« LOLA VERS LA MER » du 8 Janv. au 14 Janv. 2020

ATTENTION suite à la fermeture du Colisée pour travaux
les séances Cinoch’ auront lieu au CGR PONT ROUGE
avec changement d’horaires comme suit :

Mercredi 18H00
Jeudi 20H15
vendredi 13H30
Samedi 18H00
Dimanche 18H00
Lundi 13H30
Mardi 20H00

De Laurent MICHELI – Belgique 2019 1h30 – avec Mya Bollaers, Benoît Magimel, Els Deceukelier, Sami Outalbali…

Lola qui s’apprête à changer de vie, de sexe, de peau, tant elle se sent plombée par ce corps qu’elle n’a pas voulu, est encore, malgré ses affirmations, ses grandes certitudes, à l’âge fragile où, tout en les fuyant, on a encore un peu besoin de ses parents. Plus qu’on ne l’imagine parfois. Le foyer où elle s’est réfugiée est devenu son nouveau nid sécurisant, chapeauté par des adultes qui écoutent au lieu de juger, …L’histoire de Lola débute le jour où elle doit se rendre à une cérémonie d’adieu à laquelle nul ne l’a conviée. .. Elle prend le train qui la ramène vers le pays perdu de son enfance. … À travers les rues presque désertes, la voilà qui fonce et pénètre dans la maison où tous sont réunis autour du père, de son père… Les retrouvailles sont amères, aussi violentes qu’un pavé dans la mare… Car Lola, comme tant d’adolescentes à la langue trop bien pendue, saura cogner là où ça fait mal, dans les parties basses d’une société archaïque, asphyxiante, qui ne peut plus la contraindre à être ce qu’elle n’a jamais été.
En dire plus, serait-ce raisonnable ? On vous laissera découvrir celui que Lola appelle « Philippe », celle qui s’appelait Catherine, leurs liens à tous les trois. Car toute cette introduction presque classique n’est que le préambule d’un fort joli road movie, essentiel, tout aussi réel qu’allégorique, un voyage initiatique, non seulement pour l’adolescente mais aussi pour celui qui n’a pas su l’accepter telle qu’elle était. Au fur et à mesure des échanges, parfois exaltés, tristes ou drôles, l’un va prendre la mesure de l’autre, comprendre ses vérités cachées, découvrir ce qu’il ignorait ou feignait d’ignorer. Il y a dans ces moments simples une forme de magie qui opère, une part de mystère faite pour rester inexpliquée.
C’est rudement réjouissant, rudement bien interprété. Benoît Magimel excelle dans le rôle du mec obtus, plus paumé qu’un minot, qui progressivement s’ouvre à sa fille. Il aura fallu une énorme faille, une terrible absence pour qu’enfin il aille creuser là où ça fait mal. Dans le fond, peut-être se débarrasse-t-il lui aussi d’une sorte de chrysalide, une chape de plomb terrible forgée par les idées préconçues. En se libérant elle-même, peut-être Lola libère-elle également son père… Tandis qu’au dessus d’eux une âme invisible semble planer et veiller.

DOSSIER DE PRESSE

 

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