« GIVE ME LIBERTY » du 18 SEPT. au 24 SEPT. 2019

4 NOMINATIONS CANNES 2019 / SELECTION OFFICIELLE SUNDANCE 2019

De Kirill MIKHANOWSKY USA 2019 1h51mn – avec Chris Galust, Lauren « Lolo » Spencer, Darya Amakasova, Maxim Stoyanov…

Mais que font les jurys ? Ce désopilant film atypique aurait franchement pu décrocher un prix à Cannes, ne serait-ce que celui de l’hilarité ou de la mise en scène en conditions extrêmes. Pensez donc : la majorité de l’action se passe dans un minibus rempli comme un œuf de Pâques orthodoxe ! Une improbable nef des fous lancée à tout berzingue au cœur d’une ville vibrante, grouillante, rarement vue au cinéma : Milwaukee, Wisconsin, cité peu folichonne vue de l’extérieur mais restée authentique, forte de son histoire, à l’abri de la success-story moderniste étatsunienne… et personnage essentiel du scénario ! Cette « colonne vertébrale historique de l’Amérique » nous parle au plus juste du patchwork humain invisible dans l’ombre de « la Mère des Exilés », la Statue de la Liberté – une exilée elle-même, quand on y songe… « Give me liberty » (donnez-moi la liberté) peut être entendu comme un vibrant écho au magnifique sonnet gravé au pied de la géante de cuivre : « Give me your tired, your poor… » …
Quand on a dit tout ça, ne croyez pas qu’on ait tout dit. Impossible de résumer en une page ce film virevoltant. Vic est incapable de dire non. On reconnaitra que cela peut être un grave handicap dans la vie ! Tout le monde le sait autour de lui et en abuse. En particulier la chaleureuse communauté russe dévoreuse de monstrueux cornichons dont il est issu. On ne va pas vous les présenter un à une : il faudrait plus de cartes que dans un jeu des sept familles… Et puis c’est impossible de faire le tour de cette tribu conviviale polymorphe et changeante, toujours prête à s’enrichir d’une, deux, trois personnes de plus, venues de l’Est ou d’ailleurs : après tout, on est tous de l’Est de quelque part, même ceux qui sont complètement à l’Ouest. Vous me suivez ? Pas grave ! Ici règne le sens de l’accueil et les conflits se règlent à coups de vodka et de chants slaves.
Quand l’immeuble s’éveille, la journée semble déjà dense et toute tracée par la compagnie de bus qui emploie le jeune conducteur… C’est compter sans son fâcheux défaut évoqué plus tôt. L’aïeul qui rechigne à s’habiller, les tantes qui supplient avec des trémolos : conduis-nous au cimetière… Vic qui s’énerve : « Non, non vous dis-je ! Je vais me faire virer ! ». Et voilà la moitié de l’immeuble entassée dans le minibus. La virée va se transformer en joyeuse course-poursuite contre le temps, truffée de personnages hauts en couleur. C’est drôle, chaleureux, palpitant.
La direction d’acteur (pros et amateurs) est excellente, le casting est parfait – magnifique Lauren « Lolo » Spencer qui ne joue pas à être handicapée ! Le regard porté par la caméra est tout simplement beau. Il n’a pas peur des corps, des rides, de l’infirmité. L’humanité décrite nous ressemble dans nos errances, nos empêchements, nos limites. Peut-être le véritable personnage principal de Give me liberty est-il la communauté, les communautés généreuses, celles qui tout en assumant leurs différences et leurs contradictions rejettent tout communautarisme, font fi des classes sociales. Un vrai bonheur de film.

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur « GIVE ME LIBERTY » du 18 SEPT. au 24 SEPT. 2019

« SO LONG, MY SON » du 11 au 19 septembre 2019

2 Ours d’Argent BERLINALES 2019

ATTENTION HORAIRES SPÉCIAUX : mer.17h30, jeud.21h, vend.14h, sam.17h30, dim.17h30, lund.14h, mar.21h

 

De WANG Xiaoshuai Chine 2019 3h05mn avec Wang Jingchun, Yong Mei, Qi Xi, Wang Yuan, Du Jiang, Ai Liya…

