Du 31 au 05 juin 2017 – ** 2 films**
**Les initiés (ts les jours)
**Tunnel (01/06 à 18h15 et 05/06 à 18h30)

Mis en avant

CETTE SEMAINE VOS DEUX FILMS

« LES INIITIES »

Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

De John TRENGOVE
Afique du Sud 2016 1h28mn
avec Nakhane Touré, Bongile Mantsai, Niza Jay Ncoyini, Thobani Mseleni…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

C’est une étrange histoire de sueur, de sang, de salive et autres humeurs de source vive… Un récit rare parvenu de l’ancien pays de l’Apartheid, dont on ne peut empêcher l’ombre de rôder dans nos têtes même s’il n’est pas évoqué, même si on ne voit quasiment aucun blanc à l’écran. De la première à la dernière minute, on retient son souffle, subjugué par cette palpitante visite au pays des non-dits, plongé dans les arcanes de rites secrets accessibles uniquement à une minorité d’initiés. Pour les Xhosa, ethnie d’Afrique du Sud, on ne nait pas homme, on le devient…Pas sûr que Xolani aurait choisi cette voie. Pas sûr que son paternel, qui le confie à son instructeur, Kwanda, en recommandant à ce dernier la plus grande fermeté envers ce fiston qualifié de « trop faible », lui en ait laissé le choix. Mais c’est bravement que Xolani s’apprête à affronter les épreuves qui l’attendent. Il se joint au cercle des autres jouvenceaux qui, tout comme lui, malgré leurs airs bravaches, sont peu rassurés. Les présentations à peine faites, une première cérémonie débute, douloureuse, où tout se passe au dessous de la ceinture… Voilà Xolani en tête-à-tête avec son instructeur, chacun découvrant l’autre, l’observant du coin de l’œil dans l’impudeur de la douleur. Kwanda applique des cataplasmes, annonce à son initié la suite des événements, le rase, le badigeonne de blanc, sans ménagement. Au travers des gestes qui guérissent, précis, ancestraux, semblent s’immiscer des sentiments ambivalents, indicibles. Est-ce de l’envie, de l’empathie, un brin de sadisme ? Tout cela est trouble et le restera. Plus on se prend à essayer de qualifier les choses, plus elles nous échappent. On pressent bien que les apparences sont trompeuses : Kwanda pas plus que Xolani ne collent complètement aux standards qui prévalent dans leur société. Peu à peu les deux personnages déparent, fascinent, toujours plus complexes, dérangeants.
autre instructeur entre en lice, beau gosse inaccessible, puissant et musclé, sur lequel le regard de Kwanda s’éternise un peu trop, un brin songeur… Vous l’aurez compris à demi-mot, sous des gestes virils et parfois brutaux, il est question de désir…

Au-delà de la beauté hypnotique des images, cette fiction aborde une réalité complexe sans se contenter de raccourcis faciles. Elle donne à voir sans tout déflorer, questionne plutôt que de condamner. C’est tout à la fois rude et plein de tact. Il en fallait au réalisateur pour parler d’une communauté qui n’est pas la sienne et à laquelle il a laissé une large place, modifiant souvent le scénario lors du tournage, écoutant ses excellents acteurs, la plupart non professionnels et véritables Xhosa (tout comme l’était Nelson Mandela qui connut le même rite initiatique…).Utopia .                                       DOSSIER DE PRESSE

« TUNNEL »

De KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D’après le livre de So Jae-won.
JEUDI 1er JUIN 18H15
LUNDI 5 JUIN 18H30

Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s’y engouffre sans dé- tours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l’attend avec impatience pour fêter l’anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse.
En plus de bousculer les spectateurs, ce renversement narratif permet d’étudier les différents protagonistes qui sont tous confrontés à une situation extrême : Jeong-soo, bien sûr, tente de survivre, Sehyun, son épouse, communique régulièrement avec son mari tout en portant le poids et le jugement du pays qui se demande si le gigantisme des moyens déployés n’est pas disproportionné pour sauver un seul et unique survivant ; Daekyong, le chef de l’opération de sauvetage, doit quant à lui trouver un équilibre entre valeurs éthiques et obligations administratives L’apparition d’une deuxième personne accidentée –dans les décombres permet de renouveler le récit, …tout en introduisant des questionnements sur l’intégrité de Jung-soo, …
Mélangeant les genres et les registres avec une belle énergie …Tunnel fait alterner sans cesse le drame et la comédie. Plus d’une fois des situations plutôt drôles ont des conséquences dramatiques, et vice-versa. Le film porte par ailleurs un regard féroce sur l’attitude de la presse et des autorités coréennes. …la séquence avec les drones est à ce titre l’un des moments les plus drôles du film. Enfin, le scénario évoque une forme de culpabilité nationale, conséquence (in) directe du tragique incident du ferry Sewol et des problématiques de sécurité.
Au final un vrai divertissement spectaculaire qui oublie d’être idiot et qui capte notre attention de bout en bout ! Utopia                 

