Du 11 au 17 OCT. 2017

De Behnam BEHZADI
Iran 2016 1h24
avec Sahar Dolatshahi, Ali Mossafa, Ali Reza Aghakhani, Setareh Pesyani…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

6 nominations Cannes 2016 dont Sélection officielle « un certain regard »

Un voile de pollution grise envahit Téhéran, étouffant, tout particulièrement les jours où les couches d’air frais et d’air chaud s’inversent. C’était d’ailleurs le titre original du film : Inversion, un titre peu évocateur reconnaissons-le, surtout pour qui ne connaît pas le phénomène. Une brume chaude et grise vous prend alors à la gorge, vous toussez, vous avez du mal à respirer, les fragiles ont consigne de se calfeutrer chez eux, les écoles ferment… Pourtant la vie continue. …On subit mais on accepte parce qu’on a fait sa vie là, qu’on aime sa ville et que de toute façon il n’y a pas vraiment le choix. On s’habitue à ne pas avoir le choix.
Niloofar est une belle femme, avec une famille : frères, sœurs, oncles, tantes… et vit avec sa mère qui n’en fait qu’à sa tête, refuse de respecter les consignes de prudence et sort voir les copines par tous les temps… jusqu’au jour où elle fait un malaise. À l’hôpital le toubib est formel : la pollution va la tuer si elle ne quitte pas Téhéran l’enfumée…
Après quelques conciliabules familiaux, on conclut qu’il n’est pas question pour le frère de s’éloigner de la capitale : il a son commerce ; pareil pour la sœur aînée qui a mari et enfants… Niloofar est donc désignée à l’unanimité moins une voix, la sienne : elle quittera son boulot, elle ira vivre à la campagne avec sa mère… Sauf que Niloofar a elle aussi sa vie, dont elle ne dit pas tout à sa famille…. et elle aussi aime Téhéran et elle n’en peut plus qu’on décide à sa place de ce que sera sa vie…
A Téhéran comme ailleurs, allez savoir pourquoi, ce sont souvent les filles qui s’occupent des mères vieillissantes. Les hommes ont trop à faire et puis ne savent pas : ce n’est pas dans leur culture, c’est bien connu… Niloofar n’a jamais eu le choix de rien et pourtant cette fois elle se rebelle : ras la casquette d’être la fille modèle,… ras le bol de faire des concessions ! L’affrontement va opposer les frère et sœurs… et personne ne songe à demander l’avis de la mère … A Téhéran comme ailleurs, il ne fait pas bon être femme, et être dans un état de faiblesse. Les décisions prises « pour le bien de l’intéressé » le sont pour préserver tranquillité de ceux qui décident à sa place.
La pollution :  problème récurrent à Téhéran, …Un Comité d’urgence de la pollution atmosphérique veille et prend à chaque poussée des mesures  : suspension de la circulation dans la ville, de l’activité des mines et usines, des travaux de construction. Des ambulances stationnent sur les grandes places, prêtes à intervenir… Entre mars 2015 et 2016, 5 834 personnes ont perdu la vie à Téhéran à cause de la pollution ! Cette histoire de famille, et les désirs de liberté de l’héroïne, traduit donc bien la nécessité vitale que ressentent les habitants et plus encore les habitantes de la capitale iranienne de pouvoir simplement respirer ! Au propre comme au figuré.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

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