Du 23 Janv. au 29 Janvier 2018 : « SAMOUNI ROAD »

De Stefano Savona – 2h06 – 2017 France, Italie

ŒIL D’OR DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE • FESTIVAL DE CANNES 2018

 

Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, le hameau dans lequel vit la famille Samouni est en voie de reconstruction : les maisons sont en ruines, les rues défoncées, les champs détruits… Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Au milieu des décombres, la jeune Amal nous raconte qu’un gigantesque sycomore trônait au milieu du chemin et qu’elle et ses frères y grimpaient joyeusement. Mais l’arbre n’est plus qu’un souvenir et une profonde amertume a remplacé les rires des enfants. Qu’est-il arrivé au quartier des Samouni ? Alors qu’un mariage se prépare – la première fête depuis l’événement qui a changé leur vie –, Samouni Road retrace l’histoire de cette communauté de paysans jusque-là épargnée par soixante ans de conflits et d’occupation, et confrontée pour la première fois à une tragédie sans précédent.

Stefano Savona s’était introduit à Gaza pour rendre compte de l’intérieur de l’opération Plomb Durci quand il a rencontré la famille Samouni. S’il a immédiatement commencé à les filmer, il a également compris qu’il faudrait du recul pour raconter leurs existences et ne pas les réduire au statut de victimes. Il est donc revenu les voir un an après la guerre, constatant que la vie reprenait peu à peu le dessus… Il a alors décidé de reconstruire avec eux leur mémoire. À partir de leurs témoignages, il a reconstitué grâce à la magnifique technique d’animation de Simone Massi – des aplats noirs grattés pour faire apparaître la lumière – le passé des Samouni : des moments apaisés de leur vie d’avant jusqu’à la nuit du drame. Plus qu’un documentaire, Samouni Road est un hommage d’une beauté intense et d’une nécessité bouleversante.

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Du 16 Janv. au 22 Janv. 2018 : 22° FESTIVAL TELERAMA

Les Amis du Cinoch’ soutiennent la
22 ème Edition du Festival cinéma Télérama – au Colisée
du 16 janvier au 22 janvier 2019

Programme complet : voir plaquette du Colisée

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Du 9 Janv. au 15 Janvier 2018 « SILVIO ET LES AUTRES »

(LORO)  De Paolo SORRENTINO – Italie 2018 2h30 avec Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio, Kasia Smutniak, Euridice Axen, Fabrizio Bentivoglio, Anna Bonaiuto...

Le pays de Dante, Michel Ange, Raphaël, Garibaldi, Pasolini… celui dont les civilisations successives, dont les œuvres artistiques ont rayonné sur toute l’Europe et bien au-delà… est désormais gangréné par la bande de pathétiques bouffons d’extrême-droite du gouvernement Salvini ! Comment en est on arrivé là ? Une partie de la réponse est peut-être dans le film fleuve et choc, foisonnant, ébahissant de Paolo Sorrentino, qui revient sur un personnage clé de la vie politique italienne des dernières décennies : l’ineffable Silvio Berlusconi. Car c’est bien cet entrepreneur en bâtiment, ce magnat des médias passé en politique dans les années 90 qui a considérablement transformé le rapport au pouvoir des Italiens, imposant sa richesse décomplexée et son goût immodéré pour le luxe et les femmes, banalisant le culte de l’argent facile, la corruption et la prostitution déguisée.
Paolo Sorrentino s’était déjà attaqué dans Il Divo, en 2008, à un autre monstre de l’histoire politique italienne, Giulio Andreott…