Mercredi 31 mai « A voix Haute »

Mis en avant

Partenariat Les Amis du Monde Diplomatique, Cinoch’, Colisée

En présence de Stéphanie Clerc Conan, sociolinguiste

PRIX ETUDIANTS -VALENCIENNE 2017

De Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire
France – 2016 – 1h39

Ça vous captive, ça vous remue les tripes. Des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c’est une arme, c’est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas,  lui-même d’origine portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre en déboulant dans les beaux quartiers de l’Ouest parisien qu’il va lui falloir apprendre à s’exprimer pour qu’on l’accepte et qu’on l’écoute… De son expérience née la coopérative Indigo, à l’origine du concours « Eloquentia » qui rassemble des jeunes de Seine-Saint-Denis,  de tous milieux, étudiants ou non. Chaque année une centaine de candidats se lancent dans l’aventure avec l’aide d’une poignée de professionnels, slameurs, avocats, théâtreux…Stéphane De Freitas s’empare d’une caméra pour témoigner de cette fabuleuse aventure qui continue désormais sans lui. Son film suit la promotion de 2015 de la préparation jusqu’au concours…
Difficile  de se lancer ! Oser ses premières phrases, s’ouvrir aux autres, faire surgir du fond de soi une sincérité qui semble impudique, passer outre la crainte du ridicule… Les débuts sont timides et les exercices maladroits. Puis, chacun se laisse apprivoiser, la peur s’estompe, le spectacle de la fragilité de ses alter ego aide à l’indulgence vis-à-vis de ses propres faiblesses et peu à peu la parole se libère. On s’interpelle, on argumente, on plaide… Tous prennent de l’assurance,, le plaisir de jouer avec les mots s’installe et de notre côté de l’écran, on jubile. Au bout du chemin, un des participants sera couronné « Meilleur orateur du 93 », mais tous seront sortis de ce qu’ils croyaient être leurs limites, apprenant à connaître les autres en commençant par mieux se connaître eux-mêmes…
On les suit dans leur vie et on mesure les efforts pour surmonter les handicaps les plus divers : Eddy, ce garçon qui se tape à pied deux fois par jour  les 10km qui séparent sa maison de la gare où il prend le train qui l’emmène à la fac ; Elhadj, qui vit dans la rue et continue néanmoins à préparer une maîtrise de sociologie et qui se sert de la parole pour témoigner de ce qu’il a vécu… À Leïla, jeune syrienne qui porte le voile et milite dans un collectif féministe… On constate – ou on découvre si on n’en avait pas idée – que, loin des clichés réducteurs, la banlieue est multiple…
Plus le film avance et plus ont prend goût et plaisir aux mots chargés du sens de toutes ces vies qui s’en emparent dans un processus d’émancipation excitant en diable : rap, slam, poésie, joutes verbales, jeux de rôle… tous les moyens sont bons pour apprendre à structurer sa pensée, dompter ses gestes, gérer son stress et ne plus avoir peur d’affronter les autres, d’affronter sa propre vie. Quelle émotion !

DOSSIER DE PRESSE

Du 24 au 30 mai 2017

Mis en avant

 PARTENARIAT CINOCH’ / MOT ET Cie

« le film vous a plu, le livre est disponible chez Mots et Compagnie (cliquez sur le livre) ».

