Du 8 mars au 14 mars 2017

PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2016

Attention horaires spéciaux
Mer : 18 h, Jeu : 21 h, Ven : 18 h, Sam : 18 h, Dim : 18 h, Lun : 14 h, Mar : 21 h

D’Andrea ARNOLD
GB 2016 2h43mn
avec Sasha Lane, Shia Labeouf, Riley Keough, Shawna Rae Mosley, Arielle Holmes, Crystal B. Ice…
HORAIRES SPÉCIAUX (voir dans tableau ci-dessus)

Avertissement des scènes, propos ou images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Réalisatrice viscéralement anglaise (de Red road et de de Fish tank, profondément ancrés dans le quotidien britannique), Andrea Arnold réalise son premier film « américain » et ajoute une dimension épique à son style réaliste, nous entraînant dans un road-movie sauvage et sensuel qui donne envie de danser autant qu’il vous passe le cœur à l’essoreuse.
On découvre Star, une adolescente qui tente de survivre entre un beau père violent et libidineux et une mère démissionnaire et alcoolo, se retrouvant en charge de ses petits frères et sœurs. Pour remplir un frigo trop souvent squatté exclusivement par les canettes de bière, elle fait les poubelles des supermarchés… C’est d’ailleurs au cours d’une de ses tournées de survie qu’elle va croiser la route de Jake, un bonimenteur de charme à la tête d’une joyeuse bande d’improbables vendeurs ambulants qui parcourent le pays dans leur van brinquebalant pour vendre des abonnements à des magazines. Jake fait naître chez Star l’espoir de fuir son quotidien sinistre. Et même si l’avenir s’annonce difficile, fait de porte à porte laborieux voire dangereux, l’aventure et la liberté sont au rendez vous.
Andrea Arnold s’est inspirée d’une enquête du New York Times sur ces étranges cohortes de vendeurs plus ou moins illégaux, souvent très jeunes, étudiants désargentés, hobos des temps modernes, …. De vraies tribus plus que des collègues de travail. D’ailleurs, hormis Shia Labeouf et Riley Keough, magnifique dans le rôle de Krystal, la boss et maîtresse de Jake, Andrea Arnold a choisi des acteurs non professionnels, jouant pour certains presque leur propre rôle. Même l’interprète principale Sasha Lane, révélation sidérante de justesse et d’énergie, a été sélectionnée parmi des étudiantes lors d’une enquête sur les spring breaks au Texas. Et c’est le même groupe de non professionnels qui a choisi la bande son, omniprésente et essentielle à l’ambiance du film, entre titres country (dont le fameux American honey tout en ironie que l’on entend à la fin du film) et excellent hip hop ou RNB (vous ne pourrez pas oublier l’obsédant titre Choices de E40).
Andrea Arnold brosse avec une énergie débordante le portrait d’une jeunesse portée par la soif de vivre, de danser, de baiser, mais gangrénée par l’âpreté sans pitié d’une Amérique vorace qui fabrique à la chaîne des laissés pour compte, qui impose ses rituels cruels …Mais American honey est aussi une palpitante histoire d’amour contrarié et, à travers elle, le récit de la construction de l’identité d’une jeune femme. Ce film nous dit que, même dans les lieux et les situations les plus désespérés, l’amour peut être une réponse à la cruauté du monde.                                                                                               UTOPIA

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