Sorrentino n’affronte pas tout de suite Berlusconi, qui n’apparaît dans le récit qu’au bout d’une bonne demi-heure. Le film s’ouvre par une séquence absurde où, dans une propriété immense à la pelouse digne d’un green de golf, un mouton est attiré par un salon tout aussi pharaonique où trône une télé qui diffuse non stop un de ces jeux télévisés stupides qui firent la fortune de Berlusconi… avant de tomber raide mort. Tout est déjà posé : le factice, le vulgaire, le non-sens. Puis on suit dans un premier temps un jeune entrepreneur ambitieux des Pouilles, prêt à tout pour remonter la chaine des relations et du pouvoir qui le mènera à LUI, celui que l’on ne nomme pas, mais qui fait trembler les ambitieux et frémir de désir les ambitieuses bien qu’IL soit entré dans sa septième décennie. Pour se faire remarquer de LUI, tout est bon : fournir à un politique une jolie fille, ou infiltrer une fête romaine impériale sur les lieux mêmes qu’arpentèrent autrefois les prétoriens, pour y dénicher la préférée du Cavaliere, un mannequin d’origine albanaise qui l’introduira.
Ensuite Sorrentino et son comédien fétiche Toni Servilio (celui-là même qui incarnait Andreotti dans Il Divo) brossent le portrait de Silvio au moment où, désormais dans l’opposition, il tente de récupérer le pouvoir en achetant le vote de sénateurs pour briguer un troisième mandat. C’est l’époque des tristement célèbres soirées bunga-bunga, où de très jeunes se retrouvent par dizaines dans sa propriété pour des fêtes où drogue, champagne et sexe font bon ménage.
Dans ce décor factice, cette propriété où trône un volcan bidon, un faux temple cambodgien commandé par Silvio pour satisfaire son épouse bafouée, dans le théâtre en toc de ces fêtes démentes – sublimées par la mise en scène exubérante de Sorrentino – tout est vulgaire et pathétique, y compris le masque perpétuellement souriant, tiré par la chirurgie esthétique, de Berlusconi, piteux pantin de commedia dell’arte. Et puis parfois la vérité éclate, comme dans cette scène saisissante où une nymphette à peine adulte, coincée dans la chambre de Berlusconi qui joue la « coolitude » pour séduire la belle, le renvoie calmement à ce qu’il est : un vieillard qui va vers la mort. Mais le mal est fait : Berlusconi a décrédibilisé en deux décennies la politique au sens noble et ouvert aux populistes la voie royale.

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Du 26 Déc. au 01 Janv.

6 nominations CANNES 2018

Leningrad, 1980 (ce n’est qu’en 1991 que la ville reprendra le nom de Saint Petersbourg). Nous sommes sous le règne du marmoréen Brejnev, à cette époque où la grande confédération des républiques soviétiques a perdu de sa superbe autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, où plus personne ne croit réellement au modèle du communisme étatique, mais où le pouvoir tient encore d’une main de fer toute opposition et toute velléité d’occidentalisation, autant dans les mœurs que dans l’économie. Autant dire que le peuple russe vit dans une triste léthargie.
Et pourtant la première séquence de ce remarquable Leto contraste avec ce cliché terne et grisailleux des années 80. On y voit un groupe de jeunes filles escaladant une échelle à l’arrière d’un groupe d’immeubles pour se glisser par un fenestron dans ce qui s’avère être un des rares clubs de rock tolérés. Sur scène, pseudos Ray Ban et dégaine cuir. Mais attention : dans la salle, pas question d’exprimer trop ostensiblement sa passion pour le rock, point de slam, pogo ni même gesticulations diverses, des émissaires stipendiés du régime étant là pour contrôler toute effusion excessive. Plus tard tout le monde se retrouve au bord du lac, c’est l’été (« leto »), on chante encore, on flirte. Parmi eux le timide et étrange Viktor, au visage eurasien, qui lui aussi veut percer sur la scène rock. Il a un vrai talent et fascine Natasha, la compagne de l’inconstant Mike qui va néanmoins le prendre sous son aile, ami et rival à la foi. Ainsi se noue un étonnant trio à la « Jules et Jim », à la fois amoureux et artistique.
Leto, dans un noir et blanc sublime, décrit avec beaucoup de justesse et d’empathie ces jeunes qui étouffent sous la chape soviétique et qui déploient une formidable énergie pour construire leur liberté artistique et amoureuse. Un monde où l’on boit, fume beaucoup, où on s’aime, un monde qui échappe, en dépit de la répression, aux diktats du pouvoir. Le film est d’ailleurs directement inspiré du destin des deux leaders de la scène rock du Leningrad des années 80, Mike Naumenko et Viktor Tsoi. Et si la curiosité vous prend d’aller voir les quelques vidéos existantes de leurs concerts, vous observerez le mimétisme réel entre les deux acteurs et leurs modèles. L’apprenti dépassera d’ailleurs le maître dans la mémoire du rock n’roll.
Toute cette liberté qui exulte par chacun des plans et des musiques du film est d’autant plus paradoxale qu’il a été réalisé par un Kirill Serebrinnikov assigné à résidence dans son appartement, pour une obscure affaire de détournement de subventions. Imaginer que ce film si lumineux, si énergique a été finalisé à distance par un gars enfermé dans quelques dizaines de mètres carrés est particulièrement savoureux. L’ironie du sort étant que cette ode à la liberté qui évoque la Russie brejnévienne étouffante trouve un parfait écho dans celle d’aujourd’hui, encore plus cadenassée par le joug poutinien. Les punkettes moscovites persécutées de Pussy Riot feront peut être dans 30 ans l’objet d’un film aussi réussi…

