PLAISIRS DE CINÉMA

Alors que les salles de cinéma étaient de nouveau fermées, vous avez eu envie raconter, de partager : des lieux. des souvenirs d’une séance, d’un moment, d’une rencontre qui vous a imprégné.e.  Le principe était simple : vous nous a fait parvenir un texte relatant une expérience que vous avez pu vivre au cinéma (en salle ou dans un lieu atypique), et qui vous a marqué.e, surpris.e, bouleversé.e… un plaisir de cinéma reste ancré dans vos mémoire.

Nous avons pris grand plaisir à les lire et  à les partager sur notre page Facebook 
Nous remercions tous et toutes pour votre participation.

 

Plaisir cinéma n°1, Michelle, le 10 nov. 2020, « un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’était au Chapeau rouge, au pied de la cité, dans les années 1956/57…. J’avais 10 ou 13 ans …

Plaisir cinéma n°2 – Danielle, le 12 nov. 2020 :  « C’était en 1993, voici donc presque 30 ans. Je me trouvais dans la file d’attente au cinéma l’Odéum à Carcassonne pour aller voir le dernier film de Scorsese Le temps de l’innocence. Arrivée au guichet, je demande mon ticket et voilà que la personne, visiblement accoutumée à donner des entrées pour une autre salle, relève la tête, me regarde avec lenteur et intérêt et me dit : « mademoiselle, vous allez voir là un très beau film ». Et en effet, j’ai vu un film splendide qui m’a touchée au cœur et dont nous avons par la suite reparlé, elle et moi. C’est ainsi qu’a débuté une belle relation avec Christiane Bianquis, alors directrice du cinéma, que j’ai beaucoup appréciée et grâce à qui j’ai eu envie de rejoindre quelque temps après, l’association Les Amis du Cinoch’. J’associe toujours ces deux événements : la rencontre avec une femme passionnante et la rencontre avec ce film que j’aime tant. C’est un vrai bonheur quand j’y repense. »

Plaisirs de cinéma n°3 – Philippe, le 14 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est lorsque j’avais 6 ans, nous habitions un appartement meublé situé dans un immeuble qui abritait une grande salle de cinéma. C’était le cinéma Le Forum (du même nom que l’immeuble) à Nice sur la promenade des anglais. L’appartement était au-dessus de la salle. Ma première émotion de cinéma ce fut le son ! J’étais seul dans un lit pendant que ma famille était « descendue » voir le film. J’entendais des vrombissements, des détonations et des éclats de musique. Et moi, j’essayais d’imaginer les images du film qui était projeté ce soir-là : c’était Le Jour le plus long… Après recherche, cette salle contenait 1400 places, elle fut inaugurée en 1933. Le cinéma a disparu en 1982 remplacé depuis par une boite de nuit…Un article relate une soirée de gala pour le film Le Jour le plus long en octobre 1962 (nous avions loué quelques mois d’août à novembre 62 mais j’étais trop jeune pour sortir le soir !)

Plaisirs de cinéma n°4 – Eveline, le 17 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : la découverte de la grande soirée des rencontres Cinémaginaire. Moi j’aime les courts métrages, et quand j’ai appris que c’est une soirée-compétition consacrée aux films courts et en présence des réalisateurs, je n’ai pas hésité une seconde. Nous sommes le samedi 19 mai 2018. J’arrive un peu en avance au cinéma Jaurès à Argelès sur Mer, mais la salle est déjà presque pleine, d’humeur joyeuse et bavarde. A l’entrée, on me remet une liste avec les titres des courts métrages programmés et le bulletin de vote qui va servir à décerner le prix du public. Dix courts en compétition, tous bien différents et pourtant je vais devoir en choisir un, pas facile, mais je me décide pour Belle à croquer un conte très en couleurs autour d’une rencontre entre un cannibale et une végétarienne ! Le moment phare de la soirée, ce fut, une fois le dépouillement des votes terminé, l’annonce du palmarès, la remise des prix (prix du jury, du public et du jeune public) aux réalisateurs primés, largement applaudis par le public. Pas de tapis rouge, ni d’escalier à descendre mais l’ambiance festival est bien là, d’ailleurs il est tard mais le public ne semble pas décidé à quitter la salle. Vivement la prochaine édition. »

