Du 14 au 20 juin 2017

 De Midi Z – Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn
Avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Festival Amiens 2016 Licorne d’Or long métrage
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

  Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l’angle unique d’un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d’hommes venus des pays du Sud et de l’Est. On a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n’est pas le triste privilège du monde occidental.
Le remarquable film du jeune cinéaste d’origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l’heure sur le sujet Car dans Adieu Mandalay, il est question d’une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d’abus et de déni des droits humains. Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c’est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l’avait marqué, lui le Birman qui avait fait ses études à l’étranger et profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, qui nait dans l’exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d’argent grâce à son travail, pour envoyer de l’argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile et rêve d’un avenir probablement loin de la Birmanie.
Le cinéaste passe très habilement de l’observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l’image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d’authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, mais il y aussi une vraie recherche plastique, à la fois dans la manière dont est filmée l’usine et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières. Le côté tragédie grecque d’un récit maîtrisé de bout en bout renforce l’impression de voir s’affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).                                              UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

 

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