Du 07 Fév. au 13 Fév.


Prix Étudiant de la Première Œuvre et  Mention du Grand Jury CINEMED

Prix Meilleure Actrice Mostra Venise

De Sofia DJAMA – Algérie / France 2017 1h42mn
avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi, Amine Lansari, Lyna Khoudri…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui exprime les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu’ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement.
Alger, belle, mystérieuse quelque que soit la lumière qui l’éclaire ; elle prend corps à travers plusieurs protagonistes, de différentes générations et origines sociales. Il y a d’abord le couple bourgeois , Samir et Amal, des militants qui ont participé en octobre 1988 aux émeutes qui ont conduit à la fin du parti unique et à l’ouverture démocratique. .. Cette soirée d’anniversaire de leur mariage a de tristes allures de bilan. Et puis il y a leur fils, Fahim, plus ancré dans le présent , ses amis étudiants, Reda et Feriel, avant de rejoindre des jeunes d’un tout autre milieu social, dans un quartier populaire, où l’humour, l’alcool et le shit – et pourquoi pas aussi la quête de spiritualité – aident à tuer l’ennui. Autour, dehors, Alger : ville qui semble garder en elle le secret des morts, des disparus et porte comme un fardeau le poids d’une guerre civile que l’on tente d’oublier mais à laquelle chacun pense, toujours, tout le temps, … L’avenir a du mal à se construire … un pays si jeune mais dirigé par un gouvernement usé jusqu’à la corde.
Alger est donc bien le personnage central du film, …avec sa sonorité contrastée entre le Taqwacore (une espèce de punk muslim hyper connecté au présent) et la chanson française engagée qui sent la naphtaline. Elle est le centre d’attraction et de répulsion de chaque personnage : on regrette de ne pas l’avoir quittée à temps, on voudrait la fuir ou y rester enraciné à tout jamais, on la regarde avec tendresse, dégout ou amertume face à ce qu’elle est devenue et devant ce qu’elle ne sera jamais.
« Je voulais 2 points de vue générationnels montrant les conséquences de la bigoterie et de la politique sur l’intimité des gens. … Il y a les adultes qui avaient 20 ans en octobre 88… Et leurs enfants âgés de 20 ans en 2008 (ma génération), période à laquelle se déroule l’histoire, quelques années après la guerre civile. Les parents, veulent fêter leur 20ème anniversaire de mariage au restaurant. Mais cette nuit-là va les forcer à rompre avec ce rituel : ils vont devoir faire face à l’échec sociopolitique dont ils sont en partie responsables en tant qu’ex-militants. Au même moment, Fahim et ses amis errent dans une Algérie différente, sous tension, mais dans laquelle ils trouvent des espaces de liberté, car, contrairement à leurs aînés, ils continuent de rêver en créant leurs propres codes … » Sofia Djama                                               UTOPIA

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