« THE BRA » du 16 au 22 octobre 2019

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« Entre cinéma d’animation et théâtre mimé, The bra est un petit bijou de poésie et de délicatesse, qui réjouira les grands adolescents et leurs parents. »

De Veit Helmer , Allemand, Azerbaïdjan, – septembre 2019 – 1h30mn – avec Denis Lavant, Miki Manojlovic, Tchoulpan Khamatova

The bra est un film inclassable. Le réalisateur, Veit Helmer assez peu connu en France, malgré une œuvre plutôt abondante, joue autant avec les sons, les mimes de ses comédiens que les maquettes des trains, pour figurer leur longue balade à travers les paysages de l’Europe de l’Est. En permanence, le spectateur se demande s’il est tombé dans un conte pour enfants, une œuvre à la Michel Gondry, ou encore un récit mélancolique et sensible d’un Giuseppe Tornatore. Pour autant, il soigne sa photographie qui donne au film, une tonalité très gracieuse Elément important : The bra opte pour un cinéma sans dialogue, substituant aux paroles les bruits et les musiques.

On ne s’ennuie pas dans cette histoire. La douceur de vivre, comme la cruauté des gens, sont dépeintes sans emphase. On suit le parcours désopilant et touchant de cet homme, qui, partant à la retraite, prépare son remplacement et surtout se presse de trouver l’heureuse propriétaire du soutien-gorge, dérobé par inadvertance. Tous les stratagèmes sont bons. Et l’humour devient rapidement l’axe central de la narration. Veit Helmer respecte ses personnages. Il ne les tourne pas en dérision. Il aime d’autant plus tous ces pays de l’ex-URSS, qu’il se plaît à les raconter depuis des années, dans des contes filmés. La sensualité, le désir et la mélancolie habitent ces contrées qui semblent lointaines, comme si elles avaient été attrapées dans un rêve, thème central de ce cinéma. Heureusement, tout finit bien, sauf sans doute, pour ces gens qui vivent ensemble, même s’ils ne parviennent pas toujours à échapper à la moquerie et la raillerie.

Parce que c’est un long métrage qui raconte la fin de carrière d’un cheminot, la perception de cet univers ferroviaire est empreinte d’une grande sentimentalité. On est loin des films d’action, avec des machines qui défoncent l’air à vive allure ou des baisers fougueux sur des quais de gare. The bra est une variation mélancolique et douce sur l’exil intérieur, et la nostalgie d’un monde où les trains à vapeur reliaient les gens, même dans les villages les plus éloignés. En ce sens, cette fable délicate est un véritable pied de nez à la prédominance des trains à grande vitesse, aussi rapides que vecteurs de déshumanisation dans les rapports entre les gens. aVoir-aLire.com

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