De Rayhana
France
/Grèce/Algérie – 2016- 1h30
Avec Hiam Abbass, Fadila Belkebla, Nadia Kaci

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Une ode à la liberté d’expression. Comme un souffle le film vient caresser nos émotions avec intelligence, grâce et volupté. Nous sommes dès le début du film portés par les propos d’une femme sur son désir d’amour et d’évasion. Qu’en est-il aujourd’hui? Ont-ils d’ailleurs le même sens partout? Être une femme libre est-ce encore une triste utopie ? Telles sont les problématiques de ce film.
Ce sont les conditions féminines actuelles des femmes musulmanes confrontées à une montée de l’extrémisme religieux qui s’expriment aujourd’hui….Outre  les conflits religieux, un autre plane : celui des frontières concernant les rapports qu’entretiennent l’Occident et le Magreb.
« J’ai écrit la pièce 2  ans après mon exil. Un besoin urgent et irrésistible de témoigner et de crier face à l’Occident, sourd et aveugle, qui jouait à ne pas savoir : “ Qui tue qui ? ”. Relayée par les médias, cette phrase nous tuait à coups de “ pourquoi ” alors que les terroristes revendiquaient leurs actions criminelles depuis les places publiques de Londres ou Paris… On les invitait sur les plateaux de télévision, on leur offrait visas, asile politique, de l’argent pour mieux nous assassiner. Je ne pardonnerai jamais à la politique française d’avoir refusé un visa au très grand du théâtre algérien, Azzedine Medjoubi, metteur en scène, comédien et directeur du théâtre national, exécuté peu de temps après à la sortie du théâtre » – Rayhana Obermeyer
Non, il n’y pas de personnage principal. Le personnage de Fatima interprété par Hiam Abbass, est le fil conducteur, il nous guide de femme en femme, d’histoire en histoire.Elle porte le film d’une force incroyable, mais n’est pas le protagoniste, elle est un élément parmi les éléments. Toutes les femmes sont importantes.Un huis clos : dans l’antre d’un hammam d’Alger, dans une atmosphère chaude et embuée, des femmes de toutes générations, de toutes corpulences, nues ou enrobées d’une serviette discutent : se souviennent, se mettent en garde, débattent de sujets politiques, de leurs désirs et de leurs fantasmes.Pourquoi un hammam ? « Le hammam s’est imposé du point de vue philosophique et ancestral comme lieu cathartique de mise à nue. Dans ma société le hammam est un des rares lieux où une femme peut aller sans réprimande. Sauf pour les islamistes qui du jour au lendemain ont décidé que le hammam aussi était “Hram” (illicite) car lieu de nudité …» – Rayhana Obermeyer Un film plein d’humour. La grande chanteuse, danseuse et actrice algérienne Biyouna interprète le rôle d’ Aïcha, sans retenue, elle nous fait rire avec des anecdotes et des répliques à en devenir cultes.
Une mise en scène raffinée. Bien que ce soit une adaptation de théâtre, il n’y a aucun doute que cette pépite appartienne au genre cinématographique, les mouvements de caméra sont légers et agréables : Ils nous font voyager par leur beauté. Des images très symboliques qui nous laissent sans voix.
Dans notre pays, qui est la France, le combat vers la parité, pour nous femmes, n’est certes pas fini, mais devant cette pépite cinématographique nous nous alarmons de ce monde qui va encore si mal.Un film qui donne de la force face à tant de combativité et de désir de liberté.
Courez voir ce film aussi envoutant qu’important !! www.justfocus.fr/

DOSSIER DE PRESSE

Du 17 au 23 mai 2017

Mis en avant

DEUX PRIX GOYA , meilleur révélation masculine et meilleure adaptation

D‘Alberto RODRIGUEZ – Espagne 2016 2h02
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l’ETA est le prétexte à l’installation d’un système militaro-policier qui s’affranchit souvent des règles de justice et de droits humains. En 1993 Luis Roldan, patron de la Garde Civile, organe de répression par excellence, est donc tout puissant. Sauf qu’on découvre que cet homme censé incarner à lui seul l’intégrité de la police et de l’État a depuis son accession à son poste enrichi son patrimoine de 400 millions de pesetas ! Convoqué, Roldan prend illico la poudre d’escampette, son inculpation semble inévitable… Mais le vrai personnage de l’affaire et donc du film n’est pas Luis Roldan. C’est un homme de l’ombre, Francisco Paesa. Un homme qui pourrait passer aisément pour un clerc de notaire ou un agent d’assurances, totalement inconnu de l’Espagnol de la rue. Mais il fut en fait pendant deux décennies un des principaux agents secrets freelance de l’État, contribuant par une opération audacieuse à porter un coup fatal à l’ETA, menant aussi des opérations diplomatico-financières avec des puissances extérieures peu recommandables. Francisco Paesa est à cette époque un agent que l’État a oublié à plusieurs reprises de rétribuer à sa juste valeur et qui en a gardé une rancœur certaine.
On est pris de bout en bout par cette intrigue enlevée qui va nous mener de l’Espagne à une planque parisienne, aux banques de Singapour puis à Bangkok. Une intrigue qui mêle le suspense au comique, avec son cortège de personnages bras cassés dont on se demande ce qu’ils peuvent faire dans le milieu de l’espionnage (formidable Philippe Rebbot, en espion amateur et toxicomane). Et il faut bien dire que la manière dont le génial voyou manipulateur Francisco Paesa parvient à berner l’État espagnol est particulièrement réjouissante – Francisco Paesa incarné par Eduard Fernandez, formidable acteur caméléon.
Au fil d’une mise en scène trépidante, on découvre – ça fait parfois froid dans le dos – les dessous de l’histoire récente espagnole avec son lot de compromissions, de pratiques héritées de l’époque Franco, où les assassinats politiques sont encore monnaie courante, et où la grande finance prend largement le pas sur la démocratie. Alberto Rodriguez nous avait passionnés avec Isla Minima, polar poisseux qui se déroulait en Andalousie juste après la mort de Franco, il continue dans L’Homme aux mille visages à interroger brillamment l’histoire de son pays sans jamais ennuyer le spectateur.                    UTOPIA

du 10 mai au 16 mai 2017

Mis en avant

FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY.

D’Alain GOMIS – France 2017 2h05
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

La nuit … Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler .Moments de beuverie désabusés. Ici, qu’on refasse le monde avec les copains ou qu’on l’observe en solitaire, L’alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l’inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine.
Ce pourrait bien être une quête vaine… Mais non ! Car s’élève une voix intemporelle, profonde, puissante, magnétique. La voix de Félicité qui berce, vous transporte ailleurs, dans une forme de rêve, de méditation, peut-être même de transe.
Tabu, mécanicien (et bien alcoolisé), semble comme hypnotisé, transfiguré. Il oublie l’espace d’un instant ses manières brutes, ses provocations violentes qui escamotent ses bons côtés. Impossible de résister à cette vague douce qui le transperce. Son regard de mauvais démon prend des airs angéliques. Mais cette belle femme plantureuse à la voix chaude, n’est certainement pas pour lui. La soirée finira donc, comme trop souvent, en queue de poisson…
Le matin venu, le réveil est lent et rude pour les noctambules. On retrouve Félicité le regard sombre, accablée par la chaleur pesante de sa piaule sans charme. Quand le réparateur qui se présente se trouve être le même Tabu qui a semé la zizanie sur son lieu de travail, elle est d’autant moins encline à lui accorder sa confiance … C’est par là que va commencer leur étrange aventure… Qui pourrait-être classique mais ne le sera pas ! Si le récit débute dans une forme aux codes familiers, c’est pour mieux nous ferrer et il va vite s’en émanciper de manière brillante, extrêmement vivante. Son originalité et sa richesse prennent racine dans ses interstices. Tantôt des silences habités de mille voix nous propulsent dans le songe d’une nuit équatoriale. Tantôt les envolées lyriques du « Fratres » d’Arvo Pärt jouées par un incroyable orchestre symphonique surgit de nulle part font naître en nous un véritable sentiment d’élévation. De purs moments de grâce, hypnotiques, … C’est un cinéma des contrastes, lumineux, qui n’occulte jamais pour autant la part d’obscurité des hommes et de leur société.
Quand Félicité va apprendre que son fils a eu un accident de moto, tout va basculer. Ici, au Congo, nulle sécurité sociale pour les indigents. Le système est sans cœur et on opère uniquement ceux qui ont les moyens de payer. Pour sauver la jambe de l’adolescent, il faudrait accumuler une montagne d’argent. Voilà cette femme digne, qui jamais n’a quémandé, prête à pulvériser tous les obstacles. Comme si la peur de la perte la ramenait elle-même à la vie.
Cette détermination tenace, énergique, sans concession va ébranler Tabu, qui, oubliant presque de la désirer, va se mettre à son service, sans plus rien attendre en retour. Et si l’impossible rédemption tenait en cela… tout simplement donner au lieu de prendre…                                                                                                                                             UTOPIA

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