« MARTIN EDEN » du 13 nov. au 19 nov. 2019

Festival de Venise 2019
Prix d’interprétation masculine pour Luca Marinelli.

De Pietro MARCELLO Italie 2019 2h08mn avec Luca Marinelli, Jessica Cressy, Carlo Cecchi, Marco Leonardi…

D’après le roman de Jack London
Avant d’être ce superbe film, Martin Eden, c’est bien sûr un chef d’œuvre de la littérature, un des premiers des best-sellers de l’histoire, créé par un écrivain hors normes dont on a cru longtemps qu’il s’était projeté dans ce personnage de jeune prolétaire – écrivain en herbe, qui ne rencontre pas le succès et qui veut s’élever culturellement et socialement par l’amour passionnel et irraisonné d’une belle bourgeoise rencontrée par hasard. Il y avait bien quelques indices incitant à rapprocher Jack London et Martin Eden. Jack, fils d’un ouvrier au temps de la Révolution industrielle, a travaillé enfant à l’usine, connu les bas fonds, cherché de l’or dans le Klondike au cœur du Grand Nord canadien, été mousse sur des goélettes partant chasser le phoque… avant de devenir correspondant de presse au début du 20ème siècle sur le théâtre des opérations des guerres russo-japonaise puis américano-mexicaine. Pourquoi et comment ce gamin issu du prolétariat devint un tel aventurier avant d’être écrivain reconnu ? Par amour ? Jack London eut beau protester de la différence entre ses motivations et celle de son personnage, le doute subsista.
Pietro Marcello, au talent singulier et au parcours étonnant (il fut éducateur en milieu carcéral avant de passer au cinéma), nous avait intrigués et séduits avec son très beau Bella e Perduta, conte sicilien entre documentaire et fiction témoignant de la folie d’un pâtre qui sacrifia sa vie à sauver un palais abandonné et un bufflon voué à une mort certaine. Martin Eden, adaptation à la fois très libre et très fidèle du roman de Jack London, pourrait apparaître comme plus classique dans son respect du récit rapportant le parcours du jeune héros, même si l’histoire est transposée dans un Naples indéfini entre le début du siècle et les années 60. Si ce n’est ces anachronismes qui évoquent la divagation propre à la lecture, Marcello suit son personnage, jeune marin et apprenti écrivain dont le destin bascule quand il sauve un jeune homme de la bonne société et qu’il se laisse subjuguer par la sœur de celui-ci. C’est une jeune femme un peu distante et mystérieuse, qui comprend l’intelligence de Martin et le pousse à se cultiver et à voyager pour acquérir ce qui selon elle fonde le terreau d’un grand écrivain. Mais Martin pourra-t-il, souhaitera-t-il se conformer aux exigences de la belle, qui espère que son soupirant se plie aux diktats raisonnables de la société bourgeoise alors que lui est habité par les idées marxistes ?
Une des très belles idées du film de Pietro Marcello réside dans l’utilisation presque expérimentale au fil du récit d’images d’archives du Naples populaire des années 50/60, renforçant l’anachronisme par rapport à l’œuvre de London mais rappelant les origines et la culture ouvrière du héros, et apportant dans la mise en scène et les couleurs une tonalité propre au grand cinéma italien social des années 70, celui des Frères Taviani ou de Bellochio. Ajoutez à cela la magnifique interprétation dans le rôle titre de Luca Marinelli, justement récompensée au récent Festival de Venise, et vous avez un grand film, original et passionnant. UTOPIA
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« CEUX QUI TRAVAILLENT » du 6 nov. au 12 nov. 2019

PRIX PUBLIC FESTIVAL ANGERS 2019
SÉLECTION OFFICIELLE  LOCARNO

D’Antoine RUSSBACH – Suisse / Belgique 2019 1h42mn – avec Olivier Gourmet, Adèle Bochatay, Louka Minella, Isaline Prévost, Michel Voïta, Pauline Schneider…

