Du 14 Févr. au 20 Févr.

De HONG Sang-soo – Corée du Sud 2017 1h41mn
avec Kim Minh-hee, Seo Young-hwa, Kwon Hae-hyo, Jeong Jae-yeong…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

L’actrice Kim Min-Hee  a décroché le prix de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin.
Après l’élégant Le Jour d’après montré sur nos écrans en juin dernier, l’infatigable Hong Sang-soo livre déjà un nouveau long-métrage qui en fait a été réalisé avant…
Si Seule sur la plage la nuit est une étude, Young-hee en est le modèle. Young-hee est une jeune et belle actrice qui a tout laissé derrière elle. Elle a eu en Corée une histoire d’amour avec un cinéaste plus âgé et marié. Face à l’indécision de ce dernier, elle a décidé de partir loin, en Allemagne, où nous la retrouvons hébergée par son amie Jee-young. Young-hee a ressenti le besoin de s’isoler pour s’extraire de cette relation passionnelle trop douloureuse. Avec Jee-young, qui a elle-même refait sa vie seule à Hambourg, elle s’autorise un moment suspendu dans sa vie, le temps de réfléchir à ce qu’elle attend des hommes et de l’amour. Si Young-hee est partie si loin, c’est aussi en espérant que son amant prendra la décision de la rejoindre. Dans un Hambourg plongé en plein hiver, cette première partie de film résolument mélancolique livre quelques beaux échanges entre Young-hee et son amie, au cours de promenades où elles évoquent avec subtilité leurs états d’âmes de femmes que l’amour a déracinées.
La seconde partie donne à voir une face beaucoup plus amère des sentiments de Young-hee. De retour en Corée, au contact de ses anciens amis, elle peine à trouver sa place. La tristesse ressentie durant son exil en Allemagne ne semble pas l’avoir quittée et s’exprime désormais auprès de son entourage, notamment lors d’une grande scène de repas trop arrosée (une figure imposée du cinéma d’Hong Sang-soo) qui révèlera la colère et le désespoir de Young-hee face aux choses de l’amour.
Depuis plusieurs années, Hong Sang-soo a adopté une mise en scène dépouillée, mélange d’écriture et d’improvisation, qui confère à ses films une grande spontanéité, d’autant que le cinéaste affiche un goût prononcé pour les longs dialogues qu’il filme généralement avec une seule caméra (il préfère les zooms aux champs-contrechamps) et dans leur continuité. Cette esthétique à brûle-pourpoint permet à l’émotion de surgir de manière soudaine et inattendue, tant l’expression d’un visage ou d’une attitude est scrutée avec minutie. Ajoutons qu’on ne saurait regarder ce beau portrait de femme en plein spleen amoureux sans avoir en tête que l’actrice et son réalisateur sont en couple dans la vie. Il est un cinéaste marié et elle a 24 ans de moins que lui…              UTOPIA

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Du 07 Fév. au 13 Fév.


Prix Étudiant de la Première Œuvre et  Mention du Grand Jury CINEMED

Prix Meilleure Actrice Mostra Venise

De Sofia DJAMA – Algérie / France 2017 1h42mn
avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi, Amine Lansari, Lyna Khoudri…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui exprime les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu’ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement.
Alger, belle, mystérieuse quelque que soit la lumière qui l’éclaire ; elle prend corps à travers plusieurs protagonistes, de différentes générations et origines sociales. Il y a d’abord le couple bourgeois , Samir et Amal, des militants qui ont participé en octobre 1988 aux émeutes qui ont conduit à la fin du parti unique et à l’ouverture démocratique. .. Cette soirée d’anniversaire de leur mariage a de tristes allures de bilan. Et puis il y a leur fils, Fahim, plus ancré dans le présent , ses amis étudiants, Reda et Feriel, avant de rejoindre des jeunes d’un tout autre milieu social, dans un quartier populaire, où l’humour, l’alcool et le shit – et pourquoi pas aussi la quête de spiritualité – aident à tuer l’ennui. Autour, dehors, Alger : ville qui semble garder en elle le secret des morts, des disparus et porte comme un fardeau le poids d’une guerre civile que l’on tente d’oublier mais à laquelle chacun pense, toujours, tout le temps, … L’avenir a du mal à se construire … un pays si jeune mais dirigé par un gouvernement usé jusqu’à la corde.
Alger est donc bien le personnage central du film, …avec sa sonorité contrastée entre le Taqwacore (une espèce de punk muslim hyper connecté au présent) et la chanson française engagée qui sent la naphtaline. Elle est le centre d’attraction et de répulsion de chaque personnage : on regrette de ne pas l’avoir quittée à temps, on voudrait la fuir ou y rester enraciné à tout jamais, on la regarde avec tendresse, dégout ou amertume face à ce qu’elle est devenue et devant ce qu’elle ne sera jamais.
« Je voulais 2 points de vue générationnels montrant les conséquences de la bigoterie et de la politique sur l’intimité des gens. … Il y a les adultes qui avaient 20 ans en octobre 88… Et leurs enfants âgés de 20 ans en 2008 (ma génération), période à laquelle se déroule l’histoire, quelques années après la guerre civile. Les parents, veulent fêter leur 20ème anniversaire de mariage au restaurant. Mais cette nuit-là va les forcer à rompre avec ce rituel : ils vont devoir faire face à l’échec sociopolitique dont ils sont en partie responsables en tant qu’ex-militants. Au même moment, Fahim et ses amis errent dans une Algérie différente, sous tension, mais dans laquelle ils trouvent des espaces de liberté, car, contrairement à leurs aînés, ils continuent de rêver en créant leurs propres codes … » Sofia Djama                                               UTOPIA

