Du 1er mars au 7 mars 2017

De Yousry NASRALLAH
Egypte 2016 1h55mn
Avec Laila Eloui, Menna Shalaby, Bassem Samra, Ahmad Daoud, Alaa Zenhom…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15 Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

« L’air du temps est sinistre. Je vois autour de moi une agressivité, une violence terrible, dans la vie comme au cinéma. Je comprends qu’il faille secouer les gens, les pousser à se réveiller et à agir. Mais alors qu’on subit cette avalanche de mauvaises nouvelles perma-nentes, de gens qui nous répètent que les temps sont durs, comme si on ne le savait pas, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film pour dire ce que j’aime dans la vie. En l’occurrence, des choses de base, celles-là mêmes qui ont poussé les Égyptiens à sortir dans la rue en janvier 2011 : le pain, la dignité et la liberté. …Il y a des moments où les gens doivent se raconter des histoires pour se sou-venir de la vie, et résister à la mort. » Yousry Nasrallah
Le précédent film de Yousry Nasrallah, Après la bataille (2012), était une fiction presque improvisée dans l’Égypte au lendemain de la chute de Moubarak, avec histoire d’amour sur fond de manifestations sanglantes.
Le cinéaste change de ton avec ce nouvel opus au titre sibyllin, qui évoque les trois éléments définissant le paradis dans la poésie arabe. Paradis perdu, puisque le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la sinistrose. Du coup, Nasrallah a eu envie de ressusciter l’opulence des fêtes populaires d’avant la crise économique : on entre dans les préparatifs d’un grand mariage derrière une famille de cuisiniers qui s’affairent entre les tables dressées en plein air et les abris où ils sont installés.
Plus de la moitié du film n’est qu’un tourbillon de personnages sur fond de couleurs éclatantes… Femmes en tenues extravagantes, hommes en habit, serveurs circulant dans une effervescence constante. C’est une célébration de la vie, que Nasrallah a voulue « renoirienne », voire paillarde (avec danses sensuelles, couplets coquins chantés, qui plus est, par des femmes).
Vers la fin, la gravité pointe, un crime est commis. En témoin engagé depuis toujours, Nasrallah tient à évoquer la violence de l’Égypte actuelle, dénoncer les crimes commis par un magouilleur corrompu, valet du pouvoir…… Un hymne courageux et généreux au plaisir, à la liberté et au droit à la dignité. (B. Génin, Positif)

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