Plaisirs cinéma n°5 – Nicolas, le 19 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est…1993… J’ai 16 ans… Je découvre Nantes et son large choix de cinéma (un nouveau monde s’offre à moi); multiplexes (pratiques mais dénués de charme) et salles indépendantes (atmosphère particulière et charme désuet) ont fait de moi le cinéphile que je suis devenu…1993… J’ai 16 ans… Je suis à l’ « Apollo », un ancien théâtre reconverti en cinéma qui a gardé sa configuration des représentations. Étant que deux dans la salle, je m’installe seul au balcon et je ne le sais pas encore, mais bientôt mon cœur va se déchirer…1993… J’ai 16 ans… La musique de J. Williams me prend aux tripes, à l’écran une fillette en manteau rouge marche au milieu des pleurs, des cris et des morts… Ténèbres grises dont moi, spectateur je deviens acteur !!! 1993… J’ai 16 ans… Je pleure. 1993… J’ai 16 ans… Je découvre que le cinéma n’est pas seulement divertissant; c’est un vaste monde sans limites ni frontières. Un monde ou une salle obscure, un écran géant, un son qui résonne en vous et se confond avec les battements de votre propre cœur… Peuvent vous faire sentir vivant… »

Plaisirs de cinéma n°6 – Eliane, le 21 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire, ce devait être en 1975, j’avais 20 ans et je vivais au Tchad, à N’Djaména, je devais y passer 2 ans. L’un des souvenirs forts qui me reste de ce séjour se situe dans le cinéma de plein air où se retrouvaient les expatriés et les africains aisés. La programmation était assez bonne, à cette époque, les centres culturels français avaient des moyens. Je me souviens de la projection du film de COUSTEAU qui devait être Le monde du silence : c’était magique ce contraste d’un lieu tropical avec ses bruits, ses couleurs, ses odeurs, et ces images d’un monde blanc, froid et immobile. Le cinéma a fermé, peu après, des rumeurs annonçant des attentats possibles… déjà… Souvenir ambigu, à l’image de ce séjour dans un pays où notre présence était ambigüe, pas forcément souhaitée, pas forcément souhaitable… »

Plaisirs de cinéma n°7 – Régine, le 24 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire …J’ai 20 ans, étudiante à l’université P. Valéry à Montpellier. Une chaire en cinéma vient de s’ouvrir sous la direction de M. Henry AGEL. Je deviens cinéphile ! Merci professeur de m’avoir appris combien un film ouvre toutes les portes de la culture ! Bref, je décide avec mon amoureux d’aller voir L’EXORCISTE de W.FRIEDKIN, histoire de se faire peur, d’analyser tout ça et d’en rire après…Le film commence , les images défilent… et, le malaise s’installe de plus en plus puissant. FIN. Nous sortons de la salle, sans un mot, pour rejoindre notre chambre de bonne située dans un hôtel particulier du centre ville. Lourde porte cochère, vieille minuterie qui permet d’éclairer chichement un couloir sinistre, découvrant dans le fond une cour pavée à ciel ouvert et, au fond, sur la droite un escalier monumental en pierre avec à chaque étage, un balcon donnant sur la cour. Soudain, la lumière s’éteint ! Je sens tout près de moi un souffle suivi d’un lourd battement d’ailes, et je reçois un coup énorme sur la tête ! Je hurle et nous montons en courant le troisième et dernier étage ou les trois dernières marches en bois cette fois s’ouvrent sur notre chambre sous les toits. Lumière ! Mes cheveux saignent ! Je me jette sur le lit en sanglotant ! Délicieux souvenir terrifiant !!! ».