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Du 31 Janv. au 06 Févr.

Zhang TAO – Chine 2016 1h22mn
avec Yu Fengyuan, Li Fengyun, Chen Shilan, Pan Yun…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Dans un village de province de Chine, une vieille paysanne fait une chute. Ses enfants en profitent pour la déclarer inapte et sans lui demander son avis, de la faire admettre dans un hospice. Mais il faut attendre qu’une place se libère ;  la grand-mère devra donc séjourner chez un de ses enfants. En fait elle passe de la maison de l’un à la maison de l’autre … … tandis que sa santé décline, tandis que ses rapports avec ses proches se dégradent.
Madame Lin aime pourtant ses enfants…mêmes s’ils la délaissent, même s’ils la traitent mal. Chacun des membres de la famille représente un aspect de l’envers du boom économique. Les enfants de Madame Lin apparaitront donc sans doute ingrats, voire odieux, mais à vrai dire ils pâtissent de ce nouveau monde libéral et individualiste. La manière dont ils traitent la vieille femme n’est probablement que l’expression de leur désarroi, de la rancœur et de la colère …Madame Lin quant à elle, le corps usé, le cœur lessivé, murée dans son silence, assiste impuissante aux déchirements familiaux, accepte stoïquement le traitement qui lui est réservé. Jusqu’au jour où elle va réagir de la manière la plus inattendue qui soit : elle se met à rire, à rire franchement, à rire longtemps. Un rire qui d’abord surprend son entourage, puis qui agace, qui décuple le ressentiment et la rage impuissante. Mais surtout qui interroge, qui ouvre un abîme de questions sans réponse…
« Des acteurs, fussent-ils les meilleurs, n’auraient pu jouer le rôle de ces paysans aussi bien que ces paysans eux-mêmes. Aucun chef décorateur ne pouvait rendre compte de l’environnement où ils vivent aussi bien que la réalité même…Les fissures des murs comme les rides du visage de la vieille dame sont réelles, … Mon travail de mise en scène a consisté à faire voir et ressentir cette réalité. J’ai voulu capter le parler si particulier de ces paysans, … et aussi retrouver la lumière brumeuse de l’hiver … et la démarche d’une femme qui a travaillé la terre toute sa vie.
« Mieux qu’un documentaire, il s’agit, avec l’histoire de cette vieille dame, de raconter des conflits et des drames familiaux universels : ce que chacun rencontre quand il faut s’occuper de ses vieux parents, l’ingratitude des enfants devenus adultes, l’incommunicabilité entre parents et enfants. » Zhang Tao                           UTOPIA

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FESTIVAL TELERAMA du 24/01 AU 30/01

Du 24/01 au 30 /01 21ème Edition du Festival cinéma Télérama – au Colisée
À voir ou à revoir, à consommer sans modération, tout est bon !!!
Programme complet : voir plaquette du Colisée

