Du 17 au 23 octobre 2018

BANDE ANNONCE

ATTENTION MODIFICATIONS HORAIRES

De Kiyoshi KUROSAWA – Japon 2018 2h20mn – avec Kaho, Shôta Sometani, Masahiro Higashide… Scénario de Hiroshi Takahashi et Kiyoshi Kurosawa, adapté de la pièce de théâtre de Tomohiro Maekawa et librement inspiré des contemplations galactiques.

MERCREDI 17/10 – 18 H 15
JEUDI 18/10 – 21 H
VENDREDI 19/10 – 21 H
SAMEDI 20/10 – 18  H 
DIMANCHE 21/10 –  18 H 
LUNDI 22/10 – 13 h 45
MARDI 23/10 – 21 H

Driiing. Il est huit heures. Lentement vos paupières s’extirpent de leur sommeil épais, clignotant à peu près comme une ampoule qui s’apprêterait à griller, pendant que votre main droite tente désespérément de mettre un terme aux rugissements du réveil-matin. Au lieu de ça, votre index flanche sur la touche du tuner et active celle de la radio. Cela tombe bien, c’est justement votre président qui intervient sur France Inter ! Vous ne vous réveillez plus seulement pour vous, mais aussi pour la France. Votre inconscient se laisse séduire peu à peu par ses mots doux qui vous forgent chaque jour un peu plus le caractère : « croissance », « chômage », « identité », « réforme » et « oui, monsieur, je suis fier de mon pays ». Ces concepts tellement aériens qu’ils plient votre esprit en trois comme des avions en papier et le font décoller vers Bora-Bora, renommée Boring-Boring, pour l’occasion. Car disons le franchement, puisque c’est officiel : toute cette logorrhée verbale n’a rien de poétique ! Pire : elle semble tellement désaffectée que vous avez beau ingurgiter à la pelle leurs salades, elles ne prennent pas racine pour autant. Ennui…
Vous vient alors à l’esprit ce film fascinant que vous avez découvert la semaine dernière à Utopia : Invasion… Et vous comprenez, oui vous comprenez, presque par miracle, une pensée envoyée du ciel, que votre président appartient à la famille des envahisseurs du film, venus d’outre-espace pour vous comprendre, extraire vos concepts pour mieux les rabâcher, et finalement vous envahir… Vous frissonnez, écarquillez enfin les yeux, saisi par une fulgurance : votre président n’est pas humain. Et alors que vous réalisez ô combien votre vie ne sera plus jamais pareille maintenant que vous détenez ce terrible savoir (probablement même êtes vous l’élu…), vous réalisez que cela fait plus d’une semaine que vous n’avez pas arrosé vos plantes…
Kiyoshi Kurosawa n’en avait décidément pas fini avec les forces mystérieuses. Dans Vers l’autre rive (2015), un fantôme est encore parmi les hommes ; au cœur de Real (2014), une jeune femme flotte entre le coma et le réel ; dans Shokuzai (2012), chaque personnage porte le poids éternel d’une disparition ; et à l’époque de Kaïro (2001), un virus fantomatique contaminait l’humanité via des sites internet. Dans ce même jeu de miroir déformant et d’émotions parallèles, voici Invasion : des forces mystérieuses infiltrent le monde des hommes pour étudier leurs mœurs, les décortiquer et préparer l’invasion…
Kurosawa place l’homme au cœur de l’histoire, considérant que l’être humain est tout aussi étrange que l’envahisseur, si ce n’est davantage ! Car l’étranger y figure d’abord comme une reproduction basique de l’homme (par son apparence) à qui il va manquer les fondements de notre humanité pour lui ressembler pleinement. L’homme n’est pas une machine mais une matière mouvante : les concepts sont finalement insaisissables, bien que fondamentaux. C’est à travers nos faiblesses que se noue cette profondeur, critique à peine voilée de la société en quête de perfection : l’homme parfait est finalement une imperfection… Le monde ne peut se réduire à une accumulation de concepts qui évacueraient le sens et la profondeur de notre humanité, ses replis poétiques… Le sentiment le plus insondable restant évidemment l’amour. « Car l’on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel étant invisible pour les yeux », pour citer ce bon vieux Saint-Exupéry… La densité philosophique d’Invasion est d’autant plus sidérante qu’elle évite la surcharge. Très peu d’effets spéciaux numériques, encore moins de scènes d’action échevelées. Une simple pression de doigt sur un front suffit à vider les êtres humains de leur conscience. Kurosawa est un orfèvre qui fabrique des perles de film. Et c’est bête à dire, mais l’amour y fera encore des miracles.

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Du 10 au 16 octobre 2018

BANDE ANNONCE DU FILM

Jean-Bernard MARLIN – France 2018 1h46mn – avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli, Lisa Amedjout, Kader Benchoudar, Nabila Ait Amer… 

Prix Jean Vigo
Prix Festival Angoulême 2018

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Les quartiers Nord de Marseille. Les petits délinquants qui sortent de prison. Les jeunes filles qui vendent leur corps faute d’avoir pu trouver meilleure place au soleil… Ne fuyez pas devant la supposée dureté de son univers, Shéhérazade est une pépite qui brille des mille et un éclats jaillissant de la grâce brute de ses tout jeunes comédiens et du talent évident d’un jeune réalisateur, Jean-Bernard Marlin, déjà repéré grâce à ses courts-métrages. À partir d’un travail documentaire qu’il a entrepris depuis quelques années dans le milieu de la prostitution des mineurs à Marseille, ville où il a grandi, et s’inspirant d’un fait divers récent, il raconte ici l’histoire d’amour entre Zachary, 17 ans, et Shéhérazade, jeune prostituée rencontrée à sa sortie de prison.
Avec une énergie folle et une profonde tendresse pour ses personnages qu’il ne jugera jamais, le réalisateur tord le cou à la tentation du pseudo-réalisme documentaire et de l’apitoiement pour raconter une histoire d’amour fou entre deux adolescents propulsés dans un monde de violence au cœur d’une cité gangrenée comme tant d’autres par la pègre, le chômage et les inégalités sociales. Cela pourrait être glauque, s’enfoncer dans la crasse des chambres de passe minables, s’enliser dans les règlements de compte au ras du trottoir, c’est au contraire un film qui avance pas à pas vers la lumière, guidé par un espoir qui fait jaillir comme par miracle l’amour pur du plus vil des terreaux.
La grande force du film réside dans le refus de faire la distinction entre cinéma de genre et cinéma de poésie, dans la volonté de s’affranchir des clichés du polar à la française aussi bien que des bonnes manières du cinéma d’auteur. Shéhérazade opte pour une stylisation virtuose arrachée à des conditions très précaires de tournage, entre ambiances nocturnes sous haute tension et comédiens non professionnels.
Zachary sort de prison. Sa mère n’est pas là et on sent bien, dès cette première scène, que sous ses airs de petite brute qui se la joue Scarface, il y a un minot qui n’espère rien d’autre qu’on l’enfouisse sous des tonnes de tendresse. Zonant dans son quartier, retrouvant ses anciens potes, il ne peut que constater ce terrible état de fait : rien n’a changé dehors, les petits trafics se poursuivent, personne ne lui a réservé une meilleure place dans le monde, personne ne l’attend. Autour de lui, une jeunesse résignée vivote, se marre un peu, se débrouille comme elle le peut sous le soleil. Et puis il y a les filles, très jeunes pour certaines mais déjà cabossées par des heures de bitume, des nuits sans sommeil et des repas approximatifs. Où sont les adultes ? Parents maltraitants ou simplement négligents, absents, lointains, ils ne sont pas à leurs côtés. Il y a bien cette travailleuse sociale qui tente du mieux qu’elle le peut et avec ses moyens de raccrocher Zak à un projet de vie, mais on sent bien que la tâche est immense et peut-être même déjà perdue d’avance.

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Du 03au 09 octobre 2018

La brillante réalisatrice de Winter’s bone, c’était Debra Granik, qui revient aujourd’hui avec Leave no trace, adapté d’un roman lui même inspiré par un fait divers bien réel.

Nous sommes aux abords de Portland, capitale de l’Oregon, sur la côte Pacifique, célèbre pour être la ville natale de Kurt Cobain, mais surtout connue des Américains pour les splendides forêts primaires qui entourent l’agglomération. Personne ne sait qu’aux confins les plus inaccessibles du parc, loin des randonneurs urbains qui en fréquentent les futaies le week-end, vivent une adolescente et son père, Tom et Will, dans la quasi-clandestinité, en presque totale autonomie, cultivant un petit potager forestier, ayant acquis sur le tas moult techniques pour recueillir l’eau de pluie ou faire du feu en économisant le propane, limitant au maximum les visites discrètes à Portland, où ils se procurent le strict nécessaire. On comprend que l’homme est un vétéran, probablement brisé par une des nombreuses guerres moyen-orientales que l’armée américaine a menées jusqu’à l’absurde. On comprend aussi qu’au-delà de la survie au jour le jour, il assure une bonne éducation à sa fille malgré les conditions spartiates. Et on voit qu’il existe une vraie complicité, une profonde tendresse entre les deux. Tout pourrait continuer ainsi s’ils n’étaient pas un jour surpris par la police, puis confiés aux services sociaux, qui sont bien obligés de constater la bonne santé et le bon niveau d’éducation de Tom et décident de les installer dans un mobile-home à proximité d’un haras pour tenter de les intégrer. Pour l’adolescente, c’est la découverte d’une nouvelle vie, qui malheureusement ressemble pour le père à une oppression quotidienne…
Leave no trace, dont le titre évoque cette volonté farouche de fuir la société de consommation que le père rejette, est l’histoire d’une magnifique relation père-fille en même qu’une une exaltante réflexion sur ce pas de côté que chacun peut un jour décider de faire, qu’il soit poussé par les aléas de la vie ou porté par la réflexion philosophique ou politique. Debra Granik filme cette démarche de retrait de la société sans manichéisme ni angélisme, en fait ressentir les limites quand le besoin de relations sociales est plus fort que la volonté de rompre avec les modèles dominants et qu’une voie médiane peut surgir. Leave no trace est un formidable voyage dans cette Amérique qu’on aime, celles des hobos qui traversaient le pays dans les wagons de la Grande Dépression, celle de ces poètes qui n’ont pas voulu rompre avec les idéaux des années 70 et ont reconstruit à leur façon, au cœur de paysages grandioses et rescapés de la surexploitation environnante, une autre façon de vivre. Les images sont donc superbes, le récit est aussi passionnant qu’émouvant et on s’attache pour le compte au duo merveilleusement incarné par Ben Foster (vu l’an dernier chez nous dans Comancheria) et la toute jeune et déjà impressionnante Harcourt McKenzie, véritable révélation venue de Nouvelle Zélande.          UTOPIA

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Du 29 sept au 2 ocotbre

 

ll faut bien reconnaître que les films biographiques sur des artistes ne sont pas toujours des réussites exaltantes. …. Alors quand on a appris qu’on nous proposait un biopic sur Mary Shelley, la géniale auteure de Frankenstein(écrit à l’âge de 18 ans !), jeune prodige qui s’est imposé dans le monde littéraire du xixe siècle – où les femmes étaient condamnées à la poésie ampoulée ou à la littérature romanesque forcément courtoise –, on a été pris d’une certaine crainte. Et puis le nom de la réalisatrice Haifaa al-Mansour nous a mis la puce à l’oreille. Un nom pas franchement britannique puisque venu d’Arabie Saoudite, cette jeune femme n’étant autre que la brillante réalisatrice du très chouette Wadjda,
Avec son regard de femme, Haifaa al-Mansour raconte aussi, au-delà de la genèse de Frankenstein, le douloureux éveil à l’amour de la jeune écrivaine. En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin, 16 ans, rencontre le fascinant poète Percy Shelley, … C’est le coup de foudre immédiat et contrairement à toute convenance, Mary s’enfuit avec le jeune homme dont elle découvre qu’il est toujours marié et père d’une jeune enfant. C’est le scandale absolu, le désaveu total par son père pourtant aimant. Après la période d’euphorie d’une, c’est l’heure des désillusions, la misère après la vie dispendieuse. Puis Mary se rend compte que son prince charmant peut être un redoutable pervers narcissique, notamment aux côtés de son âme damnée Lord Byron chez qui ils se réfugient non loin de Genève, justement là où germa Frankestein.
Le film, classique mais extrêmement bien mené et mis en scène avec classe, ne serait pas aussi fort sans l’interprétation remarquable d’Elle Fanning – que les hasards de la programmation nous font découvrir au même moment sous les traits d’une extraterrestre délurée dans le jubilatoire How to talk to girls at parties. Au début du film, Mary a 16 ans, elle est confite d’innocence romantique funèbre, à la fin elle a une vingtaine d’années, elle est marquée par la gravité du destin et l’âpreté du combat mené pour s’imposer. Elle Fanning (19 ans au moment du tournage) décline merveilleusement toutes les facettes du personnage, du bonheur au drame. Mary Shelley confirme ainsi en beauté le talent multiforme d’une jeune actrice en même temps que le brio d’une réalisatrice capable d’investir des univers très différent

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Du 14 Févr. au 20 Févr.

De HONG Sang-soo – Corée du Sud 2017 1h41mn
avec Kim Minh-hee, Seo Young-hwa, Kwon Hae-hyo, Jeong Jae-yeong…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

L’actrice Kim Min-Hee  a décroché le prix de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin.
Après l’élégant Le Jour d’après montré sur nos écrans en juin dernier, l’infatigable Hong Sang-soo livre déjà un nouveau long-métrage qui en fait a été réalisé avant…
Si Seule sur la plage la nuit est une étude, Young-hee en est le modèle. Young-hee est une jeune et belle actrice qui a tout laissé derrière elle. Elle a eu en Corée une histoire d’amour avec un cinéaste plus âgé et marié. Face à l’indécision de ce dernier, elle a décidé de partir loin, en Allemagne, où nous la retrouvons hébergée par son amie Jee-young. Young-hee a ressenti le besoin de s’isoler pour s’extraire de cette relation passionnelle trop douloureuse. Avec Jee-young, qui a elle-même refait sa vie seule à Hambourg, elle s’autorise un moment suspendu dans sa vie, le temps de réfléchir à ce qu’elle attend des hommes et de l’amour. Si Young-hee est partie si loin, c’est aussi en espérant que son amant prendra la décision de la rejoindre. Dans un Hambourg plongé en plein hiver, cette première partie de film résolument mélancolique livre quelques beaux échanges entre Young-hee et son amie, au cours de promenades où elles évoquent avec subtilité leurs états d’âmes de femmes que l’amour a déracinées.
La seconde partie donne à voir une face beaucoup plus amère des sentiments de Young-hee. De retour en Corée, au contact de ses anciens amis, elle peine à trouver sa place. La tristesse ressentie durant son exil en Allemagne ne semble pas l’avoir quittée et s’exprime désormais auprès de son entourage, notamment lors d’une grande scène de repas trop arrosée (une figure imposée du cinéma d’Hong Sang-soo) qui révèlera la colère et le désespoir de Young-hee face aux choses de l’amour.
Depuis plusieurs années, Hong Sang-soo a adopté une mise en scène dépouillée, mélange d’écriture et d’improvisation, qui confère à ses films une grande spontanéité, d’autant que le cinéaste affiche un goût prononcé pour les longs dialogues qu’il filme généralement avec une seule caméra (il préfère les zooms aux champs-contrechamps) et dans leur continuité. Cette esthétique à brûle-pourpoint permet à l’émotion de surgir de manière soudaine et inattendue, tant l’expression d’un visage ou d’une attitude est scrutée avec minutie. Ajoutons qu’on ne saurait regarder ce beau portrait de femme en plein spleen amoureux sans avoir en tête que l’actrice et son réalisateur sont en couple dans la vie. Il est un cinéaste marié et elle a 24 ans de moins que lui…              UTOPIA

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Du 07 Fév. au 13 Fév.


Prix Étudiant de la Première Œuvre et  Mention du Grand Jury CINEMED

Prix Meilleure Actrice Mostra Venise

De Sofia DJAMA – Algérie / France 2017 1h42mn
avec Sami Bouajila, Nadia Kaci, Faouzi Bensaïdi, Amine Lansari, Lyna Khoudri…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui exprime les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu’ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement.
Alger, belle, mystérieuse quelque que soit la lumière qui l’éclaire ; elle prend corps à travers plusieurs protagonistes, de différentes générations et origines sociales. Il y a d’abord le couple bourgeois , Samir et Amal, des militants qui ont participé en octobre 1988 aux émeutes qui ont conduit à la fin du parti unique et à l’ouverture démocratique. .. Cette soirée d’anniversaire de leur mariage a de tristes allures de bilan. Et puis il y a leur fils, Fahim, plus ancré dans le présent , ses amis étudiants, Reda et Feriel, avant de rejoindre des jeunes d’un tout autre milieu social, dans un quartier populaire, où l’humour, l’alcool et le shit – et pourquoi pas aussi la quête de spiritualité – aident à tuer l’ennui. Autour, dehors, Alger : ville qui semble garder en elle le secret des morts, des disparus et porte comme un fardeau le poids d’une guerre civile que l’on tente d’oublier mais à laquelle chacun pense, toujours, tout le temps, … L’avenir a du mal à se construire … un pays si jeune mais dirigé par un gouvernement usé jusqu’à la corde.
Alger est donc bien le personnage central du film, …avec sa sonorité contrastée entre le Taqwacore (une espèce de punk muslim hyper connecté au présent) et la chanson française engagée qui sent la naphtaline. Elle est le centre d’attraction et de répulsion de chaque personnage : on regrette de ne pas l’avoir quittée à temps, on voudrait la fuir ou y rester enraciné à tout jamais, on la regarde avec tendresse, dégout ou amertume face à ce qu’elle est devenue et devant ce qu’elle ne sera jamais.
« Je voulais 2 points de vue générationnels montrant les conséquences de la bigoterie et de la politique sur l’intimité des gens. … Il y a les adultes qui avaient 20 ans en octobre 88… Et leurs enfants âgés de 20 ans en 2008 (ma génération), période à laquelle se déroule l’histoire, quelques années après la guerre civile. Les parents, veulent fêter leur 20ème anniversaire de mariage au restaurant. Mais cette nuit-là va les forcer à rompre avec ce rituel : ils vont devoir faire face à l’échec sociopolitique dont ils sont en partie responsables en tant qu’ex-militants. Au même moment, Fahim et ses amis errent dans une Algérie différente, sous tension, mais dans laquelle ils trouvent des espaces de liberté, car, contrairement à leurs aînés, ils continuent de rêver en créant leurs propres codes … » Sofia Djama                                               UTOPIA

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Du 31 Janv. au 06 Févr.

