Du 8 février au 14 février 2017

De Morgan NEVILLE
USA 2016 1h36mn
Avec
Yo-yo Ma & The Silk Road Ensemble
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

The music of strangers est un documentaire formidable, un vrai remède à la morosité et au repli sur soi. Entrainant, joyeux, spirituel, philosophique, profondément (géo) politique. Un film qui fait naître des pensées solaires, des envies de solidarité, une force renouvelée pour soulever des montagnes. Dans le fond, ce n’est pas étonnant que les artistes soient parmi les premières cibles des dictatures. Pensez comme ils sont dangereux : quelques notes bien senties et voilà toute une armée qui a envie de se trémousser au lieu de marcher au pas !
Dès les premières images, Yo-Yo Ma, taquin, donne le ton. On découvre l’homme qui se cache derrière le virtuose : l’œil pétillant, curieux de tout, attentif aux autres. On survole pudiquement son enfance, on devine un peu de son intimité, on comprend surtout sa quête de sens… Puis, la minute suivante, on est embarqué avec le plus grand bonheur dans une traversée virevoltante, bigarrée : celle des routes de la soie, en anglais « Silk Road ». D’où le « Silk Road Ensemble » : projet ambitieux, initié par Yo-Yo Ma, qui voit le jour en l’an 2000. 50 musiciens d’excellence, venus de pays longeant les voies jadis empruntées par le précieux tissu, mêlent leurs traditions, leurs pratiques instrumentales, leurs voix, leurs idées. 10 jours d’atelier pour aboutir à un premier concert. Les instruments classiques (violoncelle, clarinette…) s’allient à la pipa, au kamancheh, à la gaïta.., mariage improbable mais parfaitement réussi 13 ans après, les voilà devant un palais de rêve en Turquie en train de galvaniser un groupe de passants ravis. Et ce n’est que le début de ce qui est non seulement un très beau voyage musical pêchu, mais également une formidable manière de revisiter notre époque, son histoire contemporaine. Le parcours singulier de cette poignée de musiciens cosmopolites nous entraîne vers un cheminement universel. La caméra s’attache à eux, les regarde, les écoute, attentive, parfois émue. Entre Kaylan Kalhor, l’Iranien obligé de fuir son pays, Wu Man, la Chinoise rescapée de la révolution culturelle, Kinan Azmeh, le Syrien exilé qui souffre de voir son pays en guerre, Cristina Pato, la Galicienne débordante d’énergie et de joie communicatives… on retrouve, en toute simplicité, les mêmes questionnements.
Ces artistes qui transcendent leur art semblent soudain fragiles jusqu’à se demander à quoi ils servent. Qu’apporte la musique à ce monde ? Eux-mêmes, que lui apportent-ils ? Et toujours revient la notion de foyer, d’appartenance, de racines… Mus par la même passion, goulus de liberté, ces chercheurs perpétuels partent explorer de nouvelles manières de penser, de communiquer, rêvant d’une sorte de langage universel qui briserait toutes les barrières. « Il n’y a pas d’Est ou d’Ouest. Il y a juste un globe. »                                                                                                                                                UTOPIA

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