnifique de Federico Jusid
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Soyons clair : ceux qui espèrent un biopic classique retraçant la vie et la carrière du grand écrivain, … resteront sur leur faim. Mais tous ceux qui sont sensibles à l’imagination, à l’invention, au romanesque, à la poésie – tous qualificatifs évidemment adaptés à l’œuvre de Pablo Neruda – seront autant que nous enthousiasmés par ce film magistral du très remarquable Pablo Larrain qui s’est imposé, en quelques films essentiels et radicaux, comme un observateur incisif de l’histoire troublée de son pays
Loin donc de toute tentative ampoulée de biographie plus ou moins exhaustive, le film s’attache à un épisode bien précis de la vie de Neruda quand, au lendemain de l’élection en 1946 du président Gabriel Gonzalez Videla, il devient, après l’avoir soutenu en tant que sénateur communiste, l’un de ses plus farouches opposants. Neruda, malgré un important soutien populaire et un parti communiste au sommet de sa puissance, va devoir fuir puisque le PC est bientôt interdit par le gouvernement et ses militants pourchassés.
L’anti-biopic de Larrain bouscule l’icône Neruda, décrivant, sans jamais oublier le génie littéraire ni la figure politique de premier plan, son égoïsme, sa mégalomanie, son goût du luxe et des fêtes dispendieuses contrastant avec la défense affichée de la classe ouvrière ainsi que le goût pour les prostituées malgré tout l’amour d’une épouse. Le réalisateur et son scénariste ont de manière jubilatoire transformé cet épisode historique en un récit policier et d’aventures aux quatre coins du Chili. On suit un Neruda (Luis Gnecco) qui, avant de partir à l’étranger, fuit ses poursuivants à travers tout le pays, des maisons bourgeoises de Santiago jusqu’aux frimas de la Patagonie et aux bordels de Valparaiso en passant par les hauteurs enneigées des Andes. À ses trousses, un personnage de roman noir, l’inspecteur Peluchonneau (Gael Garcia Bernal), policier obsessionnel, habité par la légende d’un ancêtre qui aurait créé la police chilienne, tout aussi fasciné par sa proie que déterminé à la capturer. Un personnage résolument romanesque dont la voix off accompagne le récit (le texte écrit par le scénariste Guillermo Calderon est magnifique) et qui devient, en une mise en abyme vertigineuse, une sorte de création littéraire de Neruda lui-même.
Au fil d’un récit trépidant, porté par une mise en scène virtuose et des images d’une beauté souvent renversante, secoué par un humour irrévérencieux, habité par deux acteurs géniaux, Neruda est certes iconoclaste envers le héros national mais il est aussi et surtout un magnifique hommage à son génie poétique…. Et à travers l’histoire picaresque de la fuite de Neruda traqué par le policier Peluchonneau, Larrain préfigure la triste suite de l’histoire chilienne à laquelle il a consacré jusqu’ici son œuvre, le sinistre Augusto Pinochet apparaissant brièvement en jeune officier au regard bleu glacial, garde-chiourme en chef d’un camp d’internement.                                                              UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Du 18 au 24 janvier 2017
20 ème Festival Télérama
au Colisée

Mis en avant

tra_festivalcine_20ans_cmjn_240x320_v2

         3.50€ la place
      « Avoir et à revoir
     sans modération !!!!

Pour cette 20ème Edition

Les Amis du Cinoch’ soutiennent particulièrement deux films

 

464442.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Mer. 18.01 à 21 h
Sam. 21.01 à 18 h 15
Dim. 24.01 à 14h
Lun. 25.01 à 18 h 15

« ELLES » de P. VERHOEVEN

« Isabelle Huppert incarne à la perfection 
ce role qui synthétise quelques-uns de
ses personnages les plus mémorables »  Première

« Tordu, drôle, choquant, réjouissant… Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise. » aVoir-aLire.com

symbol-296567_960_720

003083.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Mer. 18.01 à 18h15
Sam. 21.01 à 21 h
Dim. 22.01 à 16 h15
Lun. 23.01 à 14 h

« FRANTZ » de F. OZON

 » « Frantz » … C’est une belle histoire de notre temps, qui dit à la fois la créativité du cinéma
français et la force d’un cinéaste qu’on sait assez doué pour prendre tous les risques. » « L’Humanité »

« Frantz » est sans doute le film français le plus surprenant de cette rentrée. « Critikat.com ».

« Un chef-d’oeuvre » Le Parisien

Pour en savoir plus sur Le Festival Télérama cliquez ici !