Zhang TAO – Chine 2016 1h22mn
avec Yu Fengyuan, Li Fengyun, Chen Shilan, Pan Yun…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Dans un village de province de Chine, une vieille paysanne fait une chute. Ses enfants en profitent pour la déclarer inapte et sans lui demander son avis, de la faire admettre dans un hospice. Mais il faut attendre qu’une place se libère ;  la grand-mère devra donc séjourner chez un de ses enfants. En fait elle passe de la maison de l’un à la maison de l’autre … … tandis que sa santé décline, tandis que ses rapports avec ses proches se dégradent.
Madame Lin aime pourtant ses enfants…mêmes s’ils la délaissent, même s’ils la traitent mal. Chacun des membres de la famille représente un aspect de l’envers du boom économique. Les enfants de Madame Lin apparaitront donc sans doute ingrats, voire odieux, mais à vrai dire ils pâtissent de ce nouveau monde libéral et individualiste. La manière dont ils traitent la vieille femme n’est probablement que l’expression de leur désarroi, de la rancœur et de la colère …Madame Lin quant à elle, le corps usé, le cœur lessivé, murée dans son silence, assiste impuissante aux déchirements familiaux, accepte stoïquement le traitement qui lui est réservé. Jusqu’au jour où elle va réagir de la manière la plus inattendue qui soit : elle se met à rire, à rire franchement, à rire longtemps. Un rire qui d’abord surprend son entourage, puis qui agace, qui décuple le ressentiment et la rage impuissante. Mais surtout qui interroge, qui ouvre un abîme de questions sans réponse…
« Des acteurs, fussent-ils les meilleurs, n’auraient pu jouer le rôle de ces paysans aussi bien que ces paysans eux-mêmes. Aucun chef décorateur ne pouvait rendre compte de l’environnement où ils vivent aussi bien que la réalité même…Les fissures des murs comme les rides du visage de la vieille dame sont réelles, … Mon travail de mise en scène a consisté à faire voir et ressentir cette réalité. J’ai voulu capter le parler si particulier de ces paysans, … et aussi retrouver la lumière brumeuse de l’hiver … et la démarche d’une femme qui a travaillé la terre toute sa vie.
« Mieux qu’un documentaire, il s’agit, avec l’histoire de cette vieille dame, de raconter des conflits et des drames familiaux universels : ce que chacun rencontre quand il faut s’occuper de ses vieux parents, l’ingratitude des enfants devenus adultes, l’incommunicabilité entre parents et enfants. » Zhang Tao                           UTOPIA

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Du 17 Janv. au 23 Janv. 2018

De Ferenc TÖRÖK– Hongrois
Sortie Nationale – 1h31
Avec Péter Rudolf, Bence Tasnádi, Tamás Szabó Kimmel
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Tiré d’une nouvelle de G.T. Szanto.
Multi primé aux Etats Unis et à Berlin
Filmé en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur
Peu de films traitent des événements de 1944 en Hongrie.
Selon le producteur Angelusz, La Juste route « se passe à une époque où il y avait encore une chance d’aller vers un avenir meilleur, et aussi de regarder en face des souvenirs sombres qui vivent encore en nous. Ce n’est pas le but de ce film de pointer un doigt accusateur. (…) Ce n’est pas un film sur l’Holocauste, mais plutôt un drame qui dissèque la vie d’un village de province hongrois et comment les événements tragiques de la guerre a affecté toute la population. »
Un paisible village hongrois, au lendemain du bombardement de Nagasaki. Un mariage se prépare, l’ambiance est à la fête. Voilà qu’une nouvelle inquiète la communauté : deux anciens villageois, rescapés des camps et de confession juive, sont à l’approche… La Juste Route est un film curieux. Une forme de western hongrois, d’austère facture, tourné en noir et blanc, respectueux de la règle des trois unités. Il obéit à un suspense étonnant, où le destin s’incarne en deux figures sombres et silencieuses, presque fantomatiques, qui arpentent cette juste route à une allure que n’aurait pas reniée le conducteur de tracteur sexagénaire d’Une histoire vraie, de David Lynch. Devant cette menace, le village s’affole. Sont-ils venus chercher réparation ? Quelqu’un les aurait-il dénoncés ? Spoliés ? Et que transportent-ils dans leurs mystérieuses caisses ? Un trésor, assurément, puisqu’ils sont juifs… Le climat de paranoïa qui s’instaure alors semble justifier cette sentence signée Faulkner : « Le passé ne meurt jamais, il n’est jamais passé. » Autre élément notable, ce film réaffirme les ravages de la cupidité en temps de guerre. Bien en deçà de l’ineffable folie engendrée lors de la Seconde Guerre mondiale, la convoitise ordinaire, l’appétence pour l’accumulation pécuniaire, participe déjà d’une terrifiante monstruosité.

En noir et blanc

La Juste route est filmée en noir et blanc, une évidence pour le réalisateur qui ne pouvait pas imaginer son oeuvre d’une autre manière. Selon lui, cela rend le film plus authentique et rappelle les archives photos. Cela lui a aussi permis de ne pas se préoccuper des couleurs, au profit de la composition de l’image et de la direction d’acteur : « Le cadre est plus intense en noir et blanc, cela permet au public d’être plus concentré sur l’histoire, sur le drame humain. »
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Jeudi 11 janvier 20h30


Cette projection débat proposée par LES AMIS DU CINOCH’
en partenariat 
avec le Colisée et les Amis du Monde Diplomatique
en présence de l’auteur Jean-Luc Pelletier 

à pour objet d’échanger autour de ce constat :
De Sainte Marthe dans le Lot et Garonne à Altamira dans l’état du Parà en Amazonie brésilienne les mêmes géants du béton et de la finance provoquent les mêmes dégats. 
Si la gravité des situations n’est pas la même  les procédures pour arriver à leurs fin sont identiques,Alors que partout le pouvoir de l’argent dévaste la nature et porte atteinte aux personnes , l’état du monde reste en suspens. Les populations s’organisent …

Jean-Luc Pelletier:
Jean-Luc est géologue de formation aujourd’hui à la retraite et vivant à Marmande dans le Lot-et-Garonne. Après des expériences à l’étranger en coopération technique et bureau d’études en RDC, en Tunisie et au Brésil, il rejoint la France et travaille au sein des directions régionales de l’agriculture à Rennes, Lille puis Nantes. Ses activités sont liées à l’environnement puis à l’économie agricole et aux problèmes fonciers. Jean-Luc est membre de Frères des Hommes où il est notamment impliqué dans les relations de l’association avec ses partenaires intervenant dans le domaine de l’agriculture familiale. Il voyage régulièrement au Brésil où Il a notamment réalisé cinq petits films documentaires tournés avec le MST.

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Du 03 Janv. au 09 Janv. 2018

De Karim MOUSSAOUI – Algérie 2017 1h53
Avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani, Nadia Kaci, Hania Amar…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Trois histoires liées, trois parcours différents qui se tracent dans l’Algérie contemporaine comme pour en définir les contours. … Un territoire en fusion sous une croute sédentaire où la vie bouillonnante qui bourgeonne ne demande qu’à exploser. Ce qui relie les protagonistes entre eux est intangible et ils ne seront pas amenés à se rencontrer. Tous trois sont à une croisée de chemins, aux prises avec des systèmes de valeurs parfois incompatibles… : ils tiennent entre leurs mains leur destin et ont toute latitude pour le faire basculer dans un sens ou dans un autre. On est loin d’être dans un pays inerte ou soumis, accablé sous le poids des traditions, il est tout au contraire vibrant, libre. Il est le terreau d’un peuple en pleine mutation intérieure…
Le premier volet s’ouvre sur Mourad, sexagénaire … Son Algérie à lui, c’est celle de la capitale, des affaires avec lesquelles il a su s’enrichir. Existence cossue conventionnelle, un trip marital qui ne semble plus trop le faire vibrer… Il est moins aisé de se libérer de sa progéniture que de son ex-épouse qui le tanne pour qu’il sermonne leur fils qui veut renoncer à ses études de médecine… Le recours à la figure paternelle, qui en impose, semble l’ultime recours. C’est qu’en terme de sens moral, de devoir, de bon sens, Mourad est exemplaire… Alors va se produire devant ses yeux un incident inattendu qui ébranlera ses convictions … Il pourrait ne rien dire, essayer d’oublier… Mais la honte, va le rattraper, le sentiment d’avoir trahi ce qu’il a mis une vie à construire et à défendre…
Le second volet offre un autre éclairage sur la première histoire. Voilà Aïcha, jeune femme bien déterminée à se faire une belle vie, en partance vers le village de ses noces délibérément consenties, en compagnie de son père. Pris d’un mal de bide, ce dernier sera contraint de laisser le temps d une soirée sa fille entre les mains du jeune chauffeur qui les conduit. Il s’avère vite que les deux se connaissent plus que le paternel n’aurait imaginé. …
C’est l’histoire de Dahman qui offre sa conclusion au film. Ce médecin radiologue reconnu, … va être rattrapé par les fantômes d’une tranche de vie qu’il a tout fait pour oublier. Malgré son statut de victime, il devra se poser la question de sa responsabilité durant la « sale guerre » qui opposa à partir de 1992 les islamistes au pouvoir militaire…
Pour son premier film, Karim Moussaoui réussit une œuvre d’une fluidité étonnante malgré un propos dense et ambitieux, qui aurait pu vite tourner à vide mais dont il maîtrise subtilement chaque rouages avec une grande intelligence.                      Utopia

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Du 27 Déc. au 2 Janv. 2018

De Gaël MOREL – France/Maroc 2017 1h43
avec Sandrine Bonnaire, Mouna Fettou, Kamal El Amri, Ilian Bergala, Lubna Azabal…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 24/12 séance à 17H
Lundi 25/12 séance à 16H15
Mardi 21h00

« Je préfère travailler à Tanger qu’être au chômage ! » insiste pourtant l’ouvrière de 45 ans dont l’atelier de textile va bientôt fermer ses portes, le groupe pour lequel elle travaille depuis bien longtemps poursuivant sa logique de délocalisation. Tel est le point de départ de Prendre le large et il rappellera à nos spectateurs assidus celui de Crash test Aglaé, allègre comédie sur fond de mondialisation sortie cet été : et il est étonnant de voir comment une situation similaire peut donner naissance à deux films à ce point différents ! Gaël Morel nous donne ici une chronique délicate sur les différences culturelles et l’humanité commune, en même temps qu’un émouvant portrait de femme.
Edith, veuve, vit seule à la campagne… elle n’a rien qui la retienne vraiment en France. Son fils unique, Jeremy ? Même pas : sa relation avec lui s’est distendue depuis qu’il s’est installé à Paris … Quant à la lutte collective pour s’opposer à la délocalisation, elle n’y pense même pas … Edith est persuadée que sans son travail, son existence se racornirait encore davantage et elle se dit qu’après tout, prendre le large, essayer une nouvelle vie, c’est le moment ! Alors pas question de se laisser influencer par l’inquiétude de Nadia, sa seule véritable amie à l’usine d’origine marocaine.
Voilà donc Edith s’installant  à Tanger dans une petite pension conseillée par Nadia et tenue par Mina et Ali, une divorcée et son fils. Dans une ville transpercée de chantiers, voire dangereuse pour celle qui est vite surnommée « La Française », Edith va découvrir la réalité épuisante du travail et les coutumes locales, aller de mésaventures désagréables en désillusions brutales, s’efforçant cependant de faire bonne figure alors que la situation s’assombrit de plus en plus en dépit de l’amitié naissante avec Mina.
Ancré en permanence sur son personnage principal et explorant sur ses traits la moindre inflexion de ses émotions, Prendre le large est un film touchant, avançant avec sincérité et une grande simplicité narrative. Au fil de situations toujours très justes et précises, le film brosse un tableau crédible de la condition ouvrière et de la vie quotidien au Maroc. Mais cette traversée du miroir de l’immigration économique est surtout le récit d’un itinéraire individuel.                                                               UTOPIA

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Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 27 Déc. au 2 Janv. 2018

Du 20 au 26 décembre

De Léonor SERRAILLE – France 2017 1h37
Avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard…
Festival de Cannes 2017 : Caméra d’Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues).
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 24/12 séance à 17H
Lundi 25/12 séance à  16H15
Mardi 21h00

Plus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d’être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours… Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et une grande fragilité … Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine …
Paula est sans doute emblématique de toutes ces trentenaires contemporaines un peu larguées, tenaillées entre leurs dépendances affectives et un désir d’indépendance … Ce qu’elle vit là, c’est plus qu’une rupture, c’est presque la perte d’elle-même tant elle était habituée à n’exister que par le regard de son homme… Pour garder quelque chose de lui, elle ira jusqu’à kidnapper son chat…  moche, un véritable boulet qu’elle ne semble même pas apprécier. Mais que ne ferait-elle pas pour garder un petit lien ténu avec celui qu’elle a aimé, qui l’a aimée ? Paumée, à la rue avec ce crétin de félin sur les bras, abandonnée dans un Paris où elle ne connaît personne… on la sent vraiment mal barrée.
On ne sait d’où elle a tiré cette hargne d’animal blessé. N’empêche que c’est dans cette rage qu’elle va puiser la force nécessaire pour rebondir. Ce largage dans Paris devient presque une chance et va lui permettre de s’émanciper. Son manque d’amour propre lui octroie toutes les audaces. Prête à tout elle fait feu de tout bois. Malheur à celle qui pense l’avoir reconnue dans la rue  … Une annonce de garde d’enfant passe à sa portée ? Notre héroïne se la joue nounou, une nounou peu conventionnelle, trouble-fête qui va vite faire tache dans un foyer trop bien rangé ! On cherche une vendeuse de culottes ? Qu’à cela ne tienne : elle s’improvise marchande et décroche le poste lors d’un entretien d’embauche des plus burlesques. Bien sûr elle se fait larguer de partout, vu que tout cela n’est que de l’esbroufe et que sur la durée, il faut bien qu’elle finisse par se l’avouer : elle ne sait rien faire, à part être elle-même et c’est déjà énorme. Cette tête de mule incarne à elle seule toute une génération débrouille secouée par la crise et qui n’a d’autre perspective que de vivre d’expédients et de petits boulots.
Le rôle principal est endossé avec un brio fracassant par Laetitia Dosch qui explose à l’écran. Elle porte le film avec une énergie folle… Grace à elle Paula est plus qu’une simple gonzesse compliquée, elle lui donne toute la complexité d’une jeune femme qui se cherche.… Une jeune femme parmi tant d’autres, inoubliable.                           Utopia

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Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 20 au 26 décembre

Jeudi 14 décembre à 20h30

SATIRE DANS LA CAMPAGNE 
Du dessinateur Marc LARGE 
et de son complice journaliste Maxime CARSE
Partenariat Cinoch’/ Amis du Monde Diplomatique/Colisée
Nous souhaitons que ce film fasse rire et réfléchir.
Placé sous le signe de l’humour, ce document veut démontrer l’importance de la satire dans notre société. Poult de la démocratie, cette liberté de ton et d’expression est une véritable soupape, une bouffée d’oxygène salvatrice pour les lecteurs, les auditeurs et les spectateurs. La satire fait également réfléchir.
La satire est une œuvre dont l’objectif est une critique moqueuse de son sujet (des individus, des organisations, des États, etc.), souvent dans l’intention de provoquer, prévenir un changement ou de porter à réfléchir. Le terme « satire » vient du latin satura qui signifie « mélange » ou « pot-pourri », en raison de la multitude de ses modes d’expression : dessin, théâtre, littérature… puis cinéma, chanson, etc. (D’où la volonté de rassembler des artistes d’horizon et de modes d’expression différents).
L’attentat terroriste qui a visé Charlie Hebdo en 2015 a réveillé un élan de solidarité sans précédent dans le monde entier et une prise de conscience générale de l’importance de la liberté d’expression. La France revendique depuis longtemps ce ton tout particulier de la « gauloiserie » : ce qui est de l’ordre d’une gaité vive et libre.
De Coluche à Groland, en passant par Desproges ou Hara-Kiri, la critique des politiques par l’humour est une spécificité que les français affectionnent autant qu’elle peut les choquer.
Mais quelle est véritablement le pouvoir de la satire aujourd’hui ? kisskissbankbank.com
« A la façon d’un « Merci Patron », de François Ruffin, documentaire politique qui a pu lui aussi voir le jour grâce à un financement participatif, « Satire dans la campagne » rêve d’un même beau destin. Pour faire entendre ce besoin de rire, « de dédramatiser les chosescar cette élection, peut-être plus que les autres, a généré tant de violence, de division, de haine. On a senti très vite qu’on pouvait et devait rire », poursuit Marc Large. Comme une soupape, une bouffée d’oxygène salvatrice, décrit même le synopsis. » sudouest.fr
 « Pourquoi vous engagez dans la promotion de ce documentaire ?
Daniel PREVOST : « Marc Large (dessinateur de presse et réalisateur du documentaire N.D.L.R.) est un copain, comme d’autres copains du Groland etc. J’ai évidemment dit oui pour cette participation totalement amicale et pour soutenir ce documentaire qui est une belle vision de la société telle qu’elle est avec ses points de vue différents, drôles… ou pas drôles. »
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Du 13 au 19 décembre