Plaisirs de cinéma n°8 – Françoise le 26 nov. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire, c’est…ma première séance ! J’étais au collège, c’était un dimanche après midi et nous sommes partis tous les 6, mes parents, mon frère et mes sœurs voir Mourir d’aimer d’André Cayatte. Eh oui, nous n’étions pas riches, mais outre le fait que c’était la première fois, le film m’a énormément marquée par l’injustice de la situation et le jeu des acteurs, la découverte d’Annie Girardot qui est restée à jamais l’idole de ma maman, aujourd’hui disparue, et c’est toujours avec un pincement de nostalgie au cœur que je repense à ce film. La condition féminine a heureusement bien évolué depuis, même si tout n’est pas parfait ».

Plaisirs de cinéma n°9 – Claudine, le 1er déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est lorsque je suis allée voir un film sur grand écran, à l’âge de 13, 14 ans, au Palace, à Lézignan Cres, j’étais avec une amie de mes parents et nous avons vu Dr Jivago, un choc à la fois cinématographique, les grandes plaines de Russie au Printemps, et musical,  » la chanson de Lara « , et par dessus tout, un coup de foudre pour l’acteur Omar Sharif !!!! Revu quelques temps plus tard, l’acteur, dans « Mayerling » … ».

Plaisirs de cinéma n°10 – Geneviève, le 3 déc. 2020 : « C’était en 1957 (donc j’avais 7 ans). Sortie du film  le pont de la rivière Kwaï  en cinémascope : grand événement ! Ma grand-mère m’invite donc au Palace sur la Canebière. Pour l’enfant que j’étais cela reste un souvenir inoubliable. C’était tellement grand.Je n’avais sûrement rien compris au film mais au moins nous étions au balcon, et si je m’en souviens encore c’est que cela a dû être une vraie découverte. Mais j’avais bien plus rigolo à la maison. Mon père nous louait chaque semaine un film que l’on passait avec notre appareil super 8mm. On se tordait de rire avec l’extravagant « Monsieur Beaucitron ». C’est tout cela qui m’a fait aimer le cinéma ! ».

Plaisirs cinéma n°11 – Pascal, le 10 déc. 2020 : «Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est à Paris dans la 2è partie des années 60. Avec un ami cinéphile nous étions allés voir au quartier latin un film de Douglas Sirk, le roi du mélo : Written on the wind (Ecrit sur du vent). Il y avait dans ce film des extérieurs en technicolor baveux extravagants et improbables qui nous auraient fait ricaner si ce n’était pas Sirk pour qui nous avions le plus grand respect. Lorsque nous sommes sortis de la salle, il y avait un coucher de soleil sur Paris avec exactement les mêmes couleurs que dans le film de Sirk ! Fou rire durable dont je me souviens encore. Et respect pour Sirk maintenu, c’est la nature qui a « mauvais goût »…

Plaisirs de cinéma n°12 – Denis, le 15 déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire. Aristide, le crieur public, l’a annoncé à la dizaine d’angles de rues de Pomas, après deux coups de trompe de chasse : – « Ce soir, cinéma au Café Paterne. Un grand film avec policier avec Eddy Constantine ! » Mes copains ont déjà vu un film, ou plusieurs ; moi non, je n’ai pas encore eu les sous pour payer à l’entrée. Mais ce soir de l’été de mes onze ans, je traînais sur la placette lorsque Léon, le cafetier, qui travaillait parfois avec mon père, m’a poussé à l’intérieur. Dans la salle ça gueulait, ça rigolait, les hommes buvaient et fumaient, mais moi je n’avais d’yeux que pour l’opérateur et son extraordinaire machine (bien plus tard j’ai connu M. Albigès, qui « avait fait le cinéma ambulant », comme il disait, dans l’Aude – peut-être était-ce lui cette année-là ?, en attendant intensément que quelque chose se passe sur le drap de lit punaisé sur le mur du fond. La vérité m’oblige à dire que l’agitation avant la séance, les exclamations et les commentaires pendant le court-métrage, les sauts de l’image, le haut-parleur qui grésillait, Léon qui apportait des consommations, et moi debout seul dans un coin, tout m’a troublé, au point de n’avoir gardé aucun souvenir de ce que j’ai vu sur l’écran ce soir-là. Par contre je sais qu’à l’entracte précédent le grand film, on était supposé acheter des bonbons ou commander une boisson, ce que ni je pouvais, ni je savais faire, je suis redescendu chez moi, apaisé et finalement soulagé de ne pas avoir eu à affronter mon premier film. C’est ballot, non ? »