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Du 19 Déc. au 25 Déc.

De Milko LAZAROV – Bulgarie/ Iakoutie 2018 1h32mn avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova, Galina Tikhonova...

GRAND PRIX FESTIVAL CABOURG 2018

Une étendue de rêve immaculée… Ici le ciel finit par se confondre avec la terre. Ici le moindre bruissement résonne comme un début de chanson ancestrale dont seuls les Iakouts devinent la rime. Nous sommes au bout du monde, au nord de la Sibérie. Nanouk et Sedna semblent avoir perdu leur âge au détour d’une de ces dunes d’un blanc limpide. Partout la neige nous enrobe de sa beauté glacée mais néanmoins organique.. Le climat polaire qui givre toute chose ne semble jamais atteindre les cœurs du vieux couple. Ils battent chaleureusement au gré d’une tendresse immuable, déteignant l’un sur l’autre. Peu de mots se disent, aucune grande déclaration. Peut-être par peur de troubler la quiétude environnante, ou tout simplement parce que ce n’est pas l’usage dans cette civilisation en voie de disparition.
Au-dessus de leurs têtes les avions passent haut dans le ciel, laissant des trainées qui ne tarderont pas à disparaitre, elles aussi. Parfois la radio leur amène une musique lointaine. Parfois un ravitaillement venu d’une ville lointaine parvient jusqu’ici. Que l’époque change, que les moteurs vrombissent, Sedna et Nanouk restent-là au fond de la toundra avec, comme seuls remparts contre les tempêtes, les tentures de peau de leur frêle yourte. Rivés à un quotidien pragmatique, ils se contentent de vivre en essayant de rendre leur monde moins hostile, avec pour compagnon leur chien de traineau. Les jours se succèdent, paisibles, amoureux. Les actes le prouvent. Nanouk sait quand passe le gibier, où creuser la glace pour ramener du poisson ou tout simplement de l’eau potable. Sedna connait les rares herbes qui poussent dans la toundra, celles qui soignent, les manières d’accommoder leur maigre pitance. Ils se guettent, s’attendent en silence. On goute la luminosité des paysages, le calme de leur quotidien rempli d’âme, d’écoute. Ensemble ils forment un tout qui se complète. Puis on se prend à redouter le pire… On ne sait trop pourquoi. Un sentiment diffus, un danger qui guette, tapi dans l’ombre, les saisons qui se dérèglent, le temps qui semble s’accélérer. Et puis Aga… Ce prénom inoubliable qu’on évite de prononcer, mais qui rôde dans les têtes, qui plane toujours à proximité.
Milko Lazarov, cinéaste bulgare dont c’est le deuxième film, nous offre un moment inoubliable, terriblement beau. Il suffit de se laisser transporter dans son rythme particulier, bien emmitouflé dans notre confort moderne. Alors la magie opère, magistrale, tenace. Les prises de vues sont sublimes, qu’elles embrassent les paysages infinis ou se glissent au plus près des acteurs.

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