Du 10 au 16 octobre 2018

BANDE ANNONCE DU FILM

Jean-Bernard MARLIN – France 2018 1h46mn – avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli, Lisa Amedjout, Kader Benchoudar, Nabila Ait Amer… 

Prix Jean Vigo
Prix Festival Angoulême 2018

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Les quartiers Nord de Marseille. Les petits délinquants qui sortent de prison. Les jeunes filles qui vendent leur corps faute d’avoir pu trouver meilleure place au soleil… Ne fuyez pas devant la supposée dureté de son univers, Shéhérazade est une pépite qui brille des mille et un éclats jaillissant de la grâce brute de ses tout jeunes comédiens et du talent évident d’un jeune réalisateur, Jean-Bernard Marlin, déjà repéré grâce à ses courts-métrages. À partir d’un travail documentaire qu’il a entrepris depuis quelques années dans le milieu de la prostitution des mineurs à Marseille, ville où il a grandi, et s’inspirant d’un fait divers récent, il raconte ici l’histoire d’amour entre Zachary, 17 ans, et Shéhérazade, jeune prostituée rencontrée à sa sortie de prison.
Avec une énergie folle et une profonde tendresse pour ses personnages qu’il ne jugera jamais, le réalisateur tord le cou à la tentation du pseudo-réalisme documentaire et de l’apitoiement pour raconter une histoire d’amour fou entre deux adolescents propulsés dans un monde de violence au cœur d’une cité gangrenée comme tant d’autres par la pègre, le chômage et les inégalités sociales. Cela pourrait être glauque, s’enfoncer dans la crasse des chambres de passe minables, s’enliser dans les règlements de compte au ras du trottoir, c’est au contraire un film qui avance pas à pas vers la lumière, guidé par un espoir qui fait jaillir comme par miracle l’amour pur du plus vil des terreaux.
La grande force du film réside dans le refus de faire la distinction entre cinéma de genre et cinéma de poésie, dans la volonté de s’affranchir des clichés du polar à la française aussi bien que des bonnes manières du cinéma d’auteur. Shéhérazade opte pour une stylisation virtuose arrachée à des conditions très précaires de tournage, entre ambiances nocturnes sous haute tension et comédiens non professionnels.
Zachary sort de prison. Sa mère n’est pas là et on sent bien, dès cette première scène, que sous ses airs de petite brute qui se la joue Scarface, il y a un minot qui n’espère rien d’autre qu’on l’enfouisse sous des tonnes de tendresse. Zonant dans son quartier, retrouvant ses anciens potes, il ne peut que constater ce terrible état de fait : rien n’a changé dehors, les petits trafics se poursuivent, personne ne lui a réservé une meilleure place dans le monde, personne ne l’attend. Autour de lui, une jeunesse résignée vivote, se marre un peu, se débrouille comme elle le peut sous le soleil. Et puis il y a les filles, très jeunes pour certaines mais déjà cabossées par des heures de bitume, des nuits sans sommeil et des repas approximatifs. Où sont les adultes ? Parents maltraitants ou simplement négligents, absents, lointains, ils ne sont pas à leurs côtés. Il y a bien cette travailleuse sociale qui tente du mieux qu’elle le peut et avec ses moyens de raccrocher Zak à un projet de vie, mais on sent bien que la tâche est immense et peut-être même déjà perdue d’avance.

DOSSIER DE PRESSE

Ce contenu a été publié dans Film de la semaine. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.