« SUNSET » du 12 juin au 18 juin 2019

De Laszlo NEMES – Hongrie 2018 2h21mn avec Juli Jakab, Vlad Ivanov, Evelin Dobos, Marcin Czarnik…

En 2015, Le Fils de Saul, premier film de  Laszlo Nemes, reçu un accueil triomphal à Cannes, Grand Prix du jury conforté quelques mois plus tard par l’Oscar du Meilleur film étranger. De quoi permettre au cinéaste hongrois de se lancer sans difficulté dans un nouveau projet…
Pour Sunset, il opte à peu près pour le même procédé, suivant le personnage principal dans une ville de Budapest en 1913, un monde en pleine déliquescence, une société agonisante, brûlant ses derniers feux avant le chaos.
La caméra ne quitte pratiquement pas Irisz Leiter (lumineuse et grave Juli Jakab), qui revient à Budapest après plusieurs années passées hors du pays. Enfant, elle avait été envoyée suivre une formation de modiste. Aujourd’hui adulte, elle souhaite se faire engager dans le magasin de chapeaux que ses parents avaient fondé, et qui a été repris, par leur employé, Oszkar Brill. Mais celui-ci, non seulement refuse de l’engager, mais lui fait comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette ville.
Le même soir, la jeune femme est rudoyée par un homme à la recherche d’un certain Kalman Leiter, qui pourrait être son frère. Intriguée, elle décide de rester à Budapest et de partir elle aussi à sa recherche. Elle découvre rapidement que Kalman est recherché pour le meurtre d’un notable, serait un des chefs de file des anarchistes. Pour le retrouver, elle va devoir s’aventurer dans les bas-fonds de la ville…
Laszlo Nemes veut montrer toutes les facettes de cette ville tumultueuse, qui constitue, au début du XXe siècle, l’un des lieux les plus importants d’Europe. En 1913, l’Empire Austro-Hongrois  à son apogée, règne sur 12 pays, rassemblant différents peuples, cultures et partisans de tous mouvements politiques, qui vont marquer ce siècle. Cette diversité se retrouve Budapest, mais reléguée dans la marge, sous le regard méprisant des notables locaux et l’indifférence de l’empereur.
La mise en scène montre bien le clivage de cette ville, faisant cohabiter la grande bourgeoisie  et les groupuscules révolutionnaires, cachés dans les bas-fonds.
Irisz est le trait d’union entre les deux mondes. Mais elle est aussi complètement étrangère à cette société, à cette ville qu’elle a quittée alors qu’elle n’avait que 2 ans. Elle les découvre, à la fois fascinée par cet environnement bouillonnant et perplexe face aux mystères qui entourent la ville. Partout règne une atmosphère de conspiration, plus Irisz s’approche de ce qu’elle pense être la vérité, plus le mystère s’épaissit. Quand elle comprend finalement les conséquences de cette agitation politique, il est déjà trop tard.
La mise en scène, remarquable, accompagne cette prise de conscience progressive, passant de mouvements de caméra élégants, « nobles » d’un point de vue purement artistique, à des prises de vue plus brutes, plus brusques, évoquant autant le chaos social et politique que le trouble qui gagne peu à peu Irisz, …(anglesdevues.com)

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