Du 29 mars au 4 avril 2017

Mis en avant

 

   

De Kelly REICHARDT – USA- 2016- 1h47mn
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d’un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d’un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite construire sa maison avec les pierres présentes sur le terrain d’un vieil homme. En compagnie de son mari, elle rend visite à ce dernier et tente de le convaincre. Ryan n’est d’aucune aide. Cette négociation est une nouvelle fois révélatrice du fossé qui s’est creusé dans leur couple. Jamie, une jeune femme solitaire, travaille dans un ranch. Lors d’un cours du soir, elle tombe sous le charme de Beth, une jeune avocate harassée par les kilomètres qu’elle doit parcourir pour faire classe…
Depuis Old joy, son premier long métrage, la réalisatrice américaine Kelly Reichardt trace le sillon d’un cinéma sensitif, fait de petits riens que sa mise en scène sublime pour toucher durablement le spectateur. En adaptant trois nouvelles de Maile Meloy, la réalisatrice de La Dernière piste raconte « L’Americana », avec une rare économie d’effets mélodramatiques. Dès son premier plan, un train qui passe lentement devant le décor enneigé du Montana, Certaines femmes impose son rythme et demande une minutieuse observation de ce qui se passe dans le cadre. Tout se joue dans les regards et les silences, rien n’est imposé.
La beauté de Certaines femmes tient dans l’empathie que fait éprouver Kelly Reichardt pour ses personnages. Par la beauté sereine de sa mise en scène, le quotidien le plus trivial devient bouleversant.

DOSSIER DE PRESSE

Du 22 au 28 mars 2017

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Prix du jury étudiant – Festival International du Film d’Histoire Pessac 2016
Prix du Public – Arte Mare – Bastia 2016

SOUTIEN DE LA DLH ET DU COLLECTIF 11 DROITS DES FEMMES

De Stephan Streker – Belgique/Pakistan 2016 1h37mn
avec L. El Arabi, S. Houbani, B. Karimi, N. Kulkarni, O. Gourmet, A. de Lencquesaing, Z. Chasseriaud…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Noces… Oubliez vite les roucoulades, les romances sucrées, les valses interminables… Et dites-vous que s’il y a une pièce montée, ce n’est pas celle à laquelle vous vous attendez. L’ouverture du film annonce la couleur : un panneau rouge sang, un silence lourd comme un repas de fête difficile à digérer… Puis apparaissent sur l’écran les grands yeux noirs de Zahira, son port de tête impérial, Que pourrait-il bien lui arriver de terrible, à celle-là ?
Zahira, belgo-pakistanaise de 18 ans, mène une vie ordinaire, court à tout allure quand il s’agit de ne pas arriver en retard au lycée, se tord de rire avec son amie Aurore, glisse des sourires aimants à sa famille, rencontre secrètement son jules, danse sur les musiques effrénées des boîtes de nuit, le tout cadencé par les rituels chers à sa foi religieuse. Son grand frère Amir, son plus proche confident, l’accompagne dans ses moments de doute.
Jusqu’au jour où l’honneur vient mettre sa petite pointe de sel dans l’affaire, ce à quoi Sénèque répondrait dans son exquise toge d’ouate opaline : « L’honneur interdit des actes que la loi tolère ». Voilà, c’est dit : tout déraille. Et sans crier gare, cette Zahira libre comme l’air se retrouve face au dilemme imposé par sa famille : accepter le mariage traditionnel ou ne plus faire partie de leur communauté, tant son refus serait à l’origine d’une turpitude irrémissible. Parfois révoltée (parce que sa conscience lui dit de ne pas plier en deux sa liberté), parfois résignée (parce que l’amour profond et partagé qu’elle a pour sa famille lui assène de se plier en quatre pour elle), Zahira avance péniblement, tâtonne, teste les limites de chacun, à commencer par les siennes. Elle fuit, revient, repart. Sa grande sœur Hina finira par lui dire : « Il ne faut se révolter que si nous avons la possibilité d’agir ». Un écho désenchanté à cette phrase du Noces de Camus : « Et vivre, c’est ne pas se résigner ».

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Du 15 mars au 21 mars 2017

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Primé à Cannes « Semaine de la critique »

