« CUNNINGHAM » du 19 Fév. au 25 Fév. 2020

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D’Alla KOVGAN – documentaire Allemagne/France/USA 2018 1h33mn

Cunningham retrace l’évolution artistique du chorégraphe américain Merce Cunningham, de ses premières années comme danseur dans le New-York d’après-guerre, jusqu’à son émergence en tant que créateur visionnaire. Tourné en 3D (mais présenté en 2D chez nous, of course !) avec les derniers danseurs de la compagnie, le film reprend 14 des principaux ballets d’une carrière riche de 180 créations, sur une période de 70 ans. Cunningham est un hommage puissant, à travers des archives inédites, à celui qui a révolutionné la danse, ainsi qu’à ses nombreux collaborateurs, en particulier le plasticien Robert Rauschenberg et le musicien John Cage.

Le film est construit de manière assez singulière et non linéaire, savant montage de documents d’époque visuels et sonores et de pièces chorégraphiques interprétées par des danseurs contemporains dans différents lieux spectaculaires. Il montre toute la richesse de l’œuvre de cet artiste visionnaire qui appréhendait la danse non pas comme l’illustration d’un univers, de concepts ou d’histoires, mais comme un moyen d’expression où seule la liberté d’interprétation propre à chacun (chorégraphe, danseur, spectateur) fait sens.
« … le parti pris chronologique du récit, en contradiction avec le principe du compositeur John Cage – compagnon et collaborateur du chorégraphe – de situer une création non par rapport à un progrès linéaire mais à un espace ouvert ; la joliesse de cartes postales stéréoscopiques ; la sensation qui résulte des prises de vue plongeantes … ; la période considérée, limitée à trois décennies, de 1942 à 1972 soit entre la naissance de la troupe, la formation du couple artistique Cage-Cunningham et la retraite des interprètes historiques à la fin des sixties ; ou encore la frustration d’être privé de chorégraphies majeures, produites avec la troupe renouvelée des années 70 où brillait notamment le danseur Robert Swinston. Pourtant, la réussite de Cunningham est totale, par son originalité, son audace, son intelligence.
Parmi les trésors dénichés par la réalisatrice, un court métrage, Music Walk with Dancers (1960) qui contient le duo Suite for Two, est intelligemment utilisé dans le film. Tantôt, il est cité pour sa valeur historique : une véritable « performance » au sens actuel du terme, c’est-à-dire à un « happening » ou « event » du mouvement artistique des années 60 Fluxus, sous influence Dada. Tantôt, Suite for Two est utilisé pour la qualité de la composition pianistique de John Cage, fondue-mixée à l’œuvre telle que reprise par les jeunes danseurs du film. Deux pièces se détachent aussi du lot. D’une part, RainForest (1968), récemment remontée avec brio par le Ballet de Lorraine, avec les fameux oreillers gonflés à l’hélium inspirés à Andy Warhol par Salvador Dali, efficacement captée par des caméras au ras du sol, éclairé en clair-obscur avec de forts contrastes. De l’autre, Summerspace (1958), scénographiée par Robert Rauschenberg dans l’esthétique pointilliste d’un Paul Signac, avec un effet de camouflage entre le cyclo et les interprètes vêtus d’académiques mouchetées évoquant de faunesques pelages. »
(Merci à Mouvement.net) UTOPIA

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« MADE IN BANGLADESH » du 5 fév. au 11 fév.

De Rubaiyat HOSSAIN – Bangladesh 2019 1h35mn avec R. Shimu, N. Rahman, D.Martin, P. Paru, M. Maya…