Plaisirs de cinéma N°13 – Roseline, le 17 déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire, c’est dans mon village proche de Narbonne où chaque week-end durant toute mon enfance et mon adolescence mes parents allaient le soir du Samedi et du Dimanche au « CINEMA ». L’après-midi du samedi, je me rendais souvent au domicile de « Paule et Vincent » (les patrons du cinéma) pour réserver les places. Chaque habitué avait immuablement les mêmes, mes parents les n°33 et 34 le 35 pour ma marraine. Paule toujours souriante présentait le plan de la salle et barrait avec application les places réservées. Chacun avait ses habitudes ; les jeunes gens préféraient le « pigeonnier », fallait bien conter fleurette dans l’obscurité. Ce cinéma était magnifique avec son grand balcon. Mais les temps changent et malgré une pétition pour le sauver, le cinéma est devenu logements sociaux, et pour les films rendez-vous à Narbonne, le rêve était définitivement rompu. Un film me rappelle toujours mon enfance et m’émeut aux larmes c’est Cinéma Paradisio, car pour moi ce cinéma a été mon petit paradis où j’ai pu m’évader, rêver, ressentir, pleurer et rire. »

Plaisirs de cinéma n°14 – Anne, le 21 déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : C’était le premier mai 1958. Le temps était superbe, promesse d’été. Mes parents et mes frères, comme chaque dimanche ou jour férié, étaient partis passer la journée à Leucate. J’étais restée à la maison : révision pour le bac. Pendant les précédentes vacances de Pâques, je m’étais cassé le péroné, au ski, au Chioula. Mon plâtre bloquait ma cheville et montait jusqu’au genou, et, pour me déplacer je disposais de béquilles. De ces béquilles qui aidaient les amputés de la grande guerre. Je l’avais vu dans des documentaires au cinéma. Des instruments de torture qui vous enflammaient les aisselles au bout de quelques pas. En ce temps là j’avais un amoureux. Nous étions convenus de nous retrouver au cinéma pour aller voir un film en matinée (comme on disait alors). Me voici donc partie avec mes béquilles pour rejoindre l’Odéon depuis le lycée de jeunes filles (actuellement collège Varsovie). Boulevard, jardin André Chénier – l’attelage suait, soufflait, était rendu – …… et enfin l’Odéon où je retrouvais mon ami. Nous avons vu  le pont de la rivière Kwaï.  Je me souviens particulièrement bien de ce film. C’est pas de l’amour …… du cinéma ça ?? »

Plaisirs de cinéma n°15 – Jean-Luc, le 23 déc. 2020 : Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire. Ça se passait dans le cadre du ciné club du collège de jésuites à Toulouse (personne n’est parfait …) où j’étais en seconde.Pensionnaires nous avions droit à une séance par mois dans la grande salle des fêtes. Un prof de philo animait ces soirées, bercées par le ronronnement du projecteur. C’est là que j’ai vraiment découvert ce qu’était le cinéma grâce aux analyses de films aussi variés que Rocco et ses frères ou La Piste des Géants.Pourtant celui qui m’a le plus marqué, même si ça n’était pas un chef d’œuvre, c’est Les Aventuriers de Robert Enrico. Pour l’adolescent que j’étais, il y avait tout : l’amitié, l’amour, l’aventure … la mort…Alain Delon, Lino Ventura, Joanna Shimkus…La musique envoutante de François de Roubaix et …Fort Boyard. J’en ai encore des frissons !

