Du 30 janv. au 5 févr. 2019 « MON CHER ENFANT »

De Mohamed BEN ATTIA Tunisie 2018 1h44 – avec M. Dhrif, M.Mejri, Z. Ben Ayyed, I. Cherif...

4 Nominations Quinzaine Réalisateurs

Cannes 2018

Le titre en arabe était plus sobre : Weldi, signifiant tout simplement « mon fils »,
Tout comme le héros du premier film du réalisateur (Hedi, un vent de liberté), le cher enfant dont il est question, Sami, est un jeune homme sage et réservé, de ceux qui ne font pas de vagues. La seule chose qui semble secouer sa vie, ce sont d’affreuses migraines à répétition dont les médecins ne trouvent pas la cause. Tandis que sa mère, après ses cours, mitonne des petits plats, son père vieillissant, termine sa carrière de cariste sur le port de Tunis. Il ne rêve plus que d’une chose, envoyer son rejeton docile, presque trop, étudier au Canada et prêt à beaucoup de sacrifices pour lui offrir un avenir meilleur. Mais à quoi aspire Sami ? Lui qui jamais ne bronche ni ne s’exprime. Mais pourrait-il le faire sans blesser ses parents ? Qui est-il réellement ? Mais a-t-il seulement droit au doute ? Aucun vent de liberté ne semble pouvoir le pousser hors du cadre préétabli. il  prépare le baccalauréat entouré par l’amour de ses parents… Entouré ou étouffé ? La frontière est parfois mince entre les deux. Et un matin, Sami n’est plus là, sa chambre est sinistrement vide. Riadh, effondré, va se met en quête de l’enfant prodigue. Le récit met alors son pas dans celui de ce père agaçant et admirable à la fois, pour se transformer en road movie finalement très touchant.
Mon cher enfant échappe aux raccourcis simplificateurs qui présentent les soldats de Daech comme des monstres sans visage, déshumanisés, impossibles à réinsérer. Ce sont parfois de simples gosses pas bien dégrossis, coincés dans l’étau d’une société autiste qui n’offre plus de rêves suffisamment grands pour être poursuivis. Le réalisateur donne un visage à l’un de ces jeunes, n’excusant rien, ne justifiant rien, se contentant de constater l’incommunicabilité qui règne malgré l’hyper connexion permanente. Derrière les réseaux sociaux, il n’y a parfois le vide, l’illusion de se sentir entouré. Mais le soir devant sa glace, on se retrouve d’autant plus seul.

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