De Fabien GORGEART – France 2017 1h27
Avec Clotilde Hesme, Fabrizio Rongione, Thomas Suire, Grégory Montel, Olivier Rabourdin…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15

Lundi 14h00
Mardi 21h00

C’est une histoire presque banale d’une jeune femme enceinte pour la première fois. Belle, radieuse, en pleine forme, Diane attend un enfant et ces premiers mois sont tout ce qu’il y a de plus ordinaires : la fatigue, les matins nauséeux… puis l’énergie un peu euphorisante que procure immanquablement cette grande révolution intérieure. D’ailleurs, Diane, au lieu de se reposer tranquillement, a décidé de retaper la maison de famille laissée en désamour.. Diane a les épaules : assez larges pour porter un bébé, casser des murs, filer sa vie toute seule comme une grande…
Une histoire presque banale, à un petit détail près : Diane porte un enfant qui n’est pas vraiment le sien puisqu’il est le fruit improbable mais pourtant bien concret de l’amour entre Thomas et Jacques. Ecrite comme ça, comme une évidence, la situation est assez simple et c’est bien ainsi que la vivent les trois protagonistes de cette grossesse. Les deux papas suivent avec bienveillance le ventre de Diane qui s’arrondit, s’inquiètent et paniquent comme tous les futurs pères …

Mais Diane, parce qu’elle n’aime pas trop se poser de questions, parce qu’elle n’a ni port d’attache, ni mari, ni amant, vit tout à fait sereinement cet état des choses qui pose finalement bien plus de problème aux autres et à la société qu’aux principaux concernés. Diane s’arrondit à vue d’œil, mais jamais ne doute, jamais ne regrette, jamais ne se trouble quant à cette grossesse hors cadre … Mais va arriver la chose que personne n’avait prévue. Il est électricien et doit faire des travaux dans la maison. …Thomas et Jacques ne peuvent alors que suivre le mouvement car après tout, Diane fait ce qu’elle veut de son corps et de son cœur et n’a de compte à ne rendre à personne sur sa vie amoureuse. Mais même avec la meilleure volonté du monde, il va lui devenir difficile de jongler avec trois mecs…
C’est un film solaire qui rayonne sous le charme de Clotilde Hesme. Elle incarne une Diane qui sait être tour à tour femme enfant un brin immature, puis jeune femme déterminée, mais portant en elle avec panache et noblesse une droiture, une générosité. Sur un sujet éminemment casse-gueule mais ô combien d’actualité, il est rassurant de voir que ce regard de cinéaste sur la gestation pour autrui est naturellement bienveillant. Loin de tout manichéisme, de tout discours moralisateur, Diane a les épaules écarte d’un geste tendre tous les clichés et replace au cœur du débat les sentiments. Utopia

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Du 6 décembre au 12 décembre


D’après le roman de J.P. Manchette et J.P. Bastid
Prix Méliès – 3 nominations Festival Européen Film Fantastique Strasbourg 2017

Interdit au moins de 12 ans avec avertissement

D’Hélène CATTET et Buno FORZANI
France-Belgique 2017 1h32mn
avec E. Löwensohn, S. Ferrara, M. Barbé, B. Bonvoisin, M. Sainsily…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le film  est une « tuerie ». Au propre parce que, malgré le nombre restreint de protagonistes, ça défouraille … Au figuré surtout parce qu’on est en présence d’un incroyable film sensoriel, maquillé en polar, qui nous poursuit longtemps après la projection d’une impression de sidération dont on peine à se défaire. Hélène Cattet et Bruno Forzani réussissent avec Laissez bronzer les cadavres à nous faire partager, entre hommage ultra-référencé et rêverie (ou cauchemar) éveillée, leur déclaration d’amour filmée au cinéma. Avec une prédilection pour le cinéma dit « de genre », européen qui a connu une sorte d’âge d’or dans les décennies 70 et 80. Après avoir revisité l’univers d’ Argento ,c’est sur les traces de Sergio Leone qu’ils lancent leur caméra … À l’instar du roman, le film tient tout autant du polar que du western, … Réputé inadaptable, le roman est ici adapté avec une fidélité quasi-littérale à la sèche linéarité de son récit. Lequel, en forme de tragédie classique, …respecte scrupuleusement les trois unités : de temps, de lieu et d’action.
Pendant 24 heures, un hameau en ruines, écrasé par le soleil, va être le théâtre d’un affrontement à mort entre des malfrats qui viennent de réaliser dans un bain de sang leur  casse du siècle et une paire de gendarmes … Bataille rangée au milieu de laquelle s’efforcent de survivre, avec plus ou moins d’énergie et d’efficacité, la maîtresse des lieux… C’est à peu près tout. Comme le roman, le film ne dévie pas de l’aridité de son argument. Pas l’ombre d’un coup de théâtre à l’horizon, chaque rôle est connu et chaque destin inéluctablement mené à son terme. Comme dans le roman, la sécheresse du canevas permet aux auteurs de déployer un invraisemblable savoir-faire (comment tenir en haleine un lecteur/spectateur sur un schéma aussi simple et convenu ? C’est possible, la preuve !) … Le résultat donne un de ces films beaux, fous, étincelants, d’une formidable liberté de ton et d’une implacable rigueur formelle, aussi séduisants que malfaisants, …. Un de ces films qui ont l’air de bolides méticuleusement déglingués, lancés sans visibilité à 200 km/h sur les chemins de traverse de la cinéphilie non-conventionnelle.
Il se dit que Tarantino est le 1er fan du travail de Cattet & Forzani. S’appuyant sur un aussi prestigieux parrainage, on fait le pari que la beauté formelle, l’inventivité sans limite, la rigueur narquoise de ces exquis cadavres vont, comme nous, vous laisser comme deux ronds de flan : épuisés, rincés, à bout de souffle …                        UTOPIA

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Du 29 novembre au 5 décembre

De Laurence FERREIRA BARBOSA
France / Portugal 2017 1h48mn
avec P.Constantino-Ramos, R. Da Costa, A. Torres Lima, M. Pereira, A. Prince…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Des étoiles brillent dans les yeux bleus et étincelants de Pamela quand elle pose son regard sur le monde. Un regard d’une infinie tendresse, mélange étonnant de candeur et de gravité. Pamela est un drôle d’oiseau : docile mais pas facile, discrète mais dotée d’un physique qui ne passe pas inaperçu. Elle a gardé les rondeurs de l’enfance, ses joues, ses bras potelés, mais son corps tout entier est un appel à la sensualité même si elle semble totalement s’en moquer.
Les étoiles, elles brillent aussi dans la nuit calme d’un petit village du Portugal. C’est le village de la famille de Pamela, la terre de ses aïeux, là où vit encore sa grand mère. Tous les étés, Pamela et ses parents reviennent aux sources, indispensable retour au premier chapitre de leur histoire, un voyage qui se fait forcément en voiture pour mieux apprécier les heures et les kilomètres qui défilent et les rapprochent de leur précieux point d’ancrage. Pour rien au monde Pamela ne manquerait ce rituel : la route, les paysages changeants, les odeurs d’eucalyptus et, enfin, l’arrivée triomphante dans le village. Pour la famille de Pamela comme pour tant d’autres qui ont quitté leur terre natale pour s’installer en France au gré des flux migratoires, ce voyage réaffirme le lien avec leur identité, leur culture et panse aussi les blessures sourdes de ceux qui ont quitté leur pays, leurs parents pour vivre ailleurs.
Pour Pamela qui vient de rater une seconde fois son bac, ce voyage est un repère rassurant dans un avenir incertain et met à distance la question qui se posera bientôt : que faire de sa vie ? En attendant, elle retrouve les cousins, les amis, et vit au rythme du village : les fêtes, les repas de famille, les processions, le ramassage des pommes de terre. Pourtant, quelque chose n’y est plus… C’est peut-être le goût de l’enfance qui s’efface doucement, ou bien ce monde un peu figé, pétri de traditions et de conservatisme lui semble cette fois moins attrayant. Et puis il y a les retrouvailles avec Claudia, une ancienne amie, fougueuse et insoumise, qui lui fait partager ses révoltes et ses histoires de cœur. Il n’en faut pas plus à Pamela la douce, la tendre pour se poser bien des questions sur ce qui fait battre son cœur à elle, entre ses parents, le Portugal, les études et le charmant garçon qui l’a draguée avec humour et pâtisseries (il est apprenti) avant le début de l’été

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Du 22 novembre au 28 novembre

 

De Dorota KOBIELA et Hugh WELCHMAN
GB/Pologne 2016 1h34
avec les voix de P. Niney, C. Berthier, X. Fagnon, D.Douet…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Prix du Public, Festival du Film d’animation d’Annecy 2017

Un projet aussi insensé que démesuré. Il y a sept ans, Dorota Kobiela, réalisatrice de courts-métrages animés, a entrepris de raconter les derniers feux de la vie de l’artiste néerlandais en animant des peintures à l’huile réalisées dans le style de Van Gogh. Une idée qui devait donner d’abord lieu à un film court. Mais quand Hugh Welchman, son mari, co-réalisateur et co-scénariste, a fait la queue pendant trois heures pour une exposition du peintre néerlandais, il l’a persuadée de tenter l’aventure du long métrage.
Quelques semaines après la mort du peintre, Armand Roulin, fils turbulent du postier Roulin, est chargé par son père, qui a bien connu Van Gogh lors de son passage à Arles, de remettre une lettre posthume à son frère Théo. Alors qu’il s’en fait une piètre image, le jeune homme découvre, au fil de ses rencontres, quel homme et quel artiste était vraiment Van Gogh. Apprenant la mort de Théo et n’ayant plus de destinataire pour la lettre que lui a confiée son père, Roulin se rend à Auvers-sur-Oise pour chercher à découvrir les raisons qui ont poussé Vincent à se suicider. La simple mission que lui a confiée son père tourne à l’enquête…
… Le film a d’abord été tourné avec de vrais acteurs, et ces images en prise de vue réelle ont été peintes « à la manière de Van Gogh » par 125 animateurs recrutés dans toute l’Europe. Pour chaque plan, les peintres utilisaient le même tableau qu’ils modifiaient imperceptiblement entre chaque prise. Puis l’ensemble était retravaillé sur ordinateur pour assouplir les transitions. Un travail titanesque pour fournir les 64 000 images, certains plans de 3 secondes ayant demandé jusqu’à un mois de travail !
Natures mortes, champs de blé, scènes au café, portraits du Père Tanguy ou du docteur Gachet… : 94 tableaux ont été reconstitués intégralement et 31 partiellement. Chaque début et fin de plan est une copie d’un tableau de Van Gogh. Le résultat est, il faut le dire, spectaculaire, le spectateur ayant véritablement l’impression de voir la peinture prendre vie comme par magie…
(S. Dreyfus, La Croix) Utopia
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Du 15 novembre au 21 novembre

De Stephan Komandarev
Bulgarie 2017 1h43mn
avec V. Vassilev-Zuek, I. Barnev, A. Blatechki, I. Zhambonas, V. Banov…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Sélection « un certain regard » Cannes 2017

À Sofia, s’il faut en croire le film, ceux qui vous conduisent sont de sacrés personnages et la noirceur de leur humour décapant n’a rien à envier à celle d’un état gangrené par la corruption. Forts de tout ce qu’ils voient et entendent au volant, ils ont pu en conclure que si la Bulgarie est un pays peuplé d’optimistes, c’est que les pessimistes et les réalistes l’ont quitté depuis longtemps, … S’embarquer avec eux est un voyage jubilatoire, peuplé d’anecdotes kafkaïennes …
L’épisode qui ouvre le film est basé sur un incident véritable qui a mis en émoi tout le pays. Au petit matin, avant d’emmener sa gamine à l’école, Micho découvre son entreprise assaillie par des usuriers, huissiers et autres rapaces. Il essaie de redresser la situation mais nul crédit ne va lui être accordé. Chacun en profitera au contraire pour essayer de le pressurer un peu plus, lui réclamer des pots-de-vin disproportionnés, jusqu’à ce que sa position ne soit plus tenable. Constatant qu’il n’a plus rien à espérer de personne, notre entrepreneur malchanceux, après avoir mis sa fillette à l’abri, commettra un acte réjouissant dont beaucoup rêveraient en de pareilles circonstances : il va abattre son banquier ! Pourtant Micho était prêt à tout pour s’en sortir honnêtement. Même à conduire un taxi la nuit après une dure journée de travail…
L’affaire fera l’objet de vifs débats, relayés par la radio. Le trait de génie du film, d’une grande puissance formelle et narrative, est de les suivre de l’intérieur, depuis cinq autres taxis, chaque chauffeur ayant sa propre histoire poignante ou/et drôle à raconter. …Au volant des taxis, on croisera des individus incroyables : un retraité déprimé, une mère de famille excédée, un prêtre décomplexé… On est loin d’imaginer jusqu’où chaque nouveau conducteur (et conductrice, il y a une femme dans le lot) va nous entraîner et ce qu’il va advenir de son passager. Celui qui menace de se suicider en se jetant du haut d’un pont passera-t-il à l’acte ? Et ce boulanger épuisé par une vie de trop dur labeur ? Qu’arrivera-t-il à ce chirurgien qui doit transplanter son dernier cœur avant de s’exiler ? Ou encore à cet homme d’affaire vaniteux qui navigue d’un aéroport à un autre, se gavant sans vergogne sur le dos des plus faibles ?
Tout cela devient très vite prenant. Les répliques fusent comme autant de perles pour construire ce bijou d’humour noir et d’humanité. Le titre original du film est Posoki = Directions… Faisant allusion non seulement à celles que suivent les taxis, mais à celles que devraient emprunter les Bulgares pour sortir des ornières d’un pays où personne n’ose plus rêver d’autre chose que de survie.

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Du 8 novembre au 14 novembre

De Lisa IMMORDINO VREELAND
Documentaire USA 2016 1h36mn
Avec les interventions de Peggy Guggenheim, de nombreux artistes contemporains importants et tout autant d’œuvres géniales représentées à l’écran…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Amatrice d’art enthousiaste, collectionneuse éclairée, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du xxe siècle. Petite-fille l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre –, elle hérite d’une fortune colossale à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic.
De 1920 à 1941, elle vit en Europe, notamment à Paris et dans sa luxueuse villa près du Lavandou. À Paris, elle rencontre Picasso, Dali, Joyce, Pound, Stein, Léger ou encore Kandinsky ! Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation initiale ne la portaient cependant pas au-delà de l’impressionnisme, mais elle se tourna résolument vers l’art contemporain et ouvrit une galerie à Londres en 1938, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilisa l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédé depuis le début du 20ème siècle : cubisme, futurisme, constructivisme, dada, surréalisme, expressionnisme…
En 1941, l’invasion de Paris par les Nazis la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les surréalistes – elle est alors l’épouse de Max Ernst –, mais aussi de jeunes artistes américains comme Motherwell, Rothko, Gottlieb ou Pollock, chefs de file d’un expressionnisme abstrait.
En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier dei Leoni à Venise pour y installer ses collections personnelles. Ce site est aujourd’hui l’un des grands musées d’art moderne de la cité des Doges. En mécène avisée, elle n’a jamais revendu les œuvres que son immense fortune lui avait permis d’acquérir, préférant les offrir à des institutions culturelles. La Fondation Peggy Guggenheim à Venise constitue incontestablement, pour celle que l’on surnommait affectueusement la « dernière Dogaresse », l’apothéose de son activité inlassable au service de l’art contemporain.
Par ailleurs, femme libre, audacieuse voire volontiers provocatrice, elle  a mené une vie sentimentale et sexuelle qui a souvent défrayé la chronique et qui a fait autant pour sa célébrité que sa passion pour l’art. Il semblerait bien que pour elle, ces deux pans de son existence étaient étroitement liés. À travers des entretiens inédits avec Peggy Guggenheim, à travers des témoignages d’artistes et de critiques d’art, le film remarquable de Lisa Immordino Vreeland met en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

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Du 25 octobre au 31 octobre

De Sherif El Bendary -Égyptien, Français Avec Ali Sobhy, Ahmed Magdy, Salwa Mohamed Ali … Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Quand Ali rencontre Ibrahim.
Ali, d’un tempérament jovial, voue un amour inconditionnel à Nada, sa chèvre. Sa mère ne le comprend pas et décide d’envoyer Ali chez un guérisseur. Il y rencontre Ibrahim, un ingénieur du son qui souffre d’acouphènes qui parasitent son travail et sa joie de vivre. Ali, Nada et Ibrahim entreprennent un voyage thérapeutique qui les conduira d’Alexandrie au Sinaï et qui bouleversera leur vie.
Ali, la chèvre & Ibrahim est le premier long métrage de Sherif El Bendary. Son désir d’avoir réalisé ce film est à mettre en parallèle avec la question de l’état de la société égyptienne et plus particulièrement de la ville du Caire, plus que jamais oppressante après la révolution de 2011. Le metteur en scène voit ainsi Ali, la chèvre & Ibrahim comme un film qui devrait refléter le cœur battant du Caire, sa complexité.

