Du 27 Déc. au 2 Janv. 2018

De Gaël MOREL – France/Maroc 2017 1h43
avec Sandrine Bonnaire, Mouna Fettou, Kamal El Amri, Ilian Bergala, Lubna Azabal…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 24/12 séance à 17H
Lundi 25/12 séance à 16H15
Mardi 21h00

« Je préfère travailler à Tanger qu’être au chômage ! » insiste pourtant l’ouvrière de 45 ans dont l’atelier de textile va bientôt fermer ses portes, le groupe pour lequel elle travaille depuis bien longtemps poursuivant sa logique de délocalisation. Tel est le point de départ de Prendre le large et il rappellera à nos spectateurs assidus celui de Crash test Aglaé, allègre comédie sur fond de mondialisation sortie cet été : et il est étonnant de voir comment une situation similaire peut donner naissance à deux films à ce point différents ! Gaël Morel nous donne ici une chronique délicate sur les différences culturelles et l’humanité commune, en même temps qu’un émouvant portrait de femme.
Edith, veuve, vit seule à la campagne… elle n’a rien qui la retienne vraiment en France. Son fils unique, Jeremy ? Même pas : sa relation avec lui s’est distendue depuis qu’il s’est installé à Paris … Quant à la lutte collective pour s’opposer à la délocalisation, elle n’y pense même pas … Edith est persuadée que sans son travail, son existence se racornirait encore davantage et elle se dit qu’après tout, prendre le large, essayer une nouvelle vie, c’est le moment ! Alors pas question de se laisser influencer par l’inquiétude de Nadia, sa seule véritable amie à l’usine d’origine marocaine.
Voilà donc Edith s’installant  à Tanger dans une petite pension conseillée par Nadia et tenue par Mina et Ali, une divorcée et son fils. Dans une ville transpercée de chantiers, voire dangereuse pour celle qui est vite surnommée « La Française », Edith va découvrir la réalité épuisante du travail et les coutumes locales, aller de mésaventures désagréables en désillusions brutales, s’efforçant cependant de faire bonne figure alors que la situation s’assombrit de plus en plus en dépit de l’amitié naissante avec Mina.
Ancré en permanence sur son personnage principal et explorant sur ses traits la moindre inflexion de ses émotions, Prendre le large est un film touchant, avançant avec sincérité et une grande simplicité narrative. Au fil de situations toujours très justes et précises, le film brosse un tableau crédible de la condition ouvrière et de la vie quotidien au Maroc. Mais cette traversée du miroir de l’immigration économique est surtout le récit d’un itinéraire individuel.                                                               UTOPIA

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