Ce film en plus d’être une magnifique réussite, explore ce qu’il y a de plus profond dans la nature humaine et interroge finement l’impact de nos choix collectifs autant qu’individuels sur l’évolution du monde.
Comment se peut-il qu’un jeune réalisateur puisse du premier coup pondre une telle œuvre, qui laisse pantois tant sa pertinence nous claque à la gueule ? Pauvres de nous… quel monstre broyeur d’humanité avons nous donc construit sans que personne ne s’insurge ? Antoine Russbach réussit dans son premier long métrage à dire avec une force saisissante l’essentiel de ce qui nous tourmente et questionne la société toute entière : que sommes nous devenus, que reste-t-il d’humanité ?
Frank, cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, chef d’orchestre d’un ballet de cargos énormes qui trimballent d’un continent à l’autre toutes sortes de denrées. Il définit les routes des navires qui ne sont pour lui qu’une abstraction concrétisée par des chiffres et des petits points qui se baladent sur un écran d’ordinateur… tandis que les individus disparaissent dans les statistiques, petites choses anonymes perdues dans un océan invisible et lointain … depuis ce bureau .., ni l’odeur des embruns, ni le ressac d’une humanité en souffrance.
Bosseur, il a le sens des responsabilités, une famille, trois beaux enfants, qu’il n’a guère le temps de voir, mais qui ne manquent de rien … Il assume son rôle de père, de mari avec la même conscience que le reste… sans se demander jamais si cette vie-là le rend vraiment heureux.
Ce jour-là justement, il doit quitter à la hâte son bureau pour récupérer sa fille à l’école : un bobo, un mal au ventre, une envie de câlins ? Au moment même où un capitaine le sollicite dans une situation de crise : un clandestin se trouve à bord, malade, …, l’équipage est inquiet… Accroché à son portable, Frank hésite : quel ordre donner ? Faire demi-tour et ramener le malade au premier port, au risque de perdre la cargaison ? Aller au bout, braver la peur des marins, risquer le contrôle, une amende, voire pire ?
Frank tranchera sous la pression et son choix, terrible, lui coûtera son poste… Trahi par un système à qui il pense avoir tout donné et qui, hypocritement, le lâche, alors même qu’il s’inscrivait parfaitement dans sa logique, en cohérence avec les objectifs fixés, , … Et voilà que cette décision, prise en toute conscience, renvoie les autres à la mécanique infernale qu’ils ont construite et dont ils refusent de payer le prix : Frank sera le fusible qui saute.
C’est d’une maitrise confondante et Olivier Gourmet porte le personnage avec une intensité qui ne laisse rien passer … Ce faisant il renvoie la question à ceux qui regardent le film : qui sommes nous pour juger, qui peut condamner… Où finit la responsabilité de la société qu’on a tous contribué à créer, où commence la nôtre ? Suffit-il de jouer dans les marges pour être exempt de cette coresponsabilité ? Que sommes-nous prêts à accepter pour ne rien perdre de notre confort ?
Ce n’est pas un film bavard, c’est un film dont l’intensité tient autant dans les mots que dans les silences, les gestes, les regards, les frémissements du visage. Et Gourmet excelle à porter à fleur de corps les frémissements inquiets de l’âme…UTOPIA

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« ATLANTIQUE »‘ du 30 oct. au 5 Nov.2019

Grand Prix du Jury – Festival de Cannes 2019

De Mati DIOP – Sénégal/France 2019 1h45mn – avec Mama Sané, Amadou Mbow, Ibrahima Traoré, Nicole Sougou…

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers d’un chantier, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur.Parmi eux se trouve Souleiman, qui laisse derrière lui celle qu’il aime, Ada, promise à un autre homme.
Quelques jours après le départ en mer des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage d’Ada et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier.
Issa, jeune policier, débute une enquête, loin de se douter que les esprits des noyés sont revenus. Si certains viennent réclamer vengeance, Souleiman, lui, est revenu faire ses adieux à Ada…
Atlantique est un prolongement du premier court métrage de Mati DiopAtlantiques, tourné à Dakar en 2009. On y suit Serigne, un jeune homme qui raconte à ses amis sa traversée en mer. « C’est l’époque « Barcelone ou la Mort » où des milliers de jeunes quittent les côtes sénégalaises pour un avenir meilleur en tentant de rejoindre l’Espagne » raconte la réalisatrice.

Une histoire collective

Suite aux émeutes qui ont secoué Dakar en 2012, quelques mois après le printemps arabe, Mati Diop a eu envie de poursuivre ce qu’elle avait entrepris avec Atlantiques. Un soulèvement citoyen, appelé « Y’en a marre », porté par des jeunes sénégalais, appelait à la démission d’Abdoulaye Wade, alors président du Sénégal. La réalisatrice se souvient : « « Y’en a marre » tournait la page sombre de « Barcelone ou la Mort ». Pour moi, quelque part, il n’y avait pas les morts en mer d’un côté et les jeunes en marche de l’autre. Les vivants portaient en eux les disparus, qui en partant avaient emporté quelque chose de nous avec eux. Il s’agissait d’une seule et même histoire collective ». 