Plaisirs de cinéma n°16 – Anne, le 28 déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est Ben Hur. J’avais 7 ans et mes parents nous avaient amenés, mes frères et moi, au cinéma de Périgueux. Je vous parle des années 60. Mes yeux d’enfant découvraient ce que pouvait être le cinéma. Et je n’allais pas m’endormir ensuite sans penser à ces images qui m’étaient apparues. Je suis devenue une grande amatrice d’images. A cause de Ben Hur ? Peut être ?. »

Plaisirs de cinéma n°17 – Rémi, le 30 déc. 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire : c’est à Carcassonne, en septembre 2001. Un été durant, seul un cinéma était resté ouvert pendant que l’autre se refaisait une beauté bien méritée après plusieurs années sans remise en état. Deux mois de fermeture seulement, et pourtant, qu’est-ce que cette grande salle nous a manqué … Et qu’est-ce que ce bijou de cinéma nous a manqué. A la réouverture, nous nous y précipitâmes un vendredi soir à la séance de 20h30, pour voir Une hirondelle a fait le printemps  de Christian Carion en salle 5. Peu importe le film (que j’avais aimé cependant), nous le retrouvions, hall d’accueil bondé, les yeux écarquillés et ébahis par sa nouvelle beauté, le nez envahi par cette agréable odeur de neuf qui subsistait alors sur les moquettes et les fraîches peintures. Et une semaine plus tard, nous découvrions à nouveau la grande salle, sublime comme jamais et brillant de mille feux … Si on avait dit à l’enfant que j’étais que cette impatience me guetterait encore davantage presque vingt ans après, à l’aune de la réouverture du Colisée et du dévoilement de cette même salle 1 fermée depuis près de huit ans …

Plaisirs de cinéma n°18 – Marie-Hélène, le 5 janvier 2020 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire. C’est celui des séances trimestrielles cinéma à l’école primaire. Je devais être en CE2 puisque j’étais dans la classe des grands d’une petite école de Basse Normandie d’un village rural néanmoins chef lieu de canton, Juvigny sous Andaines. En fin de matinée, nous devions déplacer tous les bureaux pour les stocker au fond de la classe. Les garçons descendaient les bancs de la cantine. L’école n’étant pas mixte c’était déjà en soit un événement…  Le projecteur avait été installé par l’instituteur des garçons et les rideaux bleus de la classe étaient fermés par les plus grands, celles du certificat d’études. La magie opérait… Nous commencions par un documentaire et venait ensuite une fiction après le changement de bobine… Je me souviens plus particulièrement de Crin Blanc, un récit qui m’a fait pleurer puisque ce magnifique cheval disparaissait dans les flots camarguais… Un film qui se terminait mal ! Puis les garçons remontaient bien rangés sous l’autorité de leurs enseignants vers leur école située à 200 mètres de celle des filles. Le démontage du projecteur devait s’opérer après la classe car l’après-midi s’achevait par une récréation. C’était la fête à l’école de ce village dont les premiers cinémas étaient situés à moins de 10 km. J’avais la chance d’avoir des parents qui nous y amenaient le dimanche au moins 3 fois par an. Mais ceci est une autre histoire…

Plaisirs de cinéma n°19 – Louis, le 13 janv. 2021 : « Un plaisir de cinéma reste ancré dans ma mémoire, c’est Sans toi ni loi d’Agnès Varda au cinéma le Grand Action à Paris. Lors d’un ciné-club de l’école Louis Lumière dans ce cinéma indépendant de Paris en octobre 2013, les étudiants avaient invité le chef opérateur du film, Patrick Blossier, comme le veut ce cinéclub. Quand le film, projeté en 35 mm, commence dans le silence, une voix s’élève dans la salle : « le son, le son » et se met à imiter le son du vent que l’on entend en ouverture du film. Cette voix, c’était celle d’Agnès Varda qui était venu à la projection de son film. Le son a vite été rétabli et Agnès Varda a l’issu de ce très beau film à partagé ses souvenirs de tournages avec Patrick Blossier. »

 

 

 

 

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