« TOUT CE QU’IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION » du 27 mars au 2 avril 2019

De Judith DAVIS – France 2018 1h28mn – avec J. Davis, M. Zidi, C. Dumas, M. Perrier, N. Legrand, S. Bakhouch…

« C’est une fille bien campée sur ses deux jambes… Jolie fleur du mois de mai ou fruit sauvage… Qui nous donne envie de vivre, qui donne envie de la suivre… Jusqu’au bout ! » Qui se souvient encore des refrains de ces lendemains prometteurs qui chantaient au soleil ? Georges Moustaki, sans la nommer, nous parlait alors de la révolution permanente.
Cinquante ans plus tard, c’est à ces idéologies, leurs mythes, à un monticule de trahisons et de déceptions que s’attaque de façon complètement hilarante et pertinente le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice Judith Davis. Comme quoi le rire n’a jamais empêché la réflexion, ni la tendresse, bien au contraire ! Et comme par hasard, c’est Agat Films, société dont fait partie Robert Guédiguian, qui a produit ce joli remède à la mélancolie ! L’occasion de leur rendre hommage et de leur dire combien une fois de plus ils ne se sont pas trompés. Tout ce qu’il me reste de la révolution est un film formidable, gorgé d’une intelligence et d’une énergie qui mettent du baume au cœur et donnent la niaque d’avancer !
… Angèle, est de celles qui n’abdiquent jamais. Son dessin favori est sans doute ce doigt d’honneur qu’elle placarde sur les distributeurs de billets, les publicités débiles ou sexistes. Ça ne change pas la face du monde, mais qu’est-ce que ça fait du bien, cette modeste contestation l’aide à se tenir droite dans les pire moments, … En même temps, côté cœur c’est la Bérézina. Alors que sa grande sœur, plus cynique, en a soupé des engagements militants de ses parents, Angèle baigne inlassablement dans les idéaux d’alors. Pas de concessions à la société de consommation, au capitalisme, aux dominants ! Chaque jour elle se prend une nouvelle portière dans la figure, une nouvelle désillusion… Qu’importe, elle a la fougue de ceux qui se sentent investis par de justes causes ! Il faut la voir arborant fièrement sa Chapka soviétique en plein Paris, affublée comme un arbre de noël …
Mais le désarroi est vite digéré ! Ce qui triomphe, c’est la force vitale, la joie en tant qu’énergie réparatrice, libératrice. Et c’est cet héritage que nous lègue Tout ce qui me reste de la révolution : malgré le constat cinglant qu’il dresse de notre époque, ce qu’on retiendra c’est son refus joyeux du No Future ! Utopia

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