Un film de fantômes

Malgré son sujet politique et social, Atlantique revêt une dimension fantastique et poétique. Lorsqu’elle réalisait Atlantiques en 2009, Mati Diop avait le sentiment que les hommes dont elle recueillait la parole étaient déjà partis : « Je trouvais qu’il régnait une atmosphère très fantomatique à Dakar et il me devenait impossible de contempler l’océan sans penser à tous ces jeunes qui y avaient disparu. Pour moi, faire un film n’est pas simplement raconter une histoire. C’est avant tout trouver une forme à une histoire ». Désirant raconter une histoire de fantômes, il était alors logique pour elle de faire un film fantastique.

Roméo et Juliette

La réalisatrice a voulu raconter un amour impossible, « à l’ère du capitalisme sauvage. Un amour fauché par l’injustice, volé par l’océan ». Elle s’est aperçue qu’elle n’avait grandi avec aucune figure de couple de noirs digne de Roméo et Juliette, à l’exception des héros de Touki Bouki, un film sénégalais réalisé par son oncle, Djibril Diop Mambéty.

La tour sombre

La tour que l’on voit dans le film est en 3D et s’inspire d’un vrai projet architectural, la « Tour Kadhafi », initiée par l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade et Mouammar Kadhafi en 2009. Cette pyramide noire gigantesque surplombant Dakar devait être la première tour solaire et la plus haute d’Afrique. À l’issue de trois ans de construction, elle devait mesurer 200 m de haut, soit 60 niveaux et 100 000 m². La tour n’a finalement jamais vu le jour mais a marqué Mati Diop : « j’ai ressenti un mélange d’indignation et de fascination. Comment pouvait-on dépenser des millions dans une tour de luxe dans une situation sociale et économique aussi désastreuse ? Ce qui m’a dans le même temps fascinée est que cette tour, en forme de pyramide noire, avait pour moi l’allure d’un monument aux morts ». 
« Il est des films qui marquent d’emblée la rétine et occupent l’esprit longtemps après l’avoir touchée. Atlantique est de ceux-là qui fait son effet puis chemine à pas feutrés vers une digestion lente de ce qu’il a distillé. La beauté pure d’une histoire d’amour, la puissance d’une fable politique, le trouble d’un conte peuplé de fantômes réunis en un seul geste, dirigé par un élan vital qui a valeur de signature. » (V. Cauhapé, Le Monde)

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« CHAMBRE 212 » du 23 au 29 octobre 2019

Un Certain Regard – Prix d’interprétation Chiara Mastroianni

De Christophe HONORÉ – France 2019 1h30mn – avec Chiara Mastroianni, Vincent Lacoste, Benjamin Biolay, Camille Cottin, Carole Bouquet…

À l’ombre protectrice et revendiquée de Woody Allen, Ingmar Bergman et Bertrand Blier, Christophe Honoré nous offre un merveilleux divertissement, léger et profond à la fois… Quel bonheur de croire, une heure trente durant, qu’il serait possible de revenir en arrière et changer le cours des choses, aimer à nouveau comme au premier jour, croiser même les morts et retrouver un peu de cette fulgurance qui nous rend furieusement vivants ! Christophe Honoré et sa bande de saltimbanques réussissent un délicieux tour de passe-passe qui vous entraînera quelque part de l’autre côté de l’arc-en ciel, à peine franchi le seuil de la chambre 212.
Sacha Guitry – auquel on pense également – y perdrait son latin : ce sont les femmes adultères qui se planquent dans les placards, revenant tout sourire au bercail sur un air de « même pas grave », fortes de leur jouissance et de cette évidence que la passion amoureuse s’étiole méchamment au fil des ans. Et ce sont les hommes qui pleurent et se lamentent… Vœu pieux ? Maria donc, enseignante très à cheval sur le suivi personnalisé de ses élèves – surtout quand ils portent un prénom sexy –, s’est fait une raison, sans dramatiser ni tirer de conclusion définitive : entre Richard et elle, la flamme s’est étouffée, … Et ce soir-là, peut-être parce que Richard porte un horrible bermuda avec des chaussettes flageolant à mi-mollets, ou peut-être parce qu’elle en a assez de lui jouer la comédie légère, elle décide de prendre la tangente, faire le point.
Prends une chambre d’hôtel dont la fenêtre donne précisément sur son appartement, sa vie, son homme … Une vue idéale sur son mariage en panne pour enfin s’envisager de l’intérieur. Mais pour la réflexion en solitaire, c’est raté : voilà que la chambre d’hôtel est envahie par une foule sentimentale de protagonistes, bien décidés à s’exprimer même si on ne leur a rien demandé, à apporter leur contribution à ses réflexions intérieures, voire, pire, à lui faire moult reproches sur sa légèreté ou sa conduite passée, ses désirs de liberté qui en ont blessé plus d’un.
Autant dire que la nuit va être mouvementée… Le film avance comme dans un rêve, révélant au cœur d’un dispositif volontairement théâtral une sublime authenticité des êtres et des sentiments. Tout coule, tout est fluide, la narration et les dialogues sont ultra-rythmés, tout comme la musique (toujours en mode majeur chez Honoré). Chef d’orchestre virtuose à la tête d’une troupe de comédiens de haute volée (Chiara Mastroianni en majesté, les menant tous à la baguette), Christophe Honoré signe ici une rêverie éveillée lumineuse et c’est un enchantement.

