Mercredi 27 septembre 20h30

Mis en avant

En présence du réalisateur Quentin RAVELLI – Sociologue & chargé de recherche au CNRS – Partenariat Cinoch’/ Amis du Monde Diplomatique /Colisée

Des carrières d’argile abandonnées aux crédits immobiliers impayés, les briques espagnoles incarnent le triomphe puis la faillite économique d’un pays. Usines qui ferment la moitié de l’année, ville-fantôme curieusement habitée, guerre populaire contre les expropriations orchestrées par les banques : suivre le parcours d’une marchandise – les briques – donne un visage à la crise et dessine les stratégies individuelles ou collectives qui permettent de la surmonter.
« J’avais à l’esprit le tressage d’une natte liant ces différents éléments qui ne se rencontrent pas physiquement dans la réalité : le maire qui se bat pour remplir sa ville fantôme, les gens qui s’organisent pour se battre contre les banques a n de faire annuler les dettes, et bien sûr l’industrie de la brique. D’où la forme en mosaïque du lm, le point de vue sur la crise se déplace sans cesse, ce qui per- met de comprendre différentes facettes. » Quentin Ravelli

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Du 27 sept. au 3 oct

Mis en avant

De KIM Ki-duk – Corée du Sud 2016 1h55 – avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-geun, Kim Young-min, Choi Gwi-hwa..
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00
Festivals : Venise 2016 Hors compétition – Toronto 2016 – Busan 2016

Le cinéma nous a pour l’instant raconté peu de choses sur la situation de la Corée, ce pays déchiré depuis plus de 60 ans en deux parties irréconciliables et qui porte bien mal son surnom de Pays du matin calme alors que la menace nucléaire se profile. Le cinéma sud-coréen est pourtant très actif mais peu de films s’intéressent au voisin nord-coréen, comme dans une sorte de déni, l’excellent documentaire Madame B faisant récemment figure d’exception.
Le héros de Entre deux rives est justement nord-coréen. C’est un petit pêcheur modeste, au quotidien tout ce qu’il y a de banal, si ce n’est qu’il pêche dans un lac frontalier avec la Corée du Sud. Et son destin va basculer quand, son filet ayant bloqué l’hélice de son bateau, il va dériver jusqu’à la côte du grand frère ennemi capitaliste. A partir de là, son existence pourtant pas simple – forcément, dans la dernière dictature communiste ubuesque du monde – va basculer dans un univers totalement kafkaïen. Car dans la grande paranoïa qui règne depuis plus d’un demi-siècle, un Nord-Coréen qui déboule sur le sol sud-coréen est immédiatement considéré comme un espion en puissance. Voilà donc notre malheureux ballotté d’interrogatoires en mauvais traitements, entre un inquisiteur qui veut farouchement prouver que le brave pêcheur est en réalité un espion, et un chef du département de la sécurité qui croit en son innocence mais veut le convaincre contre son gré de demander l’asile politique à la Corée du Sud, alors même que son seul souhait est de retrouver sa famille ! Heureusement ses épreuves sont tempérées par un jeune homme chargé de sa garde, représentatif d’une nouvelle génération plus ouverte et qui tente de le comprendre.
Huis-clos trépidant et étouffant, mené par un magnifique quatuor d’acteurs, Entre deux rivesest un beau plaidoyer pour que soit enfin brisé le carcan des idéologies qui emprisonne les individus au nom d’un modèle unique et fait fi de leur libre détermination. Kim Ki-duk, réalisateur au parcours atypique (il fut successivement ouvrier, marine… avant d’étudier la peinture en France et d’arriver au cinéma presque accidentellement), milite ici ouvertement, à travers le destin du pêcheur Nam Chul-woo, pour une réunification pacifique et humaniste débarrassée des dogmatismes, aussi bien capitalistes que staliniens. Utopia

DOSSIER DE PRESSE

Du 20 au 26 septembre 2017

Mis en avant

Sergei LOSNITZA – Ukraine 2017 2h23
avec Vasilina Makovtseva, Marina Kleshcheva, Lia Akhedzhakova, Valeriu Andriuta, Boris Kamorzin, Sergei Kolesov..
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h00
Lundi 14h00
Mardi 21h00

ATTENTION !!!! exceptionnellement
séance du Dimanche 22 septembre à 18 h

Une femme douce, c’est la mémoire de Dostoïevski et de toute une Russie éternelle que Serguei Loznitsa a voulu secouer de sa torpeurLoznitsa invoque l’esprit de Dostoïevski plus qu’il ne transpose la nouvelle dont il adopte ici le titre.
Car du récit initial, il ne reste presque rien. Si ce n’est peut-être la figure féminine centrale, .. Le film, lui, relate la quête d’une femme qui cherche simplement à transmettre un colis à son mari emprisonné. Loznitsa fait de son parcours une hyperbole dantesque, une déambulation effroyable dans le ventre d’une société en pleine déshumanisation. Pour son troisième film de fiction – après les très frappants My joy (2010) et Dans la brume (2012) … le cinéaste impose sa vision enténébrée par à une mise en scène d’une radicalité et d’une précision absolues.
La femme douce, c’est cette fine silhouette qui descend du bus et traverse les champs pour regagner sa modeste baraque en bois. .. Une femme seule… Lorsqu’un jour, un avis lui demande de venir reprendre le colis qu’elle a envoyé comme d’habitude à son mari incarcéré, elle dévoile sa détermination. Elle cherche à comprendre et proteste … Mais inquiète de la situation et sans la moindre réponse, elle décide de se rendre jusqu’à ce centre pénitentiaire éloigné et livrer elle-même son paquet.
Débute alors un périple infernal. … Elle va s’aventurer dans cette étrange ville qui semble s’être tout entière organisée autour de l’immense prison. En quelques rencontres, le film expose alors sa métaphore : la Russie est devenue une geôle imprenable, sécurisée par une petite bureaucratie corrompue et dont le gardien suprême est le peuple lui-même. Cette populace laissée dans l’indigence, lucide dans sa déchéance (leurs tirades sont souvent d’une criante vérité), a sombré dans la malveillance et le cynisme. A la recherche d’une solution à son problème, notre femme douce traverse toutes les vilenies et guide notre regard … composant doucement le visage cauchemardesque d’un pays tout entier.
La structure du film se compose comme une suite de tableaux que le cinéaste saisit le plus souvent en de longs plan-séquences visuellement époustouflants. La maitrise du rythme et la complexité des scènes, plus baroques les unes que les autres, révèlent l’étendue du talent de Loznitsa, qui emporte le spectateur dans un torrent de mauvaises rencontres, où tous les hommes se révèlent avides et libidineux, et les femmes hystériques et cruelles. La protagoniste évolue presque toujours au milieu d’une foule grouillant d’individus qui emplit le cadre, comblant le chaos de leur railleries incessantes. Comme chez Dostoïevski, la folie grimace au premier plan puis s’enfuit. Comme chez Gogol, la médiocrité humaine est disséquée avec la plus grande minutie. C’est que Loznitsa embrasse dans son film toute une façon de représenter la Russie… Avec Une femme douce, l’ukrainien Loznitsa signe un film d’une charge politique colossale envers le régime poutinien. Avec, au fond, l’idée que l’humanisme est aujourd’hui une dissidence lourdement réprimée en Russie

DOSSIER DE PRESSE

LE 15 SEPTEMBRE 2017 20H45

DE HIROSHIMA A FUKUSHIMA – LE COMBAT DU Dr HIDAD
de Marc PETITJEAN –
En présence du réalisateur Marc PETITJEAN
Dans le cadre de la Rencontre (Maison des Mémoires)
« Ecriture & Images, Filmer, Dessiner la mémoire. »
&
de l’Exposition HIBAKUSHA
Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki présentée par le
Centre Joë Bousquet et son Temps et Les Archives Nationales
Partenariat Centre Joë Bousquet et son Temps/Cinoch’/Colisée

Le désastre de Fukushima vu à travers les yeux du docteur Hida, 96 ans, survivant et témoin de la bombe atomique de Hiroshima. Après avoir soigné les irradiés pendant 60 ans, il continue de se battre pour un monde meilleur, dénonçant avec humour et provocation l’attitude des pouvoirs publics. Son association, Hidankyo, a été nominée pour le Prix Nobel de la Paix.

“De Hiroshima à Fukushima” montre comment les autorités japonaises essayent de minimiser l’impact réel des radiations sur la population pour ne pas avoir à indemniser les victimes et à payer leurs soins médicaux. “L’histoire semble se répéter depuis le bombardement atomique de 1945” dit me docteur Hida.

LIVRE DISPONIBLE AUX LIBRAIRIES Mots & Compagnie Librairie Majuscule Breithaupt

 

 

Expo HIBAKUSHA Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki 

 

Du 13 au 19 septembre 2017

Mis en avant

Dieter BERNER – Autriche 2016
Avec Noah Saavedra, Maresi Riegner, Valerie Pachner, Aime Breidbach, Marie Jung…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s’est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. ….
Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.
Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d’un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d’être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.
Egon Schiele le film raconte cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l’impulsion créatrice du peinte.
Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

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