Du 17 Janv. au 23 Janv. 2018

Mis en avant

De Ferenc TÖRÖK– Hongrois
Sortie Nationale – 1h31
Avec Péter Rudolf, Bence Tasnádi, Tamás Szabó Kimmel
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Tiré d’une nouvelle de G.T. Szanto.
Multi primé aux Etats Unis et à Berlin
Filmé en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur
Peu de films traitent des événements de 1944 en Hongrie.
Selon le producteur Angelusz, La Juste route « se passe à une époque où il y avait encore une chance d’aller vers un avenir meilleur, et aussi de regarder en face des souvenirs sombres qui vivent encore en nous. Ce n’est pas le but de ce film de pointer un doigt accusateur. (…) Ce n’est pas un film sur l’Holocauste, mais plutôt un drame qui dissèque la vie d’un village de province hongrois et comment les événements tragiques de la guerre a affecté toute la population. »
Un paisible village hongrois, au lendemain du bombardement de Nagasaki. Un mariage se prépare, l’ambiance est à la fête. Voilà qu’une nouvelle inquiète la communauté : deux anciens villageois, rescapés des camps et de confession juive, sont à l’approche… La Juste Route est un film curieux. Une forme de western hongrois, d’austère facture, tourné en noir et blanc, respectueux de la règle des trois unités. Il obéit à un suspense étonnant, où le destin s’incarne en deux figures sombres et silencieuses, presque fantomatiques, qui arpentent cette juste route à une allure que n’aurait pas reniée le conducteur de tracteur sexagénaire d’Une histoire vraie, de David Lynch. Devant cette menace, le village s’affole. Sont-ils venus chercher réparation ? Quelqu’un les aurait-il dénoncés ? Spoliés ? Et que transportent-ils dans leurs mystérieuses caisses ? Un trésor, assurément, puisqu’ils sont juifs… Le climat de paranoïa qui s’instaure alors semble justifier cette sentence signée Faulkner : « Le passé ne meurt jamais, il n’est jamais passé. » Autre élément notable, ce film réaffirme les ravages de la cupidité en temps de guerre. Bien en deçà de l’ineffable folie engendrée lors de la Seconde Guerre mondiale, la convoitise ordinaire, l’appétence pour l’accumulation pécuniaire, participe déjà d’une terrifiante monstruosité.

En noir et blanc

La Juste route est filmée en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur qui ne pouvait pas imaginer son oeuvre d’une autre manière. Selon lui, cela rend le film plus authentique et rappelle les archives photos. Cela lui a aussi permis de ne pas se préoccuper des couleurs, au profit de la composition de l’image et de la direction d’acteur : « Le cadre est plus intense en noir et blanc, cela permet au public d’être plus concentré sur l’histoire, sur le drame humain. »

Jeudi 11 janvier 20h30

Mis en avant


Cette projection débat proposée par LES AMIS DU CINOCH’
en partenariat 
avec le Colisée et les Amis du Monde Diplomatique
en présence de l’auteur Jean-Luc Pelletier 

à pour objet d’échanger autour de ce constat :
De Sainte Marthe dans le Lot et Garonne à Altamira dans l’état du Parà en Amazonie brésilienne les mêmes géants du béton et de la finance provoquent les mêmes dégats. 
Si la gravité des situations n’est pas la même  les procédures pour arriver à leurs fin sont identiques,Alors que partout le pouvoir de l’argent dévaste la nature et porte atteinte aux personnes , l’état du monde reste en suspens. Les populations s’organisent …

Jean-Luc Pelletier:
Jean-Luc est géologue de formation aujourd’hui à la retraite et vivant à Marmande dans le Lot-et-Garonne. Après des expériences à l’étranger en coopération technique et bureau d’études en RDC, en Tunisie et au Brésil, il rejoint la France et travaille au sein des directions régionales de l’agriculture à Rennes, Lille puis Nantes. Ses activités sont liées à l’environnement puis à l’économie agricole et aux problèmes fonciers. Jean-Luc est membre de Frères des Hommes où il est notamment impliqué dans les relations de l’association avec ses partenaires intervenant dans le domaine de l’agriculture familiale. Il voyage régulièrement au Brésil où Il a notamment réalisé cinq petits films documentaires tournés avec le MST.