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« BUNUEL, Après l’âge d’or » Vendredi 18 octobre à 18h15

Long Métrage – Annecy  Sélection Officielle

Partenariat  Centre Joë Bousquet et son temps / Le Colisée/Amis du Cinoch’

De Salvador SIMO – film d’animation Espagne 2018 1h20mn VOSTF – Scénario d’Eligio R. Montero et Salvador Simo, d’après Fermin Solis

Voilà un film étonnant qui évoque bien sûr la figure et l’œuvre de l’immense cinéaste que fut Luis Buñuel. Il enchantera à ce titre les cinéphiles, mais peut aussi séduire, par ses qualités narratives et graphiques, tous les amateurs d’animation. Les spectateurs qui connaissent et apprécient le réalisateur découvriront un épisode méconnu de la vie et de l’œuvre de Luis Buñuel. Le film offre aussi un instantané révélateur de l’Espagne pré-franquiste : quand il débute, nous sommes au tout début des années 30, non pas en Espagne mais à Paris, où le jeune Luis Buñuel,vient de faire scandale avec son film L’Âge d’or, un an après avoir déjà vigoureusement secoué le cocotier avec Le Chien andalou, film manifeste du surréalisme. C’est d’ailleurs avec ses compagnons André Breton, Man Ray, Louis Aragon, Max Ernst, Jacques Prévert, Paul Eluard et quelques autres que le cinéaste fête la projection. Mais le film provoque des réactions tellement violentes que Buñuel est victime de la censure, subit des attaques physiques des cagoulards … et se trouve de facto empêché de développer en France un nouveau projet.
C’est à ce moment-là qu’il est contacté par un ethnologue pour s’intéresser au sort des paysans d’une des régions les plus pauvres d’Espagne, les Hurdes, en Estrémadure, région montagneuse et désertique non loin de la frontière méridionale avec le Portugal. Convaincu par Ramon, son ami d’enfance anarchiste, qui met à sa disposition le gain miraculeux d’un billet de loterie, Buñuel, qui n’a pourtant rien d’un documentariste et qui est à vingt mille lieues du naturalisme, va faire le voyage et aller à la rencontre de ces gens dont les réalités quotidiennes sont extrêmement dures. : Et cette expérience va marquer durablement Buñuel dans son engagement politique, tandis que Las Hurdes (Terre sans pain en français) va marquer l’histoire du documentaire, en même temps que d’autres films tout aussi magnifiques tournés à la même époque, comme, pour n’en citer qu’un, Misère au Borinage de Joris Ivens.
L’animation, dynamique, colorée, restitue magnifiquement cette aventure d’amitié, d’engagement, de cinéma, tout en intégrant de véritables images – en noir et blanc donc – du documentaire réalisé par Buñuel. Le film ne fait pas l’impasse sur ce qu’on pourrait considérer comme des dérives du cinéaste, qui franchit allègrement les frontières entre document et fiction et n’hésite pas à reconstituer certaines scènes particulièrement représentatives de la dureté de la vie des paysans, comme l’enterrement d’un enfant ou la mort d’un âne dévoré par les piqûres d’abeille. Et en même temps, on voit bien que Buñuel ne le fait pas pour tricher mais pour mieux exprimer – metteur en scène visionnaire qu’il est – la réalité dans toute son horreur et rendre ainsi un magnifique hommage au courage des paysans.
Le film de Buñuel, probablement trop dur au regard de la jeune république espagnole de 1933 – 1935, sera censuré par le gouvernement, avant d’être libéré par le Front Populaire en 1936. Quant à Ramon, le grand ami anarchiste, il sera exécuté quelques années plus tard par les franquistes. Il faudra attendre plus de 30 ans pour que Las Hurdes soit projeté de nouveau, et Buñuel reversera les recettes à la famille de Ramon

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