Prix d’interprétation féminine
Festival St Jean de Luz

Made in RPC.  Made in Turkey.  Made in India. Made in Marocco. Made in Bangladesh. Derrière chacune de ces étiquettes qui ornent innocemment le prêt à porter occidental, se cachent des milliers de bras fatigués, de doigts engourdis, de dos endoloris et d’yeux affaiblis. Dans de grandes usines ou dans des ateliers mal éclairés, des femmes cousent à la chaîne, …, pour un salaire de misère. Si l’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde, elle est aussi l’une de celles qui bafouent le plus le droit des travailleuses …parce que les grandes enseignes tirent toujours plus bas les prix pour satisfaire leur clientèle occidentale, c’est à dire nous qui voulons payer moins pour acheter plus. Parfois les consciences se réveillent, le temps d’un drame, comme celui qui a frappé le Bangladesh en avril 2013, … provoquant la mort de 1138 ouvriers et en blessant plus de 2 000 parmi les 5000 salariés des entreprises textiles  lors d’un effondrement d’une usine…. 60% des vêtements vendus en Europe viennent du Bangladesh, pays qui est le deuxième plus grand exportateur au monde après la Chine.
C’est pour donner un nom, un visage, un destin à toutes ces ouvrières anonymes que Rubaiyat Hossain a souhaité faire ce film, mais aussi pour sensibiliser le public occidental …
Shimu ,25 ans, travaille, comme de nombreuses jeunes femmes, dans une usine textile … Enfermée dans un atelier sans fenêtre, sans climatisation, sans aération, elle se résigne à accepter des conditions de travail extrêmes, … des horaires et des cadences toujours plus délirantes. Alors qu’une journaliste veut l’interroger suite à un incendie meurtrier qui a ravagé son atelier, …, elle découvre presque par hasard qu’elle vit dans un pays où existent un droit du travail et des femmes prêtes à l’aider pour le faire respecter. D’abord réfractaire à toute idée de lutte syndicale, par peur de perdre son emploi, de se faire mal voir par les autres ouvrières, par crainte aussi des représailles de son époux au chômage qui compte sur son salaire, elle va peu à peu s’engager. C’est la naissance d’une conscience politique au féminin que raconte Made in Bangladesh, dans un pays patriarcal peu enclin à laisser la parole aux femmes…. Au fil du récit, on assiste à l’émancipation de Shimu.
Tourné au Bangladesh, dans un quartier pauvre de Dacca, avec une équipe technique essentiellement féminine, le film distille aussi les parfums, les couleurs, les odeurs de cette vie de quartier où les femmes se retrouvent et vivent dans la rue. Il dit aussi la pression de la religion et des coutumes qui imposent le mariage comme seule issue aux destinées féminines. Made in Bangladesh rappelle les films optimistes de Ken Loach, avec l’espoir au bout de l’histoire…

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« LES SIFFLEURS » du 29 Janv. au 4 Fév. 2019

SELECTION FESTIVAL CANNES 2019

Avertissement :  scènes,  propos ou  images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

(LA GOMERA) Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU – Roumanie 2019 1h38mn – avec V. Ivanov, C. Marlon, Ro. Lazar, A.Buil…

Cinéaste atypique, Corneliu Porumboiu n’a décidément pas fini de nous surprendre, ce coup-ci en se jouant des archétypes des films de genre : noir, western, romance… Tout les ingrédients sont là , un scénario brillamment construit et rythmé. S’il s’éloigne du ton réaliste et dénonciateur de ses précédents films (12h08 à l’est de Bucarest, Le Trésor, Policier adjectif…), le réalisateur ne se départit surtout pas de son humour, qui se fait sifflotant et moins grinçant dans le cas présent. Il s’empare… d’un langage ancestral, développé dans les zones montagneuses et escarpées, afin de communiquer à distance, nommé ici dans les îles Canaries le « Silbo », ….Les Siffleurs se déploie en un très surprenant thriller de haute volée, servi par des personnages dignes des grands classiques des années 50. On pourra d’ailleurs s’amuser à décrypter les clins d’œil, les références … tel un excitant jeu de piste à la grammaire cinématographique parfaitement maîtrisée.
L’ouverture du film est délibérément olympienne. The Passenger, titre culte d’Iggy Pop, donne le ton et accompagne l’entrée en lice de Cristi. Ce dernier semble alors incarner le « passager » désabusé mais énamouré que décrit la chanson, … Pourquoi cet inspecteur vogue-t-il vers la côte rocheuse et sauvage de la paradisiaque Gomera, île des Canaries que l’on découvre depuis un ferry battu par les flots ? La première raison, … est l’apprentissage de l’idiome local, que la mafia a décidé d’utiliser comme un langage codé… Cristi est un flic corrompu, qui arrondit ses fins de mois en frayant avec des malfrats, ce dont ses supérieurs ont fini par se douter. La deuxième raison, … est qu’il est définitivement tombé sous l’emprise de la sublime Gilda. … elle a l’allure de son prénom désormais légendaire, beauté fatale … traînant à ses pieds une cour d’admirateurs incapables de lui refuser quoi que ce soit. On comprendra progressivement le lien sulfureux et troublant qui lie ces deux êtres, …
En attendant, voilà notre inspecteur sur le retour contraint à des cours particuliers, à la façon d’un vulgaire écolier à la traîne, s’appliquant en vain …ne réussissant, malgré tous ses efforts risibles, qu’à produire des pfuitt … Il a beau faire, l’apprentissage plus ardu que celui du javanais. Pourtant, le motivé Cristi finira par moduler quelques sons audibles… pour un jour être fin prêt à accomplir sa mission. Situation on ne peut plus cornélienne. Pour satisfaire sa belle, notre condé …lui a promis de faire sortir son amant Zsolt de prison.. Dans cette histoire de dupes, les dés sont incontestablement pipés, l’amour damné… On ne donne pas cher de la peau ni de l’une, ni des autres et l’on se retrouve suspendu aux lèvres du destin, attendant l’inévitable moment où tout va dangereusement déraper…

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« SEJOUR DANS LES MONTS FUCHUM » du 22 Janv. au 28 Janv. 2020

Semaine de la Critique – Cannes 2019

De Gu XIAXOGANG – Chine 2019 2h30mn VOSTF – avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Zhang Renliang…

