Du 22 novembre au 28 novembre

Mis en avant

 

De Dorota KOBIELA et Hugh WELCHMAN
GB/Pologne 2016 1h34
avec les voix de P. Niney, C. Berthier, X. Fagnon, D.Douet…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Prix du Public, Festival du Film d’animation d’Annecy 2017

Un projet aussi insensé que démesuré. Il y a sept ans, Dorota Kobiela, réalisatrice de courts-métrages animés, a entrepris de raconter les derniers feux de la vie de l’artiste néerlandais en animant des peintures à l’huile réalisées dans le style de Van Gogh. Une idée qui devait donner d’abord lieu à un film court. Mais quand Hugh Welchman, son mari, co-réalisateur et co-scénariste, a fait la queue pendant trois heures pour une exposition du peintre néerlandais, il l’a persuadée de tenter l’aventure du long métrage.
Quelques semaines après la mort du peintre, Armand Roulin, fils turbulent du postier Roulin, est chargé par son père, qui a bien connu Van Gogh lors de son passage à Arles, de remettre une lettre posthume à son frère Théo. Alors qu’il s’en fait une piètre image, le jeune homme découvre, au fil de ses rencontres, quel homme et quel artiste était vraiment Van Gogh. Apprenant la mort de Théo et n’ayant plus de destinataire pour la lettre que lui a confiée son père, Roulin se rend à Auvers-sur-Oise pour chercher à découvrir les raisons qui ont poussé Vincent à se suicider. La simple mission que lui a confiée son père tourne à l’enquête…
… Le film a d’abord été tourné avec de vrais acteurs, et ces images en prise de vue réelle ont été peintes « à la manière de Van Gogh » par 125 animateurs recrutés dans toute l’Europe. Pour chaque plan, les peintres utilisaient le même tableau qu’ils modifiaient imperceptiblement entre chaque prise. Puis l’ensemble était retravaillé sur ordinateur pour assouplir les transitions. Un travail titanesque pour fournir les 64 000 images, certains plans de 3 secondes ayant demandé jusqu’à un mois de travail !
Natures mortes, champs de blé, scènes au café, portraits du Père Tanguy ou du docteur Gachet… : 94 tableaux ont été reconstitués intégralement et 31 partiellement. Chaque début et fin de plan est une copie d’un tableau de Van Gogh. Le résultat est, il faut le dire, spectaculaire, le spectateur ayant véritablement l’impression de voir la peinture prendre vie comme par magie…
(S. Dreyfus, La Croix) Utopia
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Du 15 novembre au 21 novembre

Mis en avant

De Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn
avec V. Vassilev-Zuek, I. Barnev, A. Blatechki, I. Zhambonas, V. Banov…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Sélection « un certain regard » Cannes 2017

À Sofia, s’il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangrené par la corruption. Forts de tout ce qu’ils voient et entendent au volant, ils ont pu en conclure que si la Bulgarie est un pays peuplé d’optimistes, c’est que les pessimistes et les réalistes l’ont quitté depuis longtemps, … S’embarquer avec eux est un voyage jubilatoire, peuplé d’anecdotes kafkaïennes …
L’épisode qui ouvre le film est basé sur un incident véritable qui a mis en émoi tout le pays. Au petit matin, avant d’emmener sa gamine à l’école, Micho découvre son entreprise assaillie par des usuriers, huissiers et autres rapaces. Il essaie de redresser la situation mais nul crédit ne va lui être accordé. Chacun en profitera au contraire pour essayer de le pressurer un peu plus, lui réclamer des pots-de-vin disproportionnés, jusqu’à ce que sa position ne soit plus tenable. Constatant qu’il n’a plus rien à espérer de personne, notre entrepreneur malchanceux, après avoir mis sa fillette à l’abri, commettra un acte réjouissant dont beaucoup rêveraient en de pareilles circonstances : il va abattre son banquier ! Pourtant Micho était prêt à tout pour s’en sortir honnêtement. Même à conduire un taxi la nuit après une dure journée de travail…
L’affaire fera l’objet de vifs débats, relayés par la radio. Le trait de génie du film, d’une grande puissance formelle et narrative, est de les suivre de l’intérieur, depuis cinq autres taxis, chaque chauffeur ayant sa propre histoire poignante ou/et drôle à raconter. …Au volant des taxis, on croisera des individus incroyables : un retraité déprimé, une mère de famille excédée, un prêtre décomplexé… On est loin d’imaginer jusqu’où chaque nouveau conducteur (et conductrice, il y a une femme dans le lot) va nous entraîner et ce qu’il va advenir de son passager. Celui qui menace de se suicider en se jetant du haut d’un pont passera-t-il à l’acte ? Et ce boulanger épuisé par une vie de trop dur labeur ? Qu’arrivera-t-il à ce chirurgien qui doit transplanter son dernier cœur avant de s’exiler ? Ou encore à cet homme d’affaire vaniteux qui navigue d’un aéroport à un autre, se gavant sans vergogne sur le dos des plus faibles ?
Tout cela devient très vite prenant. Les répliques fusent comme autant de perles pour construire ce bijou d’humour noir et d’humanité. Le titre original du film est Posoki = Directions… Faisant allusion non seulement à celles que suivent les taxis, mais à celles que devraient emprunter les Bulgares pour sortir des ornières d’un pays où personne n’ose plus rêver d’autre chose que de survie.

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Du 8 novembre au 14 novembre

Mis en avant

De Lisa IMMORDINO VREELAND
Documentaire USA 2016 1h36mn
Avec les interventions de Peggy Guggenheim, de nombreux artistes contemporains importants et tout autant d’œuvres géniales représentées à l’écran…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Amatrice d’art enthousiaste, collectionneuse éclairée, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du xxe siècle. Petite-fille l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre –, elle hérite d’une fortune colossale à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic.
De 1920 à 1941, elle vit en Europe, notamment à Paris et dans sa luxueuse villa près du Lavandou. À Paris, elle rencontre Picasso, Dali, Joyce, Pound, Stein, Léger ou encore Kandinsky ! Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation initiale ne la portaient cependant pas au-delà de l’impressionnisme, mais elle se tourna résolument vers l’art contemporain et ouvrit une galerie à Londres en 1938, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilisa l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédé depuis le début du 20ème siècle : cubisme, futurisme, constructivisme, dada, surréalisme, expressionnisme…
En 1941, l’invasion de Paris par les Nazis la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les surréalistes – elle est alors l’épouse de Max Ernst –, mais aussi de jeunes artistes américains comme Motherwell, Rothko, Gottlieb ou Pollock, chefs de file d’un expressionnisme abstrait.
En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier dei Leoni à Venise pour y installer ses collections personnelles. Ce site est aujourd’hui l’un des grands musées d’art moderne de la cité des Doges. En mécène avisée, elle n’a jamais revendu les œuvres que son immense fortune lui avait permis d’acquérir, préférant les offrir à des institutions culturelles. La Fondation Peggy Guggenheim à Venise constitue incontestablement, pour celle que l’on surnommait affectueusement la « dernière Dogaresse », l’apothéose de son activité inlassable au service de l’art contemporain.
Par ailleurs, femme libre, audacieuse voire volontiers provocatrice, elle  a mené une vie sentimentale et sexuelle qui a souvent défrayé la chronique et qui a fait autant pour sa célébrité que sa passion pour l’art. Il semblerait bien que pour elle, ces deux pans de son existence étaient étroitement liés. À travers des entretiens inédits avec Peggy Guggenheim, à travers des témoignages d’artistes et de critiques d’art, le film remarquable de Lisa Immordino Vreeland met en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

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