du 11 au 16 novembre 2015

affiche les deux amis

De Louis GARREL
France 2015 1h40mn
avec Golshifteh Farahani,
Vincent Macaigne,
Louis Garrel,
Mahaut Adam,
Pierre Maillet…
Scénario de Louis Garrel et Christophe Honoré

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Pour son premier long-métrage, Louis Garrel s’est rappelé qu’à l’âge de quinze ans il avait joué une scène des Caprices de Marianne. Marqué par cette pièce de Musset, il en a ici repris l’argument : l’histoire d’un homme qui, plongé dans une situation amoureuse compliquée, demande de l’aide à un ami. Jusqu’à ce que ce dernier se retrouve pris au piège, à la fois de ses propres sentiments et des sentiments de la femme aimée. Doublement aimée.
Co-écrit avec Christophe Honoré, Les Deux amis met aux prises trois personnages, plus ou moins déclassés : Mona (Golshifteh Farahani), vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord, dont les deux soupirants mettront une bonne partie du film à percer le mystère ; Clément (Vincent Macaigne) – c’est lui qui demande de l’aide –, un personnage fantasque et paumé qui vit de figurations au cinéma ; et enfin Abel (Louis Garrel), l’ami, qui se la joue écrivain en panne d’écriture et beau ténébreux donneur de leçons.
Comme chez Musset, le spectateur se trouve placé dans la situation de celui qui sait. Dès le début, il découvre le secret dont ne veut à aucun prix parler Mona : elle doit, chaque soir, retourner en prison pour y passer la nuit. Sa vie est minutée. Sous aucun prétexte, elle ne doit rater le train du retour, en fin d’après-midi…
Les références à Musset et à La Fontaine (Les Deux amis est le titre d’une de ses fables) ne transforment nullement Les Deux amis en objet culturel guindé ou en film littéraire. C’est vers une forme joyeusement lyrique, contemporaine et parfois franchement foutraque que s’oriente Garrel dès les premières scènes, en alliant vitesse, humour et tendresse. « La beauté, ça complique tout » entend-on dans le film. C’est aussi quand les choses deviennent compliquées qu’elles sont belles semblent penser Garrel qui multiplie péripéties et rebondissements sentimentaux en seulement trois jours et trois nuits autour de trois personnages qui n’ont que leurs sentiments pour être heureux (un peu) et (beaucoup) souffrir.
Il y a surtout dans Les Deux amis une justesse de chaque instant que l’on retrouve aussi bien dans les situations que dans le jeu, admirable, des trois comédiens principaux. Golshifteh Farahani, sublime, n’a jamais été aussi bien filmée et dirigée. Pour une fois on ne contemple pas que sa photogénie, mais sa (belle) personne et la subtilité de son interprétation.
En 90 minutes Louis Garrel nous offre aussi, l’air de rien, une balade poétique et buissonnière à travers nos souvenirs du cinéma français. Contre toute attente il ne convoque pas exclusivement la Nouvelle Vague et ses héritiers mais plutôt Claude Sautet – pour le triangle amoureux et les ambiances parisiennes – et certaines comédies populaires reposant sur des duos masculins antagonistes, à la fois inséparables et mal assortis. Comme si César et Rosalie marchaient à l’ombre…
(d’après Frank Nouchi, Le Monde, et Olivier Père, arte.tv)                                      UTOPIA

Le dossier de presse du film « Les deux amis »

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