Ne cherchez pas ! Les noms du réalisateur, acteurs (issus de son entourage) vous sont fatalement inconnus. Avec les moyens du bord, malgré les aléas matériels qui l’ont contraint à deux ans de tournage, par manque d’aide financière extérieure au départ du projet, Gu Xiogang rentre subrepticement dans la cour des grands grâce à cette fresque contemporaine lumineuse…La langueur, déconcertante de prime abord, va rapidement devenir une alliée réconfortante. Elle nous love dans un dépaysement total, l’émerveillement de la rencontre avec la culture chinoise. Tout devient alors sensualité, émotion à fleur de peau…, émaillée de ces petits riens dont on devient friands.
Le titre du film est éponyme de celui d’une célèbre peinture chinoise du 16ème siècle. Longue de plusieurs mètres, conservée sous forme d’un rouleau, on la découvrait en la déroulant lentement, en connaisseurs, centimètre par centimètre, effeuillage délicat, presque les prémices du cinéma.
Le réalisateur dévide son histoire, au fil de l’eau, de la même façon, … Par petites touches subtiles, il croque son époque méticuleusement, embrasse la beauté des paysages, … Au lieu de cultiver la grandiloquence, il travaille l’épure et nous embarque à son rythme, loin de notre société occidentale de bruit et de compétitivité. Cela fait un bien fou : il suffit de s’enfoncer tranquillement dans la matrice obscure d’une salle de cinéma et de se laisser bercer. On se fond alors dans le décor, en observateurs privilégiés de ce qui est également une chronique familiale tendre, douce amère, touchante, un voyage dans l’espace et le temps, profondément sincère.
Tout débute l’été à Hangzhou, ville native du réalisateur, celle-là même qui servit de décor à la célèbre peinture, sept siècles plus tôt. Dans un restaurant, qui fut, est, restera (?) familial, 3 générations d’une même lignée sont réunies. C’est l’anniversaire de Mum, c’est ainsi que tous surnomment leur aïeule, celle qui a jusque là guidé son monde d’une main de matriarche, et qu’il va falloir épauler à présent… La fête sera vite écourtée par un événement inattendu.
Progressivement on va pénétrer dans l’intimité de la famille, constater les disparités, les rivalités que le capitalisme ambiant, va accentuer, mettant à mal les schémas ancestraux … Impossible de rester plus longtemps indifférent à ce monde en pleine mutation… On rase les vieux quartiers, on les remplace par du neuf, fonctionnel. À seulement 200 kilomètres de la grouillante Shanghaï, la demande est forte. Bien malin qui spécule, bien stupide celui qui reste à la traîne. … Mais dans le fond, tous sont victimes et ploieront tôt ou tard sous le poids des dettes. Pour échapper à leur sort, les parents espèrent de beaux mariages de raison lucratifs alors que les enfants rêvent d’amour et de liberté.
Seuls les lieux historiques demeurent encore, pour un temps du moins, inviolés. L’immensité de la nature qui surplombe les hommes semble se rire de leur agitation et de leurs ambitions mesquines, appelant à la romance plus qu’à la guerre. C’est une belle aventure sentimentale qui va prendre naissance sous nos yeux, apportant une touche romantique subtile à ce film choral d’une infinie délicatesse, qui se déploie sur quatre saisons.

POUR EN SAVOIR PLUS !

 

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« LA BALLADE DE NARAYAMA » Mercredi 22 janvier 2020 20 h

PALME D’OR FESTIVAL DE CANNES 1983

De Shohei Imamura – 1983- Japon – 2h11 Avec Sumiko Sakamoto, Ken Ogata, Takejo Aki

Adapté de la nouvelle de Shichirō Fukazawa

L’action se déroule au Japon, dans un village pauvre et isolé vers 1860 dans les hauteurs du Shinshū. La coutume ubasute (姥捨て) veut que les habitants arrivant à l’âge de 70 ans s’en aillent mourir volontairement au sommet de Narayama, « la montagne aux chênes », aidés par leur fils aîné. C’est là que se rassemblent les âmes des morts.

Orin-yan, mère de Tatsuhei, a 69 ans et possède encore toutes ses dents, mais elle est résignée à préparer son départ vers la mort. Elle va passer une année à mettre de l’ordre dans les affaires de famille : trouver et former une bru pour son fils aîné, veuf et père de trois enfants, qui puisse tenir le ménage à sa place, assurer le dépucelage de son benjamin Risuke, marier son petit-fils Kesakichi, mais punir la belle-famille de celui-ci qui pille les réserves des voisins.

Le film est l’occasion de rendre compte des traditions qui font la vie de ce village pauvre tout au long de l’année, un cycle de la vie parmi les autres créatures que compte cette vallée reculée. On parle en permanence de subsistance et de sacrifice, et la vie se déroule autour de la nourriture. Le film présente aussi les terribles sanctions contre ceux qui ne respectent pas les règles de la communauté et ses traditions tels l’ubasute.

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