Décidément, le cinéma chinois indépendant n’a pas fini de nous épater. Voici une grande fresque passionnante qui vient démontrer à quel point les cinéastes chinois savent articuler à merveille les petites histoires avec la grande. Incontestablement, on sent dans ce cinéma un désir très fort de raconter à hauteur humaine une histoire trop longtemps muselée par le régime, le besoin de tracer une ligne entre leur passé et le présent afin de s’approprier une mémoire et de comprendre ce qui les a menés jusqu’ici. En déployant son récit sur une trentaine d’années, So long, my son embrasse les mutations gigantesques de son pays, allant de la planification communiste dans les années 1980 au capitalisme d’Etat d’aujourd’hui. Nous y suivons les histoires enchâssées de deux familles ouvrières amies, marquées par l’impact de la politique de l’enfant unique sur leur intimité. A mesure que le visage du pays se métamorphose, les destins se séparent. Mais les deux familles restent unies par une tragédie que le temps n’efface pas. Dans cette œuvre ambitieuse et romanesque, les subtils chassés-croisés des personnages et les aller-retours dans le temps sont autant de miroirs qui agencent brillamment les relations individuelles et l’évolution d’une nation toute entière.
Le point de départ tragique qui nourrit tous les développements à venir, le film nous le livre d’emblée : c’est la perte d’un enfant. Ce jour là, Xingxing et Haohao, deux copains, jouent sur les berges d’un immense réservoir d’eau. La scène est filmée de loin, avec beaucoup de pudeur. Quelques instants plus tard, Xingxing est retrouvé noyé. Les circonstances, Haohao les connaît. Mais qu’importe. Pour Yaojun et Liyun, les parents de Xingxing, il faut porter le deuil, avancer malgré tout, …. La perte d’un enfant est une douleur immense. Il est d’autant plus difficile d’envisager l’avenir dans un pays qui vient alors de lancer sa grande campagne de contrôle des naissances. Dense dans ses développements et profond dans ses implications, le film se structure en trois actes. Dans une deuxième partie, on retrouve Yaojun et Liyun plusieurs années après, dans une petite ville côtière . Étrangers à cette région dont ils ne parlent même pas le dialecte, le couple a refait sa vie en adoptant un enfant, aujourd’hui adolescent turbulent. Enfin, une dernière partie située à notre époque confiera aux jeunes générations, désormais en âge de comprendre, la tâche de confronter les deux couples à leurs culpabilités et à leurs remords.
Habitué de nos écrans pour ses très beaux films (Beijing Bicycle, 11 Fleurs, Red Amnesia…), le réalisateur Wang Xiaoshuai est une des figures principales de la fameuse « sixième génération », ensemble de cinéastes chinois qui, suite aux répressions de Tian’anmen, ont développé dans les années 1990 un cinéma politique ancré dans les réalités du pays, et permet de porter un regard critique sur tout un pan de l’histoire chinoise contemporaine… Émouvant mélodrame familial fait d’amour, de blessures et de rédemption, So long, my son dresse avec tendresse le portrait de ceux que la Chine a pris, trois décennies durant, dans la déferlante du changement.

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur « SO LONG, MY SON » du 11 au 19 septembre 2019

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

SEMAINE « KUROSAWA » DU 19 au 25 Juin 2019

Pour prolonger la très belle exposition du Musée des Beaux Arts ,
nous vous proposons de (re)découvrir deux chefs d’œuvres sur grand écran

Biographie 
Akira Kurosawa est élevé dans une famille qui combine traditionalisme et idées les plus modernes. Son père, homme strict se trouve à l’origine du développement du kendo, du judo et de l’athlétisme. De plus, celui-ci croit fortement aux vertus pédagogiques du cinéma. Sa jeunesse est marquée par plusieurs épisodes dramatiques qui influenceront le futur cinéaste: le décès de sa plus jeune sœur en 1920 et le grand tremblement de terre du Kanto en 1923. Plusieurs années plus tard, son grand frère qu’il idolâtre véritablement se suicide.
Kurosawa qui a une formation de peintre compte bien réussir dans cette voie. Le hasard l’amène à se présenter à une sélection de la Toho. Il est engagé comme assistant réalisateur. Il fait ses classes auprès de notamment Kajiro Yamamoto qui va devenir son véritable mentor. En 1943, année faste pour la censure, il se lance dans la mise en scène avec La Légende du grand judo.
Très vite, il se démarque des productions habituelles pour des œuvres empreintes d’un humanisme sincère et par un rejet du cinéma contemplatif prisé par ses compatriotes. Au contraire, il privilégie des personnages complexes embarqués dans des histoires aux ressorts dramatiques intemporels. Sa mise en scène d’une grande inventivité visuelle caractérisée par une précision d’orfèvre se met totalement aux services de l’histoire. Cinéaste à envergure internationale, le public occidental a découvert grâce à lui le cinéma japonais, et asiatique internationale majeure (le Lion d’Or au festival de Venise en 1951 pour Rashomon).
Le succès international des Sept samouraïs en 1954 vient encore renforcer le prestige du réalisateur à l’étranger. On retiendra de ces années une collaboration prolifique avec Toshirô Mifune qui joue dans seize de ses films. A partir des années 70 et de l’échec commercial cinglant de Dodeskaden qui entraîne la faillite de sa société de production, Kurosawa éprouve de plus en plus de mal à faire ses films au Japon. L’Aigle de la Taiga,oscar du meilleur film étranger en 1975, est produit par la société soviétique Mosfilm. Par la suite, il peut alors compter sur ses nombreux admirateurs étrangers : Francis Ford Coppola et George Lucas pour Kagemusha, l’ombre du guerrier en 1980, le producteur français Serge Silberman pour Ran en 1985 et Steven Spielberg pour Rêves en 1990. Avant de s’éteindre, il tourne en 1993, Madadayo, une dernière oeuvre, véritable hymne au bonheur et hommage pudique

« LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉE » 

mercredi 19/06 18h15, vendredi 21/06 14h,
dimanche 23/06 18h30, mardi 25/06 21 h

(KUMONOSUJO)  d’Akira KUROSAWA – Japon 1957 1h50mn avec Toshiro Mifune, Isuzu Yamada, Minoru Chiaki, Takashi Shimura… d’après Macbeth de William Shakespeare

Dans le Japon féodal, alors que les guerres civiles font rage, les généraux Washizu et Miki rentrent victorieux chez leur seigneur Tsuzuki. Ils traversent une mystérieuse forêt où ils rencontrent un esprit qui leur annonce leur destinée : Washizu deviendra seigneur du château de l’Araignée, mais ce sera le fils de Miki qui lui succèdera. Troublé par cette prophétie, Washizu se confie à sa femme, Asaji. Celle-ci lui conseille alors de forcer le destin en assassinant Tsuzuki…

*******

 

 

 

 

 

SANJURO

jeudi 20/06, samedi 22/06 18 30, lundi 24/06 14 h

D’Akira KUROSAWA – Japon 1962 1h36mn avec Toshiro Mifune, Tatsuya Nakadai, Yuzo Kayama, Takashi Shimura…

Le samouraï rônin Sanjuro Tsubaki prend sous son aile une bande de jeunes guerriers inexpérimentés et les aide à déjouer un complot contre le chambellan. Jouant de ruse avec les conspirateurs, Sanjuro se révélera un tacticien hors pair, avant de se confronter avec le redoutable Muroto, bras droit du chef des comploteurs.

 

Publié dans Non classé | Commentaires fermés sur SEMAINE « KUROSAWA » DU 19 au 25 Juin 2019

« SUNSET » du 12 juin au 18 juin 2019

De Laszlo NEMES – Hongrie 2018 2h21mn avec Juli Jakab, Vlad Ivanov, Evelin Dobos, Marcin Czarnik…

En 2015, Le Fils de Saul, premier film de  Laszlo Nemes, reçu un accueil triomphal à Cannes, Grand Prix du jury conforté quelques mois plus tard par l’Oscar du Meilleur film étranger. De quoi permettre au cinéaste hongrois de se lancer sans difficulté dans un nouveau projet…
Pour Sunset, il opte à peu près pour le même procédé, suivant le personnage principal dans une ville de Budapest en 1913, un monde en pleine déliquescence, une société agonisante, brûlant ses derniers feux avant le chaos.
La caméra ne quitte pratiquement pas Irisz Leiter (lumineuse et grave Juli Jakab), qui revient à Budapest après plusieurs années passées hors du pays. Enfant, elle avait été envoyée suivre une formation de modiste. Aujourd’hui adulte, elle souhaite se faire engager dans le magasin de chapeaux que ses parents avaient fondé, et qui a été repris, par leur employé, Oszkar Brill. Mais celui-ci, non seulement refuse de l’engager, mais lui fait comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette ville.
Le même soir, la jeune femme est rudoyée par un homme à la recherche d’un certain Kalman Leiter, qui pourrait être son frère. Intriguée, elle décide de rester à Budapest et de partir elle aussi à sa recherche. Elle découvre rapidement que Kalman est recherché pour le meurtre d’un notable, serait un des chefs de file des anarchistes. Pour le retrouver, elle va devoir s’aventurer dans les bas-fonds de la ville…
Laszlo Nemes veut montrer toutes les facettes de cette ville tumultueuse, qui constitue, au début du XXe siècle, l’un des lieux les plus importants d’Europe. En 1913, l’Empire Austro-Hongrois  à son apogée, règne sur 12 pays, rassemblant différents peuples, cultures et partisans de tous mouvements politiques, qui vont marquer ce siècle. Cette diversité se retrouve Budapest, mais reléguée dans la marge, sous le regard méprisant des notables locaux et l’indifférence de l’empereur.
La mise en scène montre bien le clivage de cette ville, faisant cohabiter la grande bourgeoisie  et les groupuscules révolutionnaires, cachés dans les bas-fonds.
Irisz est le trait d’union entre les deux mondes. Mais elle est aussi complètement étrangère à cette société, à cette ville qu’elle a quittée alors qu’elle n’avait que 2 ans. Elle les découvre, à la fois fascinée par cet environnement bouillonnant et perplexe face aux mystères qui entourent la ville. Partout règne une atmosphère de conspiration, plus Irisz s’approche de ce qu’elle pense être la vérité, plus le mystère s’épaissit. Quand elle comprend finalement les conséquences de cette agitation politique, il est déjà trop tard.
La mise en scène, remarquable, accompagne cette prise de conscience progressive, passant de mouvements de caméra élégants, « nobles » d’un point de vue purement artistique, à des prises de vue plus brutes, plus brusques, évoquant autant le chaos social et politique que le trouble qui gagne peu à peu Irisz, …(anglesdevues.com)

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur « SUNSET » du 12 juin au 18 juin 2019