 

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Du 18 au 25 OCTOBRE 2017

1 Nomination Cannes 2017

Interdit aux moins de 12 ans

De Barbet SCHROEDER – documentaire France / Birmanie 2017 1h40mn
avec la voix de Bulle Ogier …
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Dans sa robe couleur safran, ce moine à l’air poupon, humblement assis face à la caméra, provoque d’emblée un élan d’empathie. … Si le bouddhisme, qui prône un amour sans limite envers tous les êtres, était la solution aux désordres du monde, du moins de ceux du Myanmar (ou Birmanie) ? On se laisse bercer par les paroles apaisantes qu’Ashin Wirathu prononce, son calme charismatique… …  Presque un héros non violent façon Gandhi en quelque sorte… À l’écouter… Puis une petite phrase dérape… Quelques mots mis bout-à-bout qui véhiculent une idéologie si diamétralement opposée aux mantras bienveillants … D’ailleurs le discours repart de plus belle sur les bienfaits de la bonté … C’est alors que notre bon bonze revient à la charge en accusant les Musulmans de « s’entre-dévorer comme des poissons ».
Ces dangereux adorateurs d’Allah seraient également devenus aussi véloces que des lapins dans l’art de se reproduire. C’est « la stratégie du sexe » .. Dans la bouche d’un individu lambda ce serait juste détestable, grotesque… Dans la bouche de ce religieux révéré, ça glace les sangs ! Nous voilà plongés dans la fange du racisme ordinaire. L’ennemi à abattre est désormais clairement désigné : c’est la part musulmane du peuple birman , petite minorité des Rohingyas venus jadis du Bengladesh… Ainsi attise-t-il les braises d’une colère larvée, qui ne demande qu’à s’embraser au moindre incident. Et c’est ce qui ne tardera pas à se produire, comme on le sait… D’autant que Wirathu a créé autour de lui une organisation qui vise à être aussi performante que « la CIA, le Mossad »… Viennent alors les questionnements sur ceux qui avancent à couvert derrière ces illuminés… La place des autorités dans tout cela,  du prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, …? À qui profitent ces crimes ?
C’est un film extrêmement dérangeant, faussement neutre. Barbet Schroeder nous dispense de discours moralisateurs … Un montage méthodique, où sont savamment agencées  interviews actuelles,  images d’archives,  vidéos d’amateurs, il anéantit nos repères, nous amène à analyser. … C’est une spirale vertigineuse qui nous engloutit, fascinés, paralysés. On a beau essayer de décortiquer l’incompréhensible, peut-être ne le comprendra-t-on jamais.
Le Vénérable W. vient achever brillamment ce que Barbet Schroeder appelle sa « Trilogie du mal » : le premier volet était en 1974 Général Idi Amin Dada : Autoportrait, le deuxième L’Avocat de la terreur, sur Jacques Vergès, en 2007.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 18 au 25 OCTOBRE 2017

Du 11 au 17 OCT. 2017

De Behnam BEHZADI
Iran 2016 1h24
avec Sahar Dolatshahi, Ali Mossafa, Ali Reza Aghakhani, Setareh Pesyani…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00

6 nominations Cannes 2016 dont Sélection officielle « un certain regard »

Un voile de pollution grise envahit Téhéran, étouffant, tout particulièrement les jours où les couches d’air frais et d’air chaud s’inversent. C’était d’ailleurs le titre original du film : Inversion, un titre peu évocateur reconnaissons-le, surtout pour qui ne connaît pas le phénomène. Une brume chaude et grise vous prend alors à la gorge, vous toussez, vous avez du mal à respirer, les fragiles ont consigne de se calfeutrer chez eux, les écoles ferment… Pourtant la vie continue. …On subit mais on accepte parce qu’on a fait sa vie là, qu’on aime sa ville et que de toute façon il n’y a pas vraiment le choix. On s’habitue à ne pas avoir le choix.
Niloofar est une belle femme, avec une famille : frères, sœurs, oncles, tantes… et vit avec sa mère qui n’en fait qu’à sa tête, refuse de respecter les consignes de prudence et sort voir les copines par tous les temps… jusqu’au jour où elle fait un malaise. À l’hôpital le toubib est formel : la pollution va la tuer si elle ne quitte pas Téhéran l’enfumée…
Après quelques conciliabules familiaux, on conclut qu’il n’est pas question pour le frère de s’éloigner de la capitale : il a son commerce ; pareil pour la sœur aînée qui a mari et enfants… Niloofar est donc désignée à l’unanimité moins une voix, la sienne : elle quittera son boulot, elle ira vivre à la campagne avec sa mère… Sauf que Niloofar a elle aussi sa vie, dont elle ne dit pas tout à sa famille…. et elle aussi aime Téhéran et elle n’en peut plus qu’on décide à sa place de ce que sera sa vie…
A Téhéran comme ailleurs, allez savoir pourquoi, ce sont souvent les filles qui s’occupent des mères vieillissantes. Les hommes ont trop à faire et puis ne savent pas : ce n’est pas dans leur culture, c’est bien connu… Niloofar n’a jamais eu le choix de rien et pourtant cette fois elle se rebelle : ras la casquette d’être la fille modèle,… ras le bol de faire des concessions ! L’affrontement va opposer les frère et sœurs… et personne ne songe à demander l’avis de la mère … A Téhéran comme ailleurs, il ne fait pas bon être femme, et être dans un état de faiblesse. Les décisions prises « pour le bien de l’intéressé » le sont pour préserver tranquillité de ceux qui décident à sa place.
La pollution :  problème récurrent à Téhéran, …Un Comité d’urgence de la pollution atmosphérique veille et prend à chaque poussée des mesures  : suspension de la circulation dans la ville, de l’activité des mines et usines, des travaux de construction. Des ambulances stationnent sur les grandes places, prêtes à intervenir… Entre mars 2015 et 2016, 5 834 personnes ont perdu la vie à Téhéran à cause de la pollution ! Cette histoire de famille, et les désirs de liberté de l’héroïne, traduit donc bien la nécessité vitale que ressentent les habitants et plus encore les habitantes de la capitale iranienne de pouvoir simplement respirer ! Au propre comme au figuré.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

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DU 4 AU 10 OCT 2017

Le Colisée vous propose sa « SEMAINE HISPANIQUE » du 4 /10 au 10/10
soutenue par les Amis du Cinoch’
Voir programme définitif et horaires plaquette Colisée

El Presidente – Santiago Mitre – AVANT PREMIÈRE

La fiancée du désert – Cécilia ATAN

Une femme fantastique – Sebastián LELIO – 2017

Les filles d’avril – Michel FRANCO – 2017

La région sauvage – Amat ESCALANTE – 2017

Que dios nos perdone – Rodrigo SOROGOYEN – 2017

Été 93 – Carla SIMON PIPÓ – 2017

 

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MARDI 3 OCTOBRE 2017 20H30

Partenariat Cinoch’/Les Amis du Monde Diplomatique/Colisée
Animé par Bernard Dauphiné

De Jonathan ATTIAS, Alexandre LUMBROISO – France – 2017 – 1h28

Des pétitions, nous en signons de plus en plus sur internet. Mais que deviennent réellement nos clics une fois ces pétitions signées ?
Jonathan et Alexandre, les deux réalisateurs de ce film étaient loin de se douter qu’ils s’engageaient dans une telle aventure et dans un tel combat quand ils ont commencé ce film. Tout a débuté par un blog et une websérie que vous connaissez peut-être : Jardiniers levez-vous ! Leur but : sensibiliser les gens à la préservation des semences traditionnelles, prendre le problème à la racine et commencer par protéger les graines afin de préserver la biodiversité. Une belle idée ! Forts du succès de leurs vidéos, ils ont décidé de s’appuyer sur la petite communauté d’internautes qu’ils avaient réussi à fédérer pour lancer une pétition afin d’aller plus loin : proposer une modification de la loi et redonner de l’autonomie aux agriculteurs face aux grands semenciers.
Nous sommes nombreux à nous demander ce que deviennent les pétitions que nous signons ou que nous voyons passer sur la toile. Jonathan et Alexandre, eux, ont été au bout de l’aventure, étape après étape, pour faire entendre la voix de tous les citoyens qui ont fait la démarche de signer et de soutenir leur initiative. Leur film est une belle leçon de citoyenneté et une passionnante démonstration du fonctionnement (et des dysfonctionnements) de notre démocratie. Ces deux énergumènes pleins d’énergie repoussent toutes les barrières (et elles sont nombreuses !) mais réussissent néanmoins à prouver que tout est encore possible et que les citoyens, lorsqu’ils s’unissent, ont encore leur mot à dire ! Des Clics de Conscience est une aventure émouvante mais aussi un documentaire pédagogique sur la place du citoyen dans notre démocratie.
Ce film est une immersion dans la quête joyeuse mais sérieuse de deux protagonistes dont la simple pétition #YesWeGraine, devenue amendement sur Parlement & Citoyens, est venue bousculer le Parlemen

Publié dans Projection-débat | Commentaires fermés sur MARDI 3 OCTOBRE 2017 20H30

Mercredi 27 septembre 20h30

En présence du réalisateur Quentin RAVELLI – Sociologue & chargé de recherche au CNRS – Partenariat Cinoch’/ Amis du Monde Diplomatique /Colisée

Des carrières d’argile abandonnées aux crédits immobiliers impayés, les briques espagnoles incarnent le triomphe puis la faillite économique d’un pays. Usines qui ferment la moitié de l’année, ville-fantôme curieusement habitée, guerre populaire contre les expropriations orchestrées par les banques : suivre le parcours d’une marchandise – les briques – donne un visage à la crise et dessine les stratégies individuelles ou collectives qui permettent de la surmonter.
« J’avais à l’esprit le tressage d’une natte liant ces différents éléments qui ne se rencontrent pas physiquement dans la réalité : le maire qui se bat pour remplir sa ville fantôme, les gens qui s’organisent pour se battre contre les banques a n de faire annuler les dettes, et bien sûr l’industrie de la brique. D’où la forme en mosaïque du lm, le point de vue sur la crise se déplace sans cesse, ce qui per- met de comprendre différentes facettes. » Quentin Ravelli

POUR EN SAVOIR PLUS !!

Publié dans Projection-débat | Commentaires fermés sur Mercredi 27 septembre 20h30

Du 27 sept. au 3 oct

De KIM Ki-duk – Corée du Sud 2016 1h55 – avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-geun, Kim Young-min, Choi Gwi-hwa..
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h15
Lundi 14h00
Mardi 21h00
Festivals : Venise 2016 Hors compétition – Toronto 2016 – Busan 2016

Le cinéma nous a pour l’instant raconté peu de choses sur la situation de la Corée, ce pays déchiré depuis plus de 60 ans en deux parties irréconciliables et qui porte bien mal son surnom de Pays du matin calme alors que la menace nucléaire se profile. Le cinéma sud-coréen est pourtant très actif mais peu de films s’intéressent au voisin nord-coréen, comme dans une sorte de déni, l’excellent documentaire Madame B faisant récemment figure d’exception.
Le héros de Entre deux rives est justement nord-coréen. C’est un petit pêcheur modeste, au quotidien tout ce qu’il y a de banal, si ce n’est qu’il pêche dans un lac frontalier avec la Corée du Sud. Et son destin va basculer quand, son filet ayant bloqué l’hélice de son bateau, il va dériver jusqu’à la côte du grand frère ennemi capitaliste. A partir de là, son existence pourtant pas simple – forcément, dans la dernière dictature communiste ubuesque du monde – va basculer dans un univers totalement kafkaïen. Car dans la grande paranoïa qui règne depuis plus d’un demi-siècle, un Nord-Coréen qui déboule sur le sol sud-coréen est immédiatement considéré comme un espion en puissance. Voilà donc notre malheureux ballotté d’interrogatoires en mauvais traitements, entre un inquisiteur qui veut farouchement prouver que le brave pêcheur est en réalité un espion, et un chef du département de la sécurité qui croit en son innocence mais veut le convaincre contre son gré de demander l’asile politique à la Corée du Sud, alors même que son seul souhait est de retrouver sa famille ! Heureusement ses épreuves sont tempérées par un jeune homme chargé de sa garde, représentatif d’une nouvelle génération plus ouverte et qui tente de le comprendre.
Huis-clos trépidant et étouffant, mené par un magnifique quatuor d’acteurs, Entre deux rivesest un beau plaidoyer pour que soit enfin brisé le carcan des idéologies qui emprisonne les individus au nom d’un modèle unique et fait fi de leur libre détermination. Kim Ki-duk, réalisateur au parcours atypique (il fut successivement ouvrier, marine… avant d’étudier la peinture en France et d’arriver au cinéma presque accidentellement), milite ici ouvertement, à travers le destin du pêcheur Nam Chul-woo, pour une réunification pacifique et humaniste débarrassée des dogmatismes, aussi bien capitalistes que staliniens. Utopia

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Du 20 au 26 septembre 2017

Sergei LOSNITZA – Ukraine 2017 2h23
avec Vasilina Makovtseva, Marina Kleshcheva, Lia Akhedzhakova, Valeriu Andriuta, Boris Kamorzin, Sergei Kolesov..
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h00
Lundi 14h00
Mardi 21h00

ATTENTION !!!! exceptionnellement
séance du Dimanche 22 septembre à 18 h

Une femme douce, c’est la mémoire de Dostoïevski et de toute une Russie éternelle que Serguei Loznitsa a voulu secouer de sa torpeurLoznitsa invoque l’esprit de Dostoïevski plus qu’il ne transpose la nouvelle dont il adopte ici le titre.
Car du récit initial, il ne reste presque rien. Si ce n’est peut-être la figure féminine centrale, .. Le film, lui, relate la quête d’une femme qui cherche simplement à transmettre un colis à son mari emprisonné. Loznitsa fait de son parcours une hyperbole dantesque, une déambulation effroyable dans le ventre d’une société en pleine déshumanisation. Pour son troisième film de fiction – après les très frappants My joy (2010) et Dans la brume (2012) … le cinéaste impose sa vision enténébrée par à une mise en scène d’une radicalité et d’une précision absolues.
La femme douce, c’est cette fine silhouette qui descend du bus et traverse les champs pour regagner sa modeste baraque en bois. .. Une femme seule… Lorsqu’un jour, un avis lui demande de venir reprendre le colis qu’elle a envoyé comme d’habitude à son mari incarcéré, elle dévoile sa détermination. Elle cherche à comprendre et proteste … Mais inquiète de la situation et sans la moindre réponse, elle décide de se rendre jusqu’à ce centre pénitentiaire éloigné et livrer elle-même son paquet.
Débute alors un périple infernal. … Elle va s’aventurer dans cette étrange ville qui semble s’être tout entière organisée autour de l’immense prison. En quelques rencontres, le film expose alors sa métaphore : la Russie est devenue une geôle imprenable, sécurisée par une petite bureaucratie corrompue et dont le gardien suprême est le peuple lui-même. Cette populace laissée dans l’indigence, lucide dans sa déchéance (leurs tirades sont souvent d’une criante vérité), a sombré dans la malveillance et le cynisme. A la recherche d’une solution à son problème, notre femme douce traverse toutes les vilenies et guide notre regard … composant doucement le visage cauchemardesque d’un pays tout entier.
La structure du film se compose comme une suite de tableaux que le cinéaste saisit le plus souvent en de longs plan-séquences visuellement époustouflants. La maitrise du rythme et la complexité des scènes, plus baroques les unes que les autres, révèlent l’étendue du talent de Loznitsa, qui emporte le spectateur dans un torrent de mauvaises rencontres, où tous les hommes se révèlent avides et libidineux, et les femmes hystériques et cruelles. La protagoniste évolue presque toujours au milieu d’une foule grouillant d’individus qui emplit le cadre, comblant le chaos de leur railleries incessantes. Comme chez Dostoïevski, la folie grimace au premier plan puis s’enfuit. Comme chez Gogol, la médiocrité humaine est disséquée avec la plus grande minutie. C’est que Loznitsa embrasse dans son film toute une façon de représenter la Russie… Avec Une femme douce, l’ukrainien Loznitsa signe un film d’une charge politique colossale envers le régime poutinien. Avec, au fond, l’idée que l’humanisme est aujourd’hui une dissidence lourdement réprimée en Russie

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Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 20 au 26 septembre 2017

Du 13 au 19 septembre 2017

Dieter BERNER – Autriche 2016
Avec Noah Saavedra, Maresi Riegner, Valerie Pachner, Aime Breidbach, Marie Jung…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 14h00
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

En 1912, devant le juge bien décidé à le condamner pour ses dessins à caractère érotique – sans oublier des soupçons de détournement de mineurs – Egon Schiele proclame haut et fort : « Je suis un artiste ! » Durant sa courte vie, Egon Schiele, emporté par la grippe espagnole à 28 ans, s’est battu pour faire reconnaître son œuvre, en équilibre entre érotisme et mort, novatrice donc choquante. ….
Un peintre et dessinateur « maudit » – malgré un succès sur la fin de son existence – dont l’œuvre s’est nourrie du chaos des épreuves : la mort de son père, qui a brûlé l’héritage familial, son incarcération, ses amours déchirées, la séparation d’avec sa muse, son mariage « calculé ». Autant de moments qu’il s’est appliqué à traduire dans ses toiles, lui qui, avec son mentor Gustav Klimt – mais aussi Oskar Kokoschka et Koloman Moser pour ne citer qu’eux –, a cherché à imposer une modernité picturale dans la capitale autrichienne.
Le réalisateur Dieter Berner, depuis toujours fasciné par le peintre rebelle, s’est lancé dans l’aventure d’un film sur Schiele après avoir découvert le roman d’Hilde Berger, qui a accepté d’être sa co-scénariste. Un livre qui place les femmes au cœur du travail de l’artiste, qu’il croque passionnément, d’un trait vif, urgent. Et il en a eu, des histoires d’amour sulfureuses, même si aucune n’a dépassé en intensité celle avec Wally Neuzil (jouée par Valerie Pachner), déjà modèle de Klimt, beauté ardente et moteur de ses choix.
Parmi celles qui l’ont inspiré, ou porté, il y a aussi Gerti, sa sœur, premier de ses modèles et dernière à ses côtés au moment de sa mort ; la danseuse « exotique » Moa Mandu ; ou encore les deux filles Harms, Adele et Edith – cette dernière deviendra sa femme en 1915, et mourra, enceinte de six mois, trois jours avant lui.
Egon Schiele le film raconte cette vie passionnelle faite de rencontres et de recherche d’affranchissement, malgré un destin bien pernicieux : en plus de toutes les autres épreuves, la Première Guerre mondiale vient en effet interrompre l’impulsion créatrice du peinte.
Le jeune acteur Noah Saavedra incarne bien la vitalité de Schiele qui, finalement, dans sa riche production (300 tableaux et quelque 3000 dessins), est allé à la recherche de lui-même, ses nombreux autoportraits témoignant bien de cette quête intérieure constante. Rappelons que sa dernière œuvre, inachevée, « La Famille », le représente, chair à vif, avec sa femme et son enfant, alors même qu’il n’est pas encore père et ne le sera jamais. Une preuve supplémentaire, s’il en faut, qu’Egon Schiele peignait la vie, sa vie, comme elle venait, à la fois heureuse et torturée. Comme ses corps, livrés à la toile.