LA CIGALE, LE CORBEAU ET LES POULETS
Mercredi 11/01 20h30

Partenariat Cinoch’, Amis du monde diplomatique, Colisée

En présence
du réalisateur Olivier AZAM,
Pierre BLONDEAU dit « La cigale » et le chanteur MAX

affiche

D’Olivier AZAM
France-2016 -1h36
avec les habitants de Saint-Pons-de-Thomières

3 septembre 2009. Un paisible village de l’Hérault reçoit la visite d’une centaine de policiers. Leur objectif : trouver le corbeau, responsable de lettres de menaces reçues par des hommes politiques. Il faut dire que dans le Saint-Ponais, des réunions libertaires se déroulent à La Cigale, chez le buraliste du coin pour qui l’exercice de la démocratie n’est pas une idée vaine : du journal militant qu’il conçoit jusqu’à la liste qu’il présente aux municipales, tout converge pour faire passer ses troupes pour de dangereux activistes.
Mordante, vengeresse – et drôle, nom d’un chien ! – que la fable soit un film, ça tombe sous le sens. Puisqu’on vient la voir au cinéma. Mais que le film soit un documentaire, un vrai de vrai, avec de gros morceaux de réel dedans, que du naturel, 0% d’effets numériques, 0% de tricherie scénaristique, on doit se pincer très fort pour y croire. Et pourtant, il y a de la star au casting puisque sur tout le premier acte plane l’ombre de rien moins que Nicolas Sarkozy. Et pourtant les poulets que l’on voit passer sont des vrais de vrais – et les images d’archives de télé sont elles aussi des vraies de vraies. Alors ? Alors c’est une excellente nouvelle : en 2016, dans un bled niché au fin fond de l’Hérault, comme sans doute un peu partout, en cherchant bien on trouve toujours, il y a des gouailleurs, des emmerdeurs, des empêcheurs de malverser en rond. Ce ne sont pas des militants embrigadés, avec mot d’ordre, drapeau et tout le tralala. C’est un petit foyer de résistance, une réserve de poil à gratter – et comme dans les fables, les vraies, les classiques, il se pourrait bien qu’il y ait une morale, très morale, à ce film délicieux : un majeur dans les rouages d’une incroyable mascarade.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Du 11 au 17 janvier 2016

affiche

De Jim JARMUSCH
USA -2016- 1h58mn
avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Kara Hayward,…
Sélection officielle Cannes 2016
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

La bande son a beau être d’une sobriété surprenante, Paterson est un film infiniment musical, peut-être un des plus musicaux du cinéaste New-yorkais. Une partition délicate et drôle composée sur le fil d’une semaine ordinaire dans la vie paisible d’un chauffeur de bus, amoureux et poète à ses heures. 7 jours découpés avec une précision métronomique dans la routine d’une ville moyenne du New Jersey, au cours desquels Jim Jarmusch nous initie à la sublimation du quotidien par la richesse des relations coutumières, par l’attention aux détails cachés sous les habitudes, par la poésie comme art de vivre et saisie dans tout ce qui nous entoure. Ces sept jours sont les sept mesures d’un grand cinéaste idéaliste qui recrée un monde lavé de sa noirceur par la bienveillance et l’énergie créatrice de tout un chacun.
Paterson, c’est le nom de famille du personnage principal. Curiosité des choses, Paterson c’est aussi le nom de la ville du New Jersey où Paterson fait sa tournée en bus pour transporter les habitants qu’il écoute souvent bavarder d’une oreille indiscrète. Paterson enfin, c’est le titre d’un recueil de poèmes que Paterson (le chauffeur) affectionne particulièrement, écrit par William Carlos Williams (1883-1963) sur Paterson (la ville) dans laquelle il habitait naguère lui aussi. Jarmusch a toujours eu un goût pour ces bizarreries : le film n’a pas encore commencé qu’il repose déjà sur un enchevêtrement de sens à explorer. Sauf que contrairement à la plupart des films du cinéaste, Paterson reste sur place, circonscrit à une localité et à quelques lieux récurrents. Et pour cause, notre chauffeur de bus est un type à la vie bien rodée. Il partage avec sa petite amie Laura et leur bouledogue Marvin une harmonie domestique très ritualisée. Tous les soirs, il découvre avec circonspection la nouvelle trouvaille créative de sa bien-aimée. Tous les menus épisodes de cette vie sont pour Paterson une grande source d’inspiration. Il les consigne dans un petit carnet qu’il transporte partout.
En attendant que le week-end déjoue subtilement la routine, la répétition stricte du schéma journalier de Paterson est ponctuée de ce que Jarmusch fait le mieux et qui donne au film tout son charme : rencontres aussi improbables que savoureuses, micro-événements comico-burlesques et divagations oniriques intériorisées. En un instant, la mise en scène parvient à transcender l’ordinaire en dénichant dans le commun du réel les manifestations poétiques les plus inattendues.  Ce n’est pas pour rien qu’il place son film sous la référence à William Carlos Williams, poète américain qui rompit avec la tradition littéraire en utilisant un vocabulaire populaire, dans le but d’évoquer le monde au plus proche de ce qu’il est. Dans sa foulée, Jarmusch s’en tient à une vision prosaïque du monde et des affects, prouvant ainsi que le cinéma n’a nul besoin d’emphase pour être exaltant. Tant que les sentiments sont purs, ils suffisent à être bouleversants.

DOSSIER DE PRESSE