Les Amis du Cinoch’ soutiennent particulièrement

«UN HOMME INTEGRE » de M. RASOULOF

Reza, l’homme intègre du titre, est à la tête d’un petit élevage de poissons rouges – lesquels font partie intégrante de la tradition de Norouz, le nouvel an iranien. Reza a quitté Téhéran pour s’installer à la campagne et il compte sur son élevage pour se refaire un avenir. Sous l’apparence paisible de la jolie bicoque familiale perdue entre deux étendues d’eau, se trame un drame, et la petite ferme piscicole parait bien fragile, tout comme la vie,. Tous, à l’image de la nature endormie, semblent attendre un renouveau qui tarde à venir.
Regard ténébreux, allure obstinée, chaque fibre, chaque geste de Reza témoignent qu’il est un homme qui bout intérieurement, habité par une juste colère. Même pour obtenir un report d’échéance pourtant salvateur, il ne peut se résoudre à verser un pot-de-vin à son banquier, selon une pratique communément admise. « Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul ! »…Il a le panache qui sied aux vrais héros, aux justes… Mais à quoi cela sert-il dans un pays où règne la loi du plus fort et la corruption à tous les étages ? Il serait seul contre tous sans la présence complice et les conseils avisés d’Hadis, son épouse, Mais aussi admirable soient-elles, les convictions de Reza ne suffisent plus. Se débattre dans un milieu hostile, dont on n’est pas issu, nécessite plus que de la vaillance et de la grandeur d’âme et ses efforts acharnés, son travail opiniâtre, risquent bien d’être anéantis par les magouilles tout pour l’exproprier. Reza se trouve pris dans un véritable cauchemar éveillé. …Reza va-t-il apprendre la résignation ?
Le récit de cet affrontement implacable est ponctué de moments de douceur et de grâce indicibles… … On est tenus en haleine jusqu’au dénouement, très fort, d’une férocité ravageuse…
On se doute que le personnage de Reza est un reflet de Mohamed Rasoulof, le réalisateur qui vit constamment aux aguets, dans la peur des représailles. « J’étais prêt à être arrêté et emprisonné… Finalement, le bureau de la censure m’a juste (Rasoulof qui risque six ans de prison dans son pays et vient de se voir confisquer son passeport. Il vous sautera aux yeux que ce thriller tendu, de haute tenue, est une œuvre éminemment politique, qui offre une une analyse terriblement lucide et décapante des dessous d’une société où il n’existe guère d’autre alternative que d’être oppresseur ou opprimé, corrupteur ou corrompu.)

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Du 17 Janv. au 23 Janv. 2018

De Ferenc TÖRÖK– Hongrois
Sortie Nationale – 1h31
Avec Péter Rudolf, Bence Tasnádi, Tamás Szabó Kimmel
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Tiré d’une nouvelle de G.T. Szanto.
Multi primé aux Etats Unis et à Berlin
Filmé en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur
Peu de films traitent des événements de 1944 en Hongrie.
Selon le producteur Angelusz, La Juste route « se passe à une époque où il y avait encore une chance d’aller vers un avenir meilleur, et aussi de regarder en face des souvenirs sombres qui vivent encore en nous. Ce n’est pas le but de ce film de pointer un doigt accusateur. (…) Ce n’est pas un film sur l’Holocauste, mais plutôt un drame qui dissèque la vie d’un village de province hongrois et comment les événements tragiques de la guerre a affecté toute la population. »
Un paisible village hongrois, au lendemain du bombardement de Nagasaki. Un mariage se prépare, l’ambiance est à la fête. Voilà qu’une nouvelle inquiète la communauté : deux anciens villageois, rescapés des camps et de confession juive, sont à l’approche… La Juste Route est un film curieux. Une forme de western hongrois, d’austère facture, tourné en noir et blanc, respectueux de la règle des trois unités. Il obéit à un suspense étonnant, où le destin s’incarne en deux figures sombres et silencieuses, presque fantomatiques, qui arpentent cette juste route à une allure que n’aurait pas reniée le conducteur de tracteur sexagénaire d’Une histoire vraie, de David Lynch. Devant cette menace, le village s’affole. Sont-ils venus chercher réparation ? Quelqu’un les aurait-il dénoncés ? Spoliés ? Et que transportent-ils dans leurs mystérieuses caisses ? Un trésor, assurément, puisqu’ils sont juifs… Le climat de paranoïa qui s’instaure alors semble justifier cette sentence signée Faulkner : « Le passé ne meurt jamais, il n’est jamais passé. » Autre élément notable, ce film réaffirme les ravages de la cupidité en temps de guerre. Bien en deçà de l’ineffable folie engendrée lors de la Seconde Guerre mondiale, la convoitise ordinaire, l’appétence pour l’accumulation pécuniaire, participe déjà d’une terrifiante monstruosité.

En noir et blanc

La Juste route est filmée en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur qui ne pouvait pas imaginer son oeuvre d’une autre manière. Selon lui, cela rend le film plus authentique et rappelle les archives photos. Cela lui a aussi permis de ne pas se préoccuper des couleurs, au profit de la composition de l’image et de la direction d’acteur : « Le cadre est plus intense en noir et blanc, cela permet au public d’être plus concentré sur l’histoire, sur le drame humain. »
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