Du 10 Janv. au 16 Janv. 2018

Les couloirs de l’hôpital, froids, impersonnels, anxiogènes, témoins muets des souffrances psychiques, des errances intérieures… C’est ici que l’on mène par la main mais éventuellement par force des femmes et des hommes qui peuvent présenter un danger pour eux-mêmes ou les autres…
Depuis la loi du 27 septembre 2013, les patients hospitalisés sans leur consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant 12 puis tous les 6 mois si nécessaire. Parce que la justice ne peut et ne veut se substituer ni à l’expertise psychiatrique ni aux soins, et parce qu’elle souhaite apporter la meilleure réponse à ces personnes, un juge doit donc évaluer, avant la fin de l’hospitalisation et en étroite collaboration avec les experts médicaux, si celle-ci doit se poursuivre, s’arrêter, ou s’adapter. C’est ce temps particulier dans le parcours judiciaire et médical des patients/justiciables que Raymond Depardon a choisi de filmer, cet instant bref et pourtant décisif où beaucoup de choses vont se jouer, sur un temps de dialogue très court.
C’est une humanité cabossée, en situation d’extrême faiblesse, que montre Depardon. Une employée d’Orange, parfaitement « normale » en apparence, laisse peu à peu percer sa détresse. Une toute jeune femme, élevée en foyers d’accueil, voudrait revoir sa fillette. … D’autres patients arrivent tout droit d’une chambre d’isolement, voire d’une unité de malades difficiles. La plupart ont le regard dans le vague, plus ou moins abrutis par les médicaments, pas toujours réceptifs aux propos du magistrat.
Filmant comme toujours au plus près des visages qui se crispent, qui se racontent malgré eux, qui souffrent et qui espèrent, Raymond Depardon raconte un domaine de la justice assez méconnu qui pose mille questions sur cette mission délicate de la protection, mais aussi sur la prise en charge de ces êtres parmi les plus fragiles de la société.
Quand la caméra ne filme pas les audiences, elle suit des silhouettes …, errant dans des espaces trop petits aux murs trop froids et raconte aussi, à travers les lieux et les ambiances embrumées de la ville, toute la détresse et la solitude de la folie et de dépression. Souvent bouleversant, c’est un film essentiel et précieux pour mieux vivre ensemble

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Du 03 Janv. au 09 Janv. 2018

Mis en avant

De Karim MOUSSAOUI – Algérie 2017 1h53
Avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani, Nadia Kaci, Hania Amar…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Trois histoires liées, trois parcours différents qui se tracent dans l’Algérie contemporaine comme pour en définir les contours. … Un territoire en fusion sous une croute sédentaire où la vie bouillonnante qui bourgeonne ne demande qu’à exploser. Ce qui relie les protagonistes entre eux est intangible et ils ne seront pas amenés à se rencontrer. Tous trois sont à une croisée de chemins, aux prises avec des systèmes de valeurs parfois incompatibles… : ils tiennent entre leurs mains leur destin et ont toute latitude pour le faire basculer dans un sens ou dans un autre. On est loin d’être dans un pays inerte ou soumis, accablé sous le poids des traditions, il est tout au contraire vibrant, libre. Il est le terreau d’un peuple en pleine mutation intérieure…
Le premier volet s’ouvre sur Mourad, sexagénaire … Son Algérie à lui, c’est celle de la capitale, des affaires avec lesquelles il a su s’enrichir. Existence cossue conventionnelle, un trip marital qui ne semble plus trop le faire vibrer… Il est moins aisé de se libérer de sa progéniture que de son ex-épouse qui le tanne pour qu’il sermonne leur fils qui veut renoncer à ses études de médecine… Le recours à la figure paternelle, qui en impose, semble l’ultime recours. C’est qu’en terme de sens moral, de devoir, de bon sens, Mourad est exemplaire… Alors va se produire devant ses yeux un incident inattendu qui ébranlera ses convictions … Il pourrait ne rien dire, essayer d’oublier… Mais la honte, va le rattraper, le sentiment d’avoir trahi ce qu’il a mis une vie à construire et à défendre…
Le second volet offre un autre éclairage sur la première histoire. Voilà Aïcha, jeune femme bien déterminée à se faire une belle vie, en partance vers le village de ses noces délibérément consenties, en compagnie de son père. Pris d’un mal de bide, ce dernier sera contraint de laisser le temps d une soirée sa fille entre les mains du jeune chauffeur qui les conduit. Il s’avère vite que les deux se connaissent plus que le paternel n’aurait imaginé. …
C’est l’histoire de Dahman qui offre sa conclusion au film. Ce médecin radiologue reconnu, … va être rattrapé par les fantômes d’une tranche de vie qu’il a tout fait pour oublier. Malgré son statut de victime, il devra se poser la question de sa responsabilité durant la « sale guerre » qui opposa à partir de 1992 les islamistes au pouvoir militaire…
Pour son premier film, Karim Moussaoui réussit une œuvre d’une fluidité étonnante malgré un propos dense et ambitieux, qui aurait pu vite tourner à vide mais dont il maîtrise subtilement chaque rouages avec une grande intelligence.                      Utopia

POUR EN SAVOIR PLUS !!