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Du 21 au 27 juin 2017

FÊTE DU CINÉMA 25,26,27,28 juin 4€ la place !!!!

De Bill PLYMPTON et Jim LUJAN
film d’animation
USA 2016 1h15mn
Scénario de Jim Lujan,
Nominé au Festival de Belfort 2016
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Youhou ! Voilà le retour du cinéaste d’animation le plus cinglé, le plus indépendant, le plus délibérément américain que le monde des petits bonshommes qui bougent n’ait jamais connu, j’ai nommé Bill Plympton, grâce auquel on ne voit pas le temps passer. Son cinéma nous paraît tellement drôle, tellement enlevé, tellement libre qu’on n’arrive pas à croire que le bougre a déjà sept décennies et quarante ans de carrière ! Cette fois le jeune Plympton s’est acoquiné avec un gamin surdoué de 45 ans, Jim Lujan, et ce duo d’enfer nous offre un vrai festival pétaradant de pépées incendiaires aux formes exagérément protubérantes, de méchants caricaturaux, de sales gueules invraisemblables tout droit sorties de pénitenciers réservés aux serial killers, d’adeptes frappadingues de sectes millénaristes, de courses poursuites dans le désert… Un vrai condensé de l’Amérique malade qui a élu Trump.
Au centre de La Vengeresse, il y a d’ailleurs un personnage parfaitement trumpien, entre spectacle, politique, corruption, violence et mafia. Le Sénateur Death Face est un ancien catcheur, ancien leader d’un groupe de hells angels qui lui servent toujours de garde rapprochée. Il a, grâce à l’argent et à une politique clientéliste parfaitement assumée, grimpé l’échelle sociale jusqu’à se faire élire au Sénat, entretenant son électorat à coups de shows démagos. Ce colosse brutal et borné n’aime pas qu’on lui résiste et quand une jeune donzelle solitaire lui dérobe un objet qui pourrait s’avérer compromettant, il lance à sa poursuite un quatuor de détectives qui ont carte blanche pour récupérer l’objet du délit et lui ramener la voleuse, morte ou vive. Chacun des chasseurs de prime est évidemment en concurrence féroce avec les autres, après tout on est aux States, pays où le capitalisme est sauvage et tous les coups permis. Dans la bande des quatre, il y a en particulier un petit bonhomme qui ne ressemble à rien, chauve, rabougri, affublé d’une maman à chats possessive qui dirige l’agence en son absence et qui a pourtant un talent inégalé pour maîtriser les criminels en fuite.
Sous le soleil de plomb californien, entre motels miteux et bars de bikers poisseux, Plympton et Lujan créent un univers qui n’a rien à envier à celui d’un Tarantino. Dans cette histoire de jeune fille bien décidée à se venger seule de beaucoup plus fort qu’elle, on pense forcément à l’inoubliable Uma Thurman de Kill Bill, dézinguant à tout va les méchants au bout de son sabre… On sait que Tarantino est un grand fan de Bill Plympton (dans Kill Bill déjà cité, un des personnages a son patronyme) et Plympton le lui rend bien. Scénario enlevé et sans doute plus élaboré que dans les films précédents (un des apports de Lujan), dessin extravagant et agressif, couleurs franches, séquences burlesques d’une drôlerie décapante, Plympton et Lujan nous embarquent à fond de train dans un road movie furieux et dressent le portrait acide et jubilatoire d’une Amérique bien malade à laquelle ils administrent un remède de cheval.

POUR EN SAVOIR PLUS !!!

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 21 au 27 juin 2017

Du 14 au 20 juin 2017

 De Midi Z – Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn
Avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...
Festival Amiens 2016 Licorne d’Or long métrage
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

  Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Notre ethnocentrisme naturel nous pousse à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l’angle unique d’un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d’hommes venus des pays du Sud et de l’Est. On a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n’est pas le triste privilège du monde occidental.
Le remarquable film du jeune cinéaste d’origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l’heure sur le sujet Car dans Adieu Mandalay, il est question d’une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d’abus et de déni des droits humains. Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c’est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l’avait marqué, lui le Birman qui avait fait ses études à l’étranger et profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, qui nait dans l’exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d’argent grâce à son travail, pour envoyer de l’argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile et rêve d’un avenir probablement loin de la Birmanie.
Le cinéaste passe très habilement de l’observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l’image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d’authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, mais il y aussi une vraie recherche plastique, à la fois dans la manière dont est filmée l’usine et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières. Le côté tragédie grecque d’un récit maîtrisé de bout en bout renforce l’impression de voir s’affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).                                              UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

 

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 14 au 20 juin 2017

Du 7 au 16 juin 2017

 

UN LIVRE, UN FILM, EN PARTENARIAT AVEC LA LIBRAIRIE MOTS ET CIE

et ZE REGALIA Théatre

Lecture publique le Jeudi 8 juin à 18 heures à la librairie Mots et Cie

D’Ivo M. FERREIRA
Portugal 2016 1h45
avec Miguel Nunes, Margarida Vila-Nova, Ricardo Pereira, João Pedro Vaz, Simão Cayatte…
D’après les lettres d’A. Lobo Antunes publiées sous le même titre aux éditions Christian Bourgois : disponible chez Mots et Cie
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

« Les lettres de ce livre furent écrites par un homme de vingt-huit ans, dans le cadre intime de sa relation avec sa femme, isolé de tout et de tous durant deux ans de guerre coloniale en Angola, sans qu’il pense qu’elles seraient publiées un jour. Nous n’allons pas décrire ces lettres : chacun les lira à sa manière, assurément différente de la nôtre. Mais quelle qu’en soit l’approche, littéraire, biographique, document de guerre ou histoire d’amour, nous savons qu’elles sont extraordinaires sous tous ces aspects. » (Extrait de la préface écrite par Maria José et Joana Lobo Antunes, filles de l’écrivain)
Lettres de la guerre est donc une très belle adaptation des écrits autobiographiques d’António Lobo Antunes. S’il est bien évidemment question de guerre dans ce film, il est surtout question d’amour. António Lobo Antunes fut médecin durant la guerre d’Angola au début des années 70 – il était également apprenti écrivain. Ivo Ferreira raconte son expérience de soldat mais aussi son apprentissage d’auteur, et même d’auteur amoureux puisque l’histoire est racontée par les missives enflammées qu’il adresse à sa compagne au Portugal.
L’image de Lettres de guerre est absolument superbe : c’est le regard posé par un étranger sur une beauté exotique décrite dans les lettres de l’auteur comme « excessive ». Ivo Ferreira se sert habilement de cette mise à distance hallucinée (la beauté exaltée de la nature et des hommes érotisés) qui déréalise tandis que les lignes lues permettent d’entrer dans la tête et le cœur de l’auteur. Avec autant de lyrisme, mais plus d’intimité que dans ces plans plus grands que la vie : les orages de nuit qui dessinent une silhouette humaine ou ces grands cieux interminables.
Ferreira donne beaucoup à voir, surtout ce qu’il y a de beau – mais donne à imaginer aussi. La photographie est en noir et blanc et il reste à imaginer le vert omniprésent décrit par la voix-off.
Le réalisateur n’élude pourtant pas la dureté du quotidien : entre quelques nouvelles du Benfica (l’un des clubs de football de Lisbonne), on observe les hommes comme des insectes se battant pour leur survie, ou perdant la tête – l’un s’enfuit nu dans la nature, l’autre cherche son briquet comme si sa vie en dépendait. Ce film-poème célèbre la beauté avec panache, mais parvient également à incarner le changement intérieur d’un homme confronté à l’horreur.                                                              (N. Bardot, filmdeculte)

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 7 au 16 juin 2017

Du 31 au 05 juin 2017 – ** 2 films**
**Les initiés (ts les jours)
**Tunnel (01/06 à 18h15 et 05/06 à 18h30)

CETTE SEMAINE VOS DEUX FILMS

« LES INIITIES »

Des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

De John TRENGOVE
Afique du Sud 2016 1h28mn
avec Nakhane Touré, Bongile Mantsai, Niza Jay Ncoyini, Thobani Mseleni…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

C’est une étrange histoire de sueur, de sang, de salive et autres humeurs de source vive… Un récit rare parvenu de l’ancien pays de l’Apartheid, dont on ne peut empêcher l’ombre de rôder dans nos têtes même s’il n’est pas évoqué, même si on ne voit quasiment aucun blanc à l’écran. De la première à la dernière minute, on retient son souffle, subjugué par cette palpitante visite au pays des non-dits, plongé dans les arcanes de rites secrets accessibles uniquement à une minorité d’initiés. Pour les Xhosa, ethnie d’Afrique du Sud, on ne nait pas homme, on le devient…Pas sûr que Xolani aurait choisi cette voie. Pas sûr que son paternel, qui le confie à son instructeur, Kwanda, en recommandant à ce dernier la plus grande fermeté envers ce fiston qualifié de « trop faible », lui en ait laissé le choix. Mais c’est bravement que Xolani s’apprête à affronter les épreuves qui l’attendent. Il se joint au cercle des autres jouvenceaux qui, tout comme lui, malgré leurs airs bravaches, sont peu rassurés. Les présentations à peine faites, une première cérémonie débute, douloureuse, où tout se passe au dessous de la ceinture… Voilà Xolani en tête-à-tête avec son instructeur, chacun découvrant l’autre, l’observant du coin de l’œil dans l’impudeur de la douleur. Kwanda applique des cataplasmes, annonce à son initié la suite des événements, le rase, le badigeonne de blanc, sans ménagement. Au travers des gestes qui guérissent, précis, ancestraux, semblent s’immiscer des sentiments ambivalents, indicibles. Est-ce de l’envie, de l’empathie, un brin de sadisme ? Tout cela est trouble et le restera. Plus on se prend à essayer de qualifier les choses, plus elles nous échappent. On pressent bien que les apparences sont trompeuses : Kwanda pas plus que Xolani ne collent complètement aux standards qui prévalent dans leur société. Peu à peu les deux personnages déparent, fascinent, toujours plus complexes, dérangeants.
autre instructeur entre en lice, beau gosse inaccessible, puissant et musclé, sur lequel le regard de Kwanda s’éternise un peu trop, un brin songeur… Vous l’aurez compris à demi-mot, sous des gestes virils et parfois brutaux, il est question de désir…

Au-delà de la beauté hypnotique des images, cette fiction aborde une réalité complexe sans se contenter de raccourcis faciles. Elle donne à voir sans tout déflorer, questionne plutôt que de condamner. C’est tout à la fois rude et plein de tact. Il en fallait au réalisateur pour parler d’une communauté qui n’est pas la sienne et à laquelle il a laissé une large place, modifiant souvent le scénario lors du tournage, écoutant ses excellents acteurs, la plupart non professionnels et véritables Xhosa (tout comme l’était Nelson Mandela qui connut le même rite initiatique…).Utopia .                                       DOSSIER DE PRESSE

« TUNNEL »

De KIM Seong-hun
Corée du Sud 2016 2h07
avec Ha Jung-woo, Bae Du-na, Oh Dal-su, Park Jin-woo, Joo Suk-tae...
D’après le livre de So Jae-won.
JEUDI 1er JUIN 18H15
LUNDI 5 JUIN 18H30

Le titre ouvre clairement la voie, et le début du film s’y engouffre sans dé- tours inutiles. En route pour retrouver sa famille – sa femme l’attend avec impatience pour fêter l’anniversaire de leur fille – Jeong-soo, vendeur de voiture convaincu et convaincant, est pris au piège dans un tunnel qui s’écroule. Sans perdre de temps avec l’habituelle introduction des personnages qui a tendance à éterniser la première partie de la plupart des films catastrophe, Tunnel empoigne son sujet alors que le générique vient tout juste de se terminer. L’impressionnante scène d’effondrement – effets spéciaux imparables – laisse place au drame survivaliste qui se développe et qui, à l’inverse de la plupart des autres œuvres s’inscrivant dans ce registre, explore son contenu à partir de l’incident et non l’inverse.
En plus de bousculer les spectateurs, ce renversement narratif permet d’étudier les différents protagonistes qui sont tous confrontés à une situation extrême : Jeong-soo, bien sûr, tente de survivre, Sehyun, son épouse, communique régulièrement avec son mari tout en portant le poids et le jugement du pays qui se demande si le gigantisme des moyens déployés n’est pas disproportionné pour sauver un seul et unique survivant ; Daekyong, le chef de l’opération de sauvetage, doit quant à lui trouver un équilibre entre valeurs éthiques et obligations administratives L’apparition d’une deuxième personne accidentée –dans les décombres permet de renouveler le récit, …tout en introduisant des questionnements sur l’intégrité de Jung-soo, …
Mélangeant les genres et les registres avec une belle énergie …Tunnel fait alterner sans cesse le drame et la comédie. Plus d’une fois des situations plutôt drôles ont des conséquences dramatiques, et vice-versa. Le film porte par ailleurs un regard féroce sur l’attitude de la presse et des autorités coréennes. …la séquence avec les drones est à ce titre l’un des moments les plus drôles du film. Enfin, le scénario évoque une forme de culpabilité nationale, conséquence (in) directe du tragique incident du ferry Sewol et des problématiques de sécurité.
Au final un vrai divertissement spectaculaire qui oublie d’être idiot et qui capte notre attention de bout en bout ! Utopia                 

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 31 au 05 juin 2017 – ** 2 films**
**Les initiés (ts les jours)
**Tunnel (01/06 à 18h15 et 05/06 à 18h30)

Mercredi 31 mai « A voix Haute »

Partenariat Les Amis du Monde Diplomatique, Cinoch’, Colisée

En présence de Stéphanie Clerc Conan, sociolinguiste

PRIX ETUDIANTS -VALENCIENNE 2017

De Stéphane DE FREITAS et Ladj LY
Documentaire
France – 2016 – 1h39

Ça vous captive, ça vous remue les tripes. Des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c’est une arme, c’est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon.. Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas,  lui-même d’origine portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre en déboulant dans les beaux quartiers de l’Ouest parisien qu’il va lui falloir apprendre à s’exprimer pour qu’on l’accepte et qu’on l’écoute… De son expérience née la coopérative Indigo, à l’origine du concours « Eloquentia » qui rassemble des jeunes de Seine-Saint-Denis,  de tous milieux, étudiants ou non. Chaque année une centaine de candidats se lancent dans l’aventure avec l’aide d’une poignée de professionnels, slameurs, avocats, théâtreux…Stéphane De Freitas s’empare d’une caméra pour témoigner de cette fabuleuse aventure qui continue désormais sans lui. Son film suit la promotion de 2015 de la préparation jusqu’au concours…
Difficile  de se lancer ! Oser ses premières phrases, s’ouvrir aux autres, faire surgir du fond de soi une sincérité qui semble impudique, passer outre la crainte du ridicule… Les débuts sont timides et les exercices maladroits. Puis, chacun se laisse apprivoiser, la peur s’estompe, le spectacle de la fragilité de ses alter ego aide à l’indulgence vis-à-vis de ses propres faiblesses et peu à peu la parole se libère. On s’interpelle, on argumente, on plaide… Tous prennent de l’assurance,, le plaisir de jouer avec les mots s’installe et de notre côté de l’écran, on jubile. Au bout du chemin, un des participants sera couronné « Meilleur orateur du 93 », mais tous seront sortis de ce qu’ils croyaient être leurs limites, apprenant à connaître les autres en commençant par mieux se connaître eux-mêmes…
On les suit dans leur vie et on mesure les efforts pour surmonter les handicaps les plus divers : Eddy, ce garçon qui se tape à pied deux fois par jour  les 10km qui séparent sa maison de la gare où il prend le train qui l’emmène à la fac ; Elhadj, qui vit dans la rue et continue néanmoins à préparer une maîtrise de sociologie et qui se sert de la parole pour témoigner de ce qu’il a vécu… À Leïla, jeune syrienne qui porte le voile et milite dans un collectif féministe… On constate – ou on découvre si on n’en avait pas idée – que, loin des clichés réducteurs, la banlieue est multiple…
Plus le film avance et plus ont prend goût et plaisir aux mots chargés du sens de toutes ces vies qui s’en emparent dans un processus d’émancipation excitant en diable : rap, slam, poésie, joutes verbales, jeux de rôle… tous les moyens sont bons pour apprendre à structurer sa pensée, dompter ses gestes, gérer son stress et ne plus avoir peur d’affronter les autres, d’affronter sa propre vie. Quelle émotion !

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Projection-débat | Commentaires fermés sur Mercredi 31 mai « A voix Haute »

Du 24 au 30 mai 2017

 PARTENARIAT CINOCH’ / MOT ET Cie

« le film vous a plu, le livre est disponible chez Mots et Compagnie (cliquez sur le livre) ».

De Rayhana
France
/Grèce/Algérie – 2016- 1h30
Avec Hiam Abbass, Fadila Belkebla, Nadia Kaci

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Une ode à la liberté d’expression. Comme un souffle le film vient caresser nos émotions avec intelligence, grâce et volupté. Nous sommes dès le début du film portés par les propos d’une femme sur son désir d’amour et d’évasion. Qu’en est-il aujourd’hui? Ont-ils d’ailleurs le même sens partout? Être une femme libre est-ce encore une triste utopie ? Telles sont les problématiques de ce film.
Ce sont les conditions féminines actuelles des femmes musulmanes confrontées à une montée de l’extrémisme religieux qui s’expriment aujourd’hui….Outre  les conflits religieux, un autre plane : celui des frontières concernant les rapports qu’entretiennent l’Occident et le Magreb.
« J’ai écrit la pièce 2  ans après mon exil. Un besoin urgent et irrésistible de témoigner et de crier face à l’Occident, sourd et aveugle, qui jouait à ne pas savoir : “ Qui tue qui ? ”. Relayée par les médias, cette phrase nous tuait à coups de “ pourquoi ” alors que les terroristes revendiquaient leurs actions criminelles depuis les places publiques de Londres ou Paris… On les invitait sur les plateaux de télévision, on leur offrait visas, asile politique, de l’argent pour mieux nous assassiner. Je ne pardonnerai jamais à la politique française d’avoir refusé un visa au très grand du théâtre algérien, Azzedine Medjoubi, metteur en scène, comédien et directeur du théâtre national, exécuté peu de temps après à la sortie du théâtre » – Rayhana Obermeyer
Non, il n’y pas de personnage principal. Le personnage de Fatima interprété par Hiam Abbass, est le fil conducteur, il nous guide de femme en femme, d’histoire en histoire.Elle porte le film d’une force incroyable, mais n’est pas le protagoniste, elle est un élément parmi les éléments. Toutes les femmes sont importantes.Un huis clos : dans l’antre d’un hammam d’Alger, dans une atmosphère chaude et embuée, des femmes de toutes générations, de toutes corpulences, nues ou enrobées d’une serviette discutent : se souviennent, se mettent en garde, débattent de sujets politiques, de leurs désirs et de leurs fantasmes.Pourquoi un hammam ? « Le hammam s’est imposé du point de vue philosophique et ancestral comme lieu cathartique de mise à nue. Dans ma société le hammam est un des rares lieux où une femme peut aller sans réprimande. Sauf pour les islamistes qui du jour au lendemain ont décidé que le hammam aussi était “Hram” (illicite) car lieu de nudité …» – Rayhana Obermeyer Un film plein d’humour. La grande chanteuse, danseuse et actrice algérienne Biyouna interprète le rôle d’ Aïcha, sans retenue, elle nous fait rire avec des anecdotes et des répliques à en devenir cultes.
Une mise en scène raffinée. Bien que ce soit une adaptation de théâtre, il n’y a aucun doute que cette pépite appartienne au genre cinématographique, les mouvements de caméra sont légers et agréables : Ils nous font voyager par leur beauté. Des images très symboliques qui nous laissent sans voix.
Dans notre pays, qui est la France, le combat vers la parité, pour nous femmes, n’est certes pas fini, mais devant cette pépite cinématographique nous nous alarmons de ce monde qui va encore si mal.Un film qui donne de la force face à tant de combativité et de désir de liberté.
Courez voir ce film aussi envoutant qu’important !! www.justfocus.fr/

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 24 au 30 mai 2017

Du 17 au 23 mai 2017

DEUX PRIX GOYA , meilleur révélation masculine et meilleure adaptation

D‘Alberto RODRIGUEZ – Espagne 2016 2h02
avec Eduard Fernandez, José Coronado, Marta Etura, Carlos Santos, Luis Callejo, Philippe Rebbot…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Novembre 1993. Le socialiste Felipe Gonzalez est au pouvoir depuis 1982. Franco est mort depuis moins de 20 ans et la lutte contre les militants basques très actifs de l’ETA est le prétexte à l’installation d’un système militaro-policier qui s’affranchit souvent des règles de justice et de droits humains. En 1993 Luis Roldan, patron de la Garde Civile, organe de répression par excellence, est donc tout puissant. Sauf qu’on découvre que cet homme censé incarner à lui seul l’intégrité de la police et de l’État a depuis son accession à son poste enrichi son patrimoine de 400 millions de pesetas ! Convoqué, Roldan prend illico la poudre d’escampette, son inculpation semble inévitable… Mais le vrai personnage de l’affaire et donc du film n’est pas Luis Roldan. C’est un homme de l’ombre, Francisco Paesa. Un homme qui pourrait passer aisément pour un clerc de notaire ou un agent d’assurances, totalement inconnu de l’Espagnol de la rue. Mais il fut en fait pendant deux décennies un des principaux agents secrets freelance de l’État, contribuant par une opération audacieuse à porter un coup fatal à l’ETA, menant aussi des opérations diplomatico-financières avec des puissances extérieures peu recommandables. Francisco Paesa est à cette époque un agent que l’État a oublié à plusieurs reprises de rétribuer à sa juste valeur et qui en a gardé une rancœur certaine.
On est pris de bout en bout par cette intrigue enlevée qui va nous mener de l’Espagne à une planque parisienne, aux banques de Singapour puis à Bangkok. Une intrigue qui mêle le suspense au comique, avec son cortège de personnages bras cassés dont on se demande ce qu’ils peuvent faire dans le milieu de l’espionnage (formidable Philippe Rebbot, en espion amateur et toxicomane). Et il faut bien dire que la manière dont le génial voyou manipulateur Francisco Paesa parvient à berner l’État espagnol est particulièrement réjouissante – Francisco Paesa incarné par Eduard Fernandez, formidable acteur caméléon.
Au fil d’une mise en scène trépidante, on découvre – ça fait parfois froid dans le dos – les dessous de l’histoire récente espagnole avec son lot de compromissions, de pratiques héritées de l’époque Franco, où les assassinats politiques sont encore monnaie courante, et où la grande finance prend largement le pas sur la démocratie. Alberto Rodriguez nous avait passionnés avec Isla Minima, polar poisseux qui se déroulait en Andalousie juste après la mort de Franco, il continue dans L’Homme aux mille visages à interroger brillamment l’histoire de son pays sans jamais ennuyer le spectateur.                    UTOPIA

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 17 au 23 mai 2017

du 10 mai au 16 mai 2017

FESTIVAL DE BERLIN 2017 : GRAND PRIX DU JURY.

D’Alain GOMIS – France 2017 2h05
avec Véro Tshanda Beya, Papi Mpaka, Gaetan Claudia & le Kasai Allstars…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

La nuit … Dans un bar sombre de Kinshasa se distraient les hommes. Quelques femmes trainent également, plus là pour épater la galerie ou travailler .Moments de beuverie désabusés. Ici, qu’on refasse le monde avec les copains ou qu’on l’observe en solitaire, L’alcool est un éphémère antidote contre les vieux démons de chacun. Viendra le moment de repartir seul ou pas très bien accompagné dans la moiteur de son antre. Pour fuir l’inévitable solitude, on traîne en espérant trouver un peu de chaleur humaine.
Ce pourrait bien être une quête vaine… Mais non ! Car s’élève une voix intemporelle, profonde, puissante, magnétique. La voix de Félicité qui berce, vous transporte ailleurs, dans une forme de rêve, de méditation, peut-être même de transe.
Tabu, mécanicien (et bien alcoolisé), semble comme hypnotisé, transfiguré. Il oublie l’espace d’un instant ses manières brutes, ses provocations violentes qui escamotent ses bons côtés. Impossible de résister à cette vague douce qui le transperce. Son regard de mauvais démon prend des airs angéliques. Mais cette belle femme plantureuse à la voix chaude, n’est certainement pas pour lui. La soirée finira donc, comme trop souvent, en queue de poisson…
Le matin venu, le réveil est lent et rude pour les noctambules. On retrouve Félicité le regard sombre, accablée par la chaleur pesante de sa piaule sans charme. Quand le réparateur qui se présente se trouve être le même Tabu qui a semé la zizanie sur son lieu de travail, elle est d’autant moins encline à lui accorder sa confiance … C’est par là que va commencer leur étrange aventure… Qui pourrait-être classique mais ne le sera pas ! Si le récit débute dans une forme aux codes familiers, c’est pour mieux nous ferrer et il va vite s’en émanciper de manière brillante, extrêmement vivante. Son originalité et sa richesse prennent racine dans ses interstices. Tantôt des silences habités de mille voix nous propulsent dans le songe d’une nuit équatoriale. Tantôt les envolées lyriques du « Fratres » d’Arvo Pärt jouées par un incroyable orchestre symphonique surgit de nulle part font naître en nous un véritable sentiment d’élévation. De purs moments de grâce, hypnotiques, … C’est un cinéma des contrastes, lumineux, qui n’occulte jamais pour autant la part d’obscurité des hommes et de leur société.
Quand Félicité va apprendre que son fils a eu un accident de moto, tout va basculer. Ici, au Congo, nulle sécurité sociale pour les indigents. Le système est sans cœur et on opère uniquement ceux qui ont les moyens de payer. Pour sauver la jambe de l’adolescent, il faudrait accumuler une montagne d’argent. Voilà cette femme digne, qui jamais n’a quémandé, prête à pulvériser tous les obstacles. Comme si la peur de la perte la ramenait elle-même à la vie.
Cette détermination tenace, énergique, sans concession va ébranler Tabu, qui, oubliant presque de la désirer, va se mettre à son service, sans plus rien attendre en retour. Et si l’impossible rédemption tenait en cela… tout simplement donner au lieu de prendre…                                                                                                                                             UTOPIA

POUR EN SAVOIR PLUS !

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur du 10 mai au 16 mai 2017

Du 03 au 10 mai 2017

De Maha Haj – Israélien – 2016 – 1h 28
Avec Hanan Hillo, Amer Hlehel, Ziad Bakri
Prix de la critique CINEMED 2016 Prix Meilleur Film HAIFA 2016
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

À Nazareth, un vieux couple vit au rythme de la routine quotidienne. De l’autre côté de la frontière, à Ramallah, leur fils Tarek voudrait rester un éternel célibataire, leur fille est sur le point d’accoucher, son mari garagiste décroche un rôle au cinéma, alors que la grand-mère perd le Nord… Entre-temps, en Suède, leur fils aîné Hisham attend leur visite. Chacun vaque à ses occupations, entre moments de plaisir et désaccords, rêves et désillusions. Certains souhaitent partir, d’autres rester, mais tous ont des histoires personnelles à régler…
 Personal Affairs est le premier long-métrage de Maha Haj. Elle est pourtant loin d’être une débutante : elle a réalisé deux courts-métrages et a été directrice artistique sur plusieurs films. Le cinéma est arrivé par hasard dans sa vie : « Je n’ai pas suivi d’études en cinéma mais j’ai une formation en littérature arabe et anglaise. À aucun moment, je n’avais envisagé de devenir réalisatrice. J’ai saisi l’opportunité quand elle s’est présentée à moi. La première fois, c’était sur Le temps qu’il reste d’Elia Suleiman en tant que chef décoratrice. J’étais ravie et terrifiée à la fois, mais je me suis jetée à l’eau et le bain était vivifiant. Je me suis dit que c’était le métier que je voulais faire plus tard. Sauf que j’avais déjà près de quarante ans ! », se souvient-elle.
L’idée de base de Personal Affairs vient de la famille même de Maha Haj« Mon frère aîné possède une cabane, dans le nord de la Suède, au milieu des bois. J’y suis allée avec ma famille pour y passer le jour de l’An. Il faisait si froid que le lac était gelé », se souvient la réalisatrice. « Tout était blanc, calme, majestueux et incroyablement beau. Mais j’étais alors au plus fort de ma dépression et insensible à la beauté environnante. Je me suis alors demandé quel impact aurait cet endroit sur mes parents qui sont mariés depuis plus de cinquante ans. Quand mon frère a proposé de les inviter l’été suivant, je me suis dit que ce n’était pas une bonne idée : ce lieu avait eu un impact si fort sur moi, qu’en serait-il avec un couple marié depuis tant d’années ? »
Après avoir fait passer des auditions infructueuses, Maha Haj a préféré s’orienter vers des acteurs non professionnels en majorité. Elle a ainsi sollicité un couple d’amis pour interpréter les parents. « Ils vivent ensemble depuis plus de trente ans et pouvaient s’identifier à leurs personnages », confie la cinéaste. « Quant à la grand-mère, c’est une amie de ma mère ».

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Où nous situer

BUREAU DES AMIS DU CINOCH »
Angles des rues Armagnac et 4 septembre, près de l’église St Vinvent

PERMANENCES
du lundi au Vendredi de 9 à 13 heures

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Du 26 avril au 2 mai 017

De Claudia Sainte-Luce
Mexicain- 2016- 1h41
Avec Claudia Sainte-Luce, Jimmy Jean-Louis, Pablo Sigal

Festival Cinélatino  Toulouse 2017
Compétition Sélections en Festival: Toronto 2016, Busan 2016, Rome 2016

Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

À 60 ans, en raison d’une santé fragile, Toussaint doit s’installer chez sa fille Jazmin, qui vit à Mexico. D’origine haïtienne, Toussaint n’a jamais été capable de prendre racine nulle part. Il n’a pas été un père aimant et est un parfait inconnu pour Jazmin. Au gré de cette cohabitation forcée, Toussaint recompose le puzzle de son passé sous le regard tantôt sévère, tantôt bienveillant de sa fille. Il permettra à Jazmin d’aller de l’avant avec sa propre vie.

Le premier film de Claudia Sainte-Luce, Les drôles de poissons-chats sorti en 2014, était déjà autobiographique. Il racontait l’histoire d’une certaine Claudia, qui faisait la connaissance d’une femme lors de son hospitalisation pour une appendicite et trouvait ainsi une famille d’adoption.

Claudia Sainte-Luce est à la fois réalisatrice, scénariste et premier rôle de Jazmin et Toussaint. La jeune femme entretient elle-même une relation tumultueuse avec son père, qu’elle a véritablement appris à connaître lorsque celui-ci est tombé malade.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

 

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Du 19 au 25 avril 2017

 

PAS  DE SÉANCE JEUDI 20 AVRIL à 21 H

D’Adrian SITARU
Roumanie 2016 1h39
Avec Tudor Aaron Istodor, Mehdi Nebbou, Nicolas Wanczychi, Diana Spatarescu, Adrian Tetieni..
Toronto Sélection 2016 – Les Arcs mention spéciale Meilleur Acteur
Mercredi 18h15
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Radu travaille comme stagiaire au sein de l’Agence France Presse à Bucarest. Ambitieux, il rêve de devenir journaliste, grand reporter. En attendant il arrondit ses fins de mois comme fixeur : il arrange les coups, il sert de traducteur, de guide et d’entremetteur local aux journalistes étrangers. Lorsque deux prostituées mineures sont rapatriées de France, il contacte l’équipe d’une célèbre émission d’investigation de la télévision française, et promet de lui obtenir le témoignage exclusif de l’une d’entre elles, maintenant sous protection d’un foyer religieux…
Le réalisateur Adrian Sitaru, membre actif de la fameuse nouvelle vague roumaine, n’est pas un inconnu : il a été remarqué en France l’année dernière avec Illégitime, un drame familial d’une maîtrise impressionnante. Il traite cette fois du dilemme entre obstination journalistique et éthique. Petit à petit, il révèle les limites d’une manipulation bien intentionnée : la scène où le héros et les deux journalistes tentent de convaincre une religieuse de les laisser interviewer la jeune prostituée déploie une remarquable dialectique, où tout le monde a ses raisons. Plus tard, c’est un choc quand la caméra révèle, enfin, le visage de cette gamine de quatorze ans qui hésite à se laisser filmer. Poussé par son perfectionnisme professionnel, Radu n’est-il pas en train d’abuser, à son tour, d’une enfant ayant perdu son innocence ? Est-il un proxénète de l’information ?
En filigrane, au fil de cette investigation qui en dit long sur la Roumanie et la vieille amitié franco-roumaine, se dessine un sujet plus universel : toutes les coercitions, y compris les plus banales, exercées par les adultes sur les enfants. Car, en tant que beau-père, Radu exige que le jeune fils de sa compagne soit le « meilleur », sans comprendre l’impact psychologique de cette pression… Le film impressionne aussi par son mélange singulier entre une interprétation spontanée, naturelle (subtil Tudor Aaron Istodor) et une mise en scène millimétrée. (Télérama)

DOSSIER DE PRESSE

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Jeudi 20 avril à 20H30
« Ils ne savaient pas
que c’était une guerre »

Partenariat Cinoch’, Amis du Monde Diplomatique, Colisée

En présence d’Alain RUSCIO, historien du colonialisme

Ils sont quinze et avaient alors – entre 1954 et 1962 – à peine plus de 19 ans et habitaient à Bourg-Argental, dans la Loire. Ils font partie de la centaine de jeunes de ce village qui ont été appelés au titre du service militaire obligatoire pour intervenir dans un conflit qui portait à cette époque le nom d’ »événements d’Algérie ».
La plupart ne connaissait rien de ce pays, ni des enjeux de ce combat. Ils sont passés d’un « bled » au « bled », sans formation militaire adaptée. Ils sont revenus marqués à vieparce qu’ilss ont vu et vécu, sans aucune attention spéciale de la part des pouvoirs politiques de l’époque. Depuis, beaucoup ont gardé le silence, même auprès de leur proche.
Les associations Les Amis de Bourg-Argental et Electron Libre Compagnie ont proposé à ces 15 anciens appelés de témoigner de la façon dont ils ont vécu cet épisode dramatique de leur jeunesse. De ces témoignages est né ce documentaire

 

 

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« Ils ne savaient pas
que c’était une guerre »

Du 12 au 18 avril 2017

De Kiyoshi KUROSAWA
France/Belgique – 2016 – 2h11
avec Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet, Mathieu Amalric, Karim Zidi…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Le Japonais jusqu’au bout des ongles Kyoshi Kurosawa implante son univers et ses thématiques hors normes et volontiers ésotériques dans notre France orgueilleusement cartésienne. C’est Kurosawa, le poète de l’étrange, qui gagne…
L’arrivée d’un train de banlieue dans un quartier populaire de Paris. Un jeune homme cherche son chemin. Le voilà devant une vaste demeure. Son double portail intrigue. Un homme dont on peut penser qu’il fait office de majordome lui ouvre la porte et lui demande de patienter dans l’antichambre. Jean (Tahar Rahim) s’étonne d’être le seul candidat à ce poste d’assistant d’un photographe de mode renommé (Olivier Gourmet), resté farouchement fidele au dispositif du daguerréotype qui fixe une image sur une grande plaque de cuivre.
Stéphane, le photographe, se veut pragmatique et direct. Peu lui importe les motivations artistiques de Jean et son rapport à la photographie. Il est là pour l’aider dans l’aspect pratique de son activité́, pour l’épauler dans la manipulation de cet appareil d’un autre âge. Dans un premier temps, Jean, docile et dévoué́, ne pose pas trop de questions, heureux d’avoir son salaire à la fin du mois. Puis il rencontre Marie (Constance Rousseau). Impossible d’échapper à son charme diaphane. Elle sert de modèle à son père, qui exige d’elle une immobilité́ complète pendant des séances qui durent parfois plus de deux heures… C’est le prix à payé, selon lui, pour donner de l’éternité́ à la beauté́. On apprend un peu plus tard que la mère de Marie servit également de modèle pour les expériences photographiques extrêmes de son mari. Et qu’elle s’est suicidée…
En pénétrant à pas feutrés dans le film et dans le manoir de Stéphane, on est vite frappé par la manière dont les images se concentrent sur l’usure des choses : rouille, effritement des murs, pourrissement de la végétation, aspect fané des différentes pièces… Alors même que toute l’énergie de Stéphane semble tendue vers un geste artistique obsessionnel qui pourrait sauver les êtres de la déliquescence. Peut-être leur assurer une vie malgré́ ou après la mort ?
Par la seule force des images, Kiyoshi Kurosawa met en scènes les frontières parfois (?) floues entre le réel imaginaire, le seuil inexploré́ entre la vie et la mort. On restera discret sur les fantômes qui hantent le film (comme beaucoup des œuvres précédentes de Kurosawa). Un éclat de lumière, une porte qui s’entrouvre, le murmure d’une voix.

                                                                     (Dany Habran, Journal des Grignoux) UTOPIA

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Du 5 avril au 11 avril 2017

Bande son formidable, à base de Talking Heads & Co.

De Mike MILLS
USA -2016- 1h59
Avec Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning, Billy Crudup, Lucas Jade Zumann, Thea Gill…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Ce beau film pourrait être une strophe apocryphe, féminine et californienne, ajoutée au célèbre poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme, mon fils. Une strophe qui raconterait la nécessité de s’ouvrir au monde en général et aux personnes du sexe opposé en particulier, qui inciterait à le faire en restant généreux, tendre et toujours à l’écoute, une strophe comme un appel au libre arbitre, à l’insouciance, à l’intelligence de l’âme autant qu’à celle du cœur. Cette strophe, ce serait Dorothea qui la murmurerait, pensive, clope au bec, sur un air de Billie Holliday, au volant de sa vieille bagnole, en pensant à Jamie, son fils unique.
1979. Dorothea Field a déjà 50 ans. L’époque n’est plus tout à fait la marmite bouillonnante des années contestataires, mais celles des les années 80 de l’ère Reagan. Jamie n’est plus un enfant. Les années ont filé et elle n’a rien vu venir : C’est est un ado d’une autre époque que la sienne et le lien, tellement fort, qui les unissait est en train de se distendre, on appelle ça grandir. Toute maman poule qu’elle est un peu, sous ses allures de féministe libre et indépendante, Dorothea est taraudée par une question : comment aider cet ado un peu renfermé à devenir une belle personne ?
Abbie, Julie et William, colocataires avec lesquels Dorothea partage sa grande et belle demeure, sont les alliés idéaux pour ce projet, qu’elle doit mener à bien avant qu’il ne soit tard.
Abbie : photographe un peu tourmentée mais résolument pleine de vie alors même que son corps joue une interminable partie d’échecs avec une saloperie.
Julie : jeune fille aussi effrontée que perdue qui joue à cache-cache avec son mal être dans des liaisons sans saveur mais revient toujours se glisser en toute innocence sous les draps de Jamie, son meilleur ami.
William : gaillard aux mains rugueuses mais délicates qui aiment modeler la glaise, rafistoler les moteurs des vielles caisses et caresser les seins des femmes.

Une équipe enseignante imparfaite, insoumise et terriblement humaine, avec ses cassures, ses singularités. Une équipe qui va donner à Jamie du grain à moudre, des œuvres emblématiques à lire ou simplement quelques expériences à partager.
D’une grâce ensoleillée et mélancolique à la fois, portée par la sublime Annette Bening dont chaque ride aux coins des yeux raconte mieux que des mots les milles et un épisodes de la vie de son personnage, 20th century women est une chronique généreuse qui raconte avec tendresse le temps qui passe sur les êtres et les époques, pour le meilleur et le pire, préférant toujours ne garder que le meilleur. Car ce portrait tendre d’une mère inoubliable, drôle, pétillante, envahissante… est un hymne à la vie, à la jeunesse et à l’amour sous toutes ses coutures.

POUR EN SAVOIR PLUS !!

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Du 29 mars au 4 avril 2017

 

   

De Kelly REICHARDT – USA- 2016- 1h47mn
avec Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart, Lily Gladstone, Jared Harris, James LeGros…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Laura est avocate. Tous les jours, elle reçoit la visite d’un type paumé, Fuller, dont la vie part en vrille à la suite d’un accident du travail pour lequel il voudrait faire reconnaître la responsabilité de son employeur. Laura est la maîtresse de Ryan, un homme marié. Gina, la femme de Ryan, souhaite construire sa maison avec les pierres présentes sur le terrain d’un vieil homme. En compagnie de son mari, elle rend visite à ce dernier et tente de le convaincre. Ryan n’est d’aucune aide. Cette négociation est une nouvelle fois révélatrice du fossé qui s’est creusé dans leur couple. Jamie, une jeune femme solitaire, travaille dans un ranch. Lors d’un cours du soir, elle tombe sous le charme de Beth, une jeune avocate harassée par les kilomètres qu’elle doit parcourir pour faire classe…
Depuis Old joy, son premier long métrage, la réalisatrice américaine Kelly Reichardt trace le sillon d’un cinéma sensitif, fait de petits riens que sa mise en scène sublime pour toucher durablement le spectateur. En adaptant trois nouvelles de Maile Meloy, la réalisatrice de La Dernière piste raconte « L’Americana », avec une rare économie d’effets mélodramatiques. Dès son premier plan, un train qui passe lentement devant le décor enneigé du Montana, Certaines femmes impose son rythme et demande une minutieuse observation de ce qui se passe dans le cadre. Tout se joue dans les regards et les silences, rien n’est imposé.
La beauté de Certaines femmes tient dans l’empathie que fait éprouver Kelly Reichardt pour ses personnages. Par la beauté sereine de sa mise en scène, le quotidien le plus trivial devient bouleversant.

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Du 22 au 28 mars 2017


Prix du jury étudiant – Festival International du Film d’Histoire Pessac 2016
Prix du Public – Arte Mare – Bastia 2016

SOUTIEN DE LA DLH ET DU COLLECTIF 11 DROITS DES FEMMES

De Stephan Streker – Belgique/Pakistan 2016 1h37mn
avec L. El Arabi, S. Houbani, B. Karimi, N. Kulkarni, O. Gourmet, A. de Lencquesaing, Z. Chasseriaud…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Noces… Oubliez vite les roucoulades, les romances sucrées, les valses interminables… Et dites-vous que s’il y a une pièce montée, ce n’est pas celle à laquelle vous vous attendez. L’ouverture du film annonce la couleur : un panneau rouge sang, un silence lourd comme un repas de fête difficile à digérer… Puis apparaissent sur l’écran les grands yeux noirs de Zahira, son port de tête impérial, Que pourrait-il bien lui arriver de terrible, à celle-là ?
Zahira, belgo-pakistanaise de 18 ans, mène une vie ordinaire, court à tout allure quand il s’agit de ne pas arriver en retard au lycée, se tord de rire avec son amie Aurore, glisse des sourires aimants à sa famille, rencontre secrètement son jules, danse sur les musiques effrénées des boîtes de nuit, le tout cadencé par les rituels chers à sa foi religieuse. Son grand frère Amir, son plus proche confident, l’accompagne dans ses moments de doute.
Jusqu’au jour où l’honneur vient mettre sa petite pointe de sel dans l’affaire, ce à quoi Sénèque répondrait dans son exquise toge d’ouate opaline : « L’honneur interdit des actes que la loi tolère ». Voilà, c’est dit : tout déraille. Et sans crier gare, cette Zahira libre comme l’air se retrouve face au dilemme imposé par sa famille : accepter le mariage traditionnel ou ne plus faire partie de leur communauté, tant son refus serait à l’origine d’une turpitude irrémissible. Parfois révoltée (parce que sa conscience lui dit de ne pas plier en deux sa liberté), parfois résignée (parce que l’amour profond et partagé qu’elle a pour sa famille lui assène de se plier en quatre pour elle), Zahira avance péniblement, tâtonne, teste les limites de chacun, à commencer par les siennes. Elle fuit, revient, repart. Sa grande sœur Hina finira par lui dire : « Il ne faut se révolter que si nous avons la possibilité d’agir ». Un écho désenchanté à cette phrase du Noces de Camus : « Et vivre, c’est ne pas se résigner ».

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Du 15 mars au 21 mars 2017

Primé à Cannes « Semaine de la critique »

De Vatche BOULGHOURJIAN
Liban- 2016- 1h45
avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi, Toufik Barakat, Nassim Khodr, Abidou Bacha…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Rabih, brillant percussionniste et chanteur, est invité avec sa chorale à se produire en Europe à l’occasion d’une tournée. L’occasion rêvée pour ce jeune homme de découvrir le vaste monde, loin de son Liban natal, de sortir du nid familial dans lequel il a toujours évolué, à la fois chéri et infantilisé par sa mère, à cause de son handicap. Lors des formalités pour obtenir son passeport, il découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents ! Comme un air de de Tabl, le tambour traditionnel sur lequel il agite habilement ses doigts, cette terrible révélation fait résonner l’écho entêtant de sentiments complexes. D’abord le choc. Ensuite la colère. Et puis la quête. . Car Rabih veut connaître l’origine du mensonge et par là-même la vérité de sa naissance. Pourquoi ce rempart de silence ? Pourquoi ce passé resurgit-il maintenant, à l’instant même où sa soif d’émancipation est la plus forte ? Qui est-il réellement ? Quelle est son histoire ?  Sans pouvoir obtenir de la part de sa famille de réelles réponses, il décide alors de partir sur les traces de son passé. Au delà de la quête intime, tiraillé entre la peur de ce qu’il peut découvrir et l’évidente nécessité d’affronter le réel quoi qu’il lui en coûte, son parcours va l’amener au cœur d’un pays meurtri par des années de guerres et de conflit, . On le voit, la métaphore de Tramontane, premier et remarquable long-métrage de Vatche Boulghourjian, n’est pas très difficile à déchiffrer : 40 ans après le début de la guerre civile, le Liban ne peut affronter son passé, et tous les efforts pour l’éclairer sont voués au mieux à l’indifférence, au pire à l’échec. La métaphore a ici aussi un corps et une voix, celle de Barakat Jabbour, chanteur, percussionniste, violoniste, dont les talents sont utilisés pour esquisser une autre réponse : la vérité se trouve peut-être dans des textes moins explicites que les livres d’histoire, des partitions par exemple. Cette inflexion de la réflexion historique vers l’émotion esthétique est accentuée par la sensualité des paysages libanais filmés, tout au long du périple de Rabih, avec une grâce infinie, comme le sont également les scènes musicales, sublimes et profondes, qui apportent à ce récit un souffle bien plus doux et chaud que celui de la tramontane.                                                                                                                UTOPIA

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Du 8 mars au 14 mars 2017

PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2016

Attention horaires spéciaux
Mer : 18 h, Jeu : 21 h, Ven : 18 h, Sam : 18 h, Dim : 18 h, Lun : 14 h, Mar : 21 h

D’Andrea ARNOLD
GB 2016 2h43mn
avec Sasha Lane, Shia Labeouf, Riley Keough, Shawna Rae Mosley, Arielle Holmes, Crystal B. Ice…
HORAIRES SPÉCIAUX (voir dans tableau ci-dessus)

Avertissement des scènes, propos ou images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Réalisatrice viscéralement anglaise (de Red road et de de Fish tank, profondément ancrés dans le quotidien britannique), Andrea Arnold réalise son premier film « américain » et ajoute une dimension épique à son style réaliste, nous entraînant dans un road-movie sauvage et sensuel qui donne envie de danser autant qu’il vous passe le cœur à l’essoreuse.
On découvre Star, une adolescente qui tente de survivre entre un beau père violent et libidineux et une mère démissionnaire et alcoolo, se retrouvant en charge de ses petits frères et sœurs. Pour remplir un frigo trop souvent squatté exclusivement par les canettes de bière, elle fait les poubelles des supermarchés… C’est d’ailleurs au cours d’une de ses tournées de survie qu’elle va croiser la route de Jake, un bonimenteur de charme à la tête d’une joyeuse bande d’improbables vendeurs ambulants qui parcourent le pays dans leur van brinquebalant pour vendre des abonnements à des magazines. Jake fait naître chez Star l’espoir de fuir son quotidien sinistre. Et même si l’avenir s’annonce difficile, fait de porte à porte laborieux voire dangereux, l’aventure et la liberté sont au rendez vous.
Andrea Arnold s’est inspirée d’une enquête du New York Times sur ces étranges cohortes de vendeurs plus ou moins illégaux, souvent très jeunes, étudiants désargentés, hobos des temps modernes, …. De vraies tribus plus que des collègues de travail. D’ailleurs, hormis Shia Labeouf et Riley Keough, magnifique dans le rôle de Krystal, la boss et maîtresse de Jake, Andrea Arnold a choisi des acteurs non professionnels, jouant pour certains presque leur propre rôle. Même l’interprète principale Sasha Lane, révélation sidérante de justesse et d’énergie, a été sélectionnée parmi des étudiantes lors d’une enquête sur les spring breaks au Texas. Et c’est le même groupe de non professionnels qui a choisi la bande son, omniprésente et essentielle à l’ambiance du film, entre titres country (dont le fameux American honey tout en ironie que l’on entend à la fin du film) et excellent hip hop ou RNB (vous ne pourrez pas oublier l’obsédant titre Choices de E40).
Andrea Arnold brosse avec une énergie débordante le portrait d’une jeunesse portée par la soif de vivre, de danser, de baiser, mais gangrénée par l’âpreté sans pitié d’une Amérique vorace qui fabrique à la chaîne des laissés pour compte, qui impose ses rituels cruels …Mais American honey est aussi une palpitante histoire d’amour contrarié et, à travers elle, le récit de la construction de l’identité d’une jeune femme. Ce film nous dit que, même dans les lieux et les situations les plus désespérés, l’amour peut être une réponse à la cruauté du monde.                                                                                               UTOPIA

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Du 1er mars au 7 mars 2017

De Yousry NASRALLAH
Egypte 2016 1h55mn
Avec Laila Eloui, Menna Shalaby, Bassem Samra, Ahmad Daoud, Alaa Zenhom…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15 Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

« L’air du temps est sinistre. Je vois autour de moi une agressivité, une violence terrible, dans la vie comme au cinéma. Je comprends qu’il faille secouer les gens, les pousser à se réveiller et à agir. Mais alors qu’on subit cette avalanche de mauvaises nouvelles perma-nentes, de gens qui nous répètent que les temps sont durs, comme si on ne le savait pas, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film pour dire ce que j’aime dans la vie. En l’occurrence, des choses de base, celles-là mêmes qui ont poussé les Égyptiens à sortir dans la rue en janvier 2011 : le pain, la dignité et la liberté. …Il y a des moments où les gens doivent se raconter des histoires pour se sou-venir de la vie, et résister à la mort. » Yousry Nasrallah
Le précédent film de Yousry Nasrallah, Après la bataille (2012), était une fiction presque improvisée dans l’Égypte au lendemain de la chute de Moubarak, avec histoire d’amour sur fond de manifestations sanglantes.
Le cinéaste change de ton avec ce nouvel opus au titre sibyllin, qui évoque les trois éléments définissant le paradis dans la poésie arabe. Paradis perdu, puisque le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la sinistrose. Du coup, Nasrallah a eu envie de ressusciter l’opulence des fêtes populaires d’avant la crise économique : on entre dans les préparatifs d’un grand mariage derrière une famille de cuisiniers qui s’affairent entre les tables dressées en plein air et les abris où ils sont installés.
Plus de la moitié du film n’est qu’un tourbillon de personnages sur fond de couleurs éclatantes… Femmes en tenues extravagantes, hommes en habit, serveurs circulant dans une effervescence constante. C’est une célébration de la vie, que Nasrallah a voulue « renoirienne », voire paillarde (avec danses sensuelles, couplets coquins chantés, qui plus est, par des femmes).
Vers la fin, la gravité pointe, un crime est commis. En témoin engagé depuis toujours, Nasrallah tient à évoquer la violence de l’Égypte actuelle, dénoncer les crimes commis par un magouilleur corrompu, valet du pouvoir…… Un hymne courageux et généreux au plaisir, à la liberté et au droit à la dignité. (B. Génin, Positif)

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Du 22 février au 28 février 2017

De Thomas VINTERBERG
Danemark 2016 1h51
avec Trine Dyrholm, Ulrich Thomsen, Helene Reingaard Neumann, Martha Sofie Walsltrom Hansen, Lars Ranthe, Anne Gry Henningsen, Fares Fares, Magnus Millang, Julie Agnete Vang…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

T.Dyrholm (Ours d’argent Berlin)

Cela démarre sur un ton bon enfant, enjoué, faussement naïf, mais insensiblement un glissement s’opère, et le film prend la dimension d’un tableau à la fois tragique et jubilatoire des mœurs des Seventies, de leurs idéaux, de leurs rêves aussi généreux qu’illusoires. Nous sommes bien dans la lignée du décapant Festen (le film le plus connu de Thomas Vinterberg).
Si Anna s’en était souvenue à temps, elle n’aurait sans doute pas entraîné sa gentille famille dans une spirale infernale. Mais, pas plus qu’on ne peut refaire l’histoire, on ne peut changer la nature des gens. aborde la vie avec l’optimisme et le charme sereins de celles auxquelles tout a souri dès leurs premiers pas. Naturellement belle mais également cultivée et brillante, elle a su pénétrer dans le cercle restreint des journalistes de premier plan jusqu’à occuper la place très convoitée de présentatrice du journal télévisé de la chaîne nationale danoise. Côté vie privée ? Un mariage endogame avec un architecte qui consacre tranquillement sa dernière décennie de carrière à l’enseignement.
Les chats ne faisant pas des chiens, à 14 ans leur fille unique Freja est une adolescente tout à fait pondérée, respectueuse. Bref notre couple de quadragénaires semble condamné à couler des jours idylliques jusqu’à plus soif. C’est un héritage qui va tout chambouler. Eric se retrouve soudain à la tête d’une imposante propriété familiale. L’émotion qu’il ressent en la visitant ne l’empêche nullement d’avoir l’intention de la vendre sans tarder. Entre le cœur et la raison le choix est vite fait.. Tout semble aller si bien… Peut-être trop bien ? Car Anna lui glisse à l’oreille qu’un peu de piment dans leur routine ne serait pas pour lui déplaire. Pourquoi ne saisiraient-ils pas au vol la folie douce de ces roaring seventies ? Pourquoi ne s’enhardiraient-ils pas à monter une petite communauté ? Une sorte de colocation entre gens qui se choisiraient mutuellement, unanimement. Eric, réticent, ne résiste à celle qu’il aime.
Vont s’en suivre des entretiens improbables et cocasses pour sélectionner les futurs élus La communauté s’étoffe donc au gré des rencontres, des désirs et des besoins des unes et des autres, sans véritable projet structurant. Sans le savoir Anna vient d’introduire le grain de sable dans la belle mécanique d’une vie familiale jusqu’ici harmonieuse, même si elle manquait de surprise. Car l’extrême tolérance que prêche son épouse va autoriser Eric à se permettre ce dont il n’aurait jamais eu l’idée auparavant : il se lance dans une liaison passionnée avec une de ses étudiantes… Il l’avoue à Anna. À partir de ce moment-là le frêle socle sur lequel repose la petite communauté va peu à peu se fissurer…                                                                                                                   UTOPIA

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Du 15 au 21 février 2017

De Stéphanie PILLONCA
France 2016 1h40
Avec Déborah François, Jonathan Zaccaï, Benjamin Biolay, Catherine Mouchet, Blanche François, Féodor Atkine, Christophe Miossec, Gustave Kervern…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Adapté du beau roman de Jean Teulé,..

En ce temps-là, le début du xixe siècle, partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents de l’Atlantique, courent les légendes les plus extravagantes. Le soir, dans les fermes, on évoque inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu’on sait responsables de la misère et des maux qui frappent sans relâche.
De tous, l’Ankou, le serviteur de la mort qui récolte les trépassés à bord de sa charrette grinçante, est le plus craint. Terrorisée autant que fascinée par cette légende, la petite Hélène Jegado, fille de pauvres fermiers, se persuade qu’elle est l’incarnation de l’Ankou. Elle se sent donc investie de la mission de tuer tous ceux qui se trouveront sur son chemin…
Après avoir empoisonné sa propre mère – c’est elle qui l’avait surnommée « Fleur de tonnerre » – puis sa tante qui n’a pourtant pas hésiter à la recueillir, elle sillonne la Bretagne, offrant ses services comme cuisinière, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui engagent avec bonheur ce parfait cordon bleu. Elle tue sans distinction d’âge, de sexe ni de condition, ses employeurs, ses collègues serviteurs, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonne dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle se montre si affairée, si compatissante au chevet des mourants que personne ne la soupçonne… Au contraire, on plaint cette travailleuse si dévouée que la malchance conduit toujours dans des familles victimes du mauvais sort !
Fleur de tonnerre finira tout de même par se faire prendre, le jour où elle s’attaque à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Fin de parcours pour la plus grande tueuse en série que la terre ait jamais portée, semeuse de mort peut-être juste pour être regardée et aimée…
Pour son premier long métrage, adapté du beau roman de Jean Teulé, Stéphanie Pillonca apporte un très grand soin aux ambiances, au son, à la photographie, pour restituer au mieux cette inquiétante Bretagne qui prend vie durant l’interrogatoire du juge Vannier, tentant inlassablement de comprendre l’incompréhensible, de cerner la personnalité trouble de cette jeune femme victime des légendes macabres avant d’en devenir une elle-même…                                                                                                                     UTOPIA

POUR EN SAVOIR PLUS !! 

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Du 8 février au 14 février 2017

De Morgan NEVILLE
USA 2016 1h36mn
Avec
Yo-yo Ma & The Silk Road Ensemble
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

The music of strangers est un documentaire formidable, un vrai remède à la morosité et au repli sur soi. Entrainant, joyeux, spirituel, philosophique, profondément (géo) politique. Un film qui fait naître des pensées solaires, des envies de solidarité, une force renouvelée pour soulever des montagnes. Dans le fond, ce n’est pas étonnant que les artistes soient parmi les premières cibles des dictatures. Pensez comme ils sont dangereux : quelques notes bien senties et voilà toute une armée qui a envie de se trémousser au lieu de marcher au pas !
Dès les premières images, Yo-Yo Ma, taquin, donne le ton. On découvre l’homme qui se cache derrière le virtuose : l’œil pétillant, curieux de tout, attentif aux autres. On survole pudiquement son enfance, on devine un peu de son intimité, on comprend surtout sa quête de sens… Puis, la minute suivante, on est embarqué avec le plus grand bonheur dans une traversée virevoltante, bigarrée : celle des routes de la soie, en anglais « Silk Road ». D’où le « Silk Road Ensemble » : projet ambitieux, initié par Yo-Yo Ma, qui voit le jour en l’an 2000. 50 musiciens d’excellence, venus de pays longeant les voies jadis empruntées par le précieux tissu, mêlent leurs traditions, leurs pratiques instrumentales, leurs voix, leurs idées. 10 jours d’atelier pour aboutir à un premier concert. Les instruments classiques (violoncelle, clarinette…) s’allient à la pipa, au kamancheh, à la gaïta.., mariage improbable mais parfaitement réussi 13 ans après, les voilà devant un palais de rêve en Turquie en train de galvaniser un groupe de passants ravis. Et ce n’est que le début de ce qui est non seulement un très beau voyage musical pêchu, mais également une formidable manière de revisiter notre époque, son histoire contemporaine. Le parcours singulier de cette poignée de musiciens cosmopolites nous entraîne vers un cheminement universel. La caméra s’attache à eux, les regarde, les écoute, attentive, parfois émue. Entre Kaylan Kalhor, l’Iranien obligé de fuir son pays, Wu Man, la Chinoise rescapée de la révolution culturelle, Kinan Azmeh, le Syrien exilé qui souffre de voir son pays en guerre, Cristina Pato, la Galicienne débordante d’énergie et de joie communicatives… on retrouve, en toute simplicité, les mêmes questionnements.
Ces artistes qui transcendent leur art semblent soudain fragiles jusqu’à se demander à quoi ils servent. Qu’apporte la musique à ce monde ? Eux-mêmes, que lui apportent-ils ? Et toujours revient la notion de foyer, d’appartenance, de racines… Mus par la même passion, goulus de liberté, ces chercheurs perpétuels partent explorer de nouvelles manières de penser, de communiquer, rêvant d’une sorte de langage universel qui briserait toutes les barrières. « Il n’y a pas d’Est ou d’Ouest. Il y a juste un globe. »                                                                                                                                                UTOPIA

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Du 1er février au 07 février 2017

D’après le récit autobiographique
« Fais de beaux rêves mon enfant », de Massimo Gramellini.

De Marco BELLOCCHIO
Italie – 2016 -2h08
Avec V. Mastandra, B. Bejo, B. Ronchi, G. Caprino, N. Cabras, E. Devos…
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Turin, 1960. Massimo a 9 ans et sa mère remplit sa vie d’une joie immense. Une mère aimante, dansante, enjouée, fascinée par Belphégor, (oui, l’héroïne du feuilleton populaire du temps de l’ORTF incarnée par Juliette Greco). Mais c’est aussi une mère qui semble parfois absente, lointaine, recluse entre les murs qu’elle dresse elle-même. Une mère qui passe du rire le plus naturel à la gravité la plus insondable. Massimo l’aime inconditionnellement, cette mère, comme elle est  Mais au matin d’une nuit pas comme les autres, agitée, décousue, Massimo se réveille et sa mère a disparu, partie comme une étoile filante. Son départ laisse évidemment un vide abyssal, que rien ni personne ne peut combler.
A cette époque (mais est-ce si différent aujourd’hui ?), on croit encore qu’il est préférable de ne pas tout dire aux enfants, qu’ils ne peuvent pas comprendre, que le secret voire le mensonge sont préférables à la douloureuse vérité. Et Massimo ne saura rien ou presque de ce qui est arrivé à sa mère. On lui dit qu’elle est à l’hôpital, mais qu’il ne peut la voir. Puis elle meurt, et il doit croire qu’elle est là, dans le cercueil juste devant lui. Mais non, ce n’est pas possible, sa mère n’est pas dans cette boîte, elle ne peut pas le laisser. Elle ne peut pas avoir demandé à rejoindre Dieu pour mieux veiller sur lui. Il n’y croit pas. Alors pour accepter l’inacceptable il va chercher de l’aide auprès de leur amie Belphégor…
Avec une extrême délicatesse, Marco Bellochio filme Massimo à plusieurs âges de sa vie, jusqu’à la quarantaine. Nous sommes avec lui, parfois aussi perdus que lui, dans ce monde où les enfants ne sont informés que par des bribes de conversations volées aux adultes. Nous sommes encore avec lui quand, adolescent, il se fabrique une carapace en mentant aux autres et un peu à lui-même. Mais, tant bien que mal, il trace sa vie. Ainsi, grandi avec le stade de l’équipe du Torino juste sous ses fenêtres, il sera d’abord journaliste sportif, puis il deviendra reporter de guerre. Une profession où il parle des autres pour mieux se cacher encore. Mais sa fêlure intérieure ne lui permet jamais d’être véritablement relié au monde.
La caméra virtuose de Bellochio donne à ce drame intimiste une réelle ampleur, notamment par la beauté des plans et par l’ambiance si juste qui parcourt tout le film. Le réalisateur ne choisit pas une narration linéaire, et ce choix n’est pas gratuit. Les allers-retours entre les différentes périodes évoquées de la vie de Massimo nous permettent de découvrir en même temps que notre héros les vérités de cette histoire personnelle, à la fois assez banale et pourtant tellement particulière. Il y a une vraie construction, un montage réfléchi et intelligent dans ce film où rien ne semble laissé au hasard.     UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

 

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 1er février au 07 février 2017

Du 25 janvier au 31 janvier 2017

De Pablo LARRAIN – Chili 2016 1h48
Avec L. Gnecco, G. Garcia Bernal, M. Moran, D. Munoz, A. Castro…
Quinzaine des réalisateurs 2016
Festival film d’histoire Pessac
Musique prégnante et magnifique de Federico Jusid
Mercredi 18h15
Jeudi 21h00
Vendredi 18h15
Samedi 18h15
Dimanche 18h30
Lundi 14h00
Mardi 21h00

Soyons clair : ceux qui espèrent un biopic classique retraçant la vie et la carrière du grand écrivain, … resteront sur leur faim. Mais tous ceux qui sont sensibles à l’imagination, à l’invention, au romanesque, à la poésie – tous qualificatifs évidemment adaptés à l’œuvre de Pablo Neruda – seront autant que nous enthousiasmés par ce film magistral du très remarquable Pablo Larrain qui s’est imposé, en quelques films essentiels et radicaux, comme un observateur incisif de l’histoire troublée de son pays
Loin donc de toute tentative ampoulée de biographie plus ou moins exhaustive, le film s’attache à un épisode bien précis de la vie de Neruda quand, au lendemain de l’élection en 1946 du président Gabriel Gonzalez Videla, il devient, après l’avoir soutenu en tant que sénateur communiste, l’un de ses plus farouches opposants. Neruda, malgré un important soutien populaire et un parti communiste au sommet de sa puissance, va devoir fuir puisque le PC est bientôt interdit par le gouvernement et ses militants pourchassés.
L’anti-biopic de Larrain bouscule l’icône Neruda, décrivant, sans jamais oublier le génie littéraire ni la figure politique de premier plan, son égoïsme, sa mégalomanie, son goût du luxe et des fêtes dispendieuses contrastant avec la défense affichée de la classe ouvrière ainsi que le goût pour les prostituées malgré tout l’amour d’une épouse. Le réalisateur et son scénariste ont de manière jubilatoire transformé cet épisode historique en un récit policier et d’aventures aux quatre coins du Chili. On suit un Neruda (Luis Gnecco) qui, avant de partir à l’étranger, fuit ses poursuivants à travers tout le pays, des maisons bourgeoises de Santiago jusqu’aux frimas de la Patagonie et aux bordels de Valparaiso en passant par les hauteurs enneigées des Andes. À ses trousses, un personnage de roman noir, l’inspecteur Peluchonneau (Gael Garcia Bernal), policier obsessionnel, habité par la légende d’un ancêtre qui aurait créé la police chilienne, tout aussi fasciné par sa proie que déterminé à la capturer. Un personnage résolument romanesque dont la voix off accompagne le récit (le texte écrit par le scénariste Guillermo Calderon est magnifique) et qui devient, en une mise en abyme vertigineuse, une sorte de création littéraire de Neruda lui-même.
Au fil d’un récit trépidant, porté par une mise en scène virtuose et des images d’une beauté souvent renversante, secoué par un humour irrévérencieux, habité par deux acteurs géniaux, Neruda est certes iconoclaste envers le héros national mais il est aussi et surtout un magnifique hommage à son génie poétique…. Et à travers l’histoire picaresque de la fuite de Neruda traqué par le policier Peluchonneau, Larrain préfigure la triste suite de l’histoire chilienne à laquelle il a consacré jusqu’ici son œuvre, le sinistre Augusto Pinochet apparaissant brièvement en jeune officier au regard bleu glacial, garde-chiourme en chef d’un camp d’internement.                                                              UTOPIA

DOSSIER DE PRESSE

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 25 janvier au 31 janvier 2017

Du 18 au 24 janvier 2017
20 ème Festival Télérama
au Colisée

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         3.50€ la place
      « Avoir et à revoir
     sans modération !!!!

Pour cette 20ème Edition

Les Amis du Cinoch’ soutiennent particulièrement deux films

 

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Mer. 18.01 à 21 h
Sam. 21.01 à 18 h 15
Dim. 24.01 à 14h
Lun. 25.01 à 18 h 15

« ELLES » de P. VERHOEVEN

« Isabelle Huppert incarne à la perfection 
ce role qui synthétise quelques-uns de
ses personnages les plus mémorables »  Première

« Tordu, drôle, choquant, réjouissant… Elle signe le retour d’un Verhoeven plus que jamais passé maître dans l’art de déranger. Mais plus que de la provocation, cette satire sociale ambiguë bascule en cours de route sur un axe cosmique et universel. Une composition d’une grande maîtrise. » aVoir-aLire.com

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Mer. 18.01 à 18h15
Sam. 21.01 à 21 h
Dim. 22.01 à 16 h15
Lun. 23.01 à 14 h

« FRANTZ » de F. OZON

 » « Frantz » … C’est une belle histoire de notre temps, qui dit à la fois la créativité du cinéma
français et la force d’un cinéaste qu’on sait assez doué pour prendre tous les risques. » « L’Humanité »

« Frantz » est sans doute le film français le plus surprenant de cette rentrée. « Critikat.com ».

« Un chef-d’oeuvre » Le Parisien

Pour en savoir plus sur Le Festival Télérama cliquez ici !

Publié dans Film de la semaine | Commentaires fermés sur Du 18 au 24 janvier 2017
20 ème Festival Télérama
au Colisée

NOUS OUVRIERS JEUDI 15 FEV. 20H30

PARTENARIAT CINOCH’/ LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE/ COLISEE

EN PRÉSENCES DES RÉALISATEURS
Claire FEINSTEIN et Gille PEREZ

« Nous, Ouvriers » sacré documentaire de l’année !

On a peine à l’imaginer. Ils sont pourtant des millions. Un peu plus de sept selon les dernières statistiques. Sept millions de corps qui se plient, de mains qui s’activent, de sueur, de cambouis, de gestes chaque jour mille et mille fois répétés. Les ouvriers représentent encore aujourd’hui un quart de la population active française.
La France en bleu de chauffe et chaussures de sécurité travaille toujours. Quand les ouvriers du textile ou de la sidérurgie diminuent, ceux du tri, de l’emballage, de l’expédition ou les conducteurs-livreurs, eux, progressent. Ils sont là et pourtant invisibles. Car ces hommes et ces femmes ont disparu de notre champ visuel. Il faut des fermetures d’usines et des vies qui s’écroulent pour que l’on redécouvre, étonnés, leur existence. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces travailleurs étaient pourtant acclamés comme des héros. « Gueules noires » et métallos étaient alors les figures incontournables de la reconstruction et les fers de lance des plus grandes avancées sociales.
Comment une telle mutation a t-elle pu avoir lieu ?

 

 

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