De Vatche BOULGHOURJIAN
Liban- 2016- 1h45
avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi, Toufik Barakat, Nassim Khodr, Abidou Bacha…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Rabih, brillant percussionniste et chanteur, est invité avec sa chorale à se produire en Europe à l’occasion d’une tournée. L’occasion rêvée pour ce jeune homme de découvrir le vaste monde, loin de son Liban natal, de sortir du nid familial dans lequel il a toujours évolué, à la fois chéri et infantilisé par sa mère, à cause de son handicap. Lors des formalités pour obtenir son passeport, il découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents ! Comme un air de de Tabl, le tambour traditionnel sur lequel il agite habilement ses doigts, cette terrible révélation fait résonner l’écho entêtant de sentiments complexes. D’abord le choc. Ensuite la colère. Et puis la quête. . Car Rabih veut connaître l’origine du mensonge et par là-même la vérité de sa naissance. Pourquoi ce rempart de silence ? Pourquoi ce passé resurgit-il maintenant, à l’instant même où sa soif d’émancipation est la plus forte ? Qui est-il réellement ? Quelle est son histoire ?  Sans pouvoir obtenir de la part de sa famille de réelles réponses, il décide alors de partir sur les traces de son passé. Au delà de la quête intime, tiraillé entre la peur de ce qu’il peut découvrir et l’évidente nécessité d’affronter le réel quoi qu’il lui en coûte, son parcours va l’amener au cœur d’un pays meurtri par des années de guerres et de conflit, . On le voit, la métaphore de Tramontane, premier et remarquable long-métrage de Vatche Boulghourjian, n’est pas très difficile à déchiffrer : 40 ans après le début de la guerre civile, le Liban ne peut affronter son passé, et tous les efforts pour l’éclairer sont voués au mieux à l’indifférence, au pire à l’échec. La métaphore a ici aussi un corps et une voix, celle de Barakat Jabbour, chanteur, percussionniste, violoniste, dont les talents sont utilisés pour esquisser une autre réponse : la vérité se trouve peut-être dans des textes moins explicites que les livres d’histoire, des partitions par exemple. Cette inflexion de la réflexion historique vers l’émotion esthétique est accentuée par la sensualité des paysages libanais filmés, tout au long du périple de Rabih, avec une grâce infinie, comme le sont également les scènes musicales, sublimes et profondes, qui apportent à ce récit un souffle bien plus doux et chaud que celui de la tramontane.                                                                                                                UTOPIA

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Du 8 mars au 14 mars 2017

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PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2016

Attention horaires spéciaux
Mer : 18 h, Jeu : 21 h, Ven : 18 h, Sam : 18 h, Dim : 18 h, Lun : 14 h, Mar : 21 h

D’Andrea ARNOLD
GB 2016 2h43mn
avec Sasha Lane, Shia Labeouf, Riley Keough, Shawna Rae Mosley, Arielle Holmes, Crystal B. Ice…
HORAIRES SPÉCIAUX (voir dans tableau ci-dessus)

Avertissement des scènes, propos ou images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Réalisatrice viscéralement anglaise (de Red road et de de Fish tank, profondément ancrés dans le quotidien britannique), Andrea Arnold réalise son premier film « américain » et ajoute une dimension épique à son style réaliste, nous entraînant dans un road-movie sauvage et sensuel qui donne envie de danser autant qu’il vous passe le cœur à l’essoreuse.
On découvre Star, une adolescente qui tente de survivre entre un beau père violent et libidineux et une mère démissionnaire et alcoolo, se retrouvant en charge de ses petits frères et sœurs. Pour remplir un frigo trop souvent squatté exclusivement par les canettes de bière, elle fait les poubelles des supermarchés… C’est d’ailleurs au cours d’une de ses tournées de survie qu’elle va croiser la route de Jake, un bonimenteur de charme à la tête d’une joyeuse bande d’improbables vendeurs ambulants qui parcourent le pays dans leur van brinquebalant pour vendre des abonnements à des magazines. Jake fait naître chez Star l’espoir de fuir son quotidien sinistre. Et même si l’avenir s’annonce difficile, fait de porte à porte laborieux voire dangereux, l’aventure et la liberté sont au rendez vous.
Andrea Arnold s’est inspirée d’une enquête du New York Times sur ces étranges cohortes de vendeurs plus ou moins illégaux, souvent très jeunes, étudiants désargentés, hobos des temps modernes, …. De vraies tribus plus que des collègues de travail. D’ailleurs, hormis Shia Labeouf et Riley Keough, magnifique dans le rôle de Krystal, la boss et maîtresse de Jake, Andrea Arnold a choisi des acteurs non professionnels, jouant pour certains presque leur propre rôle. Même l’interprète principale Sasha Lane, révélation sidérante de justesse et d’énergie, a été sélectionnée parmi des étudiantes lors d’une enquête sur les spring breaks au Texas. Et c’est le même groupe de non professionnels qui a choisi la bande son, omniprésente et essentielle à l’ambiance du film, entre titres country (dont le fameux American honey tout en ironie que l’on entend à la fin du film) et excellent hip hop ou RNB (vous ne pourrez pas oublier l’obsédant titre Choices de E40).
Andrea Arnold brosse avec une énergie débordante le portrait d’une jeunesse portée par la soif de vivre, de danser, de baiser, mais gangrénée par l’âpreté sans pitié d’une Amérique vorace qui fabrique à la chaîne des laissés pour compte, qui impose ses rituels cruels …Mais American honey est aussi une palpitante histoire d’amour contrarié et, à travers elle, le récit de la construction de l’identité d’une jeune femme. Ce film nous dit que, même dans les lieux et les situations les plus désespérés, l’amour peut être une réponse à la cruauté du monde.                                                                                               UTOPIA

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