Du 20 févr. au 26 févr. 2019 « L’HEURE DE LA SORTIE »

De Sébastien Marnier —France – 2019 -1h 43 Avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory

D’après le roman de Christophe Dufossé
Dès son arrivée à St-Joseph, on sent bien que Pierre, professeur remplaçant n’a pas les codes ; il ne connaît pas ce genre d’établissement privé élitiste mais aussi et surtout il a un vrai problème de communication. C’est à travers les autres personnages que nous découvrons qui il est vraiment : son milieu social, son homosexualité, sa peur de faire des choix et de s’inscrire dans une vie pleinement adulte. Pierre est un personnage qui fait le lien entre le spectateur et le groupe des adolescents parce qu’il franchit plusieurs fois la ligne rouge en les suivant jusque chez eux. Et c’est parce qu’il veut percer leur secret qu’il va se perdre lui-même. Si L’Heure de la sortie dit certainement quelque chose de l’école, de la relation brisée entre l’adulte et l’enfant, le pédagogue et l’élève, le film est surtout un suspens : plus Pierre se « rapproche d’eux », et plus il va sombrer, plus il va être empoisonné par la vision nihiliste des 6.
Le film contemple une tragédie en marche et qui donne à ressentir viscéralement la faillite implacable du monde. L’idée était de faire évoluer  l’histoire tout en conservant une part de mystère quant aux intentions des enfants : Que préparent-ils ? Et pourquoi ? Veulent-ils se débarrasser de leur professeur ? Sont-ils au contraire victimes d’une machination extérieure ? Le réalisateur conserve toutes ces potentialités en suspens, qu’elles flottent dans l’air et tordent les perspectives de chaque séquence. L’objectif était de partir d’une intrigue indécise, et de faire monter minute après minute un sentiment d’inquiétude, d’appréhension, de panique. C’était déjà la même construction en sourdine dans Irréprochable. Dans L’Heure de la sortie, quelque chose gonfle entre les murs de cet établissement, comme une rumeur, on sent que ça peut exploser à tout moment. Seulement, cette inquiétude est moins appuyée par les péripéties que par la mise en scène, la durée des plans et la texture du film. Le découpage et le montage agissent comme une contagion, comme une hypnose sur Pierre et sur le spectateur.
Les enfants… vus à travers le regard de Pierre ! Contrairement au roman, davantage focalisé sur la figure de Pierre et attaché à la radiographie d’un monde enseignant en plein désarroi, le réalisateur place les enfants au premier plan de l’histoire, que le face-à-face entre Pierre et eux fasse constamment battre le cœur de la mise en scène. Ainsi, à partir du moment où il décide de les suivre et d’enquêter sur eux, les intrigues et les personnages annexes se diluent. Mais en vérité, cela accompagne l’évolution de Pierre, dont l’horizon se réduit peu à peu pour ne plus se focaliser que sur les enfants.
À propos de SÉBASTIEN MARNIER : Après des études d’Arts Appliqués et de Cinéma, Sébastien Marnier a publié trois romans, Mimi et Qu4tre chez Fayard en 2011 et 2013 puis Une vie de petits fours chez JC Lattès en 2013. Il  est le co-auteur de la série d’animation Salaire net et monde de brutes diffusée en 2016 sur Arte, adapté de son propre roman graphique publié chez Delcourt.
Sébastien Marnier a réalisé trois courts métrages et un long métrage Irréprochable qui a connu un beau succès public et critique (qui a valu à Marina Foïs une nomination au César de la meilleure actrice en 2017). L’Heure de la sortie est son deuxième long métrage.

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