Du 12 au 18 avril 2017

De Kiyoshi KUROSAWA
France/Belgique – 2016 – 2h11
avec Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet, Mathieu Amalric, Karim Zidi…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le Japonais jusqu’au bout des ongles Kyoshi Kurosawa implante son univers et ses thématiques hors normes et volontiers ésotériques dans notre France orgueilleusement cartésienne. C’est Kurosawa, le poète de l’étrange, qui gagne…
L’arrivée d’un train de banlieue dans un quartier populaire de Paris. Un jeune homme cherche son chemin. Le voilà devant une vaste demeure. Son double portail intrigue. Un homme dont on peut penser qu’il fait office de majordome lui ouvre la porte et lui demande de patienter dans l’antichambre. Jean (Tahar Rahim) s’étonne d’être le seul candidat à ce poste d’assistant d’un photographe de mode renommé (Olivier Gourmet), resté farouchement fidele au dispositif du daguerréotype qui fixe une image sur une grande plaque de cuivre.
Stéphane, le photographe, se veut pragmatique et direct. Peu lui importe les motivations artistiques de Jean et son rapport à la photographie. Il est là pour l’aider dans l’aspect pratique de son activité́, pour l’épauler dans la manipulation de cet appareil d’un autre âge. Dans un premier temps, Jean, docile et dévoué́, ne pose pas trop de questions, heureux d’avoir son salaire à la fin du mois. Puis il rencontre Marie (Constance Rousseau). Impossible d’échapper à son charme diaphane. Elle sert de modèle à son père, qui exige d’elle une immobilité́ complète pendant des séances qui durent parfois plus de deux heures… C’est le prix à payé, selon lui, pour donner de l’éternité́ à la beauté́. On apprend un peu plus tard que la mère de Marie servit également de modèle pour les expériences photographiques extrêmes de son mari. Et qu’elle s’est suicidée…
En pénétrant à pas feutrés dans le film et dans le manoir de Stéphane, on est vite frappé par la manière dont les images se concentrent sur l’usure des choses : rouille, effritement des murs, pourrissement de la végétation, aspect fané des différentes pièces… Alors même que toute l’énergie de Stéphane semble tendue vers un geste artistique obsessionnel qui pourrait sauver les êtres de la déliquescence. Peut-être leur assurer une vie malgré́ ou après la mort ?
Par la seule force des images, Kiyoshi Kurosawa met en scènes les frontières parfois (?) floues entre le réel imaginaire, le seuil inexploré́ entre la vie et la mort. On restera discret sur les fantômes qui hantent le film (comme beaucoup des œuvres précédentes de Kurosawa). Un éclat de lumière, une porte qui s’entrouvre, le murmure d’une voix.

                                                                     (Dany Habran, Journal des Grignoux) UTOPIA

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