Du 21 au 27 juin 2017

Mis en avant

FÊTE DU CINÉMA 25,26,27,28 juin 4€ la place !!!!

De Bill PLYMPTON et Jim LUJAN
film d’animation
USA 2016 1h15mn
Scénario de Jim Lujan,
Nominé au Festival de Belfort 2016
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Youhou ! Voilà le retour du cinéaste d’animation le plus cinglé, le plus indépendant, le plus délibérément américain que le monde des petits bonshommes qui bougent n’ait jamais connu, j’ai nommé Bill Plympton, grâce auquel on ne voit pas le temps passer. Son cinéma nous paraît tellement drôle, tellement enlevé, tellement libre qu’on n’arrive pas à croire que le bougre a déjà sept décennies et quarante ans de carrière ! Cette fois le jeune Plympton s’est acoquiné avec un gamin surdoué de 45 ans, Jim Lujan, et ce duo d’enfer nous offre un vrai festival pétaradant de pépées incendiaires aux formes exagérément protubérantes, de méchants caricaturaux, de sales gueules invraisemblables tout droit sorties de pénitenciers réservés aux serial killers, d’adeptes frappadingues de sectes millénaristes, de courses poursuites dans le désert… Un vrai condensé de l’Amérique malade qui a élu Trump.
Au centre de La Vengeresse, il y a d’ailleurs un personnage parfaitement trumpien, entre spectacle, politique, corruption, violence et mafia. Le Sénateur Death Face est un ancien catcheur, ancien leader d’un groupe de hells angels qui lui servent toujours de garde rapprochée. Il a, grâce à l’argent et à une politique clientéliste parfaitement assumée, grimpé l’échelle sociale jusqu’à se faire élire au Sénat, entretenant son électorat à coups de shows démagos. Ce colosse brutal et borné n’aime pas qu’on lui résiste et quand une jeune donzelle solitaire lui dérobe un objet qui pourrait s’avérer compromettant, il lance à sa poursuite un quatuor de détectives qui ont carte blanche pour récupérer l’objet du délit et lui ramener la voleuse, morte ou vive. Chacun des chasseurs de prime est évidemment en concurrence féroce avec les autres, après tout on est aux States, pays où le capitalisme est sauvage et tous les coups permis. Dans la bande des quatre, il y a en particulier un petit bonhomme qui ne ressemble à rien, chauve, rabougri, affublé d’une maman à chats possessive qui dirige l’agence en son absence et qui a pourtant un talent inégalé pour maîtriser les criminels en fuite.
Sous le soleil de plomb californien, entre motels miteux et bars de bikers poisseux, Plympton et Lujan créent un univers qui n’a rien à envier à celui d’un Tarantino. Dans cette histoire de jeune fille bien décidée à se venger seule de beaucoup plus fort qu’elle, on pense forcément à l’inoubliable Uma Thurman de Kill Bill, dézinguant à tout va les méchants au bout de son sabre… On sait que Tarantino est un grand fan de Bill Plympton (dans Kill Bill déjà cité, un des personnages a son patronyme) et Plympton le lui rend bien. Scénario enlevé et sans doute plus élaboré que dans les films précédents (un des apports de Lujan), dessin extravagant et agressif, couleurs franches, séquences burlesques d’une drôlerie décapante, Plympton et Lujan nous embarquent à fond de train dans un road movie furieux et dressent le portrait acide et jubilatoire d’une Amérique bien malade à laquelle ils administrent un remède de cheval.

POUR EN SAVOIR PLUS !!!

Du 14 au 20 juin 2017

Mis en avant

 De Midi Z – Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn
Avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Festival Amiens 2016 Licorne d’Or long métrage
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

  Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l’angle unique d’un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d’hommes venus des pays du Sud et de l’Est. On a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n’est pas le triste privilège du monde occidental.
Le remarquable film du jeune cinéaste d’origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l’heure sur le sujet Car dans Adieu Mandalay, il est question d’une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d’abus et de déni des droits humains. Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c’est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l’avait marqué, lui le Birman qui avait fait ses études à l’étranger et profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, qui nait dans l’exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d’argent grâce à son travail, pour envoyer de l’argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile et rêve d’un avenir probablement loin de la Birmanie.
Le cinéaste passe très habilement de l’observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l’image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d’authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, mais il y aussi une vraie recherche plastique, à la fois dans la manière dont est filmée l’usine et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières. Le côté tragédie grecque d’un récit maîtrisé de bout en bout renforce l’impression de voir s’affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).                                              UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

 

Du 7 au 16 juin 2017

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UN LIVRE, UN FILM, EN PARTENARIAT AVEC LA LIBRAIRIE MOTS ET CIE

et ZE REGALIA Théatre

Lecture publique le Jeudi 8 juin à 18 heures à la librairie Mots et Cie

D’Ivo M. FERREIRA
Portugal 2016 1h45
avec Miguel Nunes, Margarida Vila-Nova, Ricardo Pereira, João Pedro Vaz, Simão Cayatte…
D’après les lettres d’A. Lobo Antunes publiées sous le même titre aux éditions Christian Bourgois : disponible chez Mots et Cie
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

« Les lettres de ce livre furent écrites par un homme de vingt-huit ans, dans le cadre intime de sa relation avec sa femme, isolé de tout et de tous durant deux ans de guerre coloniale en Angola, sans qu’il pense qu’elles seraient publiées un jour. Nous n’allons pas décrire ces lettres : chacun les lira à sa manière, assurément différente de la nôtre. Mais quelle qu’en soit l’approche, littéraire, biographique, document de guerre ou histoire d’amour, nous savons qu’elles sont extraordinaires sous tous ces aspects. » (Extrait de la préface écrite par Maria José et Joana Lobo Antunes, filles de l’écrivain)
Lettres de la guerre est donc une très belle adaptation des écrits autobiographiques d’António Lobo Antunes. S’il est bien évidemment question de guerre dans ce film, il est surtout question d’amour. António Lobo Antunes fut médecin durant la guerre d’Angola au début des années 70 – il était également apprenti écrivain. Ivo Ferreira raconte son expérience de soldat mais aussi son apprentissage d’auteur, et même d’auteur amoureux puisque l’histoire est racontée par les missives enflammées qu’il adresse à sa compagne au Portugal.
L’image de Lettres de guerre est absolument superbe : c’est le regard posé par un étranger sur une beauté exotique décrite dans les lettres de l’auteur comme « excessive ». Ivo Ferreira se sert habilement de cette mise à distance hallucinée (la beauté exaltée de la nature et des hommes érotisés) qui déréalise tandis que les lignes lues permettent d’entrer dans la tête et le cœur de l’auteur. Avec autant de lyrisme, mais plus d’intimité que dans ces plans plus grands que la vie : les orages de nuit qui dessinent une silhouette humaine ou ces grands cieux interminables.
Ferreira donne beaucoup à voir, surtout ce qu’il y a de beau – mais donne à imaginer aussi. La photographie est en noir et blanc et il reste à imaginer le vert omniprésent décrit par la voix-off.
Le réalisateur n’élude pourtant pas la dureté du quotidien : entre quelques nouvelles du Benfica (l’un des clubs de football de Lisbonne), on observe les hommes comme des insectes se battant pour leur survie, ou perdant la tête – l’un s’enfuit nu dans la nature, l’autre cherche son briquet comme si sa vie en dépendait. Ce film-poème célèbre la beauté avec panache, mais parvient également à incarner le changement intérieur d’un homme confronté à l’horreur.                                                              (N. Bardot, filmdeculte)

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