JEUDI 22 NOVEMBRE 20H30

SOIRÉE DÉBAT
Partenariat Nature et Progrès —  Amis du Cinoch’ —  Colisée
En présence de Gaétan du Bus de Warnaffe, ingénieur forestier

La forêt, c’est magique. On s’y enfonce avec un sentiment d’excitation, préparant l’aventure de s’engager hors des sentiers connus et la peur confuse de s’y perdre. Et une impression d’apaisement ouaté tellement les bruits, les odeurs, le paysage, ne se laissent pas découvrir à plus de dix pas. Sans même parler du contact, doux et rugueux, de l’écorce des arbres…
Ça ne vous avait pas immédiatement sauté aux yeux – pas plus qu’aux oreilles ou aux narines. Là où, autrefois, la vie bruissait de mille insectes, mille essences végétales, dans une généreuse anarchie auto-régulée, on peut aujourd’hui se balader au milieu des arbres sans entendre le moindre chant d’oiseau, sans que l’odeur d’humus vienne nous chatouiller la narine – et traverser, à perte de vue, des alignements de pins, bien espacés, bien rangés, bien propres, bien tous de la même espèce. C’est là, tout d’abord, que le film de François-Xavier Drouet nous emmène. Dans ces drôles de forêts qui n’en sont plus vraiment – plutôt des plantations. D’ailleurs on ne parle plus de gestion de la forêt, mais d’exploitation.
D’une exploitation l’autre, Le Temps des forêts, dresse un constat saisissant, sans concession, de l’état de nos forêts. Le film raconte, de l’abattage à la scierie, la légitime inquiétude d’une filière peu à peu déshumanisée, ainsi que la tout aussi légitime colère des gardes forestiers transformés par leur administration de tutelle en comptables esseulés d’une matière première à faire fructifier. Tout cela serait d’une tristesse infinie, mais heureusement, à l’instar du bûcheron Patrick, François-Xavier Drouet oppose au système mortifère une kyrielle d’expériences alternatives, d’actions concrètes qui n’ont d’autre but que d’en contrecarrer les effets. Face à la logique néolibérale et sa responsabilité dans la destruction des écosystèmes, elles parient sur le temps long, préservent ce qui peut l’être et, indéfectiblement du côté des arbres, de l’humus, des biches et des oiseaux, préparent, joyeusement, l’avenir. (avec la participation involontaire mais précieuse de Manouk Borzakian, géographe, rédacteur pour Libération du blog Géographie et cinéma).

POUR EN SAVOIR PLUS !!

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