Du 13 au 19 septembre 2017

Dieter BERNER – Autriche 2016
Avec Noah Saavedra, Maresi Riegner, Valerie Pachner, Aime Breidbach, Marie Jung…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s’est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. ….
Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.
Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d’un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d’être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.
Egon Schiele le film raconte cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l’impulsion créatrice du peinte.
Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

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