Du 30 au 06 décembre 2016

coupe

PRIX Jean VIGO 2016

affiche

De Albert SERRA
France-2015-1h56mn
avec Jean-Pierre Léaud, Patrick D’Assumçao, Marc Susini, Irène Salvagni, Bernard Belin, Jacques Henric...
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

La Mort de Louis XIV est d’une beauté sidérante, tant par sa mise en scène, digne des compositions et de la lumière d’un Rembrandt, d’un Caravage, d’un de la Tour, que par l’émotion que procure la présence si particulière dans ce rôle de Jean-Pierre Léaud

Comme l’indique sans équivoque son titre, le film nous donne à voir les derniers jours de ce Roi que l’on appela Soleil et que l’on va pourtant découvrir s’enfoncer dans la nuit, au sens figuré de son agonie et au sens propre également
Août 1715, le roi a 75 ans (âge tout à fait vénérable pour l’époque, et que peu d’hommes atteignent), il règne depuis 54 ans. En cette fin d’été, l’absolu souverain est frappé d’une douleur violente à la jambe. Les médecins qui se pressent en permanence autour de lui croient d’abord à une simple sciatique mais quand la jambe commence à noircir, tout le monde comprend que l’affaire est beaucoup plus sérieuse, et qu’il convient d’amputer pour éviter une issue fatale. Mais à cette amputation le roi dit non. L’agonie durera près de deux semaines, une durée qu’Albert Serra semble raccourcir. Mais à ce détail près, le cinéaste a respecté assez scrupuleusement le récit de cet épisode tel que l’a retranscrit Saint Simon.
On va voir défiler dans cette chambre bientôt funèbre tout ce que la cour compte de courtisans, de courtisanes (Louis XIV on le sait collectionna les maîtresses), de conseillers, de médecins pour le moins charlatanesques… tous empressés de recueillir les dernières consignes ou faveurs du roi. Albert Serra dresse ainsi un portrait lucidement cruel de la vanité du pouvoir, bien dérisoire face à la mort qui s’avance. Car celle ci commence à enlever tout pouvoir et toute prestance au monarque. Alors qu’il est encore en capacité de parler au début du film, peu à peu il n’est qu’un corps souffrant, Quelques moments de grâce – avec ses chiens ou lors des derniers conseils donnés à son si cher arrière petit-fils, le dauphin et futur Louis XV, alors âgé de cinq ans – permettent au spectateur de respirer, ainsi que quelques perspectives que laisse entrevoir la fenêtre sur les jardins de Versailles. La caméra peint magnifiquement ces scènes, jouant à la perfection de la lumière sur le visage blême des courtisans ou sur celui du roi souffrant.

Quant à Jean-Pierre Léaud, il est grandiose, apportant à son rôle tout le poids et toute la résonance de ses 60 ans de carrière aussi flamboyante que chaotique. « Albert Serra offre un magnifique cadeau à Jean-Pierre Léaud… En le consacrant monarque absolu du cinéma français, il offre à son mythe un écrin beau comme un Rembrandt, que l’Histoire semblait attendre sans oser le demander. »                 Utopia – (I. Régnier, Le Monde)

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