Du 6 décembre au 12 décembre

Mis en avant


D’après le roman de J.P. Manchette et J.P. Bastid
Prix Méliès – 3 nominations Festival Européen Film Fantastique Strasbourg 2017

Interdit au moins de 12 ans avec avertissement

D’Hélène CATTET et Buno FORZANI
France-Belgique 2017 1h32mn
avec E. Löwensohn, S. Ferrara, M. Barbé, B. Bonvoisin, M. Sainsily…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le film  est une « tuerie ». Au propre parce que, malgré le nombre restreint de protagonistes, ça défouraille … Au figuré surtout parce qu’on est en présence d’un incroyable film sensoriel, maquillé en polar, qui nous poursuit longtemps après la projection d’une impression de sidération dont on peine à se défaire. Hélène Cattet et Bruno Forzani réussissent avec Laissez bronzer les cadavres à nous faire partager, entre hommage ultra-référencé et rêverie (ou cauchemar) éveillée, leur déclaration d’amour filmée au cinéma. Avec une prédilection pour le cinéma dit « de genre », européen qui a connu une sorte d’âge d’or dans les décennies 70 et 80. Après avoir revisité l’univers d’ Argento ,c’est sur les traces de Sergio Leone qu’ils lancent leur caméra … À l’instar du roman, le film tient tout autant du polar que du western, … Réputé inadaptable, le roman est ici adapté avec une fidélité quasi-littérale à la sèche linéarité de son récit. Lequel, en forme de tragédie classique, …respecte scrupuleusement les trois unités : de temps, de lieu et d’action.
Pendant 24 heures, un hameau en ruines, écrasé par le soleil, va être le théâtre d’un affrontement à mort entre des malfrats qui viennent de réaliser dans un bain de sang leur  casse du siècle et une paire de gendarmes … Bataille rangée au milieu de laquelle s’efforcent de survivre, avec plus ou moins d’énergie et d’efficacité, la maîtresse des lieux… C’est à peu près tout. Comme le roman, le film ne dévie pas de l’aridité de son argument. Pas l’ombre d’un coup de théâtre à l’horizon, chaque rôle est connu et chaque destin inéluctablement mené à son terme. Comme dans le roman, la sécheresse du canevas permet aux auteurs de déployer un invraisemblable savoir-faire (comment tenir en haleine un lecteur/spectateur sur un schéma aussi simple et convenu ? C’est possible, la preuve !) … Le résultat donne un de ces films beaux, fous, étincelants, d’une formidable liberté de ton et d’une implacable rigueur formelle, aussi séduisants que malfaisants, …. Un de ces films qui ont l’air de bolides méticuleusement déglingués, lancés sans visibilité à 200 km/h sur les chemins de traverse de la cinéphilie non-conventionnelle.
Il se dit que Tarantino est le 1er fan du travail de Cattet & Forzani. S’appuyant sur un aussi prestigieux parrainage, on fait le pari que la beauté formelle, l’inventivité sans limite, la rigueur narquoise de ces exquis cadavres vont, comme nous, vous laisser comme deux ronds de flan : épuisés, rincés, à bout de souffle …                        UTOPIA

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Du 29 novembre au 5 décembre

Mis en avant

De Laurence FERREIRA BARBOSA
France / Portugal 2017 1h48mn
avec P.Constantino-Ramos, R. Da Costa, A. Torres Lima, M. Pereira, A. Prince…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Des étoiles brillent dans les yeux bleus et étincelants de Pamela quand elle pose son regard sur le monde. Un regard d’une infinie tendresse, mélange étonnant de candeur et de gravité. Pamela est un drôle d’oiseau : docile mais pas facile, discrète mais dotée d’un physique qui ne passe pas inaperçu. Elle a gardé les rondeurs de l’enfance, ses joues, ses bras potelés, mais son corps tout entier est un appel à la sensualité même si elle semble totalement s’en moquer.
Les étoiles, elles brillent aussi dans la nuit calme d’un petit village du Portugal. C’est le village de la famille de Pamela, la terre de ses aïeux, là où vit encore sa grand mère. Tous les étés, Pamela et ses parents reviennent aux sources, indispensable retour au premier chapitre de leur histoire, un voyage qui se fait forcément en voiture pour mieux apprécier les heures et les kilomètres qui défilent et les rapprochent de leur précieux point d’ancrage. Pour rien au monde Pamela ne manquerait ce rituel : la route, les paysages changeants, les odeurs d’eucalyptus et, enfin, l’arrivée triomphante dans le village. Pour la famille de Pamela comme pour tant d’autres qui ont quitté leur terre natale pour s’installer en France au gré des flux migratoires, ce voyage réaffirme le lien avec leur identité, leur culture et panse aussi les blessures sourdes de ceux qui ont quitté leur pays, leurs parents pour vivre ailleurs.
Pour Pamela qui vient de rater une seconde fois son bac, ce voyage est un repère rassurant dans un avenir incertain et met à distance la question qui se posera bientôt : que faire de sa vie ? En attendant, elle retrouve les cousins, les amis, et vit au rythme du village : les fêtes, les repas de famille, les processions, le ramassage des pommes de terre. Pourtant, quelque chose n’y est plus… C’est peut-être le goût de l’enfance qui s’efface doucement, ou bien ce monde un peu figé, pétri de traditions et de conservatisme lui semble cette fois moins attrayant. Et puis il y a les retrouvailles avec Claudia, une ancienne amie, fougueuse et insoumise, qui lui fait partager ses révoltes et ses histoires de cœur. Il n’en faut pas plus à Pamela la douce, la tendre pour se poser bien des questions sur ce qui fait battre son cœur à elle, entre ses parents, le Portugal, les études et le charmant garçon qui l’a draguée avec humour et pâtisseries (il